« La prière n'a pas d'autre but que
de supplier Dieu d'exister. »

Citation de Jean Martet


Nous étions en train de parler de choses complètement futiles juste le temps d'oublier qu'on était ici. Quand l'homme aux cheveux rouges arriva et m'emmena. Au début, je pensais que c'était pour danser mais apparemment, j'avais autre chose à faire avant. On s'arrêta devant une porte. Je ne pense pas y être déjà allée, ce qui me rend nerveuse. Particulièrement quand Castiel pose un regard sur moi très bizarre. Il se contente de poser un baiser tendre sur mon front, et me fait entrer sans me laisser le choix. En le voyant, je deviens aussi pâle que la lune. J'ai du mal à avaler ma salive. Je pose ma main sur la poignet pour sortir mais elle est fermée à clé. Il me regarde, et s'avance vers moi. C'est en paniquant que je dis ceci :

-Vous allez me tuer?
-Oui.

Je restai bouche bée. Ma gorge est sèche. Incapable de répondre quoique se soit. Mais il reprend bien vite la parole tout en se rapprochant de moi. Il n'est qu'à quelques millimètres. Je sens presque la chaleur de son corps.

-Non ce n'est pas vrai.

Je me sentis soulagée mais le souvenir de ce qu'il avait fait me hantait.

-Je vous ai vu tuer Dake. C'était donc vous le tueur en série?
-On peut dire ça comme ça oui.

Je baissai les yeux. Confirmant mon hypothèse je ne pensais pas qu'il pouvait tuer ses semblables aussi durement même si cette personne ne méritait pas de vivre. Il prit la parole d'une voix douce et rassurante.

-Pourquoi tu ne m'as pas dénoncé?
-Pourquoi je l'aurais fait? Ils vous auraient sûrement tué. Ce qui ne m'aurait pas vraiment aidé. Et si j'ai bien compris vous êtes un allié et non un ennemi si je veux sortir d'ici. Je sais que c'est stupide mais je garde espoir malgré tout. Je ne peux m'empêcher de penser que vous, enfin que tu pourrais arrêter ce cauchemar. Car je me suis attachée à toi même si je sais que je n'aurais pas dû.

Il réfléchie quelques instants. Le regard dans le vide comme si il venait d'avoir une révélation. Je dus même le réveiller tellement qu'il était en transe.

-Lysandre ?

Ça a eu l'effet d'un électrochoc. Cette fois-ci il me contempla longuement avant de me faire un sourire timide.

-Merci Marine. Ne t'en fais pas. Tout sera bientôt fini.

Je ne sus comment interpréter cette phrase. J'avais peur de me faire trop d'espoir. Fini? Vraiment? Je me demande comment. Car il a dit "tout". Il veut dire que ce commerce prendra fin? Ma réflexion prend fin quand sa main chaude caresse ma joue. Je croise son regard et il me demande :

-As-tu peur de moi?
- Je ne sais pas. Non je ne pense pas.
-T'en est pas sûre?
-J'ai pas peur de toi. J'ai juste peur de ce que tu as fait.

Je ne bouge plus. Prolongeant cet instant comme si c'était le dernier. Il se recule et tape sur la porte un nombre irrégulier. Un code sûrement vu que Castiel entre quelques secondes après. Ils se regardent mutuellement. Et le garçon aux cheveux rouges m'emmène avec lui. Je rejoins donc mes deux amies de cellule. Violette est contente de me voir. Je le vois dans ses yeux. Je me suis vraiment attachée à elle. Si elle meurt je ne pense pas avoir la force de continuer de vivre. Je ressens le même sentiment pour Li. Et j'espère vraiment qu'aucunes de nous trois va mourir.

Depuis quelques jours Violette est de plus en plus mal. Elle a sûrement attrapé un virus ou quelque chose comme ça. Elle a de la fièvre. Je reste à ses cotés priant pour qu'elle guérisse. On a beau lui donner du Doliprane. Ça n'a pratiquement aucun effet sur elle. C'est comme si je la regardais mourir à petit feu sans pouvoir faire quelques chose. Cela m'effraie. Kentin est parti chercher une couverture pour Violette. Il a peut-être eu pitié d'elle. Autant de gentillesse venant de sa part m'impressionne. Heureusement il ne fait pas froid dans notre cellule. Il fait même de plus en plus chaud. Cela fait si longtemps que ça que nous sommes ici? L'homme aux cheveux bruns revient et ouvre la grille à mon plus grand étonnement. Il lance la couverture à Li et me prend par le bras.

-Toi tu viens avec moi.

Il se passe quoi la? Il referme la porte derrière nous. J'ai juste le temps de voir Li me lancer un regard inquiet tout en posant la couverture sur Violette. Ensuite quand nous sommes tous les deux. Il me prend les poignets et les attaches avec une corde. Et me bâillonne la bouche avec un foulard. Ce qui est très désagréable. Il prend un sac et me sort de la grande maison. Je le suis malgré moi, puisqu'il me menace avec un revolver. On s'enfonce dans la forêt. Il me traine presque cette fois-ci, voulant que j'aille plus vite. Je trébuche et tombe. Il me relève très vite tout en m'insultant de "fille stupide". Il m'emmène ou? Il veut faire quoi de moi? Nous marchâmes pendant très longtemps comme ça. Mes jambes me faisaient mal. Je n'étais pas habituée à autant de sport vu qu'on restait la majeure partie de notre temps enfermée à ne rien faire. J'étais à bout de souffle. Je fus soulagée quand il s'arrêta enfin. Il me regarda de la tête aux pieds et me retira finalement le foulard coincé dans ma bouche. J'aspire l'air comme une délivrance.

-Il se passe quoi là?
-La ferme ok. Tu te tais sinon je te remets le foulard.

Je hochais la tête complètement perdue pendant qu'il scrutait les alentours d'un regard méfiant. Et on continua à marcher. Encore une fois. Cette forêt en plein jour ne me fait pas peur. Le soleil émane une douce chaleur très agréable. L'odeur de la mousse est enivrante. Et le feuillage des feuilles est d'un vert luisant. J'admire tellement le paysage que mon pied se prend dans une racine. Je tombe. Encore une fois. Il me relève avec une force qui me fait mal et me plaque contre un arbre en me murmurant avec colère ces mots :

-Tu le fais exprès ou quoi. Tu sais ce que c'est le silence?

Je ne réponds pas. Ça ne ferra qu'empirer la situation.

-Tu veux vraiment savoir ce qui se passe?

Il me dit cela en me regardant avec méchanceté.

-Tes abrutis de copains ont décidé d'envoyer l'homo aux cheveux bleu dénoncer mon gagne-pain. Je les ai entendus parler en allant chercher cette putain de couverture. Et heureusement, ça ma permit de partir avant que les keufs n'arrivent.
-Mais pourquoi vous m'avez emmené alors?
-Je te vois comme une garantie jusqu'à ce que j'aille loin d'ici. Dans un endroit plus sûr. Et quand ce sera fait. Je me débarrasserai de toi.

Il laissa sa phrase en suspend. Et on reprit le chemin vers mon triste sort. II me tuera donc. À la fin.
Au moins elles auront survécus, Violette et Li. J'aurais préférée que ce soit elles que moi... Je me sens vraiment horrible de penser à une chose pareille. Pourtant ça m'a traversé l'esprit. Mais je rejette tout de suite l'idée. C'est moi et c'est tout. Je vais mourir. Et elles, elles vont vivre pour moi. J'espère juste qu'elles ne m'oublieront jamais.