« Derrière mon sourire, ce cache des cicatrices que certaines personnes ne pourront jamais comprendre, mais je m'imagine pas vivre sans. »


Le vent frais de ce début de novembre me fit rougir de froid. Mon nez couvert par mon écharpe, empêchait le froid de s'introduire dans mon cou. Je regardai cette magnifique écriture gravée dans la pierre «Iris», ce prénom qui faisait ravir en moi tant de souvenir que j'aurais voulu oublier mais aussi que je ne veux pas oublier, je ne peux pas l'oublier. Cette chevelure rousse me disant adieu. Cette image était restée aussi nette que quand je l'avais vécu. Je me souvient aussi de ce sentiment qui m'avait assailli à ce moment là, ce grand vide, non je ne pouvais pas oublier tout ce que j'avais vécu, et je ne veux surtout pas l'oublier. C'est mon passé et je dois vivre avec. Je vis avec depuis bientôt 5 ans, je n'ai pas revu Li depuis tout ce temps là, ses parents l'en empêchent sûrement pour la protéger, mais maintenant elle n'a personne à qui parler de cette expérience, alors que moi j'ai quelqu'un, Violette. On habite dans un appartement toutes les deux. On reparle de cette période horrifiante des fois, ça nous fait du bien, même si on se pose toujours certaines questions. Comme par exemple ou sont passés Kentin, Castiel et Lysandre? Que leurs est-il arrivé? Va t-on les revoir? Car oui cela fait cinq ans qu'on n'a aucune trace d'eux, comme si ils avaient disparu de la surface de la terre. Je me sens à cette idée soulagée et anxieuse, ces deux hommes je les avais aimés, ça c'est sûr, mais personne n'a réussi à les distancer depuis cinq ans.

Je dépose sur sa tombe une rose blanche, juste en dessous de son prénom, et me relève pour partir jusqu'à ma voiture. Sur le chemin je repense à ce qu'il s'était passé après, Alex et Dajan sont allés en prison, car malgré tout Alexy avait été complice dans tout ça, même si il s'est dénoncé il devait être puni par la loi. Je suis souvent allée le voir en prison, personne n'a vraiment compris pourquoi, je leurs avais expliqué qu'il m'avait beaucoup aidé dans cette cellule, mais à vrai dire je m'en fichais pas mal de ce que les gens pensaient. Quand j'avais été au tribunal pour témoigner contre Dajan, ça avait été assez fort en émotion, son regard plein de méchanceté n'avait pas cillé une seule fois pendant qu'il me regarda, ça me glace encore le sang rien qu'en y pensant. Je me rappelle aussi d'avoir été voir ma mère les jours suivant ma liberté, j'avais pris soin d'elle pendant 5 mois jusqu'à ce qu'elle succombe à la maladie. Mais je l'avais retrouvée et vice-versa, je l'avais aimée pendant 5 mois, jour après jour à essayer de cacher ma tristesse de son état, à la faire sourire et rigoler, ne lui racontant rien de mon séjour dans la prison de la forêt. Mais elle était partie trop tôt à mon goût, évidement que j'avais pleuré, supplié, espéré, mais c'était fini pour elle, j'avais encore besoin que ma maman prenne soin de moi. Je voulais encore sentir son odeur et la serrer dans mes bras, mais c'était impossible, c'est donc grâce aux parents de Violette et à celle-ci que j'avais vraiment avancé, que j'ai pris des décisions sur mon avenir et mon présent en laissant de côté mon passé.
J'entrai dans ma voiture, une petite clio pas très neuve mais qui roule, ce qui est le plus important. Je mets le contacte et pars en direction de notre appartement ou on doit accueillir un nouveau colocataire, après trente minutes de trajet j'arrive enfin et trouve une place ou me garer.
Quand je rentre dans l'appartement je vois tout de suite Violette qui me sourit timidement, il est là.
Je demandai donc à Violette si tout s'était bien passé, elle me répondit que oui, mais qu'il fallait maintenant, par ordre du juge, qu'il trouve un travail légal. Sa chevelure bleu dépassa de la porte et sa voix se rapprocha de moi.

-Marine, ma belle !
-Alex, je suis contente de te voir.

Il me prit dans ses bras pour un câlin et reprit la parole.

- Je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous avez fait pour moi les filles, je ne pensais pas que pendant cinq ans vous serez là à m'épauler au lieu de me détester.

Violette répliqua presque aussitôt

-Pourquoi on te détesterait? C'est toi qui nous aidait à endurer tout ça, et qui y a mit fin.

Son sourire s'illumina et s'attrista en même temps.

- Je n'y ai pas mis fin tout seul, Castiel et Lysandre m'ont aidé...

Entendre leurs nom ne m'aida pas vraiment, en générale avec Violette on ne les désignait jamais par leurs prénoms, car elle savait ce qui s'était passé avec eux et moi. Sentant le malaise il retourna dans sa chambre pour finir de la ranger. La fille aux cheveux violets retourna à ses occupations et moi aussi.
J'entrai dans ma chambre, elle était colorée pour les jours les plus noirs, je n'aimais plus les couleurs terne, sombres ou trop unique. Je n'avais pas gardé grand chose de mon ancienne maison, j'avais gardé que les choses les plus importantes à mes yeux et aux yeux de ma mère. Notre appartement n'était pas un palace mais il nous suffisait, c'était notre chez nous, un endroit complètement différant de l'endroit ou j'avais vécu pendant presque 1 ans, je mettais même assez régulièrement des bougies , j'adorais ces odeurs pleines de vie qui m'apaisaient. Je m'assis sur mon lit et cherchai quelque chose dans mon placard, elle était au fond, une petite boite, je l'ouvris, plein de petits papiers étaient éparpillés dedans, j'en pris un et le lis :

"Découverte macabre d'un trafique de jeunes filles, seules 3 ont été retrouvées vivantes mais dans un état lamentable. D'après des recherches d'ossement 123 sont mortes enterrées dans la forêt non loin de leur prison, un triste sort pour ces filles aussi jeunes, et un choc pour les familles. D'après l'homme qui a dénoncé ce trafic que lui-même en faisait partie, elles étaient louées à des hommes de tout âges, ensuite ils les battaient violaient ou torturaient. Nous ne pouvons qu'imaginer leurs souffrances. Les 3 survivantes seront bien évidement suivies psychologiquement. Suivra un procès pour les deux hommes arrêtés et malheureusement les 3 autres complices se serait enfuis et seraient toujours dans la nature."

Beaucoup de résumés similaires habitaient la boite, plus ou moins long, certains parlaient des procès, des témoignages, de nos histoires. Ça avait durée presque 2 ans, ensuite ça s'était calmé, au jour d'aujourd'hui on ne parlait quasiment plus de tout ça. Heureusement, car les journalistes qui vous harcèlent, au bout d'un moment on n'en peut plus. Je me sens mélancolique à remonter les souvenirs aussi vite, je range la boite et vais dans la cuisine me préparer un petit café, Violette vint me rejoindre. Elle jeta un coup d'œil perplexe vers moi et ouvrit la bouche :

-Tu va bien Marine?
-Oui ça va...

je dis ceci dans un soupir, puis repris,

-C'était son anniversaire aujourd'hui...
- A Iris? T'as été la voire, c'est pour ça que je ne t'ai pas vue de la journée?
- C'est ça, je n'arrête pas de me dire que...
-Que quoi? T'aurais pu la sauver? Arrête de penser à ça Marine, tu sais aussi bien que moi que ce n'était pas possible, comme les autres avant nous, personne ne pouvait rien faire, et encore moins toi.
-Tu as sûrement raison.
-N'y pense plus Marine, ça ne sert à rien de te torturer pour ça, c'est fini.
-Oui je sais, tu veux un café?
-J'allais te le demander, merci.

Elle me sourit pour me remonter le moral et je lui sers un café, on ne parle plus pendant quelques minutes, réfléchissant à ces paroles. Une psychologue m'a dit par rapport à ça, que j'ai le syndrome du survivant, elle a sûrement raison, je me sens un peu coupable d'avoir survie et pas elle. Alexy me coupa de mes pensées.

-Bah alors les filles, on boit un café sans moi?

Je lui sers donc une tasse, et il savoure,

-C'est le meilleur que j'ai bu depuis cinq ans!
-A ce point? Lui demandais-je.
-Oui, ils ne savaient pas les faires là-bas.
-Mon pauvre, dit Violette.

D'être tout les trois en train de boire un café, est assez étrange mais me fait tellement de bien aussi.

-Les filles j'aimerais vous poser des questions par rapport à vous savez quoi, je sais que vous n'aimez pas trop parler de ça, mais j'aimerais savoir, en prison on ne pouvait pas vraiment parler de tout ça...
-T'inquiète pas, on comprend, que veux-tu savoir? Lui dit Violette.
-D'abord est-ce que c'est vrai que les corps ont été retrouvés dans la même position et avec des fleurs?

Je regardai Violette, je ne veux pas parler de lui, et elle le comprend.

-Oui, apparemment Castiel les posait sur le dos droite avec les mains sur la poitrine en forme de croix, ensuite quand il les enterait, il plantait une fleur là ou reposaient leurs corps...
-Vous êtes sûres que c'est lui? Demanda t-il.
-Oui, c'est lui qui allait acheter les plantes, le fleuriste l'a affirmé, et aussi tout les corps n'ont pas été retrouvé comme ça, les plus vieux étaient enterrés n'importe comment, ces filles étaient enterrées comme des chiens, et comme Castiel est arrivé après Jade...
-D'accord, merci Violette, ensuite est-ce que c'est vrai que Lysandre était là pour se venger?

Cette fois ce fut Violette qui me regarda, tout ce qu'elle avait dit auparavant avait demandé beaucoup de courage. Je voyais sa main trembler légèrement, je repris donc la parole,

-Oui, les inspecteurs ont découvert que sa belle-sœur qui avait été l'une des victime de ce trafic, etait morte là-bas, tuée et torturée par Kentin. Par la suite son frère s'est suicidé face à la disparition de sa copine, Lysandre s'est donc retrouvé seul car son frère était sa seule famille. Tout indique qu'il a essayé de retrouver Rosalya, car elle s'appelait comme ça, et qu'il a découvert le poteau rose et donc a voulu se venger.
-Et Castiel dans cette histoire?

Je fermai les yeux quelques secondes pour continuer mon récit

-Il a aidé Lysandre à retrouver sa belle-sœur et l'a suivit en découvrant le poteau rose.
-Au moins on peut dire que c'est un vrai pote Castiel et que malgré les apparences, il a un cœur...

Sans vraie raison apparente à mes yeux, mes larmes commençaient à embrouiller ma vue, ce qui alerta Alex.

-Marine, je suis désolé... excuse-moi...
-Non c'est bon, ça va ne t'inquiète pas, c'est juste que tu es la seule personne à dire ça de lui...

Il prit ma main et la serra quelques secondes en me souriant. Il se sentait quand même un peu coupable de m'avoir fait pleurer.