« Nous sommes venu au monde dans un cri de douleur, car nous savions déjà que cette vie nous ferrai souffrir et nous noierai dans nos pleurs... »


- Il est vide, ça ne sert à rien.
- Menteur !

Il ment c'est obligé. C'est juste pour me déconcentrer. Il continue d'avancer et moi de reculer.

- Pourquoi j'avancerai alors ? Je ne suis pas débile à ce point là, si ? Tu crois vraiment que je me ferrais tuer aussi bêtement Marine ?

Je doute. Je ne sais plus quoi penser. Mais déjà serai-je capable de tirer sur quelqu'un ? Il continue d'avancer. Et moi je fais le contraire. Il voit que j'hésite et que je réfléchie. Et il en profite pour enjamber en quelques secondes la distance qui nous sépare. Il me bloque contre le mur, de sa main. Il prend mon bras et me le met derrière de façon à que je ne lui échappe pas. Et de son autre main me prend le revolver. Sa main tient dans mon dos fermement le poignet. Il monte mon bras pour me calmer un peu, puis me regarde dans les yeux en disant ceci :

- Désolé pour toi Marine. Tu n'aurais pas dû m'écouter.

Après avoir dit ceci. Il déclencha quelque chose sur le revolver et fit tomber toutes les balles que celui-ci avait. Elles tombèrent dans un fracas assourdissant pour me narguer de ma défaite. Puis il lança le revolver à l'autre bout de la pièce. Le silence se fit pesant juste après, qu'allait-il me faire ? J'étais peut-être devenue trop dangereuse. Il lâcha mon poignet et se mit face à moi. Assez près. Me bloquant de ses mains posées au mur à côté de mon cou. Je restai la tête baissée. Son souffle chaud se fit ressentir sur l'une de mes oreilles. Puis dans un chuchotement il dit :

- Tu ne devrais pas me sous-estimer...

Je suis légèrement apeurée par la situation. Si ça continue je vais pleurer. Je n'ose plus rien faire. Je regarde ses pieds en faite. J'ai les mains moites, et j'ai chaud. Il va sûrement me faire payer ce que je viens de faire. Je le sens se rapprocher de moi. Il va m'étrangler ? M'éclater la tête contre le mur ? Sa main quitte le mur pour replacer une de mes mèches derrière mon oreille. Il descendit ensuite sa main plus bas. Il la mit sous mon t-shirt et le souleva en le retroussant jusqu'à ma poitrine. Il baissa ensuite les yeux. Et caressa mon ventre. Il suivit plusieurs lignes qui étaient tracées sur celui-ci. Une vive sensation se déploya dans mon corps entier. C'était agréable. Puissant. Et je savais ce qui avait déclenché ça. Lysandre. Il continua son exploration. Mais certaine cicatrices continuaient sur mes cuisses ou dans mon dos. Mais il n'alla pas les chercher. Se contentant de relever ses yeux qui croisèrent les miens. Ses deux yeux sont si différents qu'on croirait avoir deux personnes en face de soi. Je les admire. C'est quand il me pose cette question. Celle que je déteste avoir à y répondre, que je détourne mon regard :

- Qui t'as fait ça ?

Je ne veux pas répondre à cette question. Car je déteste la réponse. Si je le dis. Tous les souvenirs vont refaire surface. Les plus douloureux de ma vie peut-être ? Mais il insiste en m'obligeant à le regarder avec une voix sévère :

- Marine, qui t'as fait ça ?
- C'est mon père...

Comme je l'avais prédit. Tout remontent à la surface. J'ai envie de pleurer mais me retins de toutes mes forces pour ne rien laisser échapper. Juste ces souvenirs qui emplissent mon esprit. La douleur qui faisait face à chaque fois. Tous les efforts du monde pour être la petite fille qu'il voulait que je sois. Ma chair lacérée. Tous les efforts qu'il faisait pour le cacher à maman. Il me demandait de ne rien à dire personne. Il disait que sinon je serai punie de la pire des manières. Maman découvrant ce qu'il me faisait subir. Elle portant plainte. Un médecin qui m'annonce que ces cicatrices resteront toujours là. Je reviens à la réalité quand Lysandre me parla à nouveau, encore une question...

- Raconte-moi s'il te plait.
- Pourquoi ?

Il se rapproche. Et ses lèvres touchent mon cou. Il le frôle. Et je me surprends à me demander pourquoi il ne va pas plus loin ? Je pose mes mains sur son torse et le repousse. J'en ai marre d'être attirée par mes ravisseurs. Je devrai les détester normalement. Je déteste être comme ça. J'ai le syndrome de Stockholm ou quoi ? Cela expliquerait beaucoup de chose si c'est ça. Mais bon comment en être sûre ?
Je vais répondre à sa question. Comme ça, il me laissera peut-être tranquille.

- C'est mon père, à chaque fois que je faisais quelques choses qui ne lui plaisaient pas, il prenait un fouet, ou quelques choses qui y ressemblent, une ceinture par exemple, et il me fouettait avec. Ensuite il essayait de le cacher à ma mère. Elle travaillait beaucoup et ne s'en rendait pas compte. Mon père faisait tout pour que personne ne le voie. Prétextant à la maitresse que je ne pouvais pas aller à la piscine pour des raisons médicales. Ça a duré quelques années. Mais ma mère l'a découvert un jour. Je lui ai tout dit. Elle a porté plainte. Et elle a divorcé. Depuis elle se sent très coupable et fait tout pour se faire pardonner sauf que moi, je ne lui en ai jamais voulue...

Il me regarde. J'espère juste qu'il a oublié que j'ai voulu m'enfuir. Mais je ne peux m'empêcher de penser à mon père.

- Je ne vais rien dire aux autres pour l'événement fâcheux. Tu ne mérite pas de mourir aussi stupidement. Et sache que tes cicatrices n'ont rien d'abjectes. Elles racontent une histoire. Et personnellement j'adore les histoires. Qu'elles soient tristes ou non. Je te demande une chose en échange, embrasse-moi aussi longtemps que tu le pourras.

Je me sens bousculée par tout ce qu'il vient de dire. Je tremble légèrement. Cette journée est beaucoup trop émotionnelle pour moi. Il veut que je l'embrasse. Je le fais ou pas ? Si j'ai bien compris en échange de son silence il veut un baiser ? Cela ne me dérange pas. Car ses yeux sont des vrais aimants qui m'attirent. Et sa bouche entre ouverte est d'un rose pulpeux. C'est en une seconde que je mets mes mains derrière sa nuque et l'embrasse à pleine bouche. Il me colle contre le mur pour un baiser fougueux. Sait-il que j'aime ça ? Ou pense-t-il que je le fais par obligation ? À vrai dire pour l'instant je m'en fiche pas mal. Je sens juste la pression de son corps chaud contre le miens. Sa main qui se balade dans ma natte. Je prolonge ce ballet de langue autant que je le peux. Nos langues se caressant. Nos bouches se dévorant. Je m'arrête à cours de respiration. Juste au moment ou quelqu'un entre dans la pièce en trombe. Kentin. Il ne remarque pas avec quelle précipitation nous nous séparons. Ni les balles éparpillées par terre.

- Lysandre, on vient de retrouver le corps de Jade !
- Comment ça ? Tu veux dire qu'il est mort ?
- Oui, une balle dans la tête comme Nathaniel
- Il vient juste de mourir ?
- Non, ça fait un moment. On ne le trouvait pas ce matin. Normal. Il était dans la forêt mort.
- Qu'est ce qu'il foutait dans la forêt ?
- On n'en sait rien justement, mais le patron veut te voir.
- Ok ramène-la dans la cellule, je vais le voir.

Il quitte la pièce et Kentin me ramène dans la prison ou je trouve avec surprise une jeune fille chinoise. Elle semble perdue. Je m'assois à côté d'elle. Je lui parle un peu. Et apprends qu'elle s'appelle Li par la même occasion. Elle a peur. Ça s'entend et ça se voit. Je lui dis en chuchotant qu'il ne faut pas perdre espoir. Car j'ai le sentiment qu'il se passe des choses étranges ici, qui pourront peut-être nous sauver la vie.

J'étais couchée dans son lit à lui. Pour la deuxième fois. Complètement nue sur le dos. Je sentais ses doigts caresser mon corps. Nous avions déjà fait l'amour pour la seconde fois. J'étais complètement essoufflée. Il est juste à côté de moi et me regarde. Je sens son souffle sur ma joue. Je n'ose pas le regarder à vrai dire. Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce que je ressens et de ce que je pense. Il est venu me chercher il y a une heure peut-être. Prétextant à Kentin une excuse. À vrai dire je pense qu'il s'en fou complètement de ce qu'on fait. Castiel prononce mon prénom encore et encore ce qui me donne des frissons à n'en plus finir. Il me pose des baisers papillons sur ma joue, dans mon cou.

- Marine tu m'as manqué...
- Castiel, pourquoi ?
- Pourquoi pas ?
- Je croyais que tu préférais les brunes ?

J'adore faire de l'humour surtout quand je pense que je suis dans cet endroit. Il esquisse un petit sourire et se rapproche de moi pour me murmurer quelque chose.

- Je crois que j'ai changé d'avis.

Je tourne la tête vers lui, et le regarde droit dans les yeux.

- Je suis désolé.

Il baisse son regard honteux. Il parle du fait que je suis dans cet endroit sordide. Je pose délicatement ma main contre sa joue. Et souris légèrement. Le genre de sourire quand on dit que tout va bien alors que non.

- C'est trop tard maintenant.

Il me regarde encore une fois et pose un baiser sur mon front. Qui aurait cru qu'il serait si doux et si tendre avec moi ?

-Je peux te poser une question ?
- Oui bien sûr.
- Pourquoi tu es ici ?

Il se recouche et regarde le plafond tout en me répondant.

- Pour te dire la vérité, ma mère est gravement malade et j'ai besoin d'argent pour la soigner.
- C'est dommage dit-je dans un soupir
- C'est comme ça.

J'hésite quelques secondes avant de me blottir contre lui. Me lovant au creux de son cou. Ma main posée sur son torse tellement bien bâtit.