"Y'a un moment où oui , on se rend compte que ce n'est plus la peine de se battre.
Au bout d'un moment il faut se rendre à l'évidence que tout est vraiment fini finalement..."
Nous marchons depuis combien de temps? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je me sens complètement divaguer. Lysandre avait raison. C'est fini. Tout va se terminer. Il le faut. Effectivement, je ne suis pas satisfaite de ma fin mais bon, je peux y faire quoi? Ce n'est pas comme si je pouvais m'échapper. J'ai les mains liées. Kentin ne me perd pas de vue. Si je tente quoique se soit, il me tire dessus. On ne peut pas dire que j'ai beaucoup de chance d'en ressortir vivante. Sans oublier que celui avec qui je suis n'a aucune pitié, ni aucun remord. Un homme sans cœur. Voilà comment j'imagine la situation. On va arriver jusqu'à une voiture aux vitres tintées et partir loin. Très loin. Si jamais on rencontre des mal intentionnés avant ça. Il se sert de moi comme bouclier. Et on en revient au point ou on part loin, très loin. Ensuite on s'arrête à un endroit désert et il m'emmène au plus profond de la forêt par exemple. Là ou personne ne vient. Il me tue, m'étrangle peut-être? Pour n'attirer personne. Ou un couteau. Quelque chose de rapide j'espère. Mais vu sa personnalité, j'opterai plutôt pour que ça dure lentement et longtemps. Il veut me voir souffrir, pleurer, supplier. Je le sais et je le sens. Dans ces yeux une lumière intense s'est allumée quand il a parlé de se débarrasser de moi. C'est dur comme fin. Mais c'est une fin. Jamais je ne rêverai les quelques personnes que j'aime. Kentin me coupe de mes pensées en me sautant dessus et me bouchant la bouche avec sa main. Il semble soucieux. Je l'entends murmurer :
- Quelqu'un nous a suivi, merde !
Je le reconnus. La couleur se distinguait bien des autres de la forêt. Ce rouge flamboyant. Brillant presque, apparut comme un ange de derrière les arbres avec un objet dans les mains, qu'il pointait droit sur nous. Kentin fit de même en le pointant sur Castiel tout en me tenant fermement. Je ne bougeais point trop abasourdie par la situation. Moi qui me croyais condamnée, perdue à jamais. Une voix retentit non loin de nous mais ce n'était point l'homme aux yeux gris.
- T'as pas intérêt de tirer espèce d'enflure.
Lysandre venait de surgir de derrière d'un buisson bien velu. Lui aussi avait un pistolet, qui nous visait. Ils se regardaient entre eux, sans bouger. Mes yeux lançaient des fusées de détresse à mes deux chevaliers. Mais aucun d'eux ne posa le regard sur moi. Trop absorbés par leur cible. C'est Kentin qui cassa l'air glacial qui régnait.
- Regarde Marine, tes deux amoureux sont venus te sauver. Si ce n'est pas mignon ça.
- Ta gueule. Renchérit Castiel.
- Relâche-la. Dit Lysandre.
- Je ne sais pas si je vais le faire. Vous m'avez contrarié tout les deux.
Ils ne répondirent pas, se contentant de le fusiller du regard. Le jeune homme qui me tenait fermement eu un sourire d'amusement. Sûrement par ce qu'il s'apprêtait à dire.
-Ah Lysandre, je suis déçu. Tu as abandonné tes recherches, ou ta vengeance, juste pour cette...gamine. Je ne te pensais pas aussi faible.
Kentin fit mine d'être exaspéré. Je ne comprenais toujours pas de quoi il parlait. Comme personne ne répondit, il continua à combler les blancs.
-Tu as eu de la chance Lysandre, que ton copain tue le blondinet. Malheureusement pour lui, il avait découvert le poteau rose sur toi. Quel triste sort...
Quoi? Ce n'est pas Lysandre qui avait tué Nathaniel? C'était Castiel? Ou c'est juste un mensonge? Castiel ne nie pas. Par contre Lysandre riposte assez agressivement.
- C'est toi qui l'as tué?
- Qui ça? Tu parle de la belle fille aux cheveux blancs? Rosalya c'est ça? Si tu parle d'elle. Oui c'est moi qui l'aie tué. Mais ne t'en fais pas, j'ai bien pris mon temps. On peut dire qu'elle était à mon goût celle-là. Elle n'arrêtait pas chialer et de m'insulter. C'était plutôt drôle. Que des bons souvenirs !
- Espèce de salaud ! Cria presque Lysandre.
Il dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas tirer. Son regard était rempli de colère. Si j'ai bien compris, il est venu ici pour venger la mort de Rosalya. Il avait dû vraiment chercher pour arriver à trouver ou elle avait finie. Il voulait trouver celui qui l'avait tuée, qui apparemment était Kentin. Et Castiel son meilleur ami était venu l'aider. Histoire de couvrir ses arrières non? Mais alors sa mère est vraiment malade ou pas? Et Rosalya c'était qui pour Lysandre? Sa petite amie ? Cette idée m'attrista. Pourtant ce n'était pas une situation à penser à ça. L'homme aux cheveux marron reparla toujours aussi amusé :
- Donc voilà. Tu as l'homme qui a tué ta chère petite amie devant toi. Tu vas faire quoi maintenant?
- Relâche la fille Kentin ! Dit l'homme aux yeux vairons.
- Pourquoi je ferrais ça?
- Déjà parce qu'elle n'a rien à voir avec cette histoire. Et si tu tiens à vivre, tu as intérêt à la laisser partir.
Il plongea dans ses réfections pendant un court instant avant de décider de mon sort.
-Tu as raison. Réglons ça entres hommes. Par contre ton beau rebelle a intérêt de poser son arme et de la lancer prêt de moi. Sinon je la garde avec moi et pourquoi pas comme bouclier. Mais ça ne serait pas drôle. J'en ai marre de tuer que des filles. Ça devient lassant à force.
Cette fois Castiel posa son regard sur moi. J'avais envie de pleurer. La peur me nouait la gorge. Je vis ce petit sourire adressé qu'à moi. Sûrement pour me rassurer. Il fit tomber son revolver à terre et mit un coup de pied dedans. Celui-ci se retrouva non loin de nous. L'emprise que Kentin avait sur moi s'estampa. Avant de me libérer, il me murmura ces quelques mots :
- T'inquiète pas l'atrophié. On se reverra, je t'en fais la promesse...
Je partis loin de lui dès que j'en eus l'occasion. Je m'attendais à ce que Kentin nous fasse un plan foireux. Mais j'arrivai saine et sauve dans les bras de Castiel. Il m'y accueillit pleinement mais me relâcha immédiatement. Et me parla d'un ton sec mais plein d'amour.
- Marine part tout de suite. Derrière moi il y a un sentier, suis le.
- Mais Cas...
Il posa son pousse sur ma bouche et me coupa.
- Je sais, aller maintenant part!
Castiel était dos à Kentin. Celui-ci visait Lysandre. Je regardai Lysandre. J'aurais voulu qu'il me prenne dans ses bras si rassurants, lui-aussi. J'aurais aussi voulu un regard de sa part. Pourquoi cela m'affecte autant d'un coup. J'ai peur de la suite des événements. Je veux au moins parler à Lysandre quelques secondes.
-Lysandre je...
-Je sais Marine, je sais. Me coupa Lysandre. Maintenant part !
Comment peuvent-ils savoir ce que je veux leurs dire. Ils ne sont pas moi. Déjà que moi-même j'ai du mal à comprendre mes sentiments alors comment peuvent-il savoir? Ils croient le savoir. Mais moi j'en ai marre de n'avoir jamais le dernier mot et d'être traitée comme une petite chose fragile.
- Arrêtez de me dire que vous savez alors que vous ne savez rien d'accord. Je ne partirai pas avant de vous avoir dit que je vous aime tout les deux. Autant l'un que l'autre. Compris !
J'avais dit tout cela agressivement. Ils me regardèrent 1 seconde. Juste une seconde mais ils avaient croisés mon regard et cela me suffit sur le coup. Castiel me sourit légèrement juste avant qu'il ne se retourne pour être en face à Kentin. Je partis en courant, ne regardant pas derrière moi de peur de rebrousser chemin. J'avais l'impression que plus jamais je pourrais les revoir à la suite de cet événement. Les arbres défilaient à cotés de moi pendant que je suivais le sentier et j'entendis des voix. Je courrais vers celles-ci. J'entendis ensuite un chien aboyer. C'était sûrement la police. Je courais donc encore plus vite. Je le vis au loin, habillé en bleu marine. Il eut un mouvement de recule quand j'apparus d'un seul coup devant lui. Mais il sut bien vite que je n'étais pas un danger. Je lui criais presque dessus en lui racontant la situation dans laquelle sont mes deux sauveurs.
- Venez m'aider s'il vous plait. Ils sont là-bas en train de se tirer dessus !
Puis les pleurent vinrent en lui disant des choses encore plus incompréhensibles. Je parlais trop vite et perdais mes mots. Mais il comprit le plus important. Mes ravisseurs n'étaient pas loin. Il parla dans son talkie-walkie en expliquant qu'il m'avait retrouvé et en indiquant la position approximative de ceux que j'avais abandonnés dans cette forêt. Pendant qu'il parlait le chien avec qui il était s'approcha de moi comme curieux. C'était un beau berger allemand. Je lui caressai la tête méfiante mais il se laissa faire. Après avoir mis au courant ses supérieurs. Il essaya de me calmer en me rassurant et il me remmena prés d'un convoi de policier et de pompier. C'était la pagaille. Une femme pompière s'occupa de moi ensuite évaluant mon état de santé. Je voyais de la compassion dans son regard. Je lui demandai la suppliant presque ou était Violette. Elle m'indiqua un endroit ou je courus pour y aller. C'était dans un des camions de pompiers. J'y entrai avec la peur au ventre. Violette était allongée, à demi-consciente. Je lui pris la main, et pleura prés de celle-ci. L'un des pompiers nous surveilla et me proposa de venir avec Violette à L'hôpital, suivies de Li.
J'étais restée au chevet de Violette toute la nuit. J'avais remarqué que les événements fâcheux s'étaient déroulés en début de soirée. Le temps que la police fassent leurs enquêtes et tout. J'avais pu rester à ses cotées. Son état s'était amélioré. Je ne sais plus exactement ce qu'elle avait. Cela n'avait pas d'importance pour moi. Tout ce qui comptait c'est qu'elle aille mieux.
J'appris par la même occasion que cela faisait presque un an que j'étais restée captive dans cette prison. Nous étions au mois d'août. En fin d'aout. Quand j'avais appris cela. J'en étais restée bouche-bée. Mais c'était la dure réalité, et je devais l'accepter.
Je sus aussi que ma mère était toujours vivante mais à l'hôpital. Son état s'était aggravé mais elle résistait à la maladie. Comme si elle avait attendu que je revienne.
Les parents de Li vinrent la chercher très tôt le matin. Elle était partie ensuite demandant à ce qu'on la prévienne de l'état de santé de notre amie commune. Elle appartenait à une famille plutôt noble. Je pus le remarquer en voyant son père et sa mère. Vers dix heures et demie, un policier vint me voir pour me poser des questions. Je lui répondus aussi sincèrement que possible. Il enregistra notre entrevue. Je lui racontai tout sauf les moments intimes que j'avais partagés avec Lysandre et Castiel. Je savais très bien qu'il fallait que je garde ça pour moi, et il m'informa:
- Je suis désolé de vous l'apprendre mais Kentin Perez, Castiel Collin et Lysandre Marchi n'ont pas été retrouvés. Quand mes collègues sont arrivés à l'endroit que vous avez indiqué. Ils n'étaient plus là. La seule chose qu'on ait retrouvé c'est du sang et quelques balles.
Je restai muette quelques secondes, quelque peu abasourdie avant de lui demander :
- Ça veut dire qu'ils sont toujours en liberté?
-Oui, je suis vraiment désolé. Nous savons que vous avez vécu un calvaire et je ferrais tout mon possible pour arrêter ces dangereux hommes.
-Merci, merci beaucoup.
Il hocha la tête et partit. Je rejoins mon amie tout en réfléchissant à ses paroles. Un sentiment de joie et de haine vint m'envahir. L'un deux était blessé, ou même mort. Les deux hommes que j'ai aimé sont maintenant libres, et l'homme qui m'avait dit cette phrase " T'inquiète pas l'atrophié, on se reverra, je t'en fais la promesse..." était aussi libre de ces mouvements. Je sais qu'il reviendra me voir. Juste pour me voir souffrir. Juste pour son plaisir. Mais quand ?
