Le dernier chapitre de la journée, j'espère que vous l'apprécierez.

Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom qu'a mon personnage féminin ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre personne, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

Bonne lecture!

CHAPITRE 14 : Aperçu de la différence entre vivre et survivre

Nous fûmes incapable de nous endormir, aussi, nous regardâmes silencieusement le soleil se lever. Lorsque le soleil fut à demi-sorti de son sommeil, Tom nous sortit de notre mutisme.

– Je crois savoir comment je vais faire pour que tu restes, maugréa-t-il. Mais je n'aime pas cette idée.

Je ne doutai pas un instant qu'il répugna son idée; il me faisait l'une de ces gueules…

– Quelle est-elle?

– Faire du professeur Dumbledore notre allié. Je suis sûr qu'il va t'adorer.

– Ce n'est pas le professeur dont tu m'avais tant parlé…?

En mal…

– … Non, vraiment?, me répondit-il sarcastiquement. Tu arrives à en douter?

– Tom, lui demandai-je de se calmer.

– Oui, c'est bien lui, grogna-t-il.

– En tout cas, je suis fière de toi.

– Oh, ça va le sarcasme!

– Je n'étais pas sarcastique, marmonnai-je tout bas.

Haussement des épaules de sa part, encore vexé. Je soupirai, à quoi bon essayer de raisonner un homme en colère? Nous n'avions rien amené de l'orphelinat, aussi me retrouvai-je à devoir porter les mêmes choses que la veille. Je lissai mes cheveux en y passant mes doigts, je me levai et lissai mes vêtements avec mes mains. Tom profita que très peu de personnes soient levées pour aller faire sa toilette. N'ayant pas grand chose pour faire de même, je me contentai de passer une débarbouillette mouillée sur mon visage et de me laver les mains.

J'étais dans la salle de bain des garçons, mais pour l'instant, Tom et moi étions les seuls ici, alors je ne dérangeais personne. Les douches étaient plus loin dans la pièce, de sorte que je n'avais aucune possibilité de tomber par erreur sur elles, ce qui avait enlevé mes dernières réticences à le suivre ici.

Tom sortit de la section des douches tout habillé dans son uniforme que je découvrais, ironiquement, pour la première fois sur lui. Je n'y avais pas porté attention la veille, étant donné tout ce qui s'était passé, et que son uniforme n'avait pas été si bien arrangé, le vent l'ayant froissé, et lui ayant enlevé sa cravate. Le tout lui allant merveilleusement bien, et je me surpris à lui sourire franchement sans que je n'ai pensé à le faire. Il se brossa les dents puis, après l'avoir bien rincée, me passa sa brosse. J'acquiesçai et me brossai les dents avec contentement.

– Garde-la, je m'en achèterai une autre, me souligna-t-il.

– Merchi, lui répondis-je ma bouche encore pleine de mousse.

Je le vis rire sourdement de ma pitrerie lorsque la porte de la salle s'ouvrit sur un jeune serpentard un peu perturbé par ma présence. Je cessai de porter mon attention sur Tom et je m'empressai de terminer. Une fois fait, nous nous dirigeâmes vers la grande salle. Tom rigola de ma mine totalement perdue alors que nous nous promenions dans les couloirs et les escaliers et je lui tirai la langue tout en refusant de le laisser hors de ma portée. Je m'accrochai à lui lorsque nous pénétrâmes la grande salle pour pouvoir me gaver les yeux sans pour autant foncer dans un objet ou perdre sa trace. Le plafond était à couper le souffle, la grandeur de la salle me laissait pantoise et la nourriture sur les tables me faisait baver. Il nous fit marcher longtemps, pour être le plus près possible des tables du fond, qui devait être les tables des professeurs. Nous n'eûmes pas le temps de nous asseoir.

– Ça fait longtemps que tu as manger, non? Prend ceci, professeur Dumbledore est déjà présent, m'informa-t-il en me tendant un petit pain.

– Et toi?

– Quelqu'un a eu l'amabilité, hier, de me donner quelque chose à grignoter pendant que tu dormais.

Nous allâmes donc voir son professeur de métamorphose alors que je grignotais le plus subtilement possible le petit pain.

– Professeur, avez-vous un moment?, demanda mielleusement Tom, si mielleusement que si je n'avais pas eu du pain dans la bouche, l'anxiété m'aurait fait rire de son ton.

– Bien sûr. Vous êtes bien matinal, ce matin, au contraire d'hier.

– Désolé d'avoir manqué votre cours, et ce, même si je suis forcé de vous admettre qu'en pareilles circonstances, je recommencerais.

– Vraiment, Tom? Et est-ce que ces circonstances ont rapport avec cette demoiselle?

– Je crains effectivement que ce soit de ma faute, monsieur, intervins-je entre deux bouchés. Enfin, vous savez sûrement que Tom a, comme qui dirait, une mauvaise réputation d'où je viens et, j'ai voulu lui éviter des ennuies et…

– Elle s'est fait passé pour une vilaine sorcière qui m'aurait jeté un sort, me coupa Tom du ton de celui qui n'en revient pas que j'ai pu oser faire quelque chose de si inconscient. Lorsque je suis arrivé, ils avaient commencé à fabriquer un bûcher.

La manière qu'avait le professeur de nous regarder comme s'il pouvait y voir la vérité, comme s'il pouvait tout savoir de nous, qu'à nous regarder, me rendait vraiment mal à l'aise. Tom dû le sentir, car il se fit plus imposant, me cachant derrière sa présence. N'importe quel être normalement constitué m'aurait oublié derrière son charme, mais le professeur, lui, ne m'oublia pas.

– Vous avez fait ça?, me demanda-t-il en me fixant d'une drôle de manière.

Je rougis violemment et j'en perdis l'usage de la parole. Je m'empressai de me cacher derrière Tom. Monsieur le professeur me sourit aimablement.

– Vous avez besoin d'un petit coup de pouce?

Nous acquiesçâmes.

– Je voudrais, professeur, que Nagini puisse bénéficier de la protection de l'école, même si elle est moldue, éclaircit Tom.

– Votre dévouement, Tom, m'impressionne. Je vous aiderez à passer par dessus les préjugés.

– Merci professeur.

Tom prit mon poignet et nous éloigna. Il arrêta soudainement puis se retourna une dernière fois vers Dumbledore.

– Merci, professeur, vraiment.

Puis nous repartîmes vers un autre professeur. Nous allâmes ainsi de professeur en professeur, les sensibilisant à notre cause à défaut d'être vraiment capable de les rallier. Nous terminâmes avec le directeur, qui semblait, comme plusieurs autres, avoir un faible pour mon ami.

– Justement, Tom, je voulais vous voir, vote petite aventure a fait jaser.

– J'espère pouvoir, à ce sujet, vous demander une protection pour mon amie.

Le directeur éclata de rire.

– Vous ne manquez pas de culot, Tom, et vous avez du cœur, indéniablement. Cependant, vous demandez quelque chose qui est sans antécédant, aussi je vais faire une réunion avec les professeurs sans vous promettre quoi que ce soit.

Nous avions pratiquement juste eu ce type de réponse évasive… Tom m'entraîna vers la table des serpentard après que nous ayons respectueusement remercié et salué le directeur. La salle, depuis le temps, s'était bien remplie.

Il s'avéra que j'étais affamée et que Tom ne l'étais qu'à peine moins que moi, mais que celui-ci avait beaucoup plus de retenu. J'essayais d'avoir moins l'air d'une goinfre, étant donné l'aspect distingué que dégageait naturellement les serpentards, mais j'en fus incapable, je n'avais jamais eu de ma vie autant de nourriture devant moi, d'autant plus si bonne. Je mangeai jusqu'à se que je me sente malade et seulement là je me sentis rassasiée.

– Tu ne devrais pas manger aussi vite, me souligna Tom en secouant la tête.

Je lui fis un sourire d'excuse, mais je savais qu'il comprenait exactement pourquoi j'agissais ainsi. J'étais persuadée que sa première fois, aussi, avait été rempli de cet instinct primal de se nourrir tant que la nourriture était disponible. Une voix féminine me sortit de mes reflexions.

– Sortez-vous ensemble?

Tom et moi-même sursautâmes avant de dévisager la vert et argent. Tom éclata cependant rapidement de rire. Je dois admettre que, personnellement, je ne voyais pas ce qui avait de si drôle. Que ce soit comique, oui, risible, non.

– Moi et… elle! Vraiment?

– Tom, s'il-te-plaît, essayai-je de lui faire comprendre que je trouvais la situation un peu vexante.

– Mais Nagini, toi et moi?

– Je sais, c'est ridicule, répondis-je à contre cœur.

– Non. Oui, enfin…

Il reprit, dès lors, rapidement contenu.

- C'était inapproprié de ma part, désolé. Et non, nous ne « sortons » pas ensemble.

- Mais vous êtes amis, insista-t-elle.

- Indéniablement.

- Donc, tu es libre, affirma-t-elle avec une once de questionnement.

Je le vis se retenir d'éclater de rire à nouveau en attrapant son verre et en feignant de le boire le temps d'être sûr d'être en contrôle.

– Malheureusement, non, je ne le suis pas.

– Mais tu ne sors avec personne?

– Pas en ce moment.

– Donc tu es libre.

Prise de pitié, je m'interposai et pris un ton empathique :

– Je crois que ça voulait surtout dire qu'il avait quelqu'un d'autre en vue, mais que ce n'ai malheureusement pas toi, désolée.

Elle s'éloigna, visiblement vexée. De nouveau un silence s'installa, ce silence était si habituel entre nos différentes disputes et conversations que ça n'avait absolument rien d'intimidant, au contraire, c'était un moment où nous nous ressourcions.

– Tu ne veux pas savoir c'est qui?, me questionna-t-il.

– Tom, tu n'as jamais aimé qu'on se mêle de ta vie… Soit un jour tu me le diras, soit je ne le saurai jamais, ce n'est pas si important.

Il leva son verre de jus de citrouille.

– À ta santé!

– À la tienne aussi.

Et nous trinquâmes. Il était si facile de sourire, ici, à Poudlard…