« Je vise le meilleur, J'envisage le pire Et je prends ce qui vient. »


- Quelqu'un à tué le blondinet, Nathaniel je crois ?
- Celui habillé d'une chemise ?
- Oui c'est ça. Mort d'une balle en plein milieu du front, au moins ça a été direct.
- Qui l'a tué ?
- On ne le sait pas. Quand on est entré dans sa salle de travaille, il était déjà par terre, mort, et personne n'était là.
- Mais c'est impossible, il devait il y avoir obligatoirement quelqu'un...
- Je sais, c'est pour ça que je pense que...
- C'est quelqu'un d'ici qui l'a tué ?
- Oui, il n'y a pas d'autres explications possibles, surtout que tout le monde a le même revolver, et la balle retrouvée dans son crane correspond.

Notre discutions fut interrompue par l'arrivée de Lysandre.

- C'est bon ?
- Oui.
- Ok on y va.

Je retournai donc dans ma cellule. Mais la jeune brune n'y était plus, et je sentis que je ne la reverrai plus jamais, je voulais me tromper car vue l'événement fâcheux qui avait eu lieu quelques heures plus tôt, on avait encore une chance. Si ce qu'Alexy avait dit était vrai, les choses pourraient changer. Ils pourraient se méfier des uns et des autres et cela pourrait aller à notre avantage ou à mon avantage vue que Debrah ne reviendrait pas, ce qui me désolait. J'attendis mais elle ne revint pas, j'avais espéré mais le temps qui passait m'obligea à admettre qu'elle était morte, partie sûrement dans un monde meilleur avec les autres filles. Cela m'apaisait de croire que leur calvaire était bel et bien fini. Car à vrai dire, pourquoi aurais-je pensé le contraire ? On dit souvent que l'âme est immortelle et j'y crois, et je dois et veux y croire.

Castiel avait peut-être joué avec moi finalement. Rien ne s'était passé depuis qu'on avait couché ensemble. Est-ce-que je le regrettais ? Non pas du tout. Cela m'avait donné la force de continuer à me battre. Cela m'avait donné quelque chose que je n'avais jamais eu. Je n'y regouterait peut-être jamais et alors ? Je n'avais qu'à me souvenir pour revivre ce moment. Et cela me suffisait pour l'instant. Je n'avais pas revus Dake non plus. Ce qui me soulageait beaucoup. Ce qu'il m'avait fait lui avait suffit ? Ou peut-être était-il trop occupé ? Du moment qu'il me laissait tranquille, je m'en fichais pas mal du pourquoi. Je me trouvais une fois encore dans la salle colorée avec Lysandre. Juste Lysandre. On ne parlait pas. On se contentait juste de faire ce qu'on avait à faire. Et à vrai dire j'en avais un peu marre, donc j'osai lui parler-

- Lysandre ?
- Oui ?
- Pourquoi tu es ici ?
- Comment ça ?
- Bah je ne sais pas, il y obligatoirement une raison pour que tu sois dans ce « Business » non ?

Il sembla hésité à me répondre, malgré mon regard insistant.

- C'est vrai. Tu as raison, mais c'est personnel.

Vous répondez quoi à ça ? Pour moi ça veut dire que la discussion est terminée non ? Peut-être qu'elle est terminée pour lui, mais pas pour moi.

- Je suis seule depuis un petit moment dans la cellule. Tu vas aller bientôt enlever d'autres filles ?

En disant cela je le regardai avec provocation. Presque avec froideur. Mais il ne répondit pas. Se contentant d'ignorer la question. Devrais-je continuer à le tester ?

- Tu ne culpabilises pas d'enlever de pauvres jeunes filles juste pour le fric ?

Il garde toujours son sang-froid et son impassibilité et me lance juste un regard interrogateur pendant qu'il est en train de ranger un peu la salle. Car à vrai dire, elle est un peu en bordel. Je le regarde faire, et je continue-

- En faite tu tues ces filles indirectement ! Puis-ce que c'est toi qui les choisies et les arraches à leurs familles. Ensuite elles se font tuées comme de vulgaires animaux.

Toujours rien. En ponctuant le dernier mot je remarque son revolver posé à l'abri des regards. Enfin principalement aux miens. Mais comme je le suis dans ses rangements. Je le vois. Et j'avoue qu'une idée folle me traverse l'esprit. Maintenant il faut juste que je l'occupe assez pour saisir ma chance. Je vais doucement vers celui-ci le plus discrètement possible.

- Comment peux-tu dormir la nuit ? Avoir sur la conscience la mort de personnes qui n'avaient rien demandé. Tu les as condamnées. Sans aucune échappatoire. Moi à ta place je ne pourrais même pas me regarder dans un miroir.

Je me surprends à penser chaque phrase que j'ai dite jusqu'ici. Je commence à éprouver de la colère à son égard. Mais reprenons l'objectif. J'allais recommencer à parler pour l'occuper, mais à ma grande surprise le son de sa voix commença à naitre. Il était toujours de dos, heureusement.

- Tu sais Marine, si ça n'avait pas été moi, ça aurait été quelqu'un d'autre, pas que je suis fière de ce que je fais, au contraire, mais...

Il est toujours de dos. Et moi je tiens entre mes mains un pistolet froid et lourd. Je me demande comment l'utiliser étant donné que c'est la première fois que j'en tiens un et que j'en vois un. J'essaye de repenser aux séries policières que j'ai regardé il y a bien longtemps. Et le pointe vers lui en mettant mon doigt dans le troue sans appuyer. Il ne voit rien pourtant il a arrêté de parler. J'ai peur. Mais j'ai une poussée d'adrénaline. C'est la première fois depuis je ne sais combien de temps que je me sens en positon de force. Il ne bouge pas. J'ai l'impression qu'il sait ce que je tiens entre mes mains.

- Lysandre.

Il se retourne et n'affiche aucunes expressions que j'arrive à déchiffrer. J'essaye de prendre une voix sérieuse et autoritaire.

- Lysandre, sors moi d'ici sinon...je pourrais faire quelque chose que tu regretteras sûrement!

Il se contente d'avancer d'un pas assuré. Sûrement pour voir ma réaction. Je recule.

- N'avance pas, sinon je tire !

Je suis crispée au revolver. Je me contente de le regarder dans les yeux et essaye de paraitre maitre de mes mouvements et de ne pas paniquer face à la situation. Je ne veux pas qu'elle m'échappe une seconde fois, comme avec Castiel.