P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom qu'a mon personnage féminin ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 18 : Au matin d'une nouvelle vie

Stressée à haut point au matin de mon départ, j'avais les bras croisés et je tenais fermement dans mon poing gauche la brosse à dent qu'il m'avait donné, mon seul bagage.

– Avale quelque chose, au moins. Les croissants sont frais et délicieux, tenta de me convaincre Tom, à table.

Je savais que nous étions encore le sujet de l'heure et que donc, nous étions étroitement surveillés, mais j'étais si anxieuse que j'en avais rien à faire de leur jugement.

– Je ne garderais pas ce que je vais manger…

– Tu n'as qu'à en amener pour plus tard, insista-t-il.

Nous nous jugeâmes un moment du regard avant que je comprendre pourquoi il voulait tant que je prenne de la nourriture : rien ne nous prouvait que j'allais quelque part de mieux que d'où nous venions. Je décroisai les bras, laissai ma brosse à dent sur mes genoux, et dénouai le foulard que je portais au cou que je dépliai sur la table. Je me penchai et ramassai deux croissants et Tom me passa une grappe de raisins. Je mis le tout au milieu du tissu et pliai les pans sur mes nouvelles réserves de nourritures. Je repris ma brosse et recroisai mes bras. Nous n'essayâmes pas de reprendre une discussion.

Le professeur Dumbledore se dirigea vers nous peu après la fin du repas et je commençai littéralement à trembler.

– N'aie pas peur, je ne te laisserais pas partir si je craignais pour ta vie, m'assura Tom entre les dents.

Je ramassai mes bagages et me levai, le teint sombre, juste au moment où Dumbledore arriva à notre hauteur.

– Bonjour professeur, le saluai-je.

– Bonjour, nous salua-t-il avec entrain.

Pour m'empêcher de pleurer, je serai les dents très fort.

– Il va falloir que j'y aille, maintenant, me dit gentiment Tom en se levant à son tour.

J'hochai silencieusement du chef.

– Prend soin de toi, on se revoit bientôt.

J'hochai à nouveau la tête à nouveau. Nous nous tînmes encore un moment l'un en face de l'autre, en silence, avant qu'il ne se retourne et parte.

– Bientôt, répondis-je en un écho chuchoté et en retard.

Lorsque je rapportai mon regard vers le professeur, sa manière de me regarder avait changée, un regard que je n'avais pas vu depuis si longtemps : il me regardait avec un soupçon de comme ma mère adoptibe me regardait, comme s'il me couvrait des yeux, avec amour. Je n'aimais pas du tout cette impression, elle me donnait le goût de pleurer… de saccager quelque chose, de me sauver dans les limbes de Tom, nos limbes, où rien ne se passe. Je resserrai ma brosse à dent, c'était lui qui me l'avait offerte. Je ne me sentais donc pas aussi seule et perdue devant ce vieil homme étrange qui me faisait si peur avec ce petit objet dans ma main.

– Je vous ai trouvé une famille, mademoiselle.

Je m'empêchai de grimacer, ça aurait été impoli et déplacé de ma part. Ironiquement, j'aurais eu la même réaction à l'annonce d'un orphelinat…

– Venez, nous devons aller jusqu'à l'extérieur de l'enceinte de Poudlard pour pouvoir transplaner.

J'acquiesçai et me forçai de m'empêcher de croire que le verbe qu'il avait utilisé était un code pour dire qu'il allait me tuer et abandonner mon corps dans les champs. Je le suivis donc avec un peu de réticence. Avant de sortir de la salle, je jetai un dernier regard derrière moi, espérant retrouver le visage rassurant de Tom. C'était vain, bien sûr. Lui, particulièrement, ne se retournait jamais lorsqu'il partait. Mes yeux s'emplirent de larmes.

– Vous connaissez monsieur Jedusor depuis longtemps?, me demanda le professeur lorsque je retournai mon regard vers l'avant.

Son ton était doux, beaucoup trop doux, trop chaleureux. J'haussai les épaules.

– Un bonbon au citron?

Je ne pu m'empêcher de le dévisager.

– La famille que je vous ai trouvée est sorcière.

– Pardon?

Trop surprise, je m'étais arrêtée de marcher. Mais pour qui se prenait-il? C'était quoi cette histoire?

– La famille que je vous ai trouvée est sorcière, plus besoin de cacher les particularités de votre ami.

– Ah…

Il me sourit et attendit que je reprenne la marche. Je sentais que j'allais vomir le repas que j'avais mangé la veille.

– Vivra-t-il avec moi là-bas?, lui demandai-je.

– Nous avons trouvé une autre maison pour lui. Ta nouvelle famille connaît la sienne.

J'acquisçai.

– Comment on s'y rend?

– Par transplanage. Je voudrais bien t'expliquer, vraiment, mais il n'y a pas meilleure explication que celle de la vivre.

Je commençais à écraser mes croissants et ma grappe de raisins.

– Ils vont vous adorer, n'ayez crainte.

Malgré ses gentilles paroles, qui eurent plutôt l'effet inverse, la peur se lisait maintenant aisément sur mon visage et des larmes silencieuses coulaient sur mes joues. Il sortit un mouchoir de ses poches et essuya mes larmes.

– Je ne doute pas que ce que vous avez vécu ait été épouvantable, et je ne peux pas promettre que vous ne vivrez plus ce genre de situation, mais si vous avez besoin d'aide, vous trouverez en moi un allié.

Je reculai d'un pas mais acquiesçai, si cela pouvait lui faire plaisir de me le dire...

– Je les connais, ils sont très gentils. Vous n'avez rien à craindre d'eux.

Sauf que je risquais de m'attacher, ce qui était assez effrayant en soi. Il me tendit la main.

– Il faut me prendre la main pour y aller.

Je tendis à contre cœur ma main et je perdis pied, entrainée dans un tourbillon. Lorsque ce fut terminé, le professeur m'empêcha de m'effondrer sur le sol.

– Nous sommes arrivés, se contenta-t-il de m'annoncer le professeur.

Je pleurai et l'effrayant bonhomme me tapota le dos avec compation.

– Ça va aller, lui dis-je entre les dents, peu désireuse de sentir encore sa main sur moi.

Il arrêta mais continuait de me regarder avec attendrissement. Je le suivis jusqu'à la porte qu'il n'eut pas le temps de cogner. Une dame à la peau sombre et au corps plein de rondeur ouvrit la porte.

– Dumbledore, on vous attendait un peu plus tôt.

– J'ai voulu leur laisser un peu de temps pour se dire au revoir.

Elle recula pour nous laisser passer et nous pénétrâmes sa maison. C'était assez petit, du moins, contrairement à l'orphelinat. Il n'y avait qu'un étage construit autour de la cuisine et de la salle à manger. Je pouvais voir deux portes dans le couloir de gauche, et deux autres dans celle de droite, toutes ouvertes. Il y avait des fenêtres qui assuraient de la lumière partout et derrière, il y avait un grand potager, pour l'instant rempli de neige.

– Tu peux déposer tes choses sur la table, poussin.

Ça me prit un certain temps avant de comprendre que la dame c'était adressée à moi et je m'empressai de lui obéir, horrifiée à l'idée de lui déplaire durant la première journée, mais refusai d'y laisser ma brosse à dent. J'avais recommencé à trembler.

– Ta chambre sera la première à ta gauche, me dit-elle en me pointant le couloir à sa droite. Je dois discuter un peu avec Dumbledore, à moins que tu ne veuilles rester durant notre conversation?

Je fis non de la tête et partis vers la chambre. La pièce était épurée, il y avait un lit, un bureau de travail, un bureau à linge et une bibliothèque, tous vide. Enfin, le lit avait des draps. Je fus surprise de la chaleur en me rapprochant de la fenêtre, elle ne laissait pas autant passer le froid que ce que j'avais l'habitude. J'allai sur le lit, me couvrit des couvertures et m'y assise. La dame apparut à la porte.

– Le professeur Dumbledore part bientôt, tu veux lui dire un mot?

Je fis non de la tête.

– Alors tu viens lui dire au revoir?

Je me levai et rejoins la salle à manger.

– Au revoir Nagini.

– Au revoir professeur.

Il m'adressa un dernier regard qui se voulait rassurant et partit. La dame alla s'asseoir.

– Si tu veux prendre un siège?

Je m'assis.

– Je m'appelle Sophie Desbois, si tu l'acceptes, tu pourras prendre notre nom de famille, mais tu n'as pas à répondre tout de suite. Mon mari, Henri, reviendra du travail peu avant le souper, il est au courant pour toi et il est enchanté, nous ne pouvons plus avoir d'enfants et j'ai toujours voulu avoir une fille. J'ai deux garçons qui sont présentement à Poudlard : Antony, mon plus vieux, et Samuel, mon plus jeune.

– Enchantée madame.

Elle m'offrit le même sourire que j'avais vu sur le visage de mon ancienne mère lorsque je lui avais répondu la même chose. Je me renfrognai.

– Nous irons au chemin de traverse pour te trouver du linge. En attendant, tu pourras porter les vêtements de mes fils, ils devront suffire. À moins que tu ne préfères magasiner aujourd'hui?

– Non… Est-ce que vous savez où Tom vivra?

– Tom Jedusor? On m'a dit que vous étiez de proches amis, il vivra chez les Harrison. C'est à peine à dix minutes d'ici, en vélo, nous sommes amis de longues dates. Oh, ne te caches pas, tu peux pleurer, chérie, si cela te fait du bien.

Je pleurais effectivement, mais c'était de soulagement, du moins, si elle ne me mentait pas. Elle attendit patiemment que je me calme.

– Alors, on m'a dit que tu t'appelais Nagini, mais as-tu un nom de famille?

– J'ai eu Ellington, puis Garret… Mais le premier m'a été assigné à l'orphelinat et Garret… ne compte pas, dis-je calmement, plus calmement, en tout cas, que ce que je m'en pensais capable.

Même si j'avais beaucoup aimé la dame, Garret ne me rappelait que très peu de bons souvenirs.

– Vous êtes sorcière? Vous avez donc une baguette?, m'enquis-je.

– Oui, bien sûr.

Elle sortit sa baguette et me l'approcha. Je la regardai sans oser la toucher.

– Tu aimes la magie?

J'haussai les épaules.

– Tom aime ça.

– Pas toi?

– Je… je ne suis pas sorcière, je n'appartient donc pas au milieu.

– Tu fais partie de ma famille, et je suis sûre que tu fais partie de la famille de Tom. Alors je ne sais pas pour le monde sorcier, mais tu fais partie de certains cœurs sorciers.

J'haussai les épaules et détournai le regard, ne voulant pas admettre que cette dame m'avait touché.