angel-ofshadow : Yay, j'ai toujours su que ce chapitre te plairait ! :D Ah, le sang de dragon .. Quelle bonne idée j'ai eue là xD Et ouais, on verra d'autres membres de l'Aka .. :D

Alviss : Ah, presque ! Mais avec ce qu'on s'est dit aujourd'hui .. :3

Ichigo : On en saura plus ! Mais plus tard :D Il y a un lien, oui, et on en reparlera dans le chapitre 5 ;)


Cela faisait deux semaines qu'ils étaient arrivés à Nishio mais Madara ne cessait de s'émerveiller devant le village. Pourtant, dès le premier jour, Deidara lui avait fait faire la visite lui même, le présentant aux habitants comme étant l'homme qui avait conquis le coeur de la grande Dovah Khiin, qui, de son côté, était allée saluer plusieurs de ses connaissances. Le chaperonnage de Deidara ne passa pas inaperçu, au village, étant donné que le blond était l'amant officiel du Capitaine Sasori, qui était le commandant de navire le plus respecté du village.
Ainsi, Madara rencontra des pirates, et il avait l'air d'un enfant quand il les saluait, l'aubergiste principal du village, et plusieurs amis de Deidara dont un certain Tobi, un jeune homme ayant été dévisagé par un dragon mais avec beaucoup d'humour à ce propos.
Nishio ne semblait pas être la ville la plus riche au monde, c'était indéniable mais les gens y étaient heureux et vivaient du troc et des échanges de services. Et des richesses que les navires récoltaient quand ils partaient en campagne.
Deidara n'avait d'ailleurs pas résisté à montrer la salle des trésors à Madara qui, pas spécialement impressionné, avait déclaré qu'il avait vu mieux que ça au château et Deidara comprit qu'on ne changeait pas un prince.

Cependant, en deux semaines, Madara et Deidara s'étaient noués d'amitié, assez rapidement et ils passaient souvent beaucoup de temps à la taverne, pour boire du rhum tandis que le blond racontait ses histoires de dragons à l'ancien prince.
Et Dovah était parfois désespérée de ne pas voir son amant pendant plusieurs heures alors qu'ils pouvaient enfin passer du temps ensemble, si bien qu'elle l'obligea à rester au lit, un matin chaud en se plaçant au dessus de lui, les bras croisés sur son torse.
Amusé par le comportement de la jeune femme mais aussi conscient qu'elle puisse se sentir délaissée, Madara glissa lentement les mains dans ses cheveux soyeux et l'embrassa longuement avant de murmurer :

- Je sais.
- Ça me plait que tu t'adaptes Madara, vraiment. Mais j'aurais pensé qu'on passerait plus de temps ensemble.
- Je sais …

Ses mains douces se posèrent sur les cuisses de son amante et Dovah lui adressa un sourire tendre avant de se pencher vers lui pour l'embrasser avec douceur avant de demander :

- Ca te plairait qu'on se baigne dans le lagon, aujourd'hui ?
- Le lagon ?
- Ah ! Enfin quelque chose que Dei ne t'a pas montré !

Gêné, le jeune homme acquiesça doucement et avoua qu'il s'en voulait un peu de ne pas avoir été là pour elle mais Dovah semblait heureuse qu'il soit satisfait par le voyage. C'était ce qui importait.

Après plusieurs minutes durant lesquelles ils échangèrent de longs baisers, tendres ou passionnés, Dovah se leva rapidement, enfila un haut simple ainsi qu'un sous-vêtement et attrapa une petite serviette à la salle de bain en disant à Madara de ne pas trop s'habiller.

Depuis qu'ils étaient arrivés, ils vivaient dans la demeure de Sasori, une maison en bois assez importante pour accueillir tous ses officiers, même s'ils avaient déjà quelque part où vivre et où Deidara les avait installés. Mais Dovah avait l'habitude d'y vivre quand elle passait dans les environs et leur petite chambre était suffisante.

Il ne leur fallut que quelques minutes avant de partir, sur le dos de leurs montures et Dovah en tête. La voir monter aussi peu habillée donnait de drôles d'idées à Madara qui espérait depuis quelques jours qu'ils aient un petit moment en tête à tête mais en général, Deidara venait le chercher beaucoup trop tôt. Et, naturellement, il n'avait pas voulu contrarier le blond connu pour son caractère très explosif.

Il leur fallut une petite demie heure pour atteindre le lagon que Dovah avait mentionné mais Madara ne s'était pas attendu à ça. Dovah avait d'ailleurs sûrement exagéré en utilisant le terme de lagon mais la petite étendue d'eau semblait paradisiaque.

Elle se trouvait au pied d'une falaise importante, et l'eau s'en écoulait dans une petite cascade qui glissait avec grâce sur la roche vaseuse. Le bassin en lui même ne semblait pas très grand mais profond, de même si l'eau était très clair, voir le fond était impossible. Et ce qu'on pouvait qualifier de plage était en fait de la roche, douce au toucher mais un peu glissante, ce qui les obligea à descendre de monture alors qu'ils étaient encore dans la forêt.

En attrapant leurs serviettes, Dovah laissa Kyubi en liberté, sachant pertinemment qu'il n'irait pas trop loin et surveillerait Nibi avant de prendre Madara par la main, étendre leurs draps de plage sur la roche, enlever son tee shirt et sauter dans l'eau avant l'enthousiasme d'un enfant. Et Madara ne pouvait qu'apprécier le spectacle de la poitrine nue de sa petite amie.

Dovah nageait avec lenteur, sur le dos, en regardant le jeune homme avec malice.

- Arrête de me regarder, s'exclama-t-elle. Et ramène toi !

D'un geste lent, Madara se débarrassa de ses vêtements pour ne plus porter que son caleçon et entra dans l'eau en frissonnant, ayant pensé qu'elle serait plus chaude que ça mais, en essayant d'ignorer l'environnement, il s'approcha de son amante pour l'embrasser en glissant les bras autour de ses épaules.

S'il y avait une chose qui ne changeait pas, entre eux, c'était bien la façon qu'ils avaient à s'amuser de la moindre situation, et alors que Madara chauffait légèrement, et allait poser une main sur les fesses adorables de la jeune femme, celle ci prit appui sur son torse des pieds et s'éloigna en riant, nageant habilement en direction de la cascade. Madara en profita alors pour humidifier la totalité de ses cheveux, qui avaient bien besoin d'un shampoing digne de ce nom avant de rejoindre Dovah qui avait trouvé une petite place où s'asseoir sous la cascade, et profiter de l'eau qui tombait sur ses épaules pour être massée.

Un sourire léger étendit les lèvres de la jeune femme quand elle sentit les mains de Madara se poser sur ses cuisses, les caresser avec douceur tandis qu'il embrassait son menton, en quête d'attention et elle murmura, amusée :

- Tu me délaisses pendant deux semaines, et maintenant, tu viens réclamer ?
- Deidara est très prenant, répondit Madara.
- Prenant ? N'es-tu donc pas capable de dire non à une belle blonde ?
- Ç-ca n'est pas comme ça ..
- Non, bien sûr. Mais tu es encore trop bien élevé. Un voyage sur la galère de Sasori ne pourra que te faire du bien.
- Veux-tu faire de moi un paysan pas capable d'aligner trois mots sans une insulte ? Demanda Madara en fronçant les sourcils.
- Je n'ai pas dit ça !

De mains douces, Dovah attrapa le visage de son petit ami, pour qu'il la regarde dans les yeux.

- Mais quand tu auras passé deux mois sur un bateau, à supporter les mêmes personnes qui te regardent de haut, tu comprendras que ton sang royal ne t'es d'aucune utilité, en dehors de ton château.
- Tu as du sang royal, toi aussi, rappela-t-il en se rapprochant. Et ça n'est clairement pas ça qui m'a attiré chez toi.
- Vraiment ?
- Mais vous saurez, Dame Dovah, que je pourrais vous traiter de la façon qu'il faut si c'est ce que vous voulez. Et que si mon père ne m'avait pas marié, j'aurais très bien pu épouser une fille de noble et de chevalier.

Surprise qu'il ose parler de mariage aussi facilement, Dovah détourna les yeux en se disant qu'il ne le pensait certainement pas et Madara l'interrogea du regard.

- Qu'est ce qui t'a attiré, alors ? Demanda-t-elle pour esquiver le sujet.
- Tes yeux, d'abord. Et l'acharnement que tu mettais à me repousser.
- Je ne t'ai pas repoussé !
- Alors, tu as mauvaise mémoire, sourit le jeune homme.

Après un soupire venant du coeur, Dovah serra légèrement Madara contre elle, alors qu'il fermait les yeux et souffla, à son oreille :

- Mon père disait toujours que mes yeux feraient tomber les rois les plus sages ..
- Mon frère a toujours été plus sage que moi, affirma Madara. Et plus intelligent !
- Il te manque ? Izuna ?
- De temps en temps. Quand les heures sont longues, oui, je pense à lui, et à Ayana et je me demande comment ils vont et s'ils pensent à moi.
- Un .. Un des hommes de Nishio a une dette envers moi. Je peux lui demander de leur porter un message, si tu veux, murmura Dovah.
- N-non. C'est gentil, Dovah, mais je ne préfère pas.
- Pourquoi pas ?
- Parce que si nous commençons une correspondance, et qu'un jour, je ne peux plus lui écrire parce que nous serons de l'autre côté de l'océan, il s'inquiétera et il m'en voudra. Je préfère qu'il pense que nous sommes juste en balade et qu'on reviendra forcément au château.
- Tu vois, Madara, chuchota Dovah, songeuse, tu ne manques pas de sagesse.

Remarquant que la jeune femme semblait un peu perdue dans ses pensées, Madara prit appui sur les roches autour d'elle pour lui donner un baiser et Dovah sembla rougir.

- Tu as bien perdu déjà, constata-t-elle en indiquant son ventre d'un mouvement de tête.
- J'ai encore mon ventre !
- Ça n'est pas si grave ça, sourit-elle. Regarde moi ces épaules que tu as développées, et tes bras. Lee a dû être horrible avec toi !
- Tu n'as pas idée ! Mais tu ne préférais pas quand je ressemblais à une princesse .. ?
- Je ne sais pas, taquina Dovah en inclinant la tête. Tu n'auras bientôt plus besoin de moi si ça continue, et tu vas m'abandonner !
- Aucune chance pour que ça arrive, maintenant que je t'ai !
- Que tu m'as ? Répéta-t-elle en haussant un sourcil.

Sans baisser les yeux, Madara glissa les bras dans le dos de la jeune femme, déposa de léger baisers entre ses seins avec toute la douceur du monde.

- Je ne te mettrais pas en cuisine, je ne te donnerais jamais d'ordre, et j'écouterais toujours les tiens. Mais, Dovah, je ne laisserais jamais un autre homme t'approcher de trop prêt.
- Ne sois pas sentimental, grogna la jeune femme, gênée.
- Je suis sentimental. Sinon, je n'aurais pas quitté mon frère, mon château et tout ce que j'avais pour toi. Est-ce un problème ?
- Je n'ai pas dit ça, murmura Dovah en se détournant. Mais je ne …
- Je t'aime, Dovah Khiin.

La déclaration du jeune homme ne manqua pas de faire rougir la jeune femme, qui profita que son amant la sert contre elle afin de se cacher.

Que pouvait-elle seulement répondre à cela ? Sa gorge était nouée, et ses entrailles dansaient joyeusement dans son ventre, sans qu'elle ne puisse y faire quoique ce soit. Et si son visage n'était pas éclaboussé par l'eau qui lui tombait sur les épaules, Madara aurait sûrement remarqué les larmes de bonheur, les premières qu'elle versait de sa vie, couler lentement sur ses joues.

Et, sans répondre à la déclaration de Madara, la jeune femme se laissa glisser sur les pierres, attira l'autre contre elle pour l'embrasser et il se laissa faire en retenant un sourire. S'il y avait une chose qu'il appréciait, chez elle, c'était qu'elle puisse sembler si forte, en temps normal mais parfois lui montre, malgré sa gêne, qu'elle était une femme comme une autre.

L'instant qui suivit ne fut cependant pas aussi sérieux que ce qu'ils avaient prévu. Oh, ils y prirent beaucoup de plaisir mais ils en rirent beaucoup aussi. Madara, n'ayant ni prise sur les rochers, ni pieds avait bien du mal à faire l'amour à la jeune femme qui elle, faisait ce qu'elle pouvait pour retenir son fou-rire, mais, préférant reporter tout ça à une prochaine fois, Madara prit Dovah contre lui et l'embrassa sur la tempe en lui murmurant qu'il y avait peu de chances pour qu'elle se débarrasse un jour de lui.

Les tourtereaux passèrent plusieurs heures à profiter du lagon, à nager, patauger, s'envoyer de l'eau au visage et s'embrasser comme des adolescents avant de se rendre compte que leurs lèvres commençaient à devenir bleues, que leurs mains étaient toutes fripées.

Pour récupérer un peu de chaleur, ils se collèrent l'un contre l'autre de longues minutes, emmitouflés dans leurs serviettes jusqu'à ce que Dovah appèle Kyubi et ils rentrèrent à Nishio assez rapidement.

L'ambiance du village avait nettement changée mais avant toute chose, les amants préférèrent aller se vêtir un peu plus, sécher leurs cheveux et se réchauffer au coin du feu mais il ne fallut qu'un son pour que Dovah se redresse, son attention au maximum.

Une corne de brume au son grave, faisait presque vibrer les alentours, qui résonna plusieurs fois dans la baise, et on disait qu'on pouvait l'entendre sonner jusqu'à Konoha.

- La Mère des couvées, murmura Dovah pour répondre à l'interrogation silencieuse de Madara.
- Quoi ? Un dragon !?
- Non, non, loin de là. Mets ta cape et prépare toi à courir, sourit-elle tandis qu'elle fermait l'attache de la sienne.

Madara s'exécuta sans lâcher la jeune femme du regard, se demandant à quoi elle pouvait faire référence alors qu'un deuxième appel résonnait dans le village et, quand il fut prêt, elle lui attrapa la main et l'entraina rapidement à l'extérieur où tous les habitants du village, plus ou moins éméchés, sortaient pour accueillir le plus grand navire de la flotte.

Et Madara se trouva bien stupide quand Dovah, jouant des coudes dans la petite foule présente, arriva à le mener jusqu'à l'un des pontons les plus larges et les plus solides pour qu'il puisse apercevoir l'arrivée du bateau.

Celui ci était long d'une quarantaine de mètres et les mâts s'élevaient haut dans le ciel. Et heureusement que les voiles avaient été repliées parce que Madara trouvait déjà l'ensemble bien trop impressionnant comme ça. Allait-il seulement pouvoir s'arrêter à quai et ne pas cogner contre ? Malgré l'obscurité, il pouvait aussi voir des dizaines de personnes s'activer sur le pont principal, des ordres étaient criés aux matelots et des acclamations s'élevaient derrière lui pour accueillir leur navire le plus gros.

Bientôt, plusieurs planches descendirent du pont, permettant ainsi l'accès au bateau et l'ancre fut descendue pour qu'il ne bouge pas du quai.

Discrètement, Dovah ne put s'empêcher de lancer un regard en biais vers son amant, qui observait la scène avec la même expression qu'il avait eue à chaque fois qu'il voyait quelque chose de nouveau et, en glissant la main dans la sienne, elle le ramena doucement à la réalité.

- On monte ? Demanda-t-elle en souriant.
- T-tu crois ?
- Ouais ! Ca va prendre des heures de le décharger, et nous devrions profiter du capitaine avant qu'un certain blond les enferme dans la cabine.

Après un nouveau regard vers le bateau, Madara acquiesça, l'air enchanté et sans hésitation, Dovah la mena jusqu'au pont. Immédiatement, le jeune homme sourit. Il était sur un bateau ! Un bateau de pirate ! Jamais il n'aurait imaginé que ça puisse un jour arriver et pourtant, il était là, et il touchait la rambarde du pont, sculptée avec beaucoup de soin et il trouvait ça magnifique.

Une petite pression sur sa main le fit relever la tête et il suivit Dovah, évitant toutes les personnes qui fourmillaient sur le pont avec habilité jusqu'à une porte gravée d'un scorpion à laquelle Dovah toqua doucement.

- Dei, tu as le mal de mer, je te rappelle, murmura une voix grave derrière le panneau.

Sans un mot, Dovah poussa la porte en dégainant la dague qu'elle gardait à la taille en silence et s'avança jusqu'à poser la lame sur le cou de l'homme qui lui tournait le dos, penché sur des cartes.

- Toujours aussi imprudent, n'est ce pas ? Souffla-t-elle.
- Les Dieux m'en soient témoins, Dovah.

D'un mouvement ample, l'homme se retourna, dévoilant une chevelure d'un rouge profond ainsi que des yeux bruns et un air fatigué.

- La prochaine fois que tu mets autant de temps à me rendre visite, je te tue, menaça-t-il d'un air sérieux.

Un large sourire aux lèvres, la jeune femme rengaina son arme et prit le capitaine Sasori dans ses bras, le serrant contre elle dans une étreinte purement amicale et celui ci en profita pour observer Madara qui se tenait à l'écart. cependant, Madara était bien trop impressionné pour faire quoique ce soit. parce que même s'il ne portait pas son tricorne, Sasori semblait avoir tout l'attirail du pirate, à part peut être le perroquet sur l'épaule et la jambe de bois. Une longue et épaisse veste en cuir descendait jusqu'à ses genoux, par dessus une chemise en lin blanche accompagnée d'un pantalon noir et ses chaussures montantes lui assurait de garder ses pieds au chaud lors des longs voyages. Il portait un sabre, à la ceinture et même s'il était plus petit que Dovah de plusieurs centimètres, cet attirail lui donnait un air impressionnant.

- Dovah ?
- Mh ?
- Tu m'as ramené un cadeau ?

Les joues de Madara rosirent légèrement mais il secoua la tête et s'avança en se présentant.

- Je suis le .. compagnon de Dovah, ajouta-t-il.
- Compagnon .. de voyage .. ?
- Et dans la vie.

Un sourire sincère étendit alors les lèvres de Sasori, qui lança un regard satisfait vers la jeune femme en lui grognant qu'elle avait du goût mais Madara reprit parole :

- Vous ne vous souvenez pas de moi, n'est ce pas ?
- Je devrais ? Répondit Sasori en fronçant les sourcils.
- Vous êtes le petit fils de Chiyo des Sables Rouges, n'est ce pas ?
- Comment .. ? demanda le pirate, la main sur le manche de son épée.
- Vous étiez venu à Konoha avec elle, pour présenter l'état de la flotte à mon père, le Roi Uchiha, même s'il n'avait pas tenu bon de nous présenter. C'était .. il y a vingt ans, ou un peu plus ..
- Je me souviens de ce voyage, acquiesça Sasori en jaugeant l'autre homme. Et je me souviens des petits princes qui jouaient dans les jardins, mais je ne me souviens pas que l'un d'eux serait assez intrépide pour voyager avec Dovah la ...
- Sasori, siffla la jeune femme, pas ça.
- Quoi ? N'es-tu pas fière de tes faits d'armes ?
- Es-tu seulement fier des tiens ? Riposta Dovah, menaçante.

La tension entre le capitaine du bateau et la jeune femme étaient presque tangible mais il ne fallut qu'une fraction de secondes pour qu'ils se détournent tous les deux et reprennent leur air le plus naturel.
Sans un regard vers lui, Dovah se rapprocha de Madara pour lui prendre la main et força un sourire :

- Quand comptes-tu repartir ? Demanda-t-elle au Capitaine.
- Dès que le bateau sera prêt. J'ai du faire demi tour à cause d'une déchirure dans une des voiles principales, et mes abrutis de matelots n'ont pas ton habilité pour les recoudre. Tu as besoin d'aller quelque part ?
- L'ile de la Torture, si c'est proche de ta route. Ou sinon, le Creux du Squale et nous trouverons un autre navire.
- Je te déposerais sur l'ile. Ce navire est le plus rapide au monde, tu le sais aussi bien que moi.
- Bien. Deidara nous fait loger chez toi, si ça te convient.
- Tu es mon amie, Dovah, ma maison aura toujours une chambre de libre pour toi et .. ton petit prince ..
- Ne sois pas aussi catégorique, Saso. Mon petit prince pourrait très bien te botter les fesses !

Une lueur de défi brilla dans les yeux foncés du pirate et il jeta un nouveau regard à Madara avant de murmurer, à son oreille :

- Tu devrais arrêter de te faire aussi beau, petit prince. Tu ressembles à une femme et mes hommes te baiseront à la première occasion si tu les regardes de travers …

Après un regard provocateur, Sasori se pencha de nouveau sur ses cartes, modifiant sa route pour prendre en compte le détour qu'il allait devoir faire pour Dovah mais il ne pouvait rien lui refuser, de toutes façons. La jeune femme était celle qui lui avait fait connaître Deidara et malgré leurs quelques disputes, il lui en serait éternellement reconnaissant et redevable.

Madara, quant à lui, en profita pour jeter un regard autour de lui, tandis que Dovah l'intimait de sortir et ils marchèrent en silence jusqu'à la maison de Sasori où Deidara cuisinait ce qui allait être leur diner.

Vu que Dovah indiqua qu'elle devait aller voir un de ses amis, l'Uchiha rejoignit le blond en cuisine et prit place sur le plan de travail principal. Il ne fallut que deux coups d'oeils à Deidara pour se rendre compte que quelque chose clochait et il reposa rapidement son couteau pour demander, en essuyant ses mains sur son tablier :

- Vous êtes montés sur le bateau ?
- Oui.
- Je peux même pas poser un pied sur le pont sans être malade, confessa Deidara en souriant.
- Je .. connaissais Sasori de vue, avoua Madara en relevant les yeux. Il est venu à Konoha, une fois.
- Ça n'a rien d'étonnant. Sa grand mère était une des Capitaines les plus respectées, autrefois.
- Elle travaillait pour mon père.
- Et elle a démissionné pour apprendre à naviguer à son petit-fils. Mais Sasori n'a jamais aimé avoir un maitre ..
- Mon père ne ..
- Je ne parle pas de ton père, sourit Deidara. Mais de Sasori. Et il détestait devoir écouter les ordres.
- Qu'est ce qu'il s'est passé entre Dovah et Sasori .. ? demanda Madara, incertain.
- Ils .. se sont engueulés ?
- N-non. Enfin, à leur façon, peut être. Sasori a dit qu'il fallait être intrépide pour voyager avec Dovah la .. Et il n'a pas terminé.

Après un long soupire, alors que Deidara se demandait jusqu'à quand ils allaient continuer à parler de ça, il posa une main douce sur l'épaule de Madara et murmura :

- Sasori et Dovah ont parcouru beaucoup de chemin, ensemble.
- Elle .. m'a racontée comment ils s'étaient rencontrés, oui, affirma Madara.
- À cette époque, continua Deidara en se détournant, Sasori était marié. Et il avait un fils, qui voyageait avec lui. Il s'appelait Tokage. Un jour, lorsqu'ils voyageaient ensemble, Tokage est tombé gravement malade. Une infection mortelle qui l'a affaibli pendant des jours mais Dovah, pour tenter de le sauver, lui donnait des goutes de sang de dragon. Tu connais ses propriétés, n'est ce pas ?
- Dovah a .. soigné mes mains avec, acquiesça Madara.
- Le traitement fonctionnait, au début et Tokage allait de mieux en mieux. Mais alors qu'ils étaient au milieu de l'océan, quelqu'un a volé la fiole de Dovah et Tokage allait de moins en moins bien, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'une solution à ses souffrances.
- Tu veux dire que ..
- Sasori, continua Deidara en hochant la tête, était fou de rage et a tué plusieurs de ses hommes sans qu'ils ne puissent retrouver la fiole. Mais il savait qu'il ne pouvait plus laisser son fils agoniser de cette façon, même s'il n'a jamais réussi à demander à Dovah de faire .. ce qu'elle devait faire. Il n'y avait qu'elle qui pouvait le faire.
- Elle l'a ..
- D'abord, elle a demandé à Tokage et aux Dieux de la pardonner. Dovah n'a jamais été croyante mais ce jour là, elle aurait beaucoup donné aux Dieux pour qu'ils sauvent le gamin. Puis, elle lui a fait perdre connaissance, en lui faisant boire de l'alcool et, grâce à l'une des aiguilles qu'elle garde dans ses cheveux, elle a .. abrégé les souffrances de Tokage. En deux secondes, c'était terminé.

Sérieusement secoué par ce qu'il venait d'entendre, Madara baissa la tête en se demandant comment Dovah avait pu faire une chose pareille mais Deidara s'approcha de lui en disant :

- Si j'avais été à sa place, j'aurais fait la même chose, Madara. Et toi aussi, sûrement. Il n'y avait rien d'autre à faire.
- Quel âge avait le petit .. ?
- Sept ans.
- C'est horrible …
- Il n'avait aucune chance de s'en sortir. Mais, à cause de ça, Dovah a changé, pendant qu'elle était sur le bateau, et le … voleur avait tellement peur d'elle qu'il s'est dénoncé, et Sasori l'a donné aux requins. Plus tard, quand Sasori est revenu à Nishio, il a du annoncer ça à sa femme qui s'est suicidée après l'avoir maudit. Jamais plus Sasori ne pourrait avoir d'enfants, même s'il n'y a aucune preuve qu'elle eut possédé la moindre magie. Mais Sasori a arrêté de fréquenter les femmes. Et Dovah, elle a récolté le surnom de Tueuse d'enfants.
- Mais elle ne .. Elle ne l'a pas .. Enfin ..
- Ne t'es-tu jamais demandé pourquoi elle était aussi solitaire ?
- Elle m'avait dit qu'elle .. ne voulait pas prendre le risque de s'attacher à quelqu'un. Pour ne pas souffrir ou le faire souffrir ..
- C'est .. une excuse, oui. Elle a été haïe pendant des années et ne pouvait plus entrer dans un village sans être montrée du doigt. Puis, elle a répondu à un appel, et les Douze ont été formés. C'est là que je l'ai rencontrée. Je ne la connaissais pas. Enfin, j'avais plusieurs fois entendu parler d'une femme qui traquait les dragons comme moi mais je ne savais rien d'elle.
- Et … ?
- Et un des autres traqueurs, qui est à présent un très bon ami, l'a reconnue, lui, et Dovah s'est battu contre lui.
- Lee .. ?
- Non. Il s'appelle Hidan. Mais quand elle l'a mis à terre, Hidan a promis de ne plus jamais parler de ça et ils sont devenus amis. Et qu'elle réussisse à tuer deux des cinq dragons à elle seule lui a permis de se refaire une réputation. Mais l'habitude d'être seule était toujours présente et je suppose qu'elle ne s'en est jamais vraiment remise.
- C'est .. Elle ne m'avait jamais parlé de ça.
- Enfin, Sasori a compris, bien entendu pour son fils. Et il va beaucoup mieux depuis que je m'occupe de lui. Même si au début, il m'a .. apprécié parce que je ressemblais à sa femme ..

Ce qu'il pouvait dire sur cette histoire étant terminé, Deidara se remit à la cuisine tandis que Madara, pensif à cause de toutes les informations qu'il venait d'obtenir, ne bougeait pas de son emplacement.

Dovah avait-elle vraiment fait ça ? Tuer un enfant ? Oh, il l'avait vue tuer un homme, pendant le tournoi et savait de quoi elle était capable mais un enfant, c'était différent. Était-ce vraiment le genre de femme qu'il voulait dans sa vie ?

Derrière le mur séparant la cuisine de la salle à manger, Dovah était accroupie, le dos contre la paroi et les mains dans ses cheveux. Pourquoi Deidara avait-il parlé de ça à Madara ? Comment allait-il le prendre ? Accepterait-il seulement de la regarder dans les yeux à nouveau ? Son corps tout entier semblait comprimé mais elle ne pouvait rien faire. Elle ne voulait pas faire de faux pas.

- Sasori a … reprit Madara après un moment, il a dit que je ressemblais à une femme …
- Sasori a sûrement compris que tu étais un nouveau moyen pour lui d'atteindre Dovah et la blesser.
- Pourquoi est ce qu'il ferait ça ?
- Parce qu'il n'a jamais pardonné à Dovah d'avoir tué son fils.
- Mais il était mourant …
- Et il l'aimait profondément. Mais ne .. te sens pas visé, d'accord ? Sasori et Dovah savent se débrouiller ensemble et ça ne te concerne pas. Mais si tu veux, je pourrais couper tes cheveux déjà, tu sembleras .. moins propre sur toi qu'avec cette tignasse de princesse ..
- Tu as aussi les cheveux longs et .. propres ..
- Mais moi, Madara, sourit Deidara en levant son couteau, je suis l'amant officiel du Capitaine le plus respecté de la flotte pirate. Toi, tu es le copain de Dovah, la Tueuse d'enfants et tu n'as aucune chance d'être respecté comme ça ..

Dovah soupira longuement en fermant les yeux. Oh non, elle ne voulait pas que Madara coupe ses cheveux et elle les adorait mais Deidara marquait un point, à ce propos et Madara ne pourrait que gagner un peu de charisme si on les lui coupait. Ou en tous cas, c'était ce dont elle essayait de se persuader en entendant Madara accepter.

- O-on fera ça plus tard et ..
- Plus tard ? Demanda Deidara. Plus tard, je serais occupé à baiser avec mon Capitaine, mh. On peut faire ça maintenant, et on sera tranquilles.
- Tu crois que je peux .. garder une mèche, au moins ?
- Bien, soupira Deidara, visiblement irrité. Garde une mèche. Mais dépêche toi de choisir laquelle, faut que je termine le diner, mh !

D'un mouvement précipité, Madara chercha un instant dans ses cheveux pour en tirer une des mèches les plus longues, assez épaisse avant de tourner le dos à Deidara en tenant fermement ce qu'il ne voulait pas que l'autre coupe. Et sans faire de chichi, le blond empoigna la chevelure sauvage du prince, essuya rapidement son couteau sur son tablier avant de trancher, d'une main sûre et coupa la tignasse de Madara.

Celui ci sentit plusieurs cheveux tirer, la lame du couteau chatouiller sa nuque, mais quand il se redressa, sa mèche toujours en main, il trouva l'atmosphère un peu plus fraiche. Depuis qu'il était enfant, il n'avait plus coupé ses cheveux et de sentir sa nuque être caressée par l'air ambiant lui faisait bizarre.

Ce ne fut d'ailleurs qu'en cet instant qu'il se demanda si Dovah allait apprécier son nouveau look mais, en se disant que de toutes façons, c'était trop tard, il se racla doucement la gorge en remerciant Deidara, qui mettait ce qu'il venait de couper dans le fourneau.

- Va te laver et ajuster ta coupe, il y a un rasoir dans la salle de bain.
- Merci .. souffla Madara en se détournant.

Voyant que l'autre reprenait sa cuisine, Madara se rendit dans la salle de bain principale de la maison et se figea en voyant son reflet dans le miroir. Que ses cheveux soient totalement plat sur son crâne, habitués à leur poids n'était pas choquant, mais leur longueur était surprenante, pour lui. À nouveau, il se demanda si Dovah allait apprécier ça mais il n'y avait pas de raison, n'est ce pas ?

Sans lâcher son reflet, il attrapa le coupe-chou qu'il trouva dans un des tiroirs et ajusta ses cheveux de sorte à ce qu'ils soient à peu près tous de la même longueur, avant de les passer sous l'eau et les shampooiner avec le produit que Deidara lui avait prêté depuis le début de leur séjour qui, à ses dires, était une merveille pour les cheveux.

Et il avait raison parce qu'il gagna en épaisseur, en folie, pour ainsi dire et il se trouvait plutôt bien comme ça, il n'y avait pas à dire. Et de ne plus avoir cette longueur faisait à la fois ressortir ses épaules, qui paraissaient plus larges et le rendait plus .. masculin.

Après un dernier regard vers le miroir, Madara retourna en cuisine où il retrouva Sasori et Deidara en bouche à bouche contre le plan de travail alors, pour ne pas déranger, il préféra se diriger vers la chambre où Dovah était en train de se changer pour la nuit. De dos, près de la cheminée, elle enlevait son haut avant lenteur, visiblement fatiguée et Madara la prit dans ses bras, posant doucement les lèvres dans le cou de sa belle.

Celle ci força un sourire en croisant les bras sur sa poitrine avec une pudeur qu'il ne lui connaissait pas.

- Je vous ai entendus, avoua-t-elle sans relever les yeux. Je comprendrais que ..
- Que je veuille couper mes cheveux .. ?
- Que tu me repousses.
- J'ai été surpris, je ne dis pas le contraire, mais je n'ai qu'une question à te poser. Me caches-tu autre chose d'aussi important ?
- Non, souffla Dovah après un moment de réflexion.
- Alors, je ne vois pas de problème dans tout ça.
- On .. ferait mieux de rester là, Dei et Saso vont en avoir pour un moment. J'irais piquer en cuisine dans la nuit.

Madara acquiesça en embrassant de nouveau la jeune femme dans le cou et elle s'écarta, regarda un instant sa tenue et enleva son pantalon avant de lui jeter un léger coup d'oeil et sourire sincèrement cette fois, en passant la main dans la nouvelle coiffure de Madara.

- Tu es beau comme ça, dit-elle simplement. Je peux tresser ta mèche, si tu veux.
- Avec plaisir.

Tous deux prirent place sur leur lit et Dovah coiffa d'abord le dernier vestige de la chevelure impeccable de Madara pour la natter avec soin qu'elle stoppa par un fil fil mais résistant avant de reposer sur le dos de son amant, les mains dans les siennes en fermant les yeux.

- Nous partirons dans la semaine, informa-t-elle. Le temps que la voile soit raccommodée et que les provisions soient prêtes.

Un sourire aux lèvres, le jeune homme se tourna vers sa compagne et l'embrassa, pour rapidement, et tous deux avaient eu la même idée à ce propos, rattraper le temps en reprenant ce qu'ils avaient entamé l'après midi, dans le lagon.