Ichigo : Ah oui, ce Madara est sûrement l'opposé du Madara de Sympathy ;) mais ça n'est pas plus mal, tu crois pas ? Les débuts de leur relation est un peu chaotique mais il faut passer par là, je suppose ! (Je t'attendais sur "L'école cachée" mais toujours pas de reviews :( La fic ne te plait pas ?)

momo032 : Et il n'a pas fini d'en baver ! (Je te réponds ici pour que ça soit plus simple mais dis le si tu préfères directement par mp =) )


Une semaine de voyage plus tard, Madara et Dovah arrivaient près de leur objectif, à savoir, le camp d'entrainement de Rock Lee.

De son côté, Madara doutait légèrement. Pas pour l'aventure, non, avoir dormi sur un sol gelé était à la hauteur de ses espérances mais Dovah ne lui adressait que très peu la parole. Seulement quand elle avait besoin de quelque chose, en fait, ce qui l'attristait un peu. Ne devaient-ils pas être capables de parler de tout et n'importe quoi parce qu'ils étaient un couple ? Pire, à part quelques baisers, elle ne lui avait pas accordé le moindre signe de tendresse. Et surtout, ils n'avaient pas recouché ensemble.
Mince, Madara avait envie d'elle. Elle l'attirait tellement et ça en était viscérale. Il voulait la revoir prendre du plaisir sur, ou sous lui, la sentir serrer les mains sur son torse, murmurer son prénom à l'orgasme. Il avait besoin de la prendre dans ses bras, de lui montrer ses sentiments. Pourquoi ne faisait-elle rien ?

Et alors qu'ils arrivait en vue d'une habitation digne de ce nom, une idée s'imposa d'elle même dans l'esprit de Madara.
Peut être ne l'aimait-elle pas ? Peut être qu'elle n'attendait que la première occasion pour le lui dire ? Et si ce .. Rock Lee était un de ses amants et qu'elle allait le …

Secouant la tête d'un air attristé, Madara chassa ses pensées de son esprit, jeta un coup d'oeil à Dovah qui regardait autour d'elle avec méfiance et, sans qu'il puisse le prévoir, la jeune femme sauta de sa monture en attrapant ses hachettes jumelles et, des deux mains, elle para une flèche qui aurait très bien pu la tuer si elle avait été touchée.
La jument de Madara se cabra devant l'attaque et le jeune homme manqua d'en être désarçonné, mais voyant que sa monture commençait à trépignait assez lourdement, il préféra descendre à son tour, sachant que l'étalon de Dovah s'occuperait de ramener la jument au cas où elle s'échapperait mais lui même recula en voyant une ombre sauter d'un des arbres et engager le combat avec Dovah.

Celle ci esquiva un coup, puis un second, utilisant ses armes comme bouclier et Madara écarquilla les yeux en ayant enfin une vue correcte sur leur agresseur.

C'était un homme assez grand, plus que lui, en tous cas, d'une carrure assez fine quoique ça se voyait qu'il était musclé mais surtout, il remarqua sa coupe au bol ridicule, sans parler de ses vêtements verts qui donnaient l'impression qu'il était un cactus géant en train de se battre. Et ses épais sourcils rendait l'ensemble d'autant plus comique.

Cependant, l'homme attaquait sa .. petite amie ? Avec ferveur et lui ne savait absolument quoi faire. Il était paralysé par le combat qu'il voyait, quoique Dovah se débrouillait bien toute seule et il ne voulait absolument pas la gêner.
Les coups qu'elle donnait étaient fluides, calculés et malgré son air concentré, elle avait un léger sourire aux lèvres, ce qui le rassura légèrement.
Après un fauchage, l'homme se retrouva à terre et Dovha l'y retint en s'asseyant sur son ventre ce qui fit monter la jalousie en Madara. Et il y avait de quoi ! Leur position était presque identique à celle qu'ils avaient eu, quelques jours plus tôt, dans le grenier des écuries du château.

Les combattants se jaugèrent un instant avant d'éclater de rire et l'homme se redressa en prenant Dovah dans ses bras tandis que la jeune femme fourrait le nez dans son cou, l'y embrassant sans gêne, ce qui n'aida pas l'Uchiha à se calmer. Ah non, ça le blessait à présent …
Une étreinte de plusieurs minutes plus tard, les deux jeunes gens se relevèrent, époussetèrent leurs vêtements et échangèrent une poignée de main très amicale et fraternelle avant que Dovah se souvienne de son compagnon, se tourne vers lui d'un air désolé et s'en approche en disant :

- Madara, je te présente Rock Lee, ancien Traqueur du Vol noir et un vieil ami.

Lee sera la main de l'homme, le souffle court mais un sourire léger aux lèvres et il demanda, l'air suspicieux :

- Madara .. Uchiha ? L'ainé du roi ?
- Le roi est mort.
- Vraiment ?

La mine sombre de Madara le lui confirma et Lee évita de s'étendre sur le sujet avant de se retourner vers Dovah en demandant :

- Qu'est ce que tu fais là, Dovah ? Je m'attendais pas à te voir !
- Tu nous laisses desseller ? Nous parlerons au chaud.
- Bien sûr. Mettez les chevaux dans l'écurie, prenez la chambre d'amis, je vais faire réchauffer un peu de soupe.

Dovah acquiesça en sifflant pour que Kyubi la rejoigne et l'étalon leur ramena aussi la jument de Madara, qui avait prit peur à cause des combats.
Sans un mot, le couple se rendit dans la petite écurie, attenante à la maison individuelle, s'occupèrent rapidement de leur monture et les nourrir abondamment avant que Dovah attrape la main de Madara, l'air ravi et l'entraine dans la maison comme si elle était une habituée des lieux. Avec un sourire chaleureux, Lee leur servit un bol de soupe chacun, qu'ils avalèrent en s'installant près du feu et l'Uchiha ne put s'empêcher, quand ils eurent terminé, de récupérer la main de Dovah.
Celle ci lui adressa un sourire tendre avant de se tourner vers Lee et demander :

- Ca te dérange si on reste là quelques jours ?
- Non, tu sais que tu es la bienvenue !
- J'ai vu ton annonce dans une auberge près du château et je me suis dit qu'on pourrait passer. Madara aurait bien besoin d'un entrainement avant qu'on continue notre voyage.

Lee zyeuta Madara d'une façon assez critique avant d'acquiescer et dire :

- Deux mois, si ça vous convient.
- Si peu ? On a tout notre temps, tu sais ?
- Non, deux mois seront suffisants s'il a le moral qui va avec.
- Ça devrait aller.
- Alors, dis moi, qu'est ce que tu fais avec un Uchiha .. ? Il …

Ca ne fut qu'à cet instant que Lee remarqua les mains jointes des deux autres et il écarquilla légèrement les yeux avant de refermer la bouche, comme un poisson hors de l'eau tandis que Dovah murmurait :

- Nous en parlerons, plus tard. J'aimerais pouvoir aller me reposer, si ça ne dérange pas, on a voyagé une bonne semaine sans vraiment de pause …
- Oui, bien sûr ! Prends la chambre que tu veux, c'est totalement vide, les stages viennent de finir.

Dovah acquiesça, l'air fatigué et elle embrassa doucement Madara sur la joue avant de lui faire signe de la suivre tandis que Lee les regardait s'éloignait, l'air un peu étourdi.
Dovah, sa Dovah adorée avait trouvé l'amour. Madara devait être vraiment spécial pour mériter cet honneur.
Une fois enfermés dans une chambre coquette et chaude, Madara ne résista pas plus. Il se tourna vers la jeune femme, l'attira contre lui et l'embrassa passionnément, avant de lui faire l'amour sur le parquet même de la chambre, alors que le lit était à, à peine, un mètre, sans se soucier du bruit qu'ils pouvaient faire. L'abstinence et l'envie assez importante qu'il ressentait depuis quelques jours gâcha un peu ce moment, sans parler de la jalousie qui le rongeait légèrement et les rapports de force qu'il y avait eu pendant leur étreinte. Elle aurait voulu reprendre le dessus, comme la dernière fois mais Madara avait refusé, têtu et ça avait mis la jeune femme mal à l'aise. Mais ça n'était pas si grave, n'est ce pas ?

Sans un mot et gênés, ils allèrent ensuite se coucher dans le lit de taille moyenne qui se trouvait au milieu de la place et tandis que Madara s'endormit de suite, fatigué par le voyage et leurs galipettes, Dovah eut du mal à fermer l'oeil.

La jeune femme ne comprenait pas le comportement de son amant. N'avait-il pas apprécié, la première fois, quand elle avait été au dessus ? Bien sûr, le forcer à se mettre sur le dos n'aurait pas été difficile pour elle, il fallait se rendre à l'évidence, Madara ne possédait pas réellement de force brute mais le regard … dominant qu'il lui avait jeté l'avait un peu effrayée. Il n'était pas comme ça. Ou du moins, il ne pouvait pas l'être dans un moment pareil. Elle était tombée amoureuse de lui parce qu'elle se sentait son égal, pas parce qu'il se comportait comme un porc.
S'était-elle trompée sur lui ?

D'un mouvement lent, elle sortit du lit, après s'être assuré que Madara dormait profondément et elle se rhabilla en silence avant de quitter la chambre pour rejoindre Lee, qui rapiécé certains de ses vêtements, près de la cheminé.
Surpris qu'elle soit revenue, il releva les yeux vers elle et la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle s'installe contre lui, entoure ses jambes de ses bras et pose la tête sur ses genoux d'un air presque tourmenté, ce qui ne lui ressemblait pas du tout.
Alors, touché, Lee glissa un bras autour de son dos en mettant sa couture de côté et demanda :

- Ca ne va pas, Dovah ?
- Je ne sais pas.
- C'est Madara ?

La jeune femme releva les yeux vers lui, scrutant un instant le visage de son ami de longue date et hocha doucement la tête avant de murmurer :

- Je l'aime beaucoup, tu sais.
- Je l'ai remarqué, oui.
- Tu sais que ça n'est pas mon genre de dire ça, ou de m'attacher aux gens mais quand je l'ai vu au château, et avec tout le temps qu'on a passé ensemble … Et il a quitté sa femme pour moi, sa place de Roi, même son frère. Ça veut dire qu'il ressent quelque chose pour moi, non ?
- Je pense, oui.
- Mais des fois, il est tellement distant. Je ne sais pas quoi en penser.
- Tu sais … Il ressent peut être la même chose de son côté.
- Mh ?
- Vu sa position, il n'est sûrement jamais sorti de son château, non ?
- Oui.
- Tu ne crois pas que c'est dépaysant pour lui aussi ?
- Je lui avais dit que ça ne serait pas facile !
- Mais son seul point de repère, c'est toi. Et si tu ne fais pas l'effort de le rassurer, il doit sûrement penser que tu regrettes, ou que tu n'as pas de sentiments pour lui ..
- Mais j'en ai !
- Il ne peut pas le deviner. Et je te connais, Dovah, j'ai voyagé avec toi assez longtemps pour savoir que tu n'es pas spécialement bavarde quand tu vagabondes.

La jeune femme détourna les yeux, gênée et Lee l'embrassa sur la joue en murmurant :

- Ni très tactile …
- Tu parles .. du sexe ?
- Oui.
- Tu as vu la température qu'il fait, dehors ? Je prendrais pas le risque d'attraper froid avec ce temps, c'est un coup à crever au milieu des bois !
- Mais est ce qu'il le sait ?

La jeune femme referma la bouche en le dévisageant et murmura, réalisant son erreur :

- Tu crois qu'il s'imaginait qu'on coucherait tout le temps et n'importe où ?
- Les hommes ont besoin d'exprimer leurs sentiments de manière physique, contrairement aux femmes alors je pense même qu'il doit être très frustré, malgré votre … partie de jambes en l'air de tout à l'heure.

Baissant les yeux, Dovah posa la tête contre l'épaule de Lee qui caressa doucement sa nuque en murmurant :

- Allez ma grande, va te reposer. Demain, je le réveillerais très tôt pour qu'il commence l'entrainement.
- Tu crois que deux mois seront suffisants ?
- Je crois que son amour pour toi est la meilleure motivation possible.

Touchée, la jeune femme se redressa lentement, embrassa son ami sur la joue pour ses nombreux conseil avant de retourner se coucher, tandis que Lee souriait d'un air amer.
Combien d'heures avait-il prié pour qu'un jour Dovah lui lance le même regard qu'elle avait lancé à Madara ? Ne se rendait-il pas de la chance qu'il avait ?
Dans ses rêves, Madara souhaitait que sa nuit ne s'arrête jamais. Il n'avait pas aussi bien dormi depuis des jours et le lit était confortable mais en entendant un grand bruit près de lui, il se redressa d'un bond et fronça les sourcils en voyant ce Lee près de lui, un sabre à la main.

- Si j'avais été un ennemi, tu serais mort.

L'Uchiha grogna d'un air encore endormi, se recoucha en se tournant vers Dovah qui murmura :

- Lève toi Madara …
- Non.
- C'est pour ton bien …
- Je croyais que j'étais bien comme j'étais.
- Tu es incapable de te défendre seul.
- C'est pas grave, tu es avec moi.

Agacée, Dovah l'obligea à la lâcher et grogna :

- Dépêche toi avant que je m'énerve.

Soupirant comme un gamin un peu trop gâté, Madara se redressa, s'habilla en silence et releva un regard haineux vers Lee qui le fit sortir de la chambre avant de jeter un regard incertain vers Dovah, qui se tournait pour se rendormir, mais il referma doucement la porte, gêné d'avoir assisté à une scène de ménage.
D'un pas rapide, l'ancien Traqueur rejoignit son nouvel élève et lui demanda, tandis que Madara baillait en se grattant les cheveux :

- Tu as déjà suivi un entrainement militaire ?
- Oui.
- De quel genre ?
- Je sais me battre.

Le ton de Madara ne laissait place à aucune discussion mais Lee leva les yeux au ciel devant l'arrogance de l'autre, lui indiqua le repas qu'il avait préparé et chercha un instant dans un armoire avant d'en sortir quatre sangles en cuir, agrémentées de poids de deux kilos chacune, qu'il envoya à Madara en disant :

- Tu porteras ça durant les entrainements.

L'Uchiha les réceptionna avec maladresse et les regarda en demandant :

- Sérieusement ?
- Ça accélérera ton entrainement.
- Je n'en ai pas besoin.
- Ecoute …

Lee se tourna vers lui, l'air aussi agacé que Dovah et grogna :

- Ca n'est pas mon genre de me mettre en colère et je ne veux pas décevoir Dovah. Alors tu vas porter ça, et faire exactement tout ce que je t'ordonne de faire si tu veux que ton entrainement soit efficace.
- Tu n'as pas d'autorité sur moi.

Levant les yeux au ciel, Lee étira ses épaules et murmura :

- Tu as cinq minutes pour petit-déjeuner, je t'attends sur le terrain de derrière.

Soutenant le regard froid que Madara lui jetait, Lee sortit de la maison et alla commencer ses étirement tandis que l'Uchiha mangeait sans vraiment avoir faim.
Il ne comprenait pas ce que Dovah pouvait trouver à ce mec. Il l'avait entendu se relever, la veille et sa jalousie n'avait fait qu'augmenter. Et c'était horrible, pour lui, de se rendre compte que son amante pouvait lui faire autant de mal.
Quand il rejoignit Lee sur le terrain indiqué, qui était en terre battue, Madara soupira en le voyant faire des pompes les doigts dans le nez, à la lumière des torches et demanda :

- On ne peut pas attendre que le jour se lève ?
- Non. En garde.

Levant ses bras d'un air fatigué, deux poids accrochés à ses poignets tandis que les autres étaient à ses chevilles, Madara fusilla son professeur du regard et Lee secoua la tête en demandant :

- Qui t'a entrainé ?
- Le maitre d'arme du château et Hashirama Senju.
- Le Senju ? Pendant combien de temps ?
- Quelques jours.
- Je comprends mieux. On va commencer par aller courir un peu. Étire toi.
- Avec Hashirama, on ne …
- Etire toi.

Levant les yeux au ciel, Madara étira lentement ses jambes puis son dos et Lee lui jeta un dernier coup d'oeil avant de commencer à courir en direction de la forêt et Madara le suivit sans un mot.
Par contre, l'Uchiha ne s'attendait pas à courir toute la matinée. Ses muscles non-habitués à des efforts pareils tiraient, le tiraillaient et il avait du mal à suivre mais pour lui, il était hors de question d'abandonner. Pas pour Dovah, cette fois, comme lors de son entrainement avec Hashirama mais pour prouver à cet abruti qui se prétendait être son professeur qu'il était capable de le faire.
Cependant, les poids sanglés à ses membres, l'épaisse couche de neige qui couvrait le sol et la température négative rendait l'exercice assez extrême et alors qu'il sentait sa gorge bruler à cause de l'air frais et un point de son côté droit, il se dit que ça ne valait peut être pas le coup. Oh, la motivation était là mais pourquoi Dovah insistait-elle pour qu'il subisse cet entrainement ? Surtout si elle le trompait avec un mec pareil ?

Pire, sa façon de lui parler, ce matin était plus une torture pour lui que l'entrainement en lui même et tandis qu'il ressassait la conversation en boucle dans son esprit, il sentit de légères larmes, à sa plus grande surprise, couler le long de ses joues et il dut s'arrêter de courir, les mains posées sur ses genoux presque prostré tandis que le souffle lui manquait.
Il pleurait pour elle. C'était bien la pire chose qui pouvait arriver.

Se rendant compte que son élève ne bougeait plus, Lee s'arrêta, se tourna vers lui mais le laissa. Il ne voulait pas trop interférer, il avait compris que Madara avait une certaine rancoeur contre lui même s'il n'y avait pas de raison à cela. Et Lee se dit qu'il allait devoir convaincre Dovah de parler à son petit ami si elle voulait que l'entrainement se passe dans de bonnes conditions.
L'entrainement et leur vie ensemble.
En voyant que Madara était à sa limite, il fit demi tour et sans un mot, il le ramena chez lui tandis que l'autre faisait de son mieux pour ne pas montrer son état. Il avait honte de tout ça, et avait même envie d'abandonner mais le séjour chez le vieux lui avait prouvé qu'il était capable de tout avec un peu de volonté.
Mais pouvoir supporter de voir Dovah s'éloigner ? Ça n'était pas sûr, malgré leur courte relation.
Il avait quand même eu un sacré coup de foudre pour elle.

Quand ils arrivèrent à la maison, Lee sourit quand même en voyant Dovah à cheval, en train d'essayer de dresser la jument de Madara qui était franchement trop peureuse et en la regardant, l'Uchiha se demanda vaguement comment elle faisait pour tenir à cheval tandis que l'animal tentait par tous les moyens de la mettre à terre, sans parler du fait qu'elle montait sans selle, juste avec une bride.
Oubliant sa haine, Madara prit place sur un rondin de bois, près de la maison, fasciné par la hargne que montrait sa jument alors qu'elle lui avait toujours paru très calme et il écarquilla les yeux en voyant la jument se cabrer une nouvelle fois, battre des antérieur avant de perdre son équilibre et se retourner. Dovah eut juste le temps de se dégager avant que l'animal tombe sur le dos et elles se relevèrent toutes les deux en même temps, le souffle court.
Là, la jument se secoua légèrement avant de s'approcher de sa cavalière et celle ci lui caressa doucement le front en lui murmurant que ça ne servait à rien de se battre de cette façon, ni d'avoir peur. La petite jument n'était pas mauvaise, dans le fond, mais tant qu'elle se mettrait en défense à cause de sa peur, elle serait dangereuse, et ça mettrait Madara en danger.
Après une nouvelle caresse, Dovah s'accrocha aux crins de la jument, remonta sur son dos et la caressa doucement avant de la mettre au galop, sur un cercle, sans avoir besoin des rênes pour la diriger, et Madara fut surpris de voir que sa jument était aussi obéissante.

À vrai dire, il ne l'avait jamais montée que pour faire un ou deux tour de la forteresse, mais avait longuement insisté pour avoir un cheval à lui, quand il était encore jeune. Alors, son père lui avait d'abord acheté un hongre alezan, qui été décédé au bout de trois ans d'une colique importante, avant de faire l'acquisition de cette jument qui, d'après ses dires, avait ds origines dignes d'un roi. Madara l'avait de suite adorée, la trouvant douce avec un regard très tendre mais à la voir comme ça, se défouler autant et clairement s'amuser avec Dovah sur le dos, il vint à se demander ce qui avait pu se passer quand elle était encore petite, pour être autant cassée.
Parce que c'était pour ça, qu'elle était peureuse, non ? Elle avait été tellement maltraitée lors de son dressage qu'elle n'avait plus confiance en l'homme …
Quelques tours du galop sembla tout de même lui faire un bien fou et Dovah sembla satisfaite parce qu'elle lui donna une carotte, accompagnée d'une caresse douce sur l'encolure avant de descendre et la rentrer au chaud, dans l'écurie pour prendre soin d'elle.

- Tu as une bonne jument.

Madara se redressa en entendant Lee parler dans son dos mais il fut quand même flatté par ce qu'il lui avait dit alors il acquiesça et demanda :

- Dovah essayait de la rassurer ?
- Quelque chose comme ça, oui. Ta jument est très peureuse et ça peut être dangereux.
- Elle fait ça … pour ma sécurité ?
- Pour quoi d'autre pourrait-elle le faire ?

Sentant ses joues rougir, Madara se détourna et demanda :

- Et Kyubi ?
- Oh, c'est une grande histoire d'amour entre ces deux là. Il était très sauvage au début, et elle l'a eut pour presque rien. Je crois qu'elle a passé deux années complètes à le dresser et elle a du subir les moqueries pendant tout ce temps parce que tout le monde disait qu'elle ne tirerait rien de lui, qu'il était déjà trop vieux. Mais ils ont trouvé un terrain d'entente et on lui a proposé énormément d'argent pour son cheval …

Pensif, Madara acquiesça et Lee lui tendit une assiette de haricots avec un peu de poulet en disant :

- Reprend des forces. Nous continuons l'entrainement cet après midi.

Et avant que son élève ne puisse avoir le temps de rouspéter, Lee rentra se mettre au chaud.
Chaque personne passa son repas de son côté. Lee près de la cheminée, à planifier l'entrainement de Madara, tandis que celui ci mangeait dehors, ne sentant presque plus le froid.
Dovah, quant à elle, n'osait plus sortir de l'écurie, parce qu'elle ne voulait pas croiser Madara. Et elle se trouvait stupide. Elle avait affronté des hommes déjà, et même des dragons, mais était incapable de faire face à Madara par peur qu'il lui brise le coeur.
Alors elle attendit que le temps passe dans le box de Kyubi, qui s'était approché d'elle pour lui tenir chaud et ça ne fut que lorsqu'elle entendit les deux autres se mettre à l'entrainement qu'elle sortit de là, afin d'aller s'emmitoufler dans une couverture, près de la cheminée.

Lee passa l'après midi à tester son élève, l'obligeant à repousser ses limites physiques au maximum mais il n'était pas concentré alors, bien avant ce qu'il avait prévu, il lui indiqua que l'entrainement était terminé et qu'il allait chercher le diner.

Incertain, Madara entra dans la maison, scruta un instant la jeune femme mais se détourna pour aller se laver un peu, ne trouvant pas le courage d'aller lui parler. Une nouvelle fois, elle lui avait semblé très distante, dans un autre monde, et il n'y avait clairement pas sa place, sans savoir que Dovah n'attendait qu'une chose, qu'il vienne la rassurer.
Le diner se passa sans un mot, alors que Lee avait cuisiné un lapin qu'il avait trouvé non loin de là et Madara prétexta rapidement aller se coucher, exténué par l'entrainement de la journée, sans savoir que les jours suivants allaient être beaucoup plus durs que celui là et Dovah, le coeur lourd, se réfugia dans les bras de son ami qui la serra contre lui, caressant doucement son dos en murmurant :

- Dovah, je t'ai jamais vue comme ça …
- J-je veux pas qu'il s'en aille ! J'aurais jamais dû lui dire que … que …
- Que tu l'aimes ? Arrête, ça crève les yeux.

Sans réfléchir, la jeune femme se redressa pour embrasser son ami, sans savoir qu'ils étaient observés mais celui ci le repoussa après que Madara ait refermé la porte, blessé par ce qu'il venait de voir.
Tenant la jeune femme à bout de bras, Lee soupira en fermant les yeux et murmura :

- Dovah, arrête ça. Tu sais que ça me plairait mais je ne ferais pas un truc pareil …
- N'en as-tu pas envie ?
- Là n'est pas le problème.
- Alors quoi …

De gestes doux, il l'obligea à se tourner et lui montra la porte de la chambre en murmurant à son oreille :

- Là bas, dans cette chambre se trouve un homme qui a abandonné toute sa vie pour toi. Et je sais que tu ne l'aurais jamais laissé faire si tu n'avais pas de sentiments pour lui.
- Mais …
- Souviens toi, Dovah, j'ai tenté de faire la même chose, il y a des années mais tu m'en as empêché en me disant que ça ne changerait rien. Et lui …
- J'ai essayé de refuser qu'il vienne …
- Et malgré ça, il est là, avec toi, et il n'attend qu'une chose : que tu lui prouves qu'il n'a pas fait d'erreur.
- J'ai … peur.
- La peur est une bonne chose.

En la voyant trembler légèrement, Lee la rapprocha doucement de lui pour la rassurer et chuchota contre son oreille :

- Mais tu es courageuse, tu l'as toujours été. Dis lui tout ça, tout ce que tu as sur le coeur et tu verras, tout s'arrangera.
- Et si ça n'est pas le cas ?
- Alors, tu n'auras qu'à fuir, comme tu l'as toujours fait.
- Je n'ai jamais fui !
- À part le jour où je t'ai avoué mes sentiments pour toi.

La jeune femme tourna les yeux vers Lee, qui la regarda un instant dans les yeux mais il lui adressa un des sourires dont il avait le secret en levant un pouce et murmura :

- Mais tout ça est terminé maintenant …
- Tu ne …
- Je me suis fait une raison. Et tu es revenue, comme une amie, et ça me convient. Rejoins le maintenant, prends la matinée pour lui parler si tu en as besoin, je te le laisserais.

Rassurée, Dovah hocha lentement la tête avant de soupirer longuement et rejoindre la chambre d'amis où Madara semblait dormir profondément, même si ça n'était qu'une illusion. Elle entra dans le lit, se colla à lui en le prenant dans ses bras et se laissa sombrer dans le sommeil tandis que Madara rouvrait les yeux, dégouté qu'elle le touche.
Comment pouvait-elle, après qu'il l'ait vue embrasser l'autre clown ?

Quand elle se réveilla, le lendemain en milieu de matinée, elle dût y regarder à deux fois avant de comprendre que Madara était en train de faire son sac, qu'il se préparait à partir. Et le regard haineux qu'il lui jeta la fit frissonner mais suivant les conseils de Lee, elle l'obligea à s'arrêter et murmura :

- M-Madara, j'aimerais te parler.
- Je n'ai rien à te dire …

Se détournant, il tenta de reprendre son sac mais Dovah ferma les yeux en disant :

- Je t'aime, Madara.

Le jeune homme leva les yeux au ciel en soupirant d'agacement et quand son amante releva les yeux vers lui, l'air tourmenté, il grogna :

- Tu crois que je n'ai rien remarqué ?
- Je ….
- Je t'ai vu embrasser l'autre enfoiré hier soir !

Dovah écarquilla les yeux et se leva immédiatement en disant :

- Tu ne penses quand même pas que …
- Si, je le pense, depuis qu'on est arrivé dans cet endroit. Il fallait me le dire, si j'étais pas assez bien pour toi, j'aurais compris …
- Tu es …
- Plutôt que de m'ignorer tout le temps, comme si j'étais rien pour toi ..
- Ne dis pas ça !

Madara se figea devant le cri de la jeune femme et fut surpris de la voir littéralement fondre en larmes, une main sur sa bouche.
Elle, la grande Traqueuse, la guerrière parfaite qu'il avait admirée pour sa force et son sang froid venait de craquer devant ses yeux et ça n'était pas une image qu'il avait pensée voir un jour.
Ne sachant pas quoi faire, il resta pétrifié sur place, jusqu'à ce que Dovah se reprenne, petit à petit et elle renifla d'une manière franchement pas féminine avant de murmurer :

- J-je suis désolée. Vraiment. J'ai pas l'habitude de craquer comme ça.

Voyant que Madara ne répondait pas, elle se réinstalla sur le lit, la tête basse et murmura :

- Je ne veux pas que tu partes.
- Tu m'as trompé.
- N-non. Je … j'ai embrassé Lee, je ne dis pas le contraire, mais c'était une erreur, je le sais bien et je l'ai fait sans réfléchir et je regrette …
- Pourquoi ?
- Parce que tu m'ignores !
- Mais tu es distante …
- N-non …
- Si. Pendant tout le chemin pour arriver ici, tu ne m'as dit que trois mots et j'étais obligé de réclamer quand je voulais un baiser ! Et on n'a rien fait d'autre …

Reniflant à nouveau, Dovah releva doucement la tête en regardant Madara dans les yeux et murmura, la voix faible :

- Il faut que tu comprennes, Madara, et c'est très important pour la suite. Je ne suis pas habituée à avoir des compagnons. Est-ce que tu peux imaginer ce que c'est que de parler à personne pendant plus d'un an ?

Devant le regard perçant de la jeune femme, Madara baissa lentement les yeux et secoua la tête, ne pouvant pas concevoir une idée pareille, lui qui a toujours eu son frère pour papoter quand il en avait envie :

- Quant au reste … Je ne sais pas ce que c'est que d'être en couple. Je n'ai ni envie de trop en faire, ni pas assez et ça m'empêche de trouver un juste milieu. Les seules expériences que j'ai ne comprennent que le sexe, pas ce qu'il y a autour … et … Ne crois pas que je me prive de ça parce que je ne suis pas attirée par toi ou que je n'ai pas envie mais la saison n'est franchement pas propice aux galipettes dans la neige … J'avais pensé que tu l'aurais saisi de toi même …

Ne sachant pas quoi dire, Madara prit place à côté d'elle et elle posa doucement la main sur la sienne en murmurant :

- Je suis désolée Madara, vraiment désolée de t'avoir fait du mal mais ne m'en veux pas, s'il te plait. Ce genre de situation est aussi inconnue pour moi que les combats ou juste ce genre de vie pour toi. Et tu as bien vu que tu ne savais pas quoi faire quand Lee m'a sauté dessus, non ?
- Oui.
- J-je veux pas que tu m'abandonnes …

Madara releva doucement les yeux vers la jeune femme qui se pinçait les lèvres pour s'empêcher à nouveau de pleurer et il la prit dans ses bras sens attendre, l'embrassa dans le cou et murmura :

- Je pensais que tu voulais me laisser ….
- Petit con …

Pour la première fois depuis longtemps, Madara sourit légèrement en entendant le ton amusé de son amante et il l'embrassa avec passion tandis qu'elle posait les mains sur ses joues. Quand ils s'écartèrent, le souffle un peu court, ils échangèrent un regard doux et tendre et firent l'amour sans que cette fois il n'y ait de problème de rapport de force.
Comme quoi, parler, c'était parfois utile ...