Je sais que ça fait une éternité (3 ans aujourd'hui, il me semble) et je sais que la plupart des gens qui me suivent n'attendaient pas une update sur cette histoire en particulier mais j'étais motivée, hier soir et j'ai trouvé comment continuer.
Je ne promets pas une publication régulière, ni d'écrire un chapitre pour Living with the Devil. Juste si j'en ai l'envie, ou la motivation ou les deux ? Ce chapitre ne signifie pas que mon hiatus est terminé.
J'ai relu les anciens chapitres des histoires de Dovah et de Madara, hier et je dois avouer que mon style a beaucoup changé. Mais il s'est amélioré, je pense.
Bonne lecture :)
Cela faisait deux mois entiers que Madara et Dovah ne s'étaient pas vus. Dovah avait dit qu'elle ne voulait plus le voir et Madara savait qu'elle avait été particulièrement sérieuse à ce propos. Et il n'oserait jamais aller contre sa volonté. D'un autre côté, il n'avait aucune envie de s'excuser auprès de Konan. La jeune femme était peut être une amie de Dovah, sa protégée, en quelques sortes mais ça ne changeait pas le fait qu'elle avait été insultante envers lui. Elle avait conseillé à Dovah de l'abandonner et pour ça, il ne lui pardonnerait jamais. Pas après tout ce que lui et Dovah avaient vécu, pas après qu'il ait abandonné sa vie et son destin de roi pour elle.
Cependant, et même s'il ne l'avait plus vue depuis ce jour terrible, Madara savait exactement où se trouvait Dovah. Il s'était assuré qu'elle allait bien, à l'aide d'un des enfants qui adoraient jouer avec lui, le matin, à qui il apprenait à lire et celui ci lui avait rapporté que Dovah vivait à présent avec le gouverneur du Creux du Squale, dans la maison la plus haute de la ville et qu'elle passait ses journées à boire du rhum, à jouer aux cartes avec le gouverneur et à se balancer sur un hamac du patio de la demeure de celui ci.
Au moins, ça avait rassuré Madara. Il s'en serait voulu qu'elle s'enferme alors qu'elle semblait adorer cet endroit et qu'elle l'y avait emmené, uniquement pour qu'il puisse le découvrir. Lui aussi adorait le Creux du Squale, il l'adorait tellement qu'il aurait aimé s'y installer, ne plus jamais retourner sur le continent mais ça n'était pas possible, n'est ce pas ? Izuna ne viendrait jamais jusque là et Madara aimait trop son frère pour ne jamais le revoir.
Pourtant, et malgré qu'il se soit promis de ne pas la déranger, Madara savait qu'il devait aller la voir, aujourd'hui. C'était un jour particulier et elle lui en voudrait de ne pas l'avoir prévenue. Il espérait seulement qu'elle lui laisserait le temps de parler, qu'elle lui laisserait le temps de s'expliquer et ça n'était pas gagné mais quel autre choix avait-il ? Tout ce que Madara voulait, c'était au moins de la voir avant de faire ce qu'il avait prévu.
La demeure du gouverneur était tout en haut du pic le plus grand du massif qui composait le Creux du Squale et y accéder n'était pas une mince affaire. Il fallait escalader des dizaines de marches, sans se perdre parce que d'autres couloirs menaient à d'autres demeures et Madara ne connaissait pas l'endroit autant qu'il l'aurait souhaité. Il suivait avec attention les instructions que lui avaient données son éclaireur, le petit garçon aux sourire édenté qui lui avait indiqué où se trouvait Dovah et même si celles ci avaient d'abord semblé claires, Madara s'était plusieurs fois trouvé bloqué dans des culs de sac.
Finalement, après une bonne heure d'ascension, il était enfin parvenu à la porte du gouverneur et le gouverneur lui même lui ouvrit la porte, après qu'il ait sonné la petite cloche qui se trouvait au dessus de celle ci. L'homme était un sexagénaire bedonnant, aux cheveux gris et aux vêtements élimés, il n'y avait rien de royal dans son attitude mais Madara avait entendu des rumeurs, à son propos, disant qu'il avait été, à l'époque, un des pirates les plus respectés au monde. Mais un jour, la mer lui avait pris ce qu'il avait le plus cher et il avait décidé de s'installer ici, de construire cet endroit et de le gouverner au mieux, d'y accueillir tous les pirates qui souhaitaient y résider, ou seulement y faire escale. On lui avait dit que le Creux du Squale était une zone neutre et qu'aucun combat n'était toléré.
Que le gouverneur, malgré son age, restait très influent et qu'il avait des contacts dans tous les ports pirates. Qu'il n'avait qu'un mot à dire pour qu'un Capitaine ne puisse plus jamais accoster au moindre endroit.
Le gouverneur ne commenta pas l'arrivée de son visiteur, il se contenta de s'écarter, pour l'inciter à entrer et Madara avança d'un pas, incertain.
- Elle est sur le patio, indiqua l'homme en lui montrant la double porte de l'autre côté du hall d'entrée qui était restée entrouverte. Elle vous attend.
Madara le remercia, en se disant que cet homme était un drôle de personnage et il s'avança lentement vers les portes, marqua une pause avant de les pousser. Il ne savait pas comment Dovah allait réagir à sa venue, ni ce qu'elle allait pouvoir lui dire. Il ne venait pas pour s'excuser, après tout, alors qu'elle lui avait bien fait comprendre que ça ne servirait à rien qu'il vienne s'il n'en avait pas l'intention mais il n'avait d'autre choix.
Comme son petit espion le lui avait dit, Dovah était confortablement installée dans un hamac, tiré entre deux piliers du patio et elle avait le regard tourné vers l'horizon. La vue sur le Creux du Squale et l'océan était imprenable, d'ici, magnifique mais Madara s'en détourna rapidement, trop heureux, malgré tout, de revoir Dovah. Il s'était presque attendu à ce qu'elle ait changé, depuis leur dernière rencontre, à ce qu'elle soit différente mais ça n'était pas le cas. Elle restait la femme qu'elle était, celle dont il était tombé amoureux dès qu'il l'avait vue et son coeur fit des siennes, quand il put enfin la voir alors que ça faisait tellement longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus.
Il l'aurait embrassée sur le champ, s'il avait été certain qu'elle ne le repousserait pas.
Dovah ne réagit pas, d'abord, son hamac se balançait lentement à cause de la légère brise qui soufflait sur le Creux du Squale et ses longs cheveux noirs virevoltaient dans son dos mais elle finit par se redresser, sa bouteille de rhum à la main, elle en avala une gorgée avant de la poser au sol et elle lui jeta un coup d'oeil, tapota à côté d'elle pour l'inviter à s'asseoir là.
Madara s'exécuta, en silence. Ses jambes le portaient à peine, alors que l'excitation de revoir la femme qu'il aimait faisait battre son coeur à une allure folle et il prit place à ses côtés, la forme du hamac et sa résistance l'obligeant presque à se coller à elle mais Dovah ne sembla pas s'en formaliser. D'une douceur certaine, elle posa les doigts sur sa cuisse, la descendit jusqu'à son genou, finit par poser la tête sur son épaule et Madara prit ça comme une invitation. Avec lentement, il fourra le nez dans ses cheveux, embrassa son scalp et ferma les yeux, trop heureux d'être aussi proche d'elle comme ça pour se soucier qu'elle puisse le repousser.
Cependant, la raison de sa visite le rappela rapidement à la raison et Madara se racla la gorge, alors que son coeur se serrait et il embrassa ses cheveux.
- Je ne suis pas venu pour m'excuser.
Le regard de Dovah, quand elle redressa la tête, lui indiqua qu'elle ne s'était pas vraiment attendu à ce qu'il le fasse. Elle semblait simplement triste. C'était difficile à accepter comme émotion, venant d'elle mais il y avait bien de la tristesse dans ses yeux bleus que Madara aimaient tant et Madara se demanda longuement ce à quoi elle avait bien pu penser, pendant tout ce temps.
Lui avait-il manqué ?
La jeune femme prit une longue inspiration, elle haussa une épaule et ne prit pas la parole. Alors, Madara plaça un bras autour de ses épaules, pour la serrer contre lui, pour profiter de l'instant et juste la tenir là, contre lui, aussi longtemps qu'il le pouvait. Dovah n'avait cessé de toucher sa cuisse, elle ne le repoussait pas et c'était tout ce dont il avait besoin, pour le moment. Elle lui avait tellement manqué qu'il aurait voulu que cet instant ne s'arrête jamais mais il ne pouvait pas, n'est-ce pas ?
Après ce qui sembla être une éternité, Madara s'écarta enfin et Dovah attrapa sa main, comme pour l'empêcher de partir. Leurs doigts s'entrecroisèrent, Madara sentit son coeur se serrer, alors qu'il prenait place face à elle, sur le petit parapet qui les séparait du vide et Dovah releva les yeux, juste une seconde, baissa à nouveau la tête.
- Dovah, je ..
- T-tu n'as pas besoin de me le dire, marmonna la jeune femme en haussant une épaule. Je sais déjà tout. Tu vas partir.
- C-comment ?
Dovah détourna les yeux, elle se pinça les lèvres, comme si elle s'empêchait de pleurer, ce qui intrigua Madara au plus haut point et elle força un sourire.
- Le gouverneur a des oreilles partout. On lui a rapporté que tu avais passé beaucoup de temps avec le Capitaine du Sunrise. Que tu avais demandé à monter sur son bateau.
Madara acquiesça, c'était pour ça qu'il était venu, il n'allait certainement pas le nier, à présent. Mais la tristesse de Dovah sembla augmenter et elle se leva, s'approcha de lui, pour le prendre dans ses bras sans qu'il en comprenne la raison. Pourquoi semblait-elle sur le point de pleurer ? Pourquoi semblait-elle aussi sensible à la nouvelle ? Madara ne résista pas, quand Dovah lui vit poser la tête contre son ventre, il ferma les yeux, plaça les bras autour de sa taille et Dovah hoqueta, au dessus de lui.
- Je comprends, souffla-t-elle en glissant les doigts dans ses cheveux. Je suis seulement désolée de n'avoir pas su ..
Ses mots se perdirent dans le silence et Madara était de plus en plus mal à l'aise. Mais il profita de l'étreinte, aussi longtemps que possible et il releva la tête, sourit à la jeune femme en caressant sa joue.
- Nous partons dans l'après midi. Le Capitaine souhaite profiter du vent, tant qu'il est favorable.
- Ne peux-tu pas rester une nuit de plus ? T-tu pourrais rester ici, avec moi, murmura Dovah de lèvres tremblantes. Je te trouverai un autre vaisseau.
- Dovah ..
- J-je comprends que tu veuilles partir, retourner à Konoha, mais ..
Cette fois, Madara fronça les sourcils, il se détourna sans comprendre, lui et il secoua rapidement la tête.
- Qu'est ce que tu racontes ? Retourner à Konoha ?
- N'est-ce pas ce que tu veux ?
- Non. Attends, Dovah, appela Madara après un instant. C'est pour ça que tu es dans cet état ? Parce que tu crois que je rentre à Konoha ?
Dovah ne répondit pas, trop occupée à se mordre les lèvres, alors que ses yeux devenaient de plus en plus humides et Madara se redressa pour la serrer dans ses bras.
- Vos espions sont vraiment mauvais, fit-il avec un petit rire. Je ne rentre pas à Konoha. Le capitaine du Sunrise a accepté de me prendre comme matelot pour la saison. Je reviendrai, je .. je ne t'abandonne pas.
Mais les doigts de Dovah agrippaient déjà sa tunique, alors qu'elle tremblait contre lui et Madara sourit avec douceur, caressa son dos pour l'aider à se calmer. Ça le touchait, de la voir aussi sensible à l'idée de le voir partir. Et il comprenait, si elle avait pensé qu'il rentrait à Konoha, qu'il partait, qu'il la quittait. Mais il ne l'aurait pas supporté. Il l'aimait bien trop pour ça, même après tout le temps qu'ils avaient passé séparés l'un de l'autre.
Bientôt, les lèvres de Dovah trouvèrent les siennes et Madara se laissa aller dans un baiser tendre, il accepta sans mal qu'elle tienne ses cheveux, qu'elle l'embrasse avec autant d'envie et de sentiments. Ça lui avait tellement manqué qu'il ne savait pas comment il avait pu s'en passer aussi longtemps et il avait grandement envie de l'asseoir sur le parapet, de la prendre là, au dessus de l'île, de la faire sienne, à nouveau mais il n'en avait probablement pas le temps. Et il ne savait pas comment Dovah pourrait y réagir.
Pourtant, le sourire qu'elle lui adressa, quand ils s'écartèrent était sincère et doux et Madara essuya ses joues avec lenteur, il embrassa le bout de son nez.
- Je pensais que tu voulais partir, que tu voulais .. me quitter.
- Pas le moins du monde, assura Madara en posant le front contre le sien, et en fermant les yeux. Tu es bien trop précieuse à mes yeux pour ça.
- A-alors ..
- Je vais seulement naviguer pendant un temps, murmura Madara avec douceur. J'ai rêvé de ça toute ma vie et je veux voir ce que c'est réellement, sans avoir à me cacher derrière toi.
- Tu n'as pas peur ?
Madara rouvrit les yeux, il détourna la tête, vers l'océan.
- Bien sûr que si, affirma-t-il. Je suis terrifié mais .. C'est quelque chose que je veux faire. Je ne sais pas quand je rentrerai mais ..
- Je t'attendrai.
Le sourire de Madara s'agrandit, il serra la jeune femme contre lui, en se disant que ça s'était mieux passé que ce qu'il avait imaginé. Toute l'histoire avec Konan semblait oubliée, ou mise de côté, au moins, pour qu'ils puissent profiter du moment, pour qu'ils puissent profiter de leurs derniers instants ensemble avant son départ et Madara savait qu'il aurait des comptes à rendre, à son retour, qu'il lui faudrait trouver des réponses, s'excuser malgré qu'il n'en ai pas envie mais il ne souhaitait pas y penser, pour le moment.
Il n'y avait pas grand chose à dire, après ça. Madara n'avait jamais été doué pour les adieux, ça avait été évident, quand il avait quitté Konoha, quand il avait quitté son frère. Ça n'était pas un adieu, seulement un au revoir mais il était conscient des risques, il savait que ça n'allait pas être des vacances, le Capitaine du Sunrise l'avait longuement prévenu, à ce propos mais il avait déjà donné sa parole, il avait dit qu'il montrait à bord, qu'il naviguerait avec eux, parce qu'il avait besoin de ça, il avait besoin de connaître cette liberté. Et le Capitaine avait semblé surpris, quand il avait avoué avoir été entrainé par Lee lui même, et qu'il était le compagnon de Dovah.
- Promets moi une chose.
Le murmure de Dovah semblait presque trop sérieux, pour l'instant, pourtant Madara acquiesça immédiatement.
- Sois un pirate.
Madara fronça les sourcils, sans comprendre ce qu'elle voulait dire et Dovah caressa sa joue.
- Oublie Konoha, oublie ton frère, oublie la vie que tu as eue jusqu'ici. Oublie moi. Sois un pirate à part entière, sois un homme libre de toute attache.
- Pourquoi est-ce que je ..
- Tu as dit que tu en avais rêvé toute ta vie, sourit Dovah en posant les mains sur son torse. Tu as dit c'était quelque chose que tu voulais faire. Alors fais le bien. Et quand tu reviendras, nous reprendrons notre voyage. J'ai encore un tas de choses à te montrer.
Madara ne comprenait pas pourquoi Dovah lui disait tout ça mais il acceptait. Si c'était ce qu'elle voulait, et si elle lui en donnait l'autorisation, ça ne servait à rien de s'en priver, n'est ce pas ? Penser de cette façon ne lui plaisait absolument pas mais il voulait éviter un nouveau conflit avec elle, surtout avant de partir et il espérait qu'elle comprendrait, s'il ne faisait pas tout ce qu'elle lui avait conseillé de faire. Ça n'était pas son genre, après tout. Il ne pouvait pas oublier qu'il avait failli devenir roi, que son frère avait pris sa place, qu'il l'aimait elle, et personne d'autre. Mais il ne voulait pas de conflit avec elle.
Et puis, le Capitaine du Sunrise lui avait confié que le voyage durerait trois mois, maximum. Qu'aurait-il le temps de voir, en trois mois ?
Dovah l'embrassa encore, après ça, elle l'embrassa longuement et passionnément, en glissant les doigts sous ses vêtements, en touchant sa peau brûlante, alors que son corps s'enflammait pour elle et Madara se laissa aller un instant, il posa les mains sur ses fesses, les serra entre ses doigts envieux, jusqu'à ce qu'une corne de brume résonne dans tout le Creux du Squale et qu'il détourne la tête pour regarder vers la crique.
- C'est le premier appel, indiqua Madara avec lenteur. Je dois aller aider à charger le bateau. Tu m'accompagnes ?
- Je ne peux pas.
Madara fronça les sourcils, en la regardant dans les yeux, sans comprendre pourquoi elle refusait et Dovah sourit.
- Je n'arriverai pas à te laisser partir, si je descends. Ça sera trop difficile pour moi.
- Alors, tu me regarderas partir d'ici ?
Dovah hocha la tête, à cela, ils partagèrent un nouveau baiser, ils prirent tout leur temps, pour leurs au revoir, jusqu'à ce que Madara s'écarte de force, parce qu'il n'avait pas le droit d'être en retard, le Capitaine lui avait fait comprendre qu'il n'attendait personne, que ce soit lui ou un membre de son équipe à part entière. La ponctualité était importante pour lui et c'était ce qui avait convaincu Madara de prendre part à cette expédition. Ce Capitaine là semblait à peu près respectable.
Autant qu'un pirate pouvait l'être, en tous cas.
Dovah le regardait avec attention, alors qu'il lui faisait face et Madara put déceler, dans ses yeux bleus, une pointe de fierté. Elle était heureuse qu'il ait fait ce choix, même si ça signifiait qu'ils ne se verraient pas pendant un moment, même si ça signifiait qu'il allait sûrement se retrouver en danger, parfois. Mais elle avait confiance en lui et elle ne le retiendrait pas. Il avait fait son choix et elle le respectait.
Madara ne put cependant pas résister d'embrasser ces lèvres une nouvelle fois, avant de se tourner pour de bon, pour quitter la demeure du gouverneur sans un regard en arrière. Ça aurait été bien trop difficile pour lui, de regarder Dovah encore, de la voir craquer, peut être, à cause de son départ et il ne devait pas perdre de temps, à présent, son Capitaine l'attendait.
Le Sunrise était un trois mats immense, dont le pavillon noir flottait déjà haut et fier à sa poupe et Madara en était tombé amoureux dès qu'il l'avait vu. Avoir l'occasion d'y naviguer pendant tout le temps que durerait la saison était un honneur, pour lui, et ce malgré qu'il ait été prince, que ces hommes là étaient les déserteurs de son royaume et de ses alliés. Il espérait grandement que personne ne le reconnaitrait mais personne n'avait semblé le reconnaître, depuis qu'il était arrivé au Creux. Peut être était-ce parce qu'il avait coupé ses cheveux, ou parce qu'il portait des vêtements semblables à ceux des habitants de l'endroit mais cette nouvelle anonymat lui plaisait et il espérait que ça durerait.
Le Capitaine du navire attendait déjà sur le quai, ordonnait à ses hommes de se dépêcher, qu'il les damnerait si le vent tournait et il adressa un regard à Madara quand celui ci se présenta devant lui.
- Prêt à devenir un homme, matelot ?
- Oui, Capitaine, acquiesça Madara.
- Qu'est-ce que t'attends, dans ce cas ? Attrape une caisse, emmène la dans les cales, jusqu'à ce que le quai soit vide ! Et plus vite que ça !
Madara retint un sourire, devant l'air dédaigneux de son Capitaine mais il s'exécuta rapidement, il attrapa la première caisse de nourriture qui lui tomba sous la main et monta le long des planches qui permettaient l'accès au pont principal du navire. Celui ci ressemblait à une fourmilière, où des dizaines de marins s'agitaient, ça et là et Madara se sentait bien. Bien sûr, ça ne serait pas simple, ni reposant, il ne partait pas en vacances mais il avait passé bien trop longtemps enfermé entre les quatre murs de son château et il était enfin libre. Et même si ça signifiait être éloigné de Dovah pendant un moment, ça n'était pas grave.
Madara aimait cette femme, plus que tout au monde, il l'aimait de tout son coeur et il ferait en sorte de ne plus jamais la ralentir. Et ils reprendraient leur route quand il reviendrait. Et il allait en être changé, c'était évident, il allait devenir une autre personne, il espérait que ce changement était pour le meilleur mais il savait une chose : il resterait celui qui était tombé amoureux d'elle, et elle l'aimerait toujours autant.
La corne de brume du Sunrise résonna une seconde fois, dans le Creux du Squale, alors que le navire quittait le port et Madara prit quelques secondes pour relever la tête vers la demeure du gouverneur, pour voir la silhouette de Dovah l'observait alors qu'il partait vers des aventures sûrement aussi palpitantes que possible.
Ah, elle allait tellement lui manquer.
