P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom qu'a mon personnage féminin ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.
CHAPITRE 17 : De retour à la tranquillité
– Nagini.
Je sursautai en l'entendant, je le croyais parti depuis longtemps. Je levai mon regard vers lui tout en continuant d'essuyer mes yeux qui ne cessaient de couler. Son visage n'exprimait pas grands choses. Il attendait que je me calme.
– Je- je suis désolée!
Il enleva son veston qu'il me mit sur les épaules.
– Maintenant, je vais te dire ce que tu vas faire : tu vas te calmer, ensuite tu vas sécher ces larmes, tu vas me promettre d'arrêter de… jouer à ton jeu stupide qui te cause tous ces ennuis, et finalement, tu me suis, on va au dortoir. Tu vas dormir et je vais dormir aussi. Ça va aller mieux demain.
Il me tendit un mouchoir.
– Avec un peu de chance, ce n'était qu'un cauchemar, marmonna-t-il.
– Je suis désolée.
– Arrête d'être désolée et mérite plutôt ton pardon. Allez, viens.
Je le suivis en silence. Rendus dans le dortoir, nous étions rendu au milieu de l'après-midi, mais ni lui ni moi n'avions faim. Nous jouâmes aux cartes jusqu'à ce que la salle se vide, au moment où presque tout le monde était couché. Il m'installa sur un divan de la salle commune.
– Tom…?
Il ne m'offrit même pas un regard tandis qu'il installait les draps.
– Qu'est-ce qui va se passer avec moi?
Il soupira, taponna mon oreiller et s'installa contre celui-ci.
– Tu ne peux pas rester, évidemment, me répondit-il posément. Cependant, ils vont te trouver un autre endroit, une famille ou plus probablement un autre orphelinat.
– Et toi?
– Je ne vais pas retourner là-bas non plus.
Nous gardâmes le silence un moment puis un rictus amusé dessina ses lèvres. Sans comprendre pour autant ce qui était passé par sa tête, je lui retournai rapidement son sourire, bien que je restais soucieuse d'une potentielle menace cachée par son joli minois. Je semblai l'amuser un peu plus.
– Quoi?, l'interrogeai-je le rire aux lèvres.
– Non, rien. Tu dois dormir, maintenant.
Il se leva et partit.
– Bonne nuit Tom!
– Bien sûr… toi aussi.
Je soupirai puis m'allongeai sur le divan. Je dormis horriblement cette nuit-là, je cauchemardai à plusieurs reprises et le fait de dormir dans la salle commune me rendait mal à l'aise. Le lendemain, je me réveillai tôt, avec les vêtements que j'avais porté à mon arrivé magnifiquement pliés au bout de mes pieds. Je profitai de l'heure matinale pour prendre ma douche sans déranger quiconque. Je n'étais pas à proprement parlé satisfaite de retrouver mes vêtements rudes et usés, mais je me sentis un peu moins dépaysagée. De retour dans la salle commune, je rencontrai Tom qui venait de se lever. Il grimaça.
– Tu as mal dormi?, présuma-t-il.
– C'est si évident?
Il me lança un de ses regards qui me fit lui esquisser un sourire.
– Tu as les yeux lourds et tu es levée encore plus tôt qu'à la normale.
Il m'ébouriffa les cheveux.
– Hé!, fis-je amusée. Je viens de les brosser!
Il alla à son tour se préparer puis nous allâmes à la grande salle. J'avais, la veille, manqué deux repas, et j'avais à nouveau une faim de loup. Tom mangea aussi avec avidité, n'ayant pas osé me laisser seul hier soir, à l'heure du souper. Il mangea quand même moins que moi, et beaucoup plus dignement.
– Pourquoi les serpentards m'observent comme ça?, lui demandai-je.
Un nouveau sourire moqueur marqua son visage.
– Il n'y a pas qu'eux, me répondit-il derrière son jus de citrouille.
Je secouai la tête. Plusieurs tables m'observaient « mine de rien » pour certains, ou carrément ostentatoirement pour d'autre. Seule la table des serpentards était aussi agressive, par contre.
– As-tu oublié quel sang tu es?
Je grimaçai.
– C'est vraiment pour ça…?
– Tu croyais quoi? Ce n'est pas ta place, ici.
Je sais que pour lui, il n'énonçait qu'un fait, mais je m'emmurai dans un silence le temps de digérer cette vérité. Tom n'insista pas. La journée passa beaucoup plus tranquillement que la veille. Nous observâmes un silence obstiné et nous promenâmes toute la journée dans le château, des fois dehors, mais plutôt souvent à l'intérieur, à l'abri du froid. Nous ne sautâmes aucun repas et rendu le soir venu, au moment de nous coucher à nouveau, Tom brisa notre silence :
– Demain on reprend nos cours, mais pour toi, c'est la journée où ils t'amènent ailleurs.
– Sais-tu où?
– Je vais trouver. Ils m'ont dit qu'ils s'assureraient que tu aies accès à l'école, tu vas apprendre à lire pour vrai.
Je grimaçai, ça promettait un apprentissage ardu, Tom m'avait à quelques fois initiée mais… lorsque j'arrivais à lire, ce n'était pas très fameux, et j'oubliais tout très rapidement. En un sens, j'avais quand même hâte, je pourrais enfin communiquer avec lui, lorsqu'il était absent.
– On va se revoir, rajouta-t-il.
Ça me rappelait lorsqu'il partait pour l'école, il me rappelait chaque fois, souvent, qu'il reviendrait, qu'on se reverrait. Ohh, ce que je ne voulais pas partir et que nous soyons encore séparés. En sentant mon visage se tordre, je me tournai dos à lui et je m'accroupie. Je le sentis prendre mes épaules et me retourner vers lui. Je le vis ouvrir la bouche pour me dire quelque chose puis la refermer.
Je ne voulais pas me retrouver seule, je ne voulais pas mourir. Je ne voulais pas qu'une jeune homme à lunette tue Tom. J'éclatai encore en sanglot. Tom me couvrir de la couverture et me prit dans ses bras. Il ne me berçait pas et ne me parlait pas, mais c'était inutile, je savais que ça lui faisait quelque chose, à lui aussi, et ce qu'il voulait me faire comprendre c'est que... on se reverrait. Il me relâcha puis soupira :
– Tu es trop émotive.
J'éclatai de rire, ce n'était pas la première fois qu'il me le reprochait.
– Tu vas me manquer, lui dis-je après m'être calmée.
– Toi aussi, malheureusement.
Je ne doutais pas un seul instant du sourire entre amertume et moquerie qui couvrait son visage.
