angel-ofshadow : Héhé ! Je trouve toujours quelque chose ;) Hidan aura son rôle. Plus tard. Et plus important que ce qu'on pourrait penser ;)

Alors, ce chapitre est .. Long. A vrai dire, je pense que j'aurais pu en faire 2 mais je ne voulais pas Oo Et tout le milieu n'était pas DU TOUT prévu ! :o Mais finalement, ça rentre dans l'histoire alors pourquoi pas :D Cette fois, on va beaucoup suivre Madara, mais ça n'est pas plus mal :D


Contrairement à ce que Dovah avait annoncé, ils n'avaient pas pu partir dans la semaine mais il avait fallut cinq jours supplémentaires pour que les tonneaux de riz, de rhum et que les caisses de viande séchées soient livrés et chargés sur la Mère des Couvées.
Madara en devenait d'ailleurs de plus en plus impatient et observait souvent le défilé de matelots en s'installant au bord du quai, près du bateau mais il n'arrivait pas à croire qu'il serait bientôt dessus, à naviguer en compagnie de pirates ! C'était presque trop beau pour être vrai.

Et le jour du départ arriva. Dovah, qui savait que les chevaux n'étaient pas les bienvenues sur le navire, les confia à Deidara durant leur absence mais s'assura quand même qu'ils ne manqueraient de rien. Quant à leurs affaires, ils ne prirent que le nécessaires. Leurs vêtements de rechange dans une besace, deux armes chacun et, en secret, Dovah ajouta sa fiole de sang de dragon.

Sur le port, les habitants de Nishio s'étaient réunis pour acclamer le départ du bateau et Dovah et Madara durent jouer des coudes pour se frayer un chemin jusqu'à l'extrémité du quai. Là, Deidara regardait Sasori, qui était déjà à bord. En effet, il était tradition que le Capitaine soit le premier à monter sur le bateau, mais aussi le dernier à en descendre.

Avec chaleur, le blond salua ses amis de longues étreintes, en leur indiquant qu'ils allaient lui manquer, il mit une main aux fesses de Madara, juste pour la forme et le couple monta sur le bateau.

Là, deux marins remontèrent les plateformes, remirent la balustrade en place et la fixèrent grâce à quelques clous solides et l'ancre fut remontée tandis que Dovah entrainait sur le pont supérieur d'où Sasori donnait des ordres que Madara ne comprenait pas, placé derrière le gouvernail.

Le bateau fut tourné, tiré par plusieurs chevaux de trait jusqu'à ce qu'il soit sorti de la crique et plusieurs rames furent utilisées pour l'écarter du rivage, jusqu'à ce que le vent puisse le porter. Lentement, au début et Madara sentait ses jambes fourmiller tellement son coeur battait fort, jusqu'à ce qu'ils ne voient presque plus le port, ni Nishio, derrière des falaises

Là, il posa les yeux sur Dovah, qui regardait l'océan avec un sourire et quand ils furent à bonne distance de Nishio, elle le prit par la main pour l'entrainer dans les ponts inférieurs, jusqu'à celui où Sasori lui avait dit qu'ils dormiraient. Un peu à l'écart des autres, mais ça ne gèrerait en rien pour la simple et bonne raison qu'ils avaient un hamac de corde et que Madara voulait déjà le tester.

- Ne sois pas aussi enthousiaste, rit Dovah en le voyant lorgner leur lit. Ça n'est pas si confortable, au début.
- Je suis certain que si, affirma-t-il en s'asseyant dessus.

Avec un sourire, Dovah posa leurs affaires non loin et Madara s'allongea en glissant les bras derrière sa tête, laissant le hamac le balancer légèrement.

- C'est divin ..
- Mh, sourit-elle, sachant pertinemment qu'il ne dirait plus ça le lendemain matin.

D'un geste doux, Dovah caressa ensuite la joue de son amant, l'embrassa sur le front tandis que Madara tentait de résister à faire la sieste et ils entendirent un sifflet aiguë.

- C'est le signal de regroupement. Sasori va expliquer notre voyage, sourit Dovah.

Excité à l'idée de savoir ce qu'ils allaient faire, Madara se leva immédiatement et ensemble, ils rejoignirent le pont principal où tous les pirates étaient réunis, Sasori entouré de ses bras droits sur le pont supérieur.

- Comme nous allons déposer mes invités sur l'Ile de la Tortue, nous prenons la direction de l'Ouest. Avant, nous atteindrons la Presqu'île de Suramoto et pourrons piller le château.

Cette nouvelle fut accueillie par ds acclamations de joie et Madara se trouva alors mal à l'aise. Allait-il piller un château, lui aussi, alors qu'il en venait ? Il ne connaissait pas cette île, n'en avait jamais entendu parlé et ne l'avait jamais vue sur les cartes mais ça ne changeait pas la donne. Il avait vécu dans un château durant la majorité de sa vie et il se voyait mal en saccader un.

Remarquant le trouble de son ami, Dovah lui ébouriffa l'arrière de la tête, d'une façon qui se voulait rassurant et Madara lui adressa un petit sourire pour lui montrer que ça allait. Si elle ne disait rien, c'était parce que ça allait, non ?

- Ensuite, nous longerons la côte, jusqu'à ce que les cales soient pleines ! Allez, bande d'enfoirés ! S'exclama alors Sasori. Tout le monde à son poste et que cette salope des Couvées bouge son gros cul !

Amusé par le langage coloré du capitaine, Madara observa tous les matelots se précipiter à leur poste et s'activer dans tous les sens alors que Dovah lui proposait, amusée :

- Je te fais visiter ?
- Avec plaisir !

D'abord, elle lui indiqua les toilettes, toujours pratique quand on était en pleine mer mais il constata rapidement que pisser depuis le pont était aussi une option. Ensuite, ils descendirent au pont inférieur où se trouvaient un grande partie des couchettes pour le personnel du bateau, ainsi que les cuisines.

Les ponts inférieurs servaient surtout à stocker la nourriture et Madara était surpris d'un trouver un poulailler mais Dovah lui assura que de la viandre fraiche, une fois de temps en temps, était appréciable. Et le reste du bateau servait surtout à stocker les trésors qu'ils allaient voler.
La visite ravi Madara, qui n'aurait jamais rêvé d'un voyage plus fantastique que celui ci.


Cela faisait à présent deux jours qu'ils étaient en mer et Madara ne supportait déjà plus ça. Ou plutôt, il en voyant à présent les inconvénients. Son dos étaient douloureux, parce que le hamac n'était pas si confortable que ça, son estomac lui rappelait sans cesse à quel point le bateau tanguait et en plus, il avait l'impression que tous les marins se foutaient de lui.

Quant à Dovah .. Elle passait son temps avec Sasori, à boire du rhum et à chanter des obscénités sans non. Elle l'avait invitée à les rejoindre, bien entendu mais il n'avait pas trouvé le courage d'avouer que son estomac ne supporterait sûrement pas l'alcool.

Marin d'eau douce, l'avait-on appelé ou même Princesse et c'était plus insultant que le reste. Il avait quand même coupé ses cheveux avant de venir, pour éviter de se faire brutaliser mais ça n'avait servi à rien. Ou plutôt, il ne voyait pas la différence.

Finalement, alors qu'il en avait marre, Madara décida de rejoindre Dovah qui, une bouteille de rhum à la main, regardait l'océan filer à l'arrière du bateau. La jeune femme avait bien bronzé, durant ces deux jours à rester au soleil et sa peau dorée ouvrait légèrement l'appétit de Madara, pour la première fois depuis quelques temps. D'une main douce sur les reins, il la prévint de sa présence et Dovah lui sourit en se cambrant légèrement.

Pour être tranquille, elle s'était fait refaire ses drealocks et Madara retrouvait alors légèrement la Traqueuse qu'elle avait été. Même si la forte odeur d'alcool qui l'accompagnait était nouvelle et pas forcément agréable.

- T'as déjà vu quelque chose d'aussi beau ? Demanda-t-elle en l'attirant contre elle. Regarde l'océan ..

Madara devait se rendre à l'évidence. Le paysage était magnifique, quoique peut être oppressant et il en oubliait presque son léger mal de mer.

- Tu as mal au coeur ? Questionna Dovah en remarquant son teint pâle.
- Un peu.
- Tu t'y feras. Moi aussi, j'ai eu du mal, au début. Et le rhum aide beaucoup !
- Je n'en suis pas certain, murmura Madara, méfiant.
- Allez, goute ! Tu verras, ça fait un bien fou !

Incertain, Madara attrapa la bouteille que Dovah lui tendait et avala quelques gorgés d'alcool. Contrairement à ce qu'il avait imaginé, ça n'était pas si fort. Ou peut être avait-il perdu quelques papilles gustatives depuis qu'il voyageait avec Dovah. Après tout, ils avaient mangé beaucoup de choses, et des choses qu'il n'aurait jamais imaginé manger !

Mais effectivement, un fois que son esprit était embrumé par l'alcool, il ne pensait plus au balancier du bateau et pouvait savourer une vue plus belle encore que celle de l'océan. Sa femme le regarder avec le plus beau sourire au moment, l'air heureuse et les mains sur ses hanches.

- Dovah, souffla-t-il après un instant, arrête de me regarder comme ça.
- Pourquoi .. ?
- Ca me donne envie de te mettre les fesses sur la balustrade et de te prendre, là et maintenant.
- Et qu'est ce qui te retient .. ?

Madara regarda un instant par dessus son épaule, croisant rapidement le regard de Sasori qui, à la barre, dirigeait le bateau avec charisme en donnant des ordres à ses officiers mais surtout pour se faire une idée du nombre de personnes qui s'activait sur le navire.

- Quoi ? Maintenant ? Demanda-t-il, méfiant.
- N'est ce pas maintenant que tu en as envie ?

Sans le quitter des yeux, Dovah glissa une main le long du torse de Madara pour caresser son membre encore endormi et le jeune homme étouffa un soupire en fermant les yeux. Elle ne pouvait pas être sérieuse, si .. ? Faire ça devant tout le monde, en plein jour .. !

Mais quand les lèvres de Dovah s'écrasèrent sur les siennes, qu'il gouta sa langue qui sentait fort l'alcool, il comprit que Dovah n'avait plus vraiment toute sa tête. Ou du moins que le rhum la rendait .. très naturelles. Primitive, presque.

Et surtout, que ça avait le même effet, sur lui. Et il avait envie d'elle, alors pourquoi se retenir ? Surtout devant des gens qu'il ne verrait que lors de leur voyage et sûrement plus jamais après. En sentant Dovah commencer à le déshabiller, Madara prit les choses en main et lui fit enlever ce chemisier qu'elle avait adopté depuis leur départ. Elle avait dit que sinon, elle avait trop chaud, et qu'elle ne le supporterait pas. Mais avant qu'il ne puisse faire quoique ce soit d'autre, Dovah lui tourna le dos, descendit son pantalon et posa un genoux sur la rambarde, agrippée aux cordages qui tenaient les voiles en place.

Madara n'en revenait pas, et il avait l'impression de rêver. Allait-il vraiment faire ça comme ça .. ? A chacun de leurs rapports, ils avaient été face à face, avec douceur, retenue, romantisme et voilà qu'un peu de rhum changeait les choses du tout au tout. Ou bien, Dovah avait-elle attendu ce moment depuis longtemps .. ?

En pensant qu'y réfléchir à tête reposée serait peut être plus facile, Madara agrippa les hanches de la jeune femme, la pénétra avec une certaine brutalité, et allait s'excuser mais il entendit ce petit gémissement caractéristique, que Dovah avait quand elle le sentait en elle, qu'il lui faisait plaisir. Alors il arrêta simplement de réfléchir, une main posée sur le dos de la jeune femme tandis que l'autre tenait son épaule, et accompagnait les mouvements qu'elle faisait.

- R-regarde l'océan, murmura-t-elle en gémissant.

Madara s'exécuta, plongea le regard dans les étendues infiniment bleues qui les entourant et se sentit le pouvoir d'un dieu. Il était là, au milieu de l'océan, à faire l'amour, si tant est que l'expression convienne, à la femme qu'il aimait. À la femme qu'il allait épouser, un jour, et avec qui il voulait vieillir. Et ça ne faisait qu'accroitre son impression de supériorité.

Le rapport ne dura pas, ou en tous cas, pas autant qu'à leurs habitudes. Parce que Madara se sentait plus puissant qu'il ne l'avait jamais été, même quand il était prince, et Dovah parce qu'elle arrivait enfin à faire ressortir le mâle qui sommeillait en son amant depuis trop de temps déjà.

Et les quelques acclamations qui s'élevèrent dans son dos, après que Dovah se soit relâchée contre les cordages, comme pétrifiée par le plaisir qu'elle venait de prendre, ne firent qu'augmenter un peu plus l'égo du jeune prince.


S'il y avait une chose que Madara appréciait, dans le bateau, c'était bien le hamac. Au début, il l'avait hait, ne supportait plus le mal de dos qu'il lui donnait, sa façon de grincer la nuit et les ronflements provenant des autres dormeurs mais quand il pouvait regarder Dovah dormir contre lui, à la lueur de la lune, dont les rayons filtraient entre deux planches de la coque du bateau, il se disait qu'il était privilégier.

D'ailleurs, la façon dont le hamac se balançait, au rythme des vagues était une berceuse implacable et à présent que son mal de mer était passé, il avait l'impression de ne plus pouvoir s'en passer. C'était comme s'il flottait ! Il ne sentait même plus le cordage dans son dos.

D'un geste lent et en soupirant, fatigué mais incapable de dormir, Madara apprécia un instant la longueur de ses cheveux. Ça, par contre, il avait encore du mal à s'y faire. D'après ce qu'il avait compris, Dovah adorait sa nouvelle coupe, le trouvait très beau comme ça, et s'amusait souvent à passer les mains dans ses cheveux mais c'était comme s'il lui manquait quelque chose. Mais en tous cas, Sasori l'avait complimenté en lui disant que ça faisait ressortir ses épaules et qu'il le sucerait, à l'occasion. Et Madara avait prit ça plutôt bien. Attirer un homme était nouveau mais tant qu'il n'avait pas à raser les murs …

Des fois, il se demandait ce qu'Izuna dirait s'il le voyait comme ça. Est-ce qu'il se moquerait, comme les frères font, parfois ? Est-ce qu'il le trouverait si changé ? Et, il serait sûrement surpris.

Remarquant que Dovah frissonnait dans son sommeil, Madara attrapa leur petite couverture et la déplia sur la jeune femme en lui caressa la nuque.

Il s'amusait parfois à se remémorer leur rencontre, sur un banc du château. Mais surtout, la première fois qu'il l'avait vue et l'espèce de spasme que son coeur avait eu. Oh, il connaissait cette sensation, ça arrivait, parfois, quand il trouvait qu'une des femmes de Konoha était à son goût, mais ça n'avait jamais été aussi intense.

Un léger sourire étendit ses lèvres quand il repensa à la manière qu'il l'avait faire tourner en bourrique. Ça n'avait pas été volontaire, et il se trouvait à présent stupide de ne pas avoir exigé dès le début à l'accompagner, mais ça n'était pas si grave. Plus maintenant qu'elle dormait contre lui, et qu'elle l'aimait.

Puis, il repensa à la raison de son insomnie. D'après les dires de Sasori, demain, ils arriveraient à la Presqu'île de Suramoto dans la matinée. Qu'ils allaient piller un château, là bas. Comment pouvait-il seulement participer à un pillage alors que lui même avait vécu dans la peur que ça arrive au sien, un jour ? Il se sentait mal à l'aise à ce propos et ne savait pas quoi faire. Il l'avait compris, s'il restait sur le navire avec l'équipe minimale, ça serait mal vu. Même Dovah était pressée d'y arriver et il n'aurait jamais pensé ça d'elle.

Un grognement venant de non loin le fit soupirer et il embrassa Dovah sur le haut de la tête avant de fermer les yeux. Il était inutile de penser à tout ça cette nuit.

À son réveil, Dovah était là, debout près de lui, en train de s'habiller. Elle avait mis sa tunique blanche, un pantalon en cuir de dragon, sa ceinture à laquelle elle accrochait ses armes, en temps normal. Elle avait attaché ses cheveux de sorte à ne pas être embêtée et enfilait des gardes-bras en cuir, renforcés de métal, ce qui indiquait qu'il y allait sûrement avoir de la baston. Ça se voyait, dans son attitude, elle était prête à tuer, s'il le fallait.

D'un air amusé, elle regarda Madara par dessus son épaule, lui sourit et lui murmura de se préparer, mais il répondit, le coeur lourd :

- Je ne viendrais pas …

Ces mots firent perdre son sourire à la jeune femme, qui le toisa.

- Pourquoi ça .. ? demanda-t-elle.
- As-tu déjà oublié que j'ai vécu dans un château .. ?
- Oh, ça n'est que ça .. ?
- Que ça .. ?
- Tu es parfois trop méfiant, sourit-elle. Suramoto est connue pour son marché aux esclaves .. Et Sasori n'apprécie pas ça.
- Des esclaves .. ?
- Des hommes, des femmes pour la prostitution, des enfants pour .. je ne préfère pas le savoir.
- Et ils sont .. libérés .. ?
- S'ils profitent de l'occasion, oui, affirma Dovah en acquiesçant. Mais nous y allons surtout pour l'or !
- Ça, je l'avais compris ..
- Tu te prépares, alors ? L'attaque devra être rapide.

Madara acquiesça, rassuré et s'habilla légèrement pour ne pas être gêné dans ses mouvements. Et Dovah lui confia un sabre plutôt court ainsi qu'une petite hachette en lui indiquant de ne pas hésiter à s'en servir.

Le malaise était peut être passé, pour Madara, mais il avait une boule dans la gorge. Pour la première fois de sa vie, il allait participer à une attaquer et peut être tuer. Ça n'était pas rien mais Dovah se préparait comme si elle allait s'amuser, un sourire aux lèvres.

- Madara, appela-t-elle après un moment. Tu dois comprendre que ça ne va pas être beau ..

Vu que le jeune homme ne répondait pas, la femme se tourna vers lui, inquiète et lui attrapa les mains.

- Tu n'es pas obligé de tuer, dit-elle. Et reste près de moi, d'accord ? Je sais que Lee t'a entrainé pour ça mais ..
- Je ne m'éloignerais pas, confirma-t-il.
- Et si ça ne va pas .. on s'éloigne.

Madara acquiesça lentement, le coeur lourd et entendit le sifflet de Sasori appeler au rassemblement. Sans un mot, mais main dans la main, le couple à présent prêt se rendit sur le pont principal, où tous les hommes étaient déjà présents et Sasori prit la parole :

- L'équipe qui restera sur le bateau pourra ouvrir le feu quand nous serons à mi-distance du château ..

Mais Madara n'écoutait pas. Il regardait la presqu'île, non loin. Les fortifications étaient hautes, et lui rappelaient Konoha. Plusieurs tours étaient érigées, pour surveiller les arrivées, un port s'enfonçant dans la péninsule mais de lourdes grilles rouillées avaient été abaissées pour empêcher le bateau de Sasori de s'approcher. Le fort se préparait déjà à l'attaque et des sons de corne pouvaient être entendus, résonnants sur l'eau.

L'ancre de la Mère des Couvées avait été abaissée et les tambours de combat s'élevaient tout autour d'eux. Madara en sentait les vibrations jusqu'au creux de ses tripes et avait l'impression que le rythme de son coeur s'était calé à celui des percussions. Des canots avaient été mis à l'eau, pour transporter ceux qui iraient à l'attaque et certains pirates commençaient déjà à y descendre.

- Dovah, appela Sasori, son discours alors terminé. Tu t'occuperas de leur coffre. Les rumeurs disent qu'ils ont fait entrer quelque chose d'énorme, il n'y a pas longtemps, et je le veux.

La jeune femme acquiesça, prête à sa tâche et échangea un regard avec Madara avant de lui caresser la main. Il avait peur. Ça se voyait et elle ne pouvait rien faire pour l'aider à se détendre. C'était sa première bataille, quoiqu'elle puisse faire ou dire, chasser son stress était impossible.

Avec un léger sourire, par contre, elle l'entraina vers l'un des canots. Ils n'auraient pas à ramer mais pouvaient s'installer à la proue de l'embarcation, d'où ils auraient une vue parfaite sur leur champ de bataille.

- Dovah .. Les murs sont ..
- Ne t'en fais pas pour les murs, sourit Dovah en l'embrassant sur la joue. Un mur n'a jamais arrêté Sasori.

Un soupire prit Madara, quand il posa le regard sur le château. Il était magnifique, il n'y avait pas à dire mais de savoir que des marchands d'esclaves vivaient comme des rois ne lui plaisait pas. À Konoha, jamais une personne n'avait été achetée pour faire le sale boulot. Tous étaient employés et très bien payés à la fin de chaque semaine, même si parfois, son père avait plaisanté en disant que les esclaves leur reviendraient peut être moins cher, à la longue. Et Madara avait toujours été contre ce système, pensant que les hommes n'étaient pas du bétail.

Les canots se mirent en marche, flottant sur l'océan avec légèreté et Madara questionna, mal à l'aise :

- Pourquoi on n'attaque pas la nuit ?
- Parce que Suramoto vit la nuit, répondit Dovah sans le regarder. La journée, les .. seigneurs des lieux ronflent allégrement. Et le temps qu'ils s'organisent, quand ils voient le bateau de Sasori, nous sommes déjà à leur porte.
- Tu as une idée, sur le contenu du coffre .. ?
- Ils n'y cachent pas de l'or, en général, mais quelque chose d'une plus grande valeur encore. Mais Sasori m'a dit que ça fait des années que personne n'a réussi à passer les fortifications.
- Qu'est ce qui te dit qu'on y arrivera .. ?
- Tu ne connais pas Sasori, répondit simplement la jeune femme. Ni son bateau.
- Et .. Comment je fais pour reconnaître les ennemis .. ?
- Tue ce qui t'attaque.

Cette phrase ne fit qu'augmenter l'angoisse que ressentait Madara, tandis que leur barque approchait de plus en plus de l'île, et de ses abords escarpés mais alors qu'il allait de nouveau interroger Dovah, un sifflement lui fit redresser la tête et une explosion, au niveau du château, le fit sursauter.

Là, il regarda en direction du bateau, seulement pour voir que des canons, qu'il n'avait jamais vus, tiraient des boulets énormes en direction du château. Les projectiles les survolaient à une vitesse impressionnant, et s'écrasaient avec tellement de puissance sur la forteresse que celle ci semblait se plier sur elle même, comme si elle souffrait.

- Sasori ne voulait pas que je te laisse approcher la poudre, avoua Dovah en observant le spectacle. Il a perdu un navire, une fois, à cause d'un accident. Et cent cinquante marins.

Madara ne répondit pas, les yeux rivés sur la citadelle qui cédait peu à peu sous les bombardements, jusqu'à ce que leur barque cogne contre la falaise et qu'ils doivent en sortir, en essayant d'éviter les rochers qui s'éboulaient sur eux.

Les bombardements cessèrent à cet instant et Madara, suivant Dovah avec crainte, escalada la falaise jusqu'à arriver dans un couloir qui s'était trouvé dans l'un des remparts. Sans ciller, Dovah acheva un garde qui avait été blessé non loin et fit signe à Madara de la suivre, en trottinant vers une grande tour, par une ouverture créée par l'un des projectiles. Les hommes de Sasori se jetèrent immédiatement dans la bataille, tuant les gardes encore endormis qui s'étaient levés précipitamment pour repousser leur attaque et, en attrapant la main de son amant, Dovah, hachettes à la main, s'élança vers le donjon.

Un petit groupe d'alliés les y avaient suivis et ils furent accueillis par une unité de gardes, boucliers et lances en main. Un homme, près de Madara se fit embrocher et l'Uchiha sembla perdre une partie de son courage. Un homme venait de mourir, là, à côté de lui et ça aurait très bien pu être son torse que cette lance aurait traversé.

Mais en voyant Dovah parer les armes d'hast de coups rapides, faire voler un bouclier pour tuer celui qui venait de descendre un de ses alliés, il comprit que réfléchir n'était pas quelque chose à faire, en cet instant et esquiva le coup de lance qui faillit l'égorger, brisa l'arme de son ennemi et abattit une de ses armes sur la tête de l'ennemi qui, sous le coup, se fendit, le recouvrant de sang.

- Beau coup, s'exclama Dovah en riant.

Sans pouvoir y répondre, Madara enfonça sa hanche dans l'abdomen d'un homme qui courait vers lui, s'abaissa pour esquiver un coup, bloqua des épaules un bouclier et suivit Dovah, qui s'était frayé un chemin parmi l'unité, jusqu'à un escalier en bois.

Ils enjambèrent les marches deux à deux, essoufflés et tachés de sang tandis que plus bas, les alliés venaient à bout des gardes. Il y eut un moment de flottement tandis que Dovah cherchait à se souvenir de quel côté elle devait aller, fouillant dans sa mémoire à grande vitesse, jusqu'à se précipiter sur sa gauche, suivre un couloir étroit et atteindre un nouvel escalier.

Là, ils furent rejoins par d'autres hommes, venant de la cour supérieure et ils prirent la direction de la grande salle des banquets pour une nouvelle bataille, contre les gardes d'élite de la citadelle.

Souhaitant protéger son amant, Dovah voulut le retenir en l'attrapant par le bras mais Madara suivait déjà le mouvement et tuait un garde de sang froid, enfonçant son épée entre deux plaques d'armure. Coup calculé ou chance du débutant, Dovah ne savait pas quoi penser mais elle devait se rendre à l'évidence. Ce Madara là était loin de la princesse qu'il avait été.

- Madara !

Le jeune homme se tourna en entendant la voix de sa femme mais écarquilla les yeux en voyant une flèche d'arbalète l'atteindre en pleine poitrine. Le coup fit chanceler Dovah, qui agrippa un instant la flèche avant d'envoyer une de ses armes qui se planta avec force dans le crâne de celui qui l'avait blessée et Madara se précipita sur elle pour la rattraper avant qu'elle ne tombe.

- C-c'est bon, souffla-t-elle, le souffle court. T-trouve le coffre ..
- Mais ..
- Ca ira, Madara, j'ai vu pire que ça, sourit-elle en lui donnant un baiser. Tire moi dans le couloir.

Ne comprenant pas la situation, Madara s'exécuta et se rendit compte à quel point la blessure de sa femme était grave. La flèche la traversait, de part en part et en le remarquant, des larmes d'impuissance coulèrent de long de ses joues. Mais Dovah, en grimaçant, se redressa pour s'appuyer le dos contre un mur de pierre et força un sourire.

- Traverse la salle de banquets. Monte trois étages, première porte à gauche. C'est la planque du gardien des clés. Tue le, prends son trousseau et trouve la salle du trône. Le coffre y est caché .. souffla-t-elle difficilement.
- Mais Dovah, je ne ..
- Allez, Madara ! C'est .. ta chance d'être un héros.

La gorge nouée, le jeune homme donna un baiser fougueux à la femme blessée, persuadé que ça serait le dernier avant de reprendre ses armes et se remettre sur ses pieds, malgré ses jambes cotonneuses.

Dans son esprit, c'était clair. Il ne voulait pas être un héros. Pas sans Dovah. Mais si c'était sa dernière volonté, il le ferait. Le reste lui importait peu. Il voulait simplement qu'elle soit fière de lui.

Sans un regard en arrière, parce qu'il savait que ça serait trop difficile, Madara retourna dans la salle où la bataille faisait toujours rage et la traversa en évitant de se faire prendre dans les attaques. Dovah ne lui avait peut être pas donné beaucoup d'indications, mais il connaissait les châteaux et classiquement, ils se ressemblaient tous un peu.

Il monta les étages, trouva la porte qu'elle avait indiquée, y tua un homme de sang froid pour récupérer le trousseau qu'il avait tenu contre lui avant de réfléchir un instant.

À Konoha, la salle de trône et celles de banquet étaient la même pièce, pour des questions de place. Mais là, dans un château aussi grand, elle ne pouvait être qu'à un endroit. Il fallait que le souverain ait une vue sur la péninsule, donc, un balcon, dont au moins au premier. Il avait vu, en arrivant, que le donjon montait haut et même si, depuis la cours, il n'avait rien remarqué de particulier, il ne devait pas être au bon étage. Il le sentait.

Une arme à la main et le trousseau accroché à sa ceinture, Madara monta un nouvel étage et se retrouva face à une jeune femme. Une esclave, vu les chaines à ses chevilles et elle se recroquevilla sur elle même en tremblant.

- P-pitié, fit-elle. Pitié, mon seigneur ..

Sans ciller, Madara leva son arme et l'abattit sur la chaine pour la libérer de son entrave, mais alors qu'elle se précipitait pour fuir, il l'attrapa par le bras et lui demanda :

- Tu connais Konoha ?
- O-oui, mon seigneur ..
- Vas-y, ordonna Madara, l'air dur. Rejoins Konoha et demande à être vu par le roi. Dis lui : « L'éventail peut aussi éteindre la flamme ».
- Mon … seigneur, je ..
- Allez !

Confuse mais reconnaissante de ne pas être tuée, l'esclave acquiesça vivement, secouée par ses tremblements et prit la fuite.

Madara soupira pour tenter de se calmer. Cette phrase était un code, pour Izuna. Une phrase que leur père avait dite, lorsque leur mère était décédée et depuis, les garçons l'avaient utilisées pour annoncer à l'autre que tout allait bien. Qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Tout n'allait pas bien, au contraire, mais Madara avait, en cet instant, besoin de rassurer son frère. Peu importe l'issue de cette bataille.

Repensant à son rôle, il reprit son chemin et suivit plusieurs couloirs interminables jusqu'à enfin rejoindre la salle de trône où plusieurs gardes l'attendaient. Sans hésitation, il entama le combat, ce qui surprit le premier, qu'il tua en enfonçant son épée dans son aisselle, jusqu'à son coeur.

Le second, qui portait une masse était lent mais puissant et Madara, en plus d'esquiver les coups qu'on lui portait, arriva à l'atteindre à l'aine et lui brisa une jambe avant de faire face aux trois restant, ses armes à la main et plus déterminé que jamais. Pendant qu'il était là, Dovah était en train de mourir, plus bas et cette pensée le faisait enrageait. Et il regrettait de ne pas être resté avec elle.

Quand l'un des gardes s'avança pour l'attaquer, Madara, imitant un geste que Dovah avait fait lors du tournoi de Konoha, tourna sur lui même, en suivant le bras de l'homme, lui asséna un coup de coude sur la nuque et profita de la surprise des deux autres pour les mettre à terre, de coups puissants et précis.

Finalement, son entrainement avec Lee portait ses fruits.

La salle était à présent vide, pour lui et il devait trouver le coffre. Dovah avait dit que le coffre était dans la salle mais sa porte était sûrement cachée par une porte dérobée, et s'il y avait une chose que Madara connaissait, c'était bien les passages secrets dans les châteaux.

Du coin de l'oeil, il repéra une irrégularité dans un mur, remarqua que les pierres étaient différentes et s'approcha de la paroi. D'une main habituée, il toqua doucement sur les roches, jusqu'à entendre un son creux qui indiquait qu'il n'y avait rien derrière. Et en une fraction de secondes, il trouva le mécanisme qui débloqua la porte et l'ouvrit en grand pour se retrouver face à quelques marches qui descendaient à l'étage inférieur. La peur au ventre, Madara souffla un long moment.

Maintenant que l'adrénaline était descendue, son cerveau lui rappelait qu'il n'était pas invincible. Il était là, couvert du sang de Dovah, une coupure à la cuisse qu'il n'avait même pas remarquée et il avait tué. Plusieurs hommes. Les cinq derrière lui, déjà, d'autres plus bas. Comment en était-il arrivé là ? Était-il seulement lui même.

Le souffle court et la tête posée contre les pierres fraiches, Madara prit quelques secondes pour essayer de se calmer. Dans quoi Dovah l'avait-il entrainé ? N'avait-elle pas dit qu'elle ne tuait pas par plaisir ? Elle avait semblé tellement ..

Un lourd bruit de chaines le fit sursauter et il plissa les yeux pour tenter de voir un peu plus loin que le bout de son nez et tâtonna jusqu'à trouver une torche qu'il alluma grâce à une veilleuse qui se trouvait là. En essayant de ralentir ses tremblements, Madara embrasa les autres torches, afin d'éclairer le palier sur lequel il était arrivé et recula d'un pas en voyant qu'il se trouvait face à une porte de coffre.

Celle ci semblait lourde, et était munie de plusieurs serrures que Madara s'empressa de déverrouiller grâce aux clés qu'il avait volées. Les mécanismes cliquetèrent et la porte bascula vers lui, indiquant qu'elle était ouverte. Mais Madara, le coeur lourd, passa une main dans ses cheveux.

Son esprit ne cessait de lui remontrer l'image de Dovah, mal en point. Était-elle décédée ? Allait-elle survivre à une telle blessure .. ?

Un soupire le ramena à la réalité et, prenant son courage à deux mains, il tira la porte blindée vers lui et écarquilla en voyant la taille du coffre. La salle de réception de Konoha était moins grande que ça et il ne pouvait imaginer qu'une pièce de cette taille puisse être cachée à la vue de tous mais le plus effrayant en était son contenu. À la lumière des dizaines de torches allumées autour de la salle, sûrement embrasées au moment où il avait déverrouillé la porte, Madara pouvait voir la créature la plus inattendue dans ce genre d'endroit.

Un dragon. Aux écailles blanches, tirant vers l'argenté. Il n'en voyait que l'arrière train, mais il était gigantesque. Pas autant que celui que Dovah avait vaincu à Konoha, il en était d'ailleurs loin mais de le voir d'aussi près, de presque pouvoir le toucher rendait Madara presque nauséeux. Lui qui avait toujours voulu voir un dragon de près, voilà qu'il était servi.

Cependant, alors qu'il allait faire demi tour, beaucoup trop effrayé par un tel trésor, il remarqua plusieurs détails écœurant. Le dragon était vivant, déjà. Son souffle était lent, rauque et Madara pouvait entendre que les poumons de la créature n'étaient pas en bon état. Sûrement à cause de toute la poussière ambiante. Et son cœur était cloué au sol par des dizaines de chaines, de crochets qui rentraient dans ses chairs et le maintenaient allongés. Quiconque avait fait ça n'avait aucun respect pour ce dragon.

À la lueur des torches, Madara pouvait apercevoir que les dalles de pierre étaient tachées de sang. Leur gris caractéristique était à présent écarlate et sur certaines écailles de la créature, des goutes de sang avaient séché. Ses ailes étaient entravées vers l'arrière par d'épaisses menottes en acier, tout comme ses pattes arrière et avant, sa queue avait été lestées de lourds poids et les chaines qui la maintenaient au sol avaient pénétré son épaisse armure d'écailles.

Lentement, et poussé par la curiosité, Madara s'approcha, le bruit de ses pas atténué par la poussière au sol et il contourna lentement l'animal. En passant sous les arches que produisaient ses ailes, il ouvrit la bouche devant un tel spectacle, mais en entendant un petit caillou craquer sous sa chaussure, il se figea instantanément.

Qu'avait-dit Dovah, déjà ? À propos des dragons .. Ils ne pourraient pas entendre quelqu'un leur crier dessus à trois mètres. . Alors, il ne l'avait sûrement pas entendu. Si Dovah l'avait dit, c'est que c'était vrai ..

Cependant, les chaines cliquetèrent et le dragon tourna la tête en direction de Madara, qui recula d'un pas. Son coeur battait à une vitesse formidable et il faillit se faire dessus tellement il eut peur. Mais, courageux, il leva les mains devant lui et s'exclama :

- A-attendez ! Je ne vous veux pas de mal !

Le dragon l'observa un long moment. Assez pour que Madara remarque que ses yeux étaient vides. Comme deux orbes blanches, sans pupilles, sans iris. Il était aveugle, Madara le comprit immédiatement.

Au moment où le dragon entrouvrit la gueule, révélant des crocs plus larges que lui, Madara sentit ses lèvres trembler mais il se détourna un instant :

- Je .. peux vous libérer. Je vous aiderais à fuir !
- Approche, Humain.
- Je ne suis pas sûr que …

Le dragon sembla froncer les sourcils et en serrant ses mains moites, Madara avança d'un pas, puis d'un autre, jusqu'à ce que le dragon puisse le renifler d'une longue inspiration.

- Tu as tué des tiens.
- Vous .. sentez le sang .. ?
- Mh.
- Je .. Je fais partie d'une sorte de bateau, affirma Madara, incertain. Pour une durée indéterminée, avec .. ma .. ma femme. Nous attaquons le château. J'ai tué des hommes, ceux qui vous ont fait du mal, oui … Je m'appelle Madara, dit-il après un moment. Vous avez un nom ?

Le dragon se détourna pour reposer la tête sur le sol, visiblement épuisé et ferma les yeux, ce qui rassura Madara, qui osa s'approcher un peu plus.

- Vous .. Je peux faire quelque chose .. ?
- Tu ne peux pas m'aider.
- Si, je peux, s'exclama Madara.
- Regarde mon corps, Humain Madara. Regarde ce qu'ils en ont fait.

Le coeur lourd, Madara scruta un instant le dragon, mal à l'aise avant de s'asseoir contre un mur, près de sa tête et de passer la main dans ses cheveux. Dovah aurait su quoi faire. Dovah l'aurait libéré, elle.

- Pourquoi restes-tu .. ?
- Plus rien ne m'attend, en bas.
- J'entends les batailles, souffla le dragon. Je les entends mourir. Tes compagnons ..
- Ce ne sont pas mes compagnons.
- Et ta femme .. ?
- Elle ..

Madara soupira, en posant la tête contre la pierre et murmura :

- Un jour, on m'a dit que les dragons avaient une très mauvaise ouïe.
- La mienne est excellente.
- Je vois ça, sourit Madara. C'est la première fois que je vois un dragon d'aussi près.
- N'as-tu pas peur que je t'avale .. ?

Prenant la menace comme une plaisanterie, Madara se mit à rire, de bon coeur et le dragon rouvrit les paupières.

Pour Madara, c'était à la fois un beau jour et le pire de sa vie. Il approchait enfin de près la créature qui l'avait toujours fasciné mais Dovah était un peu plus bas, dans le château et il ne pouvait même pas imaginer dans quel état elle pouvait se trouver. Et il avait l'impression de l'entendre l'appeler, mais il ne pouvait plus bouger. Plus maintenant qu'elle n'était plus là.

- Quelqu'un arrive.

Le murmure du dragon, visiblement inquiet et prévenant, fit relever les yeux à Madara, qui agrippa une de ses armes et s'approcha de la créature pour se camoufler et attaquer par surprise mais il eut l'impression de perdre la tête.

- Madara ! Tu l'as trouvé ! Tu .. Par tous les dieux …

Des pas précipités s'approchèrent, dévalèrent les escaliers et Madara crut perdre l'esprit. Dovah était là, à l'entrée du coffre, les mains devant sa bouche et les yeux écarquillés. Comment ? Madara n'en avait pas la moindre idée mais il lâcha ses armes et se précipita vers elle pour la prendre contre lui.

- Dovah, souffla-t-il en l'embrassant. Ne me fais plus jamais ça.

Riant légèrement, la jeune femme laissa son amant la soulever, la tenir dans ses bras autant qu'il en aurait besoin jusqu'à lui murmurer qu'il n'aurait pas dû douter d'elle. Qu'elle était plus résistante que ça.

Alors, pris de conscience, Madara la reposa, et, de mains tremblantes, écarta les pans de son chemisier seulement pour voir que sa poitrine était intacte, sauf au niveau de la cicatrice qu'elle avait gardée de son combat contre Narhul. Ignorant le rire de la jeune femme, Madara la fit se tourner pour regarder son dos, lui aussi immaculé et elle l'embrassa, les bras autour de sa nuque.

- Ca va, fit-elle entre deux souffles. Ça va ..
- Tu as apporté ta fiole .. ?

Dovah acquiesça, les yeux brillants de malice et un grognement les ramena à la réalité. Sans peur apparente, la jeune femme s'approcha de la tête du dragon.

- Regarde ce qu'ils lui ont fait, murmura Madara, dégouté.
- Permettez-vous que je vous ausculte ? Demanda Dovah au dragon, en faisant une courbette.

Celui ci acquiesça, non sans méfiance, d'un petit signe de la tête et Dovah commença par monter sur l'une de ses pattes avant de se hisser sur son dos en s'accrochant à ses écailles.

Même si la salle était impressionnante par ses dimensions, il lui fallait se baisser pour ne pas se cogner la tête. Et le dos de la créature était dans un état tout aussi lamentable que le reste de son corps.

- Madara ! Appela-t-elle en se tournant vers lui. Le bateau est entré dans la crique. Demande la grosse pince à Sasori.
- Nous allons le libérer .. ?
- Et comment ! S'exclama-t-elle, furieuse qu'on maltraite une créature aussi magnifique. Et prends mon sac !

Madara acquiesça en se précipitant vers la sortie et après un moment, alors que la jeune femme l'observait toujours, le dragon murmura :

- Ne perds pas ton temps pour moi, Humaine.

Les yeux écarquillés, la jeune femme tomba littéralement sur le dos de l'animal, les yeux écarquillés et se retrouva à califourchon sur son cou.

- Vous parlez !? S'écria-t-elle.
- Et je ne suis pas sourd …
- C'est la première fois que j'entends un dragon parler ! De vive voix, en tous cas ! Vous êtes exceptionnel !

Le dragon ne bougea pas, n'ouvrit pas la bouche et Dovah descendit de son dos pour approcher de sa tête et poser une main entre ses yeux, d'une façon rassurante.

- Les vôtres sont retournés sur vos terres sacrées. Quand je vous aurais libéré, vous pourrez les rejoindre.
- Je suis seul.
- Non ! Il y a des dizaines de dragons, dans le monde. Et .. Oh, vous voulez dire .. Vous n'en avez jamais connu ?
- Mh.
- Ne vous inquiétez pas, sourit la jeune femme. Tout ira bien …
- Tu es différente, Humain. Ton odeur est différente.

Dovah ne répondit pas et le dragon comprit que le sujet n'était pas à aborder.

Madara était essoufflé de courir le long des couloirs mais quand il atteignit enfin le port, où la Mère des Couvées était amarrée, il sentit le soulagement se propager dans son esprit.

- Madara ! Appela Sasori du pont supérieur. Où est Dovah !?
- J'arrive ! S'exclama-t-il en reprenant sa course.

Une fois sur le bateau et sans un mot, Madara entraina le capitaine du navire jusqu'à sa cabine et s'appuya un instant sur ses genoux pour reprendre son souffle.

- Où est Dovah ? Répéta Sasori. Plusieurs hommes m'ont dit qu'elle a été blessée.
- Dovah va bien, murmura Madara. Elle s'est soignée, avec le sang de dragon et … Et elle est dans le coffre, là. Nous avons besoin d'une pince. La plus grosse du navire ..
- Pour quoi faire ? Ils ont ajouté des sécurités .. ?
- Le trésor ..
- Qu'est ce que c'est ? S'impatienta Sasori.
- Un dragon, souffla l'autre, en se redressant. Ils ont un dragon.

Le souffle coupé par une telle révélation, Sasori prit plusieurs minutes à se remettre les idées en place avant de mener lui même Madara vers la cale contenant les outils.
Quelques minutes plus tard, l'Uchiha rejoignait la salle des coffres avec l'outil, qu'il trainait péniblement derrière lui, et le sac de Dovah.

- Madara ! Tu en as mis, du temps, s'exclama la jeune femme, mi amusée par l'état de son petit amie, mi embêtée.
- Sasori voulait quelques explications. Mais ses hommes sont en train de nettoyer l'ile.
- Bien. Neffy, ici présent, commença-t-elle. Je l'ai appelé Nefarian, sourit Dovah en voyant le trouble de Madara. Je trouve que ça lui va bien.

Madara acquiesça, en jetant un coup d'oeil en direction à la créature et la jeune femme reprit :

- Neffy apprécierait que tu .. t'occupes de le libérer.
- Et toi .. ?
- Moi je .. resterais près de sa tête, murmura Dovah, visiblement mal à l'aise. Au cas où.

Si Madara n'avait pas vu l'expression du dragon en cet instant, il aurait demandé pourquoi. Mais la raison était simple. Il n'avait pas confiance en eux et voulait s'assurer qu'ils ne lui feraient pas de mal en en gardant un proche de lui, prêt à le croquer.

- Commence par couper les chaines lestées, indiqua Dovah. Ne t'en fais pas, je vais te guider.

Madara hocha lentement la tête, posa le sac de Dovah à terre et tira la pince en direction des poids qui maintenaient le dragon au sol pour tenter de les décrocher tandis que la jeune femme retournait auprès de la tête du dragon, sans montrer de crainte.

- Neffy .. Racontez moi comment vous êtes arrivé là, souffla-t-elle tandis que Madara commençait son travail.
- Je suis né ici.
- Vous voulez dire que .. vous n'avez connu que cet endroit ?
- Oui.
- C'est .. C'est horrible.
- Tu as tué des dragons, Humaine Dovah.
- Comment .. ?
- Je le sens.
- J'en ai tué, oui, acquiesça la jeune femme. Mais pour protéger les miens et rien d'autre.
- Combien de familles as-tu détruites .. ?
- Non, Neffy, ne parlons pas de ça, s'il vous plait, demanda Dovah, mal à l'aise.

Le dragon entrouvrit la bouche, prêt à faire l'effort nécessaire pour avaler la jeune femme mais elle posa une main sur son nez, tremblant légèrement.

- Je n'ai pas eu le choix. J'ai été élevée comme ça, on m'a enseigné la chasse aux dragons, comme vous n'avez pas eu le choix de vous retrouver ici. Des hommes en sont responsables. Mon père, vos .. bourreaux mais pas nous.
- Tu ne parles pas comme les autres humains. Tu ne parles pas pour te moquer.
- Je n'ai jamais été irrespectueuse envers les dragons.

Le dragon referma lentement la gueule, en battant légèrement ds paupières et Dovah continua de caresser sa tête avec beaucoup de douceur.

- Entendez-vous les vôtres ? Demanda Dovah. Les entendez-vous chanter .. ?
- Non. Le devrais-je ?
- Les dragons sont capables de communiquer par télépathie. C'est pour ça que nous sommes les premiers humains à en entendre un parler.
- Je n'entends rien.
- Je suppose que cette capacité est enseignée par les mères.
- Dovah .. ?

La voix de Madara fit relever la tête à la jeune femme qui montra son sac du doigt :

- Dedans, tu trouveras mes aiguilles, imprégnées de venin. Fais très attention en les manipulant et ne te pique pas. Pique dans les chairs, entre les écailles, attends dix secondes et tu pourras enlever les chaines.

Madara récupéra le sac pour y fouiller et en sortit un linge contenant les aiguilles en question.

- Neffy, ce que je vais vous dire est important. Vous allez ressentir des picotements. Ça ne devrait pas être très douloureux mais le venin engourdira votre corps et nous ne sentirez pas Madara en extraire les chaines, d'accord ? Et vous ne devez pas bouger. Votre sang vous soignera. Si vous souffrez …
- Je te le dirais, Humaine.

Dovah le remercia d'une nouvelle caresse, retint un sourire en se rendant compte que le dragon appréciait ça et fit signe à Madara de s'y mettre en commençant par sa queue.

- Que vous ont fait les humains, Neffy ?
- Je suis une attraction. Ils viennent me voir, me touchent, me font mal et partent. Humain Seigneur a dit que je rapportais beaucoup d'argent.
- Vous comprenez que tous les humains ne sont pas comme ça, n'est ce pas .. ?
- Tous les humains .. ne sont pas comme toi, Dovah Khiin.

Des chaines tintèrent dans la salle et Madara se racla la gorge en croisant le regard de son amante. Les blessures du dragon n'étaient pas belles à voir mais elles se refermaient lentement. Le bruit de la pince résonnait dans la pièce mais le dragon était serein et parfaitement immobile.

- Humaine, souffla-t-il après un moment. Que fais-je faire ?
- Ce que vous voulez, je suppose. Vous serez libre.
- Je ne connais pas ça, répondit-il en se détendant légèrement.
- Madara et moi allons .. Nous allons sur l'Ile de la Torture. Ça n'est pas si loin d'ici et les légendes disent qu'un dragon y vit. Nous pourrons essayer de le trouver, si vous voulez. Il vous aidera sûrement mieux que nous.
- Un dragon .. ?
- C'est la légende, oui. Mais si nous le trouvons pas, je vous guiderais jusqu'aux terres de vos ancêtres. Je vous en fais la promesse.
- Mh.

Madara observa un instant sa femme. Elle était si .. si à l'aise, par rapport au montre. Enfin, elle comprenait l'immense respect qu'elle pouvait avoir pour lui, il en ressentait un équivalent, mais sa façon de lui parler, de l'observer était presque maternelle. Elle le considérait avec beaucoup d'amour. Plus qu'un dragon n'en avait sûrement jamais eue, dans l'Histoire. Et ça lui rappelait la légende d'Améris et du Dragon Bleu.

Après plusieurs heures, alors que Madara et Dovah commençaient à avoir faim, le dragon fut libéré de ses chaines et malgré qu'il doivent toujours se tenir recroquevillé sur lui même, il pouvait bouger. Ses membres étaient légèrement atrophiés, et peu musclés mais il arrivait à les bouger, ce qui était le principal.

- Neffy, sourit Dovah après un instant à l'observer. Vous êtes magnifique.
- Comment puis-je sortir .. ?
- Vous savez pourquoi les dragons sont craints jusque dans les châteaux .. ?
- Non.
- Parce que leur feu peut faire fondre n'importe quel matériau. Y comprit la pierre.
- Le feu .. ?
- Vous n'en avez jamais craché ?
- Non.
- Est-ce que vous m'autorisez à … entrer dans votre gueule .. ?

A ces mots, Madara sembla paniquer et il serra doucement le bras de Dovah, pour l'empêcher se s'approcher de la créature mais le dragon ouvrit lentement la gueule, l'invitant à y aller.

- Madara, sourit la jeune femme en l'embrassant sur l'épaule, ça ira. Je l'ai déjà fait.
- Tu l'as déjà fait !?
- Oui ! Une dragonne que j'ai croisée, une fois, avait un os coincé dans la gorge. Et je l'ai aidée à s'en débarrasser.

Devant autant de confiance, Madara ne trouva pas le courage de la retenir plus longtemps. Pas quand Dovah semblait si sûre d'elle. Alors, en s'approchant de la gueule du dragon, elle s'abaissa en enlevant ses chaussures, se faufila entre ses crocs et se retrouva à quatre pattes sur la langue de Nefarian qui ne bougeait pas.

- Vous sentez ça, Neffy ? S'exclama-t-elle, sa voix résonnant dans la gueule du dragon. Pour pouvez le bouger .. ?

Sentant qu'on chatouillait un peu son palet, le dragon tenta de bouger, manquant d'avaler Dovah tout rond et la jeune femme rit légèrement en lui caressant la joue.

- C'est rien. Essayez de l'ouvrir, d'accord ? Juste un peu.

Voyant un peu d'huile couler le long de la joue du dragon, Dovah en récolta entre ses mains, sortit de la bouche de l'animal et le lui fit sentir.

- Ils vous en ont extrait, n'est ce pas ? Le château entier sent l'huile … Et ça vaut des tonnes d'or au marché noir.
- Oui.
- J'ai vu qu'ils vous ont arraché les dents incendiaires mais je vais vous les remplacer. Madara ! Je dois avoir mes silex dans mon sac.

En se demandant comment Dovah pouvait paraître si naturelle, alors qu'elle était couverte de bave de dragon, Madara lui apporta les pierres pointues qu'il trouva dans sa besace et Dovah les plaça à l'endroit où ses dents auraient dû produire des étincelles. Le dragon sembla souffrir mais l'instant d'après, sa gencive cicatrisait et les silex étaient intégrés à sa mâchoire.

Cependant, avant même que Dovah ne puisse s'écarter, une boule de feu échappa au dragon et la jeune femme dut faire un bond en arrière pour l'éviter.

- N-neffy, nous allons .. sortir de la pièce, d'accord ? Souffla-t-elle, le coeur battant à toute allure. Concentrez vous sur ce qu'il y a devant vous. On se rejoint dehors.

Sans attendre la réponse du dragon, Dovah attrapa son sac, la pince de Sasori et prit Madara par la main pour l'entrainer d'un pas rapide en dehors du coffre et refermer vivement la porte du coffre.

- Dovah ..
- Crois moi, nous devons .. nous dépêcher, affirma Dovah. Sa poche est pleine d'huile, le château ne résistera pas.

Comprenant le message, Madara agrippa la pince pour aider sa femme et ils prirent la direction de la sortie et coururent jusqu'à rejoindre la crique du château, où Dovah fit signe à Sasori de siffler le rassemblement.

Le sifflement aiguë du Capitaine s'éleva entre les remparts du château, en même temps qu'une explosion résonnaient au dessus d'eux et plusieurs rochers s'écrasèrent non loin jusqu'à ce que tous les témoins puissent voir le dragon s'aider de ses pattes pour s'extirper de la salle des coffres et prendre son envol, hésitant mais majestueux.

Dans un éboulement important, le château commença à s'écraser sur lui même, tandis que Nefarian le survolait, profitant de sa liberté pour la première fois et après un moment, Dovah l'appela avec force et se recula en le voyant descendre pour se poser. Sans hésiter, elle s'approcha de lui pour caresser sa tête, et le dragon répondit à la caresse par une sorte de ronronnement profond.

- Neffy, vous êtes libre, à présent.
- Je .. ressens tellement de choses. Je ne vois pas .. Mais le monde est magnifique.
- Dovah, appela Sasori, méfiant. Ton nouvel ami a peut être faim, non ? Nous avons pas mal de corps, dans les environs .. Et nous devons charger le bateau.
- J'ai .. besoin de me reposer, affirma la jeune femme.

Voyant que la jeune femme était particulièrement pâle, Sasori acquiesça en échangeant un regard avec Madara mais alors que celui ci allait s'approcher d'elle, Dovah lui fit signe que ça allait et prit la direction du bateau.

Sous les ordres de leur Capitaine, les hommes de Sasori commencèrent à réunir les cadavres tandis que Madara allait s'installer sur un muret, près du dragon qui ne semblait pas oser bouger de là. Il haletait déjà, fatigué d'avoir volé de cette façon mais tourna lentement la tête vers Madara.

- Humain Madara, tu m'entends ?

Madara porta la main à sa tête en entendant la voix du dragon pénétrer son esprit de force et avec douleur mais il acquiesça.

- Il faut faire attention à Dovah. Elle n'est pas comme les autres, continua le dragon.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Elle n'est pas comme toi.
- Je ne comprends pas.
- Tu .. prendras soin d'elle ? Comme tu t'es occupé de moi ? Et tu ne la craindras pas .. ?
- Jamais de la vie. Je l'aime.
- Tu l'aimes .. ? Je ne connais pas ce mot.
- C'est … difficile à expliquer, soupira Madara à haute voix. Je veux vieillir avec elle, lui faire des enfants, la rendre heureuse. Qu'elle ne manque jamais de rien.
- Pourquoi ?
- Parce que .. mon coeur bat pour elle.
- Vous, humains, êtes bien étranges.
- Sûrement, sourit Madara en hochant la tête. Mais je prendrais soin d'elle.

Nefarian sembla sourire un instant et il s'approcha timidement du petit tas de cadavres que les hommes de Sasori étaient en train de former pour lui, afin de rassasier la faim intense qu'il ressentait depuis tant de temps déjà, alors que Madara pensait à sa femme.
Ça n'était pas son genre d'être fatiguée de cette façon.


Mais Dovah ne montra rien d'étrange, les cinq jours suivant, alors qu'ils voyageaient sur le bateau de Sasori. Les cales étaient pleines d'or mais Sasori n'avait qu'une phrase à la bouche.

- Nous pouvons encore en charger !

Ainsi, ils continuaient leur voyage vers l'Ouest. Ils avaient quitté la côté pour s'enfoncer plus loin dans l'océan et Madara retrouvait sa routine. Il était difficile, pour lui, de s'endormir, le soir parce qu'il n'arrêtait pas de repenser à ces personnes qu'il avait tuées mais Dovah lui rappelait souvent que c'était ça ou sa vie. Et il arrivait à relativiser.

Ce qui était cependant étonnant, c'était le dragon qui volait toujours au dessus d'eux. Son ombre faisait parfois frémir les membres d'équipage, qui voyaient là un mauvais signe mais Madara adorait observer Nefarian. C'était comme regarder un enfant qui apprenait à jouer.

D'ailleurs, le dragon avait changé, depuis leur départ de Suramoto. Ses écailles avaient roussi au soleil, et lui donnaient un air moins fragile. Il avait pris au moins une tonne, à force de manger ce qu'il arrivait à chasser. Sa dernière proie avait été une petite baleine, dont il avait entendu les chants et en une attaque précise et rapide, il l'avait sortie de l'eau et l'avait tuée d'un coup de mâchoire effrayant. Mais ce qui était bien, dans le fait d'avoir un dragon de compagnie, était qu'il adorait partager sa viande avec ceux qui l'avaient sauvé et ainsi, l'équipage au complet mangea à sa faim de la viande de baleine fumée par les soins du cuisinier.

Ce jour là, Madara observait toujours le dragon, une bouteille de rhum à la main. Dovah était allongée près de lui, la tête sur ses cuisses et bronzait à moitié nue, laissant sa peau chauffer au soleil, appréciant la caresse inlassable des doigts de Madara sur sa nuque.

- Dovah, appela soudainement Sasori.

La jeune femme se redressa brusquement, ignorant sa nudité et le capitaine du bateau lui indiqua de prendre la barre avant de prendre la direction du pont inférieur, les mains jointes dans son dos.

Sans prendre la peine de se rhabiller, Dovah s'approcha du gouvernail, remit le bateau dans la bonne direction en s'aidant de la boussole et adressa un grand sourire à Madara qui s'approcha d'elle pour lui mettre au moins sa veste sur les épaules. Mais Dovah vit les choses autrement et plaça les mains de Madara sur le gouvernail.

- Regarde l'aiguille. Elle doit toujours pointer à cet endroit, indiqua-t-elle.

Excité à l'idée de diriger lui même le navire, Madara acquiesça doucement, le nez fourré dans les cheveux de Dovah et un léger sourire aux lèvres. Et Dovah, visiblement charmée par l'assurance qu'il avait prise, pointa une tâche, au loin, en lui indiquant que c'était l'Ile de la Tortue.

Un jour, il achèterai son propre navire, Madara en était persuadé et cette fois, il mènerait lui même Dovah vers des aventures aussi fantastiques.