P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom qu'a mon personnage féminin ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre personne, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 6 : Le froid mord lorsque nous sommes seuls

Je ne reçu aucune lettre durant son absence. Il avait raison de toute manière, je ne savais pas lire. Il avait un peu essayé avant de partir de me donner les bases, mais je restais sotte, et la feuille mémoire qu'il m'avait faite était un texte écrit, ce qui ne m'aidait pas plus… Mais j'aurais quand même souhaité recevoir de ses nouvelles, voir son écriture sur le papier, savoir au moins qu'il fut capable d'écrire, la preuve qu'il était encore en vie et que j'avais une certaine importance.

Je détestais être seule, mais je détestais la compagnie des autres. De toute façon, en ayant tant protégé les arrières de Tom lorsqu'il était présent, j'avais signé mon arrêt de mort social. Je détestais les mois d'hiver, le froid qui ne nous quittait jamais, même près du feu, même en boule dans son lit, même dans nos rêves. Il me semblait que sans mes parents adoptifs, et sans Tom, il m'était complétement impossible de survivre à une minute de plus à l'hiver, que jamais plus la chaleur reviendrait dans mon corps.

Chaque fois que je me sentais seule, je me pratiquai à tracer les lettres et les mettre en ordre, sans savoir comment elles se nomment, ou si je les traçais correctement. Et je me sentis souvent seule. Voir la feuille mémoire qu'il m'avait tracée me donnait l'impression d'être un peu moins isolée et me rappelait qu'il m'avait dit qu'il reviendrait, après l'hiver.

Je tentais aussi de défendre son territoire. Ce fut sans grande peine contre les orphelins, car Tom avait une réputation bien encrée, mais ce fut inutile contre Madame, car maintenant qu'il était parti, elle voulait en profiter pour reprendre le dessus.

Maintenant sans sa protection constante, et avec une moins belle réputation que ce que j'avais avant, je dus aller chercher la protection de Madame pour que les autres ne réalisent pas qu'ils auraient pu profiter de l'absence de Tom pour s'en prendre à moi. Et cette tâche, j'en éprouvait une répugnance assez marquée. Depuis que j'avais été adopté, je n'arrivais plus à voir Madame comme une adulte modèle ayant juste un caractère un peu dur. Chaque fois que je me mobilisais à sécuriser mon environnement en lui faisant des courbettes, j'avais l'impression de renier un partie de mon âme.

Le beau temps revint, mais Tom restait douloureusement absent. Je devais attendre la fin du printemps, mais je ne pouvais m'empêcher de douter de son retour. De croire qu'il avait trouvé un moyen de rester là-bas, que la famille d'un élève avait décidé de l'adopter, qu'il était tombé malade, qu'il s'était perdu ou qu'il était mort. Je préférais évidemment certaines de mes théories aux autres.

Mais lorsque l'été revint, il revint aussi. Son teint était plus frais, plus en santé, plus charmant aussi, mais toujours aussi sombre. Je l'attendais dans sa chambre, que j'avais élue quartier général durant son absence. Il ne me salua pas, il "rangeait ses affaires" (autant que nous puissions dire qu'il rangeait vraiment ses choses) comme si je n'étais pas là. Avait-il simplement oublié ce que c'était d'avoir de la compagnie? Était-il en train de digérer son retour? S'était-il intégré dans son école? Était-il fâché contre moi?

– Tu es pâle, finit-il par me grogner.

– C'est toi qui as prit des couleurs.

Il me lança un regard ténébreux avant de fouiller dans sa malle et de me lancer une boîte de la grosseur d'un poing.

– C'est quoi?

– Du chocolat… Oh, fais attention, c'est animé.

– Animé…?

– C'est une grenouille en chocolat enchantée. Elle saute trois fois… c'est débile mais le chocolat est bon. Attend, passe.

Je lui rendis la boîte, il sortit ce qui devait être un grimoire, à la grosseur de l'ouvrage, et l'aplatit sur la boîte.

– Tiens, me dit-il en me la rendant.

– Merci…

Je l'ouvris, tant bien que mal, et pu manger ce qui était, effectivement, le meilleur chocolat que je n'avais jamais mangé.

– Wow, merci!

– Je nous ai amené de quoi manger pour deux jours, et quoi rester en santé durant l'été.

Si je n'avais pas aussi peur de le brusquer, je l'aurais serré contre moi. J'espérais que mon sourire lui suffirait.

– Comment c'est, apprendre la magie?

– Les cours sont ennuyeux, mais les livres sont intéressants. Pis toi, avec Madame et les autres taches?

– Comme ci, comme ça… Madame a comme plan de te mater, et les orphelins ont encore peur de toi.

– J'ai assez économiser sur ma bourse pour avoir un hibou, m'informa-t-il en continuant naturellement sur un autre sujet, je t'enverrai de la nourriture. Si tout va bien, tu lui rattaches la corde à sa patte, et si on te fait des misères, tu gardes la corde. Ainsi je saurai… Un hibou c'est comme un pigeon voyageur, rajouta-t-il en voyant mon air perdu.

Ce qu'il m'avait manqué! J'en avais les larmes aux yeux. Nous pourrions finalement avoir un semblant de communication!

– Comment sont les gens là-bas?, continuai-je de le questionner.

– Idiots. Il y a quatre maisons, selon ta personnalité. Je suis avec les serpentards, et il y a une gué-guerre envers les griffondors. Vraiment stupide, je te l'assure. Je préfère les serpentards, mais de là à en faire des hostilités... Mais ce n'est pas tout, il y a aussi le sujet de la composition de notre sang, d'où nous tenons notre héritage magique; que l'on soit « sang pur », « sang mêlé » ou « sang de bourbe ». Les « sang pur » sont adulés , mais c'est vraiment ridicule compte tenu qu'ils sont en moyenne moins performant que les deux autres.

– Sang pur?

– Dont toute la généalogie est sorcière.

– Trop de consanguinité?

– Sûrement. Ils vont devoir se faire à l'idée tôt ou tard s'ils ne veulent pas dégénérer.

– As-tu appris beaucoup de sorts?

– Assez, mais j'ai essayé sans baguette et sans prononcer… depuis j'ai appris que sans baguette, ce n'était pas réalisable, et que sans prononcer, ça va prendre du temps.

– Je peux voir ta baguette?

Il la sortit de son pantalon, j'aurais été surprise s'il ne l'avait pas eu sur lui.

– Je n'ai pas le droit d'user de magie durant l'été.

– Dommage.

– Enfin, surtout en présence de moldu.

– Moldu?

– Un sans magie, comme toi.

Je tentai de décrisper mon sourire, ce n'était pas sa faute, après tout, si je n'étais pas doué de magie.

– Que dirais-tu d'avoir des enfants sorciers?, me demanda-t-il sans changer de ton.

Abasourdie, je le fixai quelques secondes avant d'être capable d'envisager lui répondre quoi que ce soit tellement sa question m'avait semblée sortir de nul part.

– Que veux-tu dire?

– Je suis un sorcier surdoué, avec ton sang de moldu en plus, nos enfants pourraient être encore plus doués, épique même.

Il me proposait ça avec un tel détachement que c'était effrayant. Se forçait-il à se détacher pour éviter une déception, ou était-il purement diabolique et j'étais une option facile et stratégique?

– Ils pourraient, en effet, éludai-je.

Je crois que je le vis poindre un sourire.

– Oublie pas ton chocolat.

Je m'empressai de le terminer.