« Ne me secouez pas, je suis pleine de larmes . »

Citation modifié de Henri Calet


- Pourquoi tu pleures ?
- N'importe quoi, je ne pleure pas.
- Arrête de mentir.

Je lève la tête pour le regarder dans les yeux, et vous savez ce que j'y vois ? D'abord de la compassion et de la tendresse et ensuite je vois de l'amour. J'ai peur d'imaginer cela mais cela devient certain au moment ou il replace ma mèche derrière mon oreille. Car à ce moment là, ou il me touche, je sens un petit frisson me parcourir, et dans son regard je vois une pointe de désir. Je sens qu'il a envie de plus que de me frôler la joue, sauf qu'il se retient car il détourne les yeux quand cela devient trop dur. La distance entre nous est faible. Quand je le vois essayer de se reprendre en main, je décide de faire quelque chose, que j'espère ne pas regretter. Sans crier gare, je m'avance vers lui, me mets sur la pointe des pieds, empoigne sa nuque et l'embrasse délicatement sur la bouche. Je ferme les yeux et en l'occurrence ne vois pas comment il réagit. Je sens juste qu'il ne bouge pas, ne me repousse même pas, ses lèvres chaudes sont plaquées contre les miennes et je savoure ce moment car à vrai dire elles me semblent délicieuses. Je ne pensais pas qu'on pouvait ressentir ça, surtout après avoir été embrassée de force par Dake, c'est complètement différent. Je le sens enfin rendre mon baiser, quand il presse un peu plus fort ses lèvres contre les miennes. Ses bras m'entoure la taille, je me sers donc un peu plus fort contre lui mais au moment ou je fais ça, il me repousse brusquement, se tourne dos à moi qui suis toute déboussolée par ce baiser.

- Que cela soit clair, cela ne doit jamais se reproduire.

Je ne réponds pas, sentant que ça ne sert à rien.

- Vas t'habiller.

J'y vais donc et ressors peu de temps après. Je le vois toujours de dos. Je me dis que finalement je n'aurais jamais dû faire ça, mais après réflexions je ne regrettai point car j'avais beaucoup aimé ce baiser volé, qui m'avait donné un peu d'amour. Cela faisait si longtemps que j'en manquais, et surtout comment peut-on tomber amoureux dans ces conditions ? J'avais eu un copain une fois mais n'avais pas été amoureuse de lui, pourquoi j'étais sortie avec alors ? Moi-même je ne sais pas, peut-être parce que mon corps ne le repoussait pas ? Ah oui et moi en bonne petite copine je supportais ce qu'il me faisait même si je n'aimais pas ça, évidement il n'en savait rien comme quoi j'étais une bonne menteuse. Je l'avais quitté car cette relation me détruisait plus qu'autre chose, c'est tout, je ne pensais même pas qu'on pouvait ressentir du plaisir en faisant l'amour. Mais ce baiser avec Lysandre me faisait douter, j'aimerais bien y goûter au moins une fois, pour savoir ce qu'on ressent, je n'avais pas l'air de déplaire à Lysandre, mais je ne voulais pas lui attirer des ennuies, ironique ? il m'avait à la fois condamnée et sauvée la vie, du coup je ne savais pas ce qu'il pensait réellement de moi. Le tapement de ses doigts contre la porte me fit sortir de mes pensées.

- C'est bon.
- Très bien, Castiel t'attends dehors.

Il se retourne mais évite de me regarder. Je prends la poignet de la porte en main, mais je décide pour ne pas qu'il m'ignore la prochaine fois que je reviendrai de répondre à la dernière question qu'il m'a posé.

- Tout à l'heure tu m'as demandé pourquoi je pleurais, et bah je vais te répondre, je pleurais parce que je repensais au moment où Dake m'a obligé à coucher avec lui !

Je ne regarde pas sa réaction, de peur d'être déçue, et passe de l'autre côté de la porte ou Castiel m'attend, le couteau à la main. À vrai dire je préfère regarder le couteau car j'ai trop peur de croiser son regard, j'ai peur de lui, il a l'air instable comme garçon, on avance jusqu'à ma cellule ou Kim m'attend.

Encore un petit moment que je suis là. Les filles se sont faites louer quelques fois, mais elles restent fortes à ma grande surprise, même si je vois leurs regard changer de plus en plus, la douleur, la peur, toutes sortes d'émotions qui vont dans la mélancolie. Debrah ne nous parle toujours pas, et malgré moi je me suis attachée à Kim, si seulement elle savait maintenant à quel point j'ai peur de la perdre tout comme Iris. En repensant a elle, je la vois encore une fois passer la porte en me disant dans un dernier murmure « adieu ». J'essaye de reprendre le dessus sur ce sentiment de tristesse en me disant que maintenant plus personne ne pourrait lui faire de mal, seule sa présence me manquait.
J'étais allongée sur le matelas, regardant dans le vide, en ressassant de plus en plus ce qui se passait dans cet endroit de folie, me demandant une fois de plus comment j'allais sortir de cet enfer. J'ai été réveillée par Debrah que Kentin tenait avec difficulté, n'arrêtant pas de se plaindre. Kim elle, se laissa faire par Castiel, mais je ne m'attendis pas du tout à ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle prit le couteau que Castiel cachait dans sa poche et le pointa sous sa gorge, elle avait une bonne maîtrise de l'arme, Castiel ne bougea point sachant que si il se reculai elle allait faire le geste fatale. Malheureusement Kentin comprit assez vite ce qui se passait, il jeta Debrah sur les matelas, prit son pistolet et tira dans le dos de Kim. J'assistai à la scène impuissante, comme si j'étais en train de regarder un film, je restai pétrifiée quand le corps de Kim tomba devant moi. Elle était en train d'agoniser par terre, je voyais le sang s'agrandir sous son t-shirt, puis elle alla former une flaque par terre, je m'approchai d'elle avec douceur. Non pas encore un adieu, tout mais pas ça. Je la tourne et pose sa tête sur mes genoux, elle respire encore, mais péniblement, elle pose son regard sur moi, un regard désolé.

- J'aurais au moins essayé...

Elle avait parlé avec difficulté, elle cracha un peu de sang avant de reprendre.

- Ravis de t'avoir connue la ptiote, je suis sûre que tu vas arriver a sortir d'ici, tu es intelligente...

Je sentis des larmes venir au plus profond de moi, ma gorge se noua.

- Non Kim, ne me dis pas adieu s'il te plait.

Elle me regarde quelques instants, et prends une inspiration pour me dire cette dernière phrase, dans ces yeux je vois qu'elle commence déjà à partir.

- Ce n'est pas un adieu, juste un au revoir...

Je sentis ses muscle se relâcher et ses yeux devinrent vide, malgré le sang qui continuait à s'imprégner dans mon jean. Cette fois je ne peux retenir mes larmes, elles partirent lentement de mon corps pour retomber sur elle, sur Kim. Je la tenais toujours fermement dans mes bras, son corps était toujours chaud, je n'entendais plus les gens parler autour de moi, leurs paroles étaient comme un bruit sourd que je n'essayais même pas de comprendre. Je n'entendais que la tristesse de mon cœur, et la solitude de ce moment, je n'en pouvais plus de perdre des personnes comme ça, dans un sanglot plutôt calme je regardai une dernière fois les yeux sans regard de Kim avant de les lui fermer. Je la pose délicatement par terre et m'éloigne d'elle, pour repousser ce cauchemar le plus loin possible, je me blottis contre moi-même et ferme les yeux. Je reste un bon moment comme ça, j'entends juste ce qui se passe à mes cotées, ils enlèvent le corps, nettoient par terre, emmène quand même Debrah pour la louer, pour une fois elle ne dit rien. Sûrement choquée par ce qu'elle vient de voire, je me retrouve seule, encore seule, toujours de plus en plus seule. Je sens une main se poser sur ma tête mais je n'ai pas envie de réagir. Du coup, il m'oblige à me lever et me prend par le bras jusqu'à je ne sais ou. Je me sens trop faible pour faire quoique se soit. Pour réfléchir, pour réagir, il me laisse dans une salle de bain, et m'enferme dans celle-ci, je sais très bien pourquoi il m'emmène là. Je suis couverte de sang, le sang de Kim. Je vais donc dans la douche et mets le jet sur chaud, puis ensuite sur froid, j'alterne souvent, ça me réveille en quelque sorte, je veux juste sentir autre chose que la douleur de mon cœur, j'ai donc la sensation du chaud froid sur ma peau. Je vois le sang partir petit à petit. J'enlève mes vêtements et les lances à côté. Quand je suis assez mouillée, je sors, me sèche et m'habille. Il y a des vêtements secs. Je les prends et les enfiles. Je vais faire quelque chose que je vais sûrement regretter mais j'en ai marre, j'en peux plus. Je tape sur la porte pour lui dire que je suis prête. Je me rends compte enfin ou je suis exactement, dans la chambre à la fenêtre ouverte, il m'ouvre donc, le regard d'acier me fixe, il ne s'attend pas à ce que je vais faire. Je m'avance d'abord doucement, en l'espace de quelques secondes, je lui saute dessus et lui prends son couteau. Il n'a rien vue venir. Je me retrouve en quelques secondes face à lui. Je le défis du regard, il n'a pas l'air très préoccupé par ce que je viens de faire. Il s'approche alors que je pointe le couteau sur lui, vais-je oser ?

- Ne bouge plus sinon je vais utiliser ce couteau.

Il se contente de me fixer, et continue à avancer, je ne peux pas faire ça, je n'y arrive pas. Donc dans une ultime tentative, je lui jette le couteau pour l'occuper et me rue vers la fenêtre pour essayer de l'ouvrir, mais je n'y arrive pas. C'est là que je sens quelqu'un me prendre et me jeter sur le lit qu'il y a dans la pièce. Je suis allongée, lui est debout, cette fois c'est le contraire qui se produit, lui qui pointe le couteau vers moi.

- C'était bien tenté, mais je n'ai pas peur de toi !
- Tuez-moi alors !

Cette phrase était sortie toute seule, peut-être que c'est ce que je voulais au fond de moi ? En finir une bonne fois pour toute.