Je sais, ça fait des mois mais .. On dira que je manquais de motivation ! Bref, je ne suis pas forcément satisfaite par ce chapitre mais j'espère qu'il plaira quand même !

Ana3031 : Haha ! Oui, ça veut dire Enfant de Dragon mais ça n'a pas forcément un rapport avec la fiction ;) Quand j'ai commencé à écrire, je jouais pas encore, j'étais même frustrée parce que le jeu ne tournait pas sur mon pc mais j'ai commencé le jeu sur ma ps3 et j'adore ^^

Angel : Neffy est trop chou, non ? :3 Les dragons .. disons qu'ils ont eu un plan cul mais ils vont s'aimer xD Les sens de Dovah vont changer, peu à peu mais ça ne sera pas tout ^^ L'autre, c'est Hidan, oui :3 Mais oui, Ony a une taille de guêpe xD non mais les dragonnes n'ont pas la même stature, elles sont plus "fines", plus féminines si tu veux, même dans leur tête.

Sonnyus : Merci :D


Monter au sommet du volcan avait été une épreuve, pour Dovah et Madara mais descendre fut pour le moins beaucoup plus rapide, étant donné qu'ils eurent une moyen de transport tout à fait agréable. Neffy les déposa sur la plage, près de la petite maison qu'ils avaient occupée à leur arrivée et le jeune couple s'occupa rapidement de ranger leurs affaire pour le rejoindre dans le sabre et Dovah sourit en caressant doucement sa tête.

- Tu es certain que c'est ce que tu veux .. ? demanda-t-elle.

Une sorte de ronronnement s'éleva de la gorge du dragon et la jeune femme se permit de poser la tête contre la sienne, les yeux fermés.

En effet, Nefarian avait prit une décision importante, la veille. Dovah et Madara avaient passé trois jours au sommet du volcan, à profiter de l'endroit. Ils avaient eu plusieurs conversations, avec les dragons et Madara n'avait jamais semblé aussi heureux. Parce qu'Ony était une dragonne libre, elle connaissait les secrètes de son espèce et même si elle n'avait pas voulu les partager avec eux, certains détails avaient filtré.

Un soir, elle leur avait avoué que le nom de Dovah résonnait, dans le lien télépathique des dragons. Qu'il était murmuré, de temps en temps, qu'elle avait sa place dans leurs légendes et la jeune femme s'en était sentie à la fois honorée et gênée. Elle ne voulait pas être connue pour avoir tué un dragon aussi magnifique.

Mais, la veille, Neffy leur avait faire une annonce que Dovah semblait avoir du mal à accepter. Il allait suivre Ony, à présent. Ils allaient rentrer, rejoindre leurs terres, vivre parmi les leurs et la jeune femme avait l'impression qu'un de ses amis était en train de l'abandonner. Nefarian avait besoin de sa protection, il ne connaissait rien au monde, il ne pouvait pas partir, alors qu'elle avait encore tant de chose à lui montrer !

Pourtant, elle ne pouvait pas le retenir et il serait en sécurité avec Ony. La dragonne le lui avait promis, et lui avait assuré qu'elle ne laisserait personne faire du mal au dragon qui l'avait faite chanter. Bien sûr, entre femmes, elles se comprenaient, à ce propos. Nefarian et Madara étaient un peu semblables. Comme des enfants dans un monde qu'ils ne connaissaient pas et ils avaient besoin qu'on leur tienne la main, dans certains moments.

Cependant, les au revoir étaient difficiles et Dovah passa de longues secondes contre son ami, sous le regard intrigué de la dragonne, pour le câliner, gratter une dernière fois sa nuque comme il aimait.

Puis, vu que c'était elle qui allait les porter, Dovah et Madara prirent place sur le dos de la dragonne, qui s'envola sans attendre et suivit la direction que Dovah lui avait indiquée, quand elle lui avait parlé de leur voyage.

Pendant leur voyage, Madara ne pouvait s'empêcher de repenser à tout ce qu'on avait pu lui dire, depuis qu'ils avaient commencé leurs aventures. Tous les amis de Dovah, tous ceux qui la connaissaient intimement lui avaient demandé de prendre soin de la jeune femme, et c'était aussi troublant que touchant. En tous cas, c'était ce qu'il avait pensé, sur le moment. Ils l'aimaient tellement qu'ils voulaient s'assurer que leur amie se porterait bien. Mais après un temps, Madara avait commencé à se poser des questions.

Il aimait cette femme mais il ne savait presque rien d'elle. Rien de son histoire, de sa réputation. Elle avait tué un enfant ! De sang froid ! Et ces derniers temps, elle se comportait étrangement. La façon dont ses yeux changeaient de couleur, cette façon parfois animale d'agir. Bien sûr, il ne reniait pas leur lien. Il avait passé des heures à la regarder se balader les seins nus comme si l'océan lui appartenait, quand ils naviguaient sur la Mère des Couvées, il avait combattu à ses côtés, il lui avait fait l'amour au delà de ses fantaisies les plus folles. Même en public ! Sur le pont d'un bateau ! Il n'aurait jamais pu imaginer quelque chose d'aussi excitant mais il avait appris des choses terribles, à son sujet, et même s'il comprenait qu'elle n'avait peut être pas l'envie de tout lui raconter, sur son passé, il avait parfois l'impression qu'ils étaient des étrangers.

Et puis, quand on lui demandait de prendre soin de la jeune femme, alors qu'il était évident qu'elle n'avait besoin de personne, il se demandait s'il n'avait pas raté quelque chose d'important, chez elle.

Cependant, quand le soir arrivait, qu'elle se couchait près de lui, en lui demandant de la tenir dans ses bras et en l'embrassant, ses doutes s'envolaient. Il l'aimait. Il n'avait aucun doute à ce propos, et après tout, elle non plus ne savait pas tout à son sujet. Et l'amour était ce qui comptait le plus, non ?

En la sentant se rapprocher de lui, pour qu'il la tienne dans ses bras, Madara chassa tout ça de son esprit et l'embrassa dans le cou. Non, il ne devait pas douter. Et si un jour, il avait des doutes, il parlerait à sa femme et tout serait réglé.

Ainsi, un bras autour de son ventre, Madara laissa son esprit vagabonder un peu et tenta d'imaginer à quoi elle ressemblerait si elle tombait enceinte. C'était peut être bizarre, et ça ne faisait pas si longtemps que ça qu'ils étaient ensemble mais … Ils faisaient l'amour souvent. Et un jour ou l'autre, elle finirait quand même par tomber enceinte. Elle n'avait pas semblé enthousiaste, à cette idée, quand ils avaient été au château mais elle ne faisait rien pour que ça n'arrive pas. La seule fois où il s'était retiré, parce qu'il se demandait comment ils pourraient élever un bébé dans ces conditions, Dovah s'était sentie insultée et il ne l'avait plus jamais fait, après ça.

Mais comment réagirait-elle si, effectivement, elle tombait enceinte ?

Leur voyage ne dura pas plus de quelques heures mais quand ils arrivèrent, Dovah sembla surexcitée. Comme un prédateur, Ony survolait l'endroit avec lenteur, effectuant des cercles menaçant, comme si l'espèce d'ile en dessous d'eux était sa proie et, en équilibre précaire, Dovah se pencha sur le côté pour regarder en bas.

Ça n'était pas vraiment une ile, qu'ils survolaient. Madara, aux dernières lueurs du jour, voyait là un énorme massif en croissant de lune, composé de roche noire, menaçante mais des dizaines d'habitations y étaient attachées. À cheval entre les versants escarpés et l'océan, elles s'alignaient, plus bancales les unes que les autres mais les dizaines de torches allumées en prévision de la nuit donnaient beaucoup de charme à l'endroit et Madara eut immédiatement envie de visiter cette ville au milieu de l'océan.

Mais, ce qui était le plus impressionnant, était bien ce nombre de bateaux, stationnés à ce port sans patrie, leurs voiles rangées et leur équipage éparpillé dans la ville.

Un cor de chasse résonna entre les parois qui protégeaient la ville, et montèrent jusqu'à eux mais Dovah eut un sourire en coin en se tournant vers Madara :

- Tu te souviens, quand je t'ai dit que la confiance était importante .. ?
- Bien sûr ..

Le ton de Dovah ne lui plaisait vraiment pas mais oui, il s'en souvenait. Et il s'était promis de ne jamais la faire douter à ce propos.

D'abord, la jeune femme appela Nefarian, qui s'approcha pour accepter une dernière caresse sur le museau, puis, elle se leva, en équilibre précaire sur la dragonne.

- Ony ! Appela-t-elle. Est-ce que tu peux rester immobile quelques secondes, le temps que nous descendions ?
- Bien sûr.

Avec lenteur, la dragonne se plaça au dessus du port, battant l'air de ses ailes puissantes pour stabiliser sa position et Dovah se tourna vers Madara en souriant.

- Prêt .. ?
- Qu'est ce qu'on .. ?

Mais c'était déjà trop tard. Dovah enserra son sac dans ses bras et se laissa tomber en arrière, dans le vide. Paralysé devant cette vision de sa femme, Madara resta immobile pendant quelques secondes mais il savait qu'il ne pouvait pas demander à la dragonne de le faire descendre. Les pirates avaient déjà sûrement armé leurs défenses et ils l'attaqueraient, dès qu'elle serait à portée alors il soupira en secouant la tête, frissonna en entendant Dovah rire comme une folle et regarda en bas. Ils étaient haut, très haut et il y avait des chances pour que son corps se brise, à l'impact avec l'eau mais il faisait confiance à Dovah. Et si elle savait que c'était possible, il n'avait pas le droit de douter.

Ainsi, il se leva à son tour, vérifia que son sac était bien fermé avant de le tenir contre lui et regarda une dernière fois Nefarian. Il avait été le premier dragon qu'il avait réellement croisé, et il espérait que tout irait bien, pour lui. Qu'il profiterait de sa liberté.

Puis, en entendant Dovah enfin entrer dans l'eau, il se jeta à son tour dans le vide.

La chute donnait une sensation étrange. En plus de l'air qui sifflait à ses oreilles et de ses vêtements qui remontaient sur son corps, il avait l'impression de peser une tonne. Il n'avait pas faire la même acrobatie de sa femme, n'étant pas certain de l'atterrissage mais les quelques dizaines de mètres de sa chute luis parurent durer une éternité. Jusqu'à ce qu'il sente comme un poids, au niveau de ses pieds et qu'il s'enfonce brutalement dans l'eau glaciale de la crique.

Instinctivement, son corps se débattit pour qu'il remonte à la surface et il cracha un peu d'eau, tandis que Dovah riait près de lui et s'approcher pour lui donner un baiser. Le genre de baiser qui lui rappelait qu'elle adorait le voir gagner en confiance.

Un grognement s'éleva ensuite au dessus d'eux et ils levèrent les yeux à temps pour voir deux énorme boules de feu danser dans le ciel, comme un adieu et les dragons prendre la direction de leurs terres. Ils étaient magnifiques, tous ceux qui assistèrent à la scène le pensaient.

Dovah reprit ensuite l'attention de Madara en lui frottant le dos et annonça, visiblement fière d'elle.

- Bienvenue au Creux du Squale !

Nager pour enfin sortir de l'eau fraiche fut difficile pour Madara. Le poids de ses vêtements trempés et de son sac l'attirait vers le fond mais quand ils arrivèrent enfin à l'un des pontons, il se sentit rassuré. Il laissa cependant sa femme passer avant lui, par pure galanterie et quand ils furent tous deux hors de l'eau, la jeune femme regarda un long moment autour d'elle avant de prendre Madara par la main et l'entrainer en direction d'une sorte d'auberge.

En tous cas, c'était ce qu'indiquait la plaque, au dessus de l'entrée mais quand Madara entra dans la maison à deux étages, il eut l'impression d'être dans un autre monde.

Dans les auberges traditionnelles, la salle de restauration aurait dû accueillir plusieurs tables, pour de petits groupes. C'était ce qu'on trouvait partout, et ce que Madara avait vu avec Dovah mais ça n'était pas le cas ici et en remarquant que plusieurs serveuses étaient en petite tenue, Madara comprit que ça n'était pas réellement une auberge. Et que les espèces de salons, répartis dans cette première salle ne servaient pas à diner.

L'une d'elle, à la chevelure d'un bleu étonnant, s'approcha lentement d'eux, ondulant des hanches à la manière d'un félin et, d'une main douce, elle attrapa la mâchoire de Dovah pour l'entrainer dans un baiser ardent.

Madara n'en croyait pas ses yeux. Cette scène était-elle réellement en train de se passer ? Dovah, sa femme, était en train d'embrasser une inconnue à pleine bouche, et elle ne se gêna pas pour glisser une main douce sur la poitrine généreuse de cette femme, ses doigts se refermant sur sa peau nue, sur son mamelon dressé au possible.

Au début, il s'en sentit insulté, de voir la femme qu'il aimait avoir un geste aussi intime avec une autre devant ses yeux mais bientôt, alors qu'il remarqua la langue de l'inconnue se glisser entre les lèvres de sa femme, une autre réaction prit possession de son corps et il sentit que son pantalon devenait de moins en moins confortable. Et il se mordit la lèvre inférieure quand il se rendit compte que non, ça ne le dérangerait vraiment pas qu'elles continuent.

Cependant, les femmes s'écartèrent lentement, leur regard embrasé se croisant et Dovah eut un sourire en coin :

- Konan .. Je te présente Madara, mon compagnon.

La jeune femme dénudée se tourna vers l'homme qui la regardait, le rouge aux joues et eut un sourire en coin.

Parce que Madara n'arrivait pas à détourner les yeux. Cette jeune femme était magnifique, pulpeuse, toute en courbes. Ses vêtements ne cachaient pas grand chose. Elle portait une sorte de kimono totalement ouvert, très court, qui dévoilait toute son intimité, mais surtout plusieurs bijoux très brillants. Une paire de boucles d'oreilles en argent agrémentées de gros rubis, trois colliers de métaux différents et même une chaine à sa cheville.

Dovah était belle, aussi, attirante mais pas de la même façon. Dovah était une femme de combat, musclée, qui pouvait bien lui briser la nuque si elle en avait envie. À l'opposé le plus total de cette Konan.

Cependant, en voyant qu'il ne réagissait pas, Dovah lui donna un petit coup de coude, amusée et Madara sursauta en baissant la tête pour regarder ses pieds, comme un enfant qui aurait été pris pendant une bêtise.

- Allons dans ma chambre, proposa Konan. Nous y serons au calme et vous avez besoin de vous changer.

Dovah acquiesça avec un sourire, en essorant ses cheveux et ils suivirent la jeune femme au dernier étage, dans un chambre coquette et confortable. Sans attendre, Konan fouilla dans une malle pour en sortir une chemise pour Dovah avant d'observer Madara un court instant et lui tendre un peignoir visiblement pour homme, puis elle prit place sur le lit, sur le côté et le seul homme de la pièce déglutit.

Faisait-elle tout en son pouvoir pour se mettre en valeur de cette façon ?

Mais, Dovah se déshabillait déjà, abandonnant ses vêtements mouillés pour pouvoir se réchauffer et elle rejoignit rapidement l'autre femme sur le lit qui, sans gêne, posa la tête contre la poitrine de la traqueuse. Madara allait grogner qu'elles pouvaient peut être s'écarter un peu, une pointe de jalousie venant le taquiner mais Dovah lui adressa un regard doux et lui murmura de se changer, qu'il allait tomber malade.

Au moins, pensa-t-il, il ne bandait plus, mais se déshabiller devant deux femmes de cette façon ne lui plaisait pas beaucoup non plus, alors il se tourna, pour s'exécuter, appréciant malgré tout de pouvoir se réchauffer un peu et ferma soigneusement son vêtement sommaire.

- Madara, appela doucement Dovah en caressant la tête de l'autre femme. Accroche les vêtements près de la fenêtre et vide les sacs, d'accord ?

Il n'en avait clairement pas envie. Non, il voulait récupérer sa femme, la tenir, l'embrasser, faire comprendre à cette .. étrangère que Dovah lui appartenait. Il n'avait même pas envie de rester dans ce bordel. Mais, à nouveau, le regard de Dovah lui indiqua que ça n'était pas le moment de faire de scène et il s'exécuta lentement, jusqu'à ce que toutes les affaires soient étendues dans la pièce et il croisa de nouveau le regard de sa femme, lui murmurant qu'il voulait des explications.

Avec douceur, Dovah caressa les cheveux de l'autre femme, en lui demandant d'aller leur chercher un repas et quand ils furent seuls dans la chambre, Dovah fit signe à son homme de s'approcher. Hésitant, Madara monta sur le lit, s'allongea près d'elle et Dovah l'embrassa sur le front.

- Je sais ce que tu penses, murmura-t-elle.
- Tu as embrassé cette ..
- Madara, écoute moi, s'il te plait. Konan est .. Elle est spéciale, pour moi.

Le jeune homme ne répondit pas, blessé mais Dovah lui adressa un nouveau sourire.

- Elle était esclave, à Suramoto. Tu te souviens de Suramoto, n'est ce pas ?

Madara acquiesça et Dovah continua :

- Konan était … le jouet personnel d'un des seigneurs, là bas. Je peux te l'assurer, elle a vu l'enfer et elle revient de loin. Il était sur le point de la tuer quand je suis arrivée et je l'ai sauvée. Et pour me remercier, elle m'a donné sa vie.

Les sourcils froncés, le jeune homme croisa le regard de sa femme, ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire et Dovah caressa doucement sa joue.

- Elle a été une esclave pendant toute sa vie, elle n'a jamais connu que ça. Et quand je l'ai libérée, elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas faire ça, qu'elle ne connaissait pas la liberté, et qu'elle ne le supporterait pas. Elle m'a demandé de devenir son nouveau maitre et je ne pouvais pas refuser. Je ne voulais pas voir une femme aussi intéressante … disparaître. Alors, je l'ai ramenée ici, sachant qu'elle serait en sécurité, et je viens la voir, de temps en temps. Pour m'assurer que tout va bien.
- Ça n'explique pas pourquoi tu l'as embrassée …
- Je te l'ai dit, Madara, murmura Dovah en le rapprochant d'elle. Je suis son nouveau maitre.

Cette fois, Madara n'apprécia pas la réponse et il se redressa, échappant de son étreinte pour lui faire face.

- Tu pourrais la repousser !
- Ne me fais pas la moral, sourit la jeune femme en levant un sourcil. Tu crois que je n'ai pas remarqué l'effet que t'a fait ce baiser ?
- Je m'en fous de ça ! Nous sommes un couple. Et ça ne se fait pas.
- Tu as trompé ta femme avec moi. Tu n'es même pas officiellement divorcé, grogna Dovah. Ne viens pas me faire la morale !

Pris de court, Madara se détourna, en passant une main dans ses cheveux et Dovah se leva pour le prendre dans ses bras, la tête contre ses omoplates.

- Ne réagis pas comme ça Madara, s'il te plait. J'aurais compris ta réaction avec un homme, comme tu étais jaloux de Lee mais .. apprends au moins à la connaître avant de la juger, d'accord ? Fais le pour moi.

L'Uchiha hésita un instant, pesant le pour et le contre avant de s'avouer vaincu. Il ne pouvait rien lui refuser, et elle en était consciente.

- Je vais essayer. Mais ne me demande pas d'accepter ce que vous faites.
- Je lui demanderais de faire attention.
- Est ce qu'elle .. se prostitue ici ?
- C'est .. quelque chose qu'elle aime faire. Ça lui permet de garder sa vie et sa sexualité en main. Et ceux qui viennent au Creux savent qu'elle est sous ma protection.

Avec un soupir, Madara se tourna vers Dovah pour la serrer dans ses bras, une main sur sa nuque et murmura :

- Je crois que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre sur toi.
- Quelques unes, sourit Dovah en embrassant sa mâchoire. Mais tu me connais mieux que certaines autres personnes …

Madara ne répondit pas. Ce qu'elle venait de lui dire faisait écho à l'impression qu'il avait de ne rien savoir à son propos. De n'avoir aucune idée de ses limites, de ce dont elle était capable, de ce qu'elle avait fait, par le passé mais quand il la tenait dans ses bras de cette façon, qu'il la regardait dans les yeux, il se sentait fort, comme s'il était capable de la protéger, de toujours faire attention à elle, il était même capable de tuer, pour elle. Il l'avait fait, à Suramoto, quand elle avait été blessée, et il se sentait prêt à le refaire.

Qu'est ce qu'il l'aimait …

Dovah posa ensuite la tête contre lui, en douceur, le laissant la bercer légèrement mais elle ne put se retenir :

- Tu sais … Beaucoup d'hommes fantasmes d'avoir deux femmes dans leur lit ..
- Ne …
- Et je t'ai vu la regarder … Elle te plait.
- Absolument pas, grogna Madara en détournant la tête. Tu me plais. Tu es la femme que j'aime. Les autres ne compte pas.

Touchée par ces mots, Dovah sentit ses joues rougir un instant mais elle savait que sur le moment, Madara était dans le déni, et elle finirait par le lui prouver. Et elle devait bien l'avouer. Elle allait s'amuser.

Konan les rejoignit quelques minutes plus tard et baissa la tête, gênée d'interrompre leur moment de tendresse mais Dovah lui sourit en douceur en retournant s'asseoir sur le lit et Konan déposa le plateau qu'elle avait rapporté sur ses cuisses avant de prendre place à côté d'elle, le regard posé sur Madara. Celui ci soupira profondément et accepta le bol que Dovah lui tendait pour commencer son repas, assis au bout du lit.

- Vous allez rester combien de temps .. ? Demanda Konan après un temps. Est-ce que je dois prévenir mes réguliers .. ?

Incertain, Madara tourna les yeux vers Dovah qui se racla la gorge :

- Nous attendrons le prochain bateau pour Nishio. Nos chevaux sont là bas.

La jeune femme acquiesça, les lèvres pincées et Madara questionna :

- Mais les bateaux pour Nishio sont fréquents, non ? Les pirates …
- Madara .. Tous les pirates ne vivent pas à Nishio. Sasori contrôle les allées et venues et il n'accepte pas que n'importe qui entre dans son port. Et il est très respecté.
- Ce qui veut dire … ?
- On risque de passer du temps ici. Tu crois pouvoir t'y faire ?

L'air impassible, Madara posa un instant le regard sur Konan, en se demandant combien de temps il va devoir la supporter mais quand il la vit baisser la tête, perdant son sourire, il leva un sourcil.

Et, avant qu'il ne puisse réagir, Konan posa de nouveau la tête contre la poitrine de Dovah. Avant que le jeune homme puisse grogner, et Dovah puisse l'en empêcher, un sanglot secoua le corps à moitié nu de Konan et la traqueuse soupira longuement.

- Konan …
- J-je ne veux plus que tu partes. Tu m'avais promis de …

Surpris par le comportement de la jeune femme, Madara fronça les sourcils alors que Dovah repoussait le plateau en l'attirant contre elle et glissa les doigts dans ses cheveux, pour l'embrasser doucement sur le haut de la tête.

- Tu sais que je veille sur toi, n'est ce pas .. ?
- M-Mais, il y a cet homme qui …
- Quel homme ?

La voix de Dovah s'était faite profonde, menaçante et Konan releva la tête, les larmes aux yeux.

- I-il est arrivé au Creux il y a quelques jours. Il vient toujours me voir et .. enfin, il me fait des choses que … Il s'appelle .. Banpei je crois.
- Et il ne connait pas mon nom .. ?

Mal à l'aise, la jeune femme secoua la tête, en reniflant et Dovah se redressa pour ajuster son vêtement et attraper sa hache, près de son sac. Madara, de son côté, avait l'impression que Konan manipulait sa femme. Elle ne pouvait pas être si naïve, si ? Konan était clairement en train de la prendre par les sentiments, peut être pour se venger d'un homme innocent mais avant qu'il ne puisse demander à Dovah de faire une enquête, avant de foncer tête baissée dans le tas, sa femme se tourna, en enfilant ses chaussures encore détrempées.

Son regard avait encore changé et il voyait, dans ses yeux, ces pupilles terribles, effrayantes.

- Dovah, tu …
- Je reviens rapidement, sourit-elle. Prends soin d'elle.

Madara se leva pour attraper sa femme par le poignet mais celle ci esquiva son geste en lui lançant un regard terrifiant et sortit de la chambre en claquant la porte.

Cet homme allait mourir, ça ne faisait aucun doute.

Le silence s'installa dans la chambre. Ou plutôt, seuls les sanglots de Konan dérangeaient ce calme. Elle allait finir par se calmer, pensait Madara. Faire semblant de pleurer avait des limites, sa femme le lui avait montré assez souvent pour qu'il le sache parfaitement mais Konan ne se calmait pas. Effondrée sur le lit, elle tenait une couverture contre elle et malgré le ressenti qu'il avait contre elle, Madara eut mal au coeur.

Voir une femme pleurer n'avait rien d'agréable.

Alors, avec douceur, il reprit place sur le lit, posa une main sur l'épaule de Konan pour l'attirer contre lui et celle ci ne se fit pas prier. En reniflant, elle se pelotonna contre lui, la tête sur ses cuisses et Madara caressa sa tête avec douceur.

- Ne t'inquiète pas, dit-il. Dovah va s'en occuper.
- J-je n'aime pas quand .. quand elle a du sang sur les mains … P-pas à cause de moi comme à …
- Shhh …

Tentant de se faire réconfortant, Madara se pencha vers elle pour la tenir dans ses bras, en embrassant son épaule et Konan hoqueta en frissonnant.

- Konan, murmura Madara, les yeux clos. Tu .. ne fais pas ça pour te jouer de Dovah, n'est ce pas .. ?

Visiblement insultée, la jeune femme se redressa sur ses bras pour le regarder dans les yeux, les sourcils froncés malgré ses larmes mais secoua doucement la tête de gauche à droite.

- Dovah est ma maitresse, souffla-t-elle doucement. J'obéis à ses ordres et elle me protège. C'est comme ça depuis qu'elle a tué mon ancien maitre.
- Tu n'es plus une esclave. Elle t'a libérée.
- Mais cette vie me plait.
- Alors .. Tout ça n'est pas un jeu, n'est ce pas ?

Mais, en voyant que Konan en avait le souffle coupé, Madara sut qu'il venait de dire quelque chose qui ne fallait pas.

- Tu veux peut être savoir ce qu'il m'a fait .. ? siffla-t-elle en essuyant son visage. Pour t'assurer que je ne dis pas n'importe quoi .. ?
- Je ..
- Après m'avoir attachée et menacé ma vie, il m'a fait avaler sa queue et a baisé ma bouche jusqu'à ce que je boive son sperme. Puis, il a baissé mon cul, sans me préparer. Tu veux savoir combien de temps j'ai saigné, après ça ? Et que je ne pouvais plus m'asseoir ? La dernière fois qu'il est venu, j'ai perdu connaissance et je n'ai pas pu me lever pendant une journée complète. Et ne me dis pas que c'est ce que je mérite parce que je suis une pute !
- .. Non …

La gorge nouée, Madara secoua la tête, les yeux écarquillés et Konan comprit qu'il n'avait sûrement pas voulu entendre tout ça. Qu'il n'avait pas cherché à lui faire du mal. Qu'il voulait seulement s'assurer que sa femme était en sécurité. Madara ne semblait pas être un enfoiré, comme elle avait connu, il semblait doux, et attentionné. Mais aussi très maladroit, parfois.

Alors, ne sachant plus lequel d'entre eux en avait le plus besoin, Konan appuya sur ses épaules pour le faire s'installer contre la tête de lit et se plaça à califourchon au dessus de ses cuisses pour le serrer contre elle.

- Je suis désolée, Madara. Dovah t'estime visiblement beaucoup. Viens, serre moi, embrasse moi, fais moi l'amour, si tu en as envie. Ça ira mieux après.
- Konan, je ne ferais pas ça. J'aime Dovah.
- L'amour n'a rien à avoir avec tout ça. Je peux te montrer, si tu me le demandes. Je ne te ferais pas payer, tu es l'homme de Dovah.

Avec douceur, la jeune femme commença à écarter les pans de son peignoir, son bassin ondulant légèrement contre lui mais Madara l'arrêta en attrapant ses poignets et lui adressa un léger sourire :

- Je ne le ferais pas et je te demanderais de ne pas faire ce genre avec Dovah. Elle et moi sommes en couple, et la fidélité est importante. Tu comprends ?
- Non, murmura sincèrement la jeune femme. Mais je ne ferais rien avec elle, ni toi, si c'est ce que tu me demandes.

Madara acquiesça doucement, en passant une main dans ses cheveux et Konan roula des épaules, en frissonnant violemment avant de demander :

- Est-ce que tu pourrais .. Juste pour ce soir me .. tenir contre toi ? Ça m'aidera à m'endormir.
- Juste pour ce soir, répéta Madara.

Konan plaça ses bras autour du cou de Madara et posa la tête contre son épaule en fermant les yeux alors qu'il la serrait contre lui. En cet instant, elle lui sembla tellement vulnérable qu'il ne voulait pas la repousser et il devait bien l'avouer, elle était touchante. Et qu'un enfoiré lui ai fait ça le dégoutait mais, alors qu'il la tenait contre lui, il avait l'impression de faire la bonne chose.

Pour s'installer plus confortablement, Konan glissa les jambes autour des hanches de Madara, tandis qu'il croisait les bras en bas de son dos et elle s'endormit lentement, bercée par la respiration de son coussin vivant.

Une heure passa, et Madara se sentait lentement dériver dans le sommeil. Les lampes à huile baissaient peu à peu d'intensité et la pièce devenait de plus en plus froide, alors il avait remonté la couverture sur la jeune femme. Quelle idée de rester aussi dénudée.

À bien y réfléchir, elle portait toujours ce vêtement qui révélait son corps en totalité, et il l'avait là, contre lui. Sur son torse reposait une poitrine imposante, cette même poitrine que Dovah avait touchée sans gêne. Il sentait aussi son intimité reposer contre son bassin et c'était .. tentant. Impossible mais oui, Konan l'attirait malgré tout.

Dans son sommeil, les bras de la jeune femme se resserrèrent autour de lui et Madara se laissa enfin aller. Il pouvait bien dormir là, Dovah ne reviendrait peut être pas d'aussitôt. Peut être allait-elle passer des heures à torturer cet enfoiré et, dans un sens, ça ne l'aurait pas dérangé. Un homme faisant du mal à une femme ne méritait en aucun cas de vivre.

Ainsi, quand Dovah revint dans la chambre, le visage taché de sang, elle fut attendrie par l'image que Madara lui offrait. Dans son sommeil, sa tête avait basculé vers l'avant et reposait sur l'épaule de Konan, le nez dans son cou alors que la jeune femme avait changé de position, le dos contre le torse de son ami, entre ses jambes.

Sans un bruit, Dovah se déshabilla lentement pour entrer dans le lit à son tour, s'allongea sur le matelas et les regarda un instant avant de fermer les yeux. Elle espérait vraiment qu'ils s'entendraient, tous les deux.

Mais ils ne s'entendaient pas. Cela faisait trois mois que Dovah et Madara étaient arrivés au Creux du Squale. Après une semaine seulement, ils avaient déménagé pour s'installer dans une maison inoccupée et Madara avait été heureux de retrouver un hamac. Il s'y était tellement habitué qu'il y dormait mieux que dans un lit traditionnel, même si ça rendait ses galipettes avec Dovah plutôt acrobatiques.

Depuis leur arrivée, il faisait en sorte de voir Konan le moins possible. Dovah ne le comprenait pas. Ils avaient paru tellement bien, tous les deux, quand elle les avait vus dormir ensemble. Mais dès qu'ils étaient ensemble, Dovah avait l'impression de se retrouver au milieu de l'hiver, dans un froid glacial.

Elle les trouvait stupides. Madara, d'abord, parce qu'elle le savait amical, et elle n'avait jamais pensé qu'il pourrait ne pas s'entendre avec quelqu'un. Lui qui paraissait tout le temps avide d'apprendre, de rencontrer des gens, d'écouter des histoires, dès qu'il se trouvait en présence de Konan, Dovah avait l'impression qu'il disparaissait directement sous une épaisse carapace.

Quant à Konan, Dovah ne comprenait pas. Elle ne l'avait plus touchée, ce qui indiquait que Madara lui avait sûrement parlé, elle ne semblait plus aussi pétillante et préférait en général passer du temps avec ses clients alors qu'habituellement, elle ne quittait pas Dovah quand elle était au Creux et pleurait à chaudes larmes au moment de leur séparation.

Ce qu'elle ne savait pas, c'était que leur petite conversation, le premier soir, avait instauré de la méfiance entre eux. Madara avait souvent l'impression que Konan manipulait sa femme, et Konan trouvait le jeune homme malsain. Sa possessivité n'avait rien de bon, selon elle. Elle refusait de voir sa maitresse sous le joug d'un homme qui ne la méritait pas.

Bien sûr, elle connaissait Dovah et son indépendance mais elle ne pouvait être sûre de rien. Madara aurait très bien pu être un sorcier, qui aurait ensorcelé le coeur de Dovah pour la faire tomber amoureuse de lui !

Mais Dovah, de son côté, en avait ras le bol. Elle refusait de voir deux personnes qu'elle appréciait autant se faire la guerre et ce jour là, alors que l'automne arrivait lentement, elle décida d'agir, quitte à les forcer un peu. Et elle allait donner de sa personne pour ça. Bon, dire que ça ne lui plairait pas n'était pas possible mais … elle espérait que Madara ne se braquerait pas.

Ainsi, quand Madara revint de son tour du matin, Dovah l'attira contre elle pour l'embrasser, les mains dans ses cheveux et le tenir contre lui. La peau de son ami était fraiche, ses lèvres un peu salées à cause de l'océan et elle adorait le savoir sur les quais, à jouer avec les enfants et aider ceux qui avaient besoin de bras supplémentaires.

Un matin, quand elle s'était réveillée, Dovah ne l'avait pas trouvé dans leur lit. Elle avait cherché dans toute la maison, l'avait appelé plusieurs fois avant de penser au pire. Et si quelqu'un lui avait fait du mal ? Après tout, elle avait des ennemis et ils pourraient très bien s'en prendre à lui pour l'atteindre ! Mais, à force de courir d'une extrémité à l'autre du creux, elle l'avait retrouvé sur un bateau qui avait été approché pour être déchargé. Le pavillon avait de suite fait sourire Dovah.

C'était le bateau d'un des amis de Sasori, qui était autorisé d'accoster à Nishio et une simple demande au capitaine leur avait permis de s'assurer une place sur le navire, même s'ils allaient devoir attendre plusieurs semaines.

Et Madara, lui, était sur le pont et aider l'équipe à descendre des sacs de riz, qui viendraient réapprovisionner le Creux.

Torse nu et un gros sac de riz sur l'épaule, Madara descendait lentement du pont, assurant ses pas et il ne la remarqua même pas. Il était concentré sur ce qu'il faisait, et à peine le sac fut placé avec les autres qu'il remonta pour continuer.

Là, le capitaine, qui avait remarqué le regard de Dovah sur lui s'était approché et lui avait demandé :

- Dovah, tu connais ce matelot .. ?
- Pourquoi .. ?
- C'est un bon gars, avait annoncé le capitaine. Il est venu proposer son aide sans demander d'or. Je vais lui proposer de naviguer avec moi. Tout capitaine a besoin de gars aussi volontaires !

Dovah avait simplement sourit et, le soir même, elle en avait parlé avec Madara, qui avait profondément rougit, avant de lui avouer qu'il adorait vivre au Creux. Malgré la présence de Konan.

- Qu'est ce que tu as fait ce matin ? Demanda Dovah, la tête sur l'épaule de son ami.

Madara glissa les bras autour de son dos, pour l'embrasser sur la tempe.

Depuis qu'ils vivaient dans ce maison, juste tous les deux, leur relation s'était approfondie. Ils ne se voyaient pas souvent en journée, Madara allant vadrouiller dans le village et Dovah visitant ses amis pour profiter de leur rhum et échanger leurs histoires mais quand ils se retrouvaient, le soir, ils avaient tous les deux envie de se câliner, de passer du temps ensemble, de s'embrasser.

- J'étais avec les gamins, murmura Madara en souriant. On est allés nager à la crique.

Avec un sourire, Dovah acquiesça doucement. Madara passait beaucoup de temps avec les enfants de l'îlot et elle trouvait cela adorable. Madara se montrait de plus en plus indépendant, et beaucoup plus responsable qu'il l'avait toujours été. Et des fois, quand elle rentrait, le soir, elle appréciait de voir qu'il s'était essayé à la cuisine pour lui faire plaisir et même si les petits plats qu'il préparait étaient parfois ratés, Dovah était toujours touchée par l'attention.

Après avoir pincé les fesses de sa femme, Madara se redressa pour la regarder dans les yeux et sourit :

- Tu n'es jamais aussi câline, le matin. Tu veux quelque chose .. ?

Avec un sourire en coin, Dovah le prit par la main et l'entraina dans le village, sur les quais, jusqu'à atteindre l'auberge où résidait Konan. La bonne humeur de Madara s'envola presque immédiatement. Depuis leur arrivée, Dovah faisait tout ce qu'elle pouvait pour les obliger à faire des efforts pour s'entendre et, alors que sa journée avait bien commencée, il allait de nouveau devoir affronter la prostituée.

Konan ne semblait pas non plus au courant de cette nouvelle tentative et quand elle croisa le regard de Madara, ils surent que tous deux pensaient la même chose sur le moment.

Sans attendre, Dovah fit signe à son amie de les suivre et ils montèrent tous les trois dans sa chambre, où la Traqueuse prit ses aises en s'installant sur le lit. L'idée qu'elle avait en tête risquait de plaire à Konan mais sûrement pas à Madara alors elle se racla la gorge, enleva son haut et leur fit signe d'approcher.

Mais aucun des deux ne bougèrent. Madara posa un regard froid sur Konan, la défiant de faire un pas en avant et la jeune femme gardait la tête basse, les mains dans le dos et l'air embêtée.

Dovah soupira devant leur manque de réaction et posa le dos contre la tête de lit, d'un geste agacé.

- Qu'est ce que je dois faire pour que vous vous entendiez ?

La traqueuse pensait sincèrement que Konan serait la première à parler, mais ce fut Madara qui prit la parole :

- Certaines personnes ne sont pas faites pour s'entendre, murmura-t-il, en croisant les bras. Konan et moi n'avons rien en commun.

Dovah secoua la tête, refusant d'y croire et grogna :

- Je vous ai vus, tous les deux, notre première nuit ici. Vous avez dormi l'un contre l'autre ! Et toi, souffla-t-elle en pointant Madara du doigt, tu la tenais et tu la protégeais. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais vous étiez assez à l'aise pour …
- Dovah, appela doucement Konan. Madara n'est pas ..

Avec un coup d'oeil vers Madara, la jeune femme prit place sur le lit et posa une main sur la cuisse de sa maitresse.

- Il n'est pas un homme pour toi, murmura-t-elle au plus bas. Tu as toujours été tellement libre !

Un ronflement mauvais s'éleva derrière elle mais Konan, à part frissonner, ne lui fit pas le plaisir de se montrer effrayée.

- Je ne peux pas croire qu'une femme comme toi puisse avoir fait l'erreur de t'attacher à un homme. Dis moi qu'il t'a ensorcelée et ..
- Konan .. Les gens changent, répondit Dovah en fronçant les sourcils.
- Je ne suis pas un monstre, répliqua Madara en relevant un peu le nez pour toiser l'autre. Et ne me dis pas que tu ne la manipules pas quand tu lui parles de cette façon.

Les yeux écarquillés, Konan se leva pour faire face à Madara, en tenant son kimono contre elle et siffla :

- De toutes façons, tu me détestes parce que je suis une pute ! Parce que j'ai osé toucher ta propriété !
- Dovah n'est pas ma ..
- Alors t'es complètement tordu ! Aucun homme refuserait de voir sa femme avec une autre ! N'importe qui aurait adoré ça !
- Tu ne connais rien à la fidélité.
- Je ne .. Je suis fidèle à Dovah depuis que je suis sous sa protection ! Ne me parle pas de fidélité alors que tu rêves de me baiser !
- Tu crois franchement que j'aurais envie de glisser ma queue dans ta chatte poisseuse ?

Cette fois, ça en était trop pour Dovah. Qu'ils percent l'abscès en levant un peu la voix pouvait aider mais là, Madara avait dépassé les bornes, et elle le lui fit comprendre en se plaçant entre eux, et en attrapant son col.

- Retire ça, grogna-t-elle.

Le nez retroussé, Madara se détourna en l'obligeant à le lâcher, d'une force insoupçonnée et Dovah siffla, venimeuse :

- Je ne veux plus te voir avant que tu te sois excusé. Quant à toi ! Ajouta-t-elle en se tournant vers Konan. Je n'aurais jamais pensé ça de toi. J'aime Madara, du fond de mon coeur ! Comment oses-tu critiquer mes choix de cette façon .. ?

Sur ces mots, Dovah sortit de la chambre, en claquant la porte, furieuse et ignorant sa semie nudité et Madara et Konan échangèrent un regard froid.

- Tout ça, c'est de ta faute, de toutes façons, grogna Konan. Dovah voulait seulement qu'on s'apprécie et …
- De ma faute ? T'as chialé sur mon épaule et je n'ai rien dit !
- Dovah t'a peut être sorti de ton putain de château mais tu n'es rien d'autre qu'une princesse qui n'a pas les couilles d'accepter deux femmes dans ton lit ! Elle voulait seulement te faire plaisir ! Toutes les femmes n'auraient pas cette ouverture d'esprit, et tu as tout gâché ! Et j'espère sincèrement qu'à cause de ça, elle te lâchera parce qu'elle ne mérite pas un salaud comme toi !
- Je ne …
- Maintenant, tire toi de cette chambre, je dois travailler !

Retenant une nouvelle réplique à ce propos, Madara sortit de la chambre, tandis que Konan soufflait lentement, les larmes aux yeux, terriblement blessée par ce que Madara avait dit à son propos et elle se laissa tomber sur son lit, la tête dans ses mains.

Quant à Dovah, elle tentait de se calmer. Son corps brûlait de haine, et le chaos menaçait de prendre possession de son âme. Et elle entendait ces voix, à la fois profondes et lointaines qui murmuraient dans un langage qu'elle ne comprenait pas. Pourquoi est-ce que l'homme qu'elle aimait agissait de cette façon alors qu'elle avait seulement voulu lui faire plaisir ? Elle savait que Madara était attiré par Konan, c'était évident, mais il l'avait insultée et rabaissée et Konan n'était pas mieux.

Et que se passerait-il, s'il rencontrait d'autres de ses amis ? Serait-il aussi horrible ? Elle n'avait vraiment pas envie de s'en assurer ...