Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.
CHAPITRE 22 : Le Poudlard Express
– Madame, est-ce que tout est beau?, demandai-je à Sophie en tournant sur moi-même.
– Cesse de m'appeler madame, nous en avons déjà parlé. Et oui, cette robe te va à ravir.
– Ce n'est pas ma question, insistai-je. Est-ce qu'il y a des plis? Des poils, des cheveux, de la saleté?
– Tout est parfait, Nagini, cesse de t'en faire…
Pas le moins du monde affectée par sa demande au calme, je retournai en vitesse dans sa chambre, où j'avais accès à divers rubans, barrettes et autres breloques. Je n'avais pas l'habitude de me soucier de mon apparence, et je dois admettre que je ne m'en souciais pas tellement plus en ce moment, mais j'étais si nerveuse que l'optique de me concentrer sur mon apparence me soulageait énormément.
– Laquelle serait la plus jolie?, demandai-je en lui pointant les rubans.
– Sans doute celle-ci.
Elle en prit un qui était d'un bleu assez pâle et le noua à mes tresses françaises, qu'elle m'avait faites quelques instants auparavant.
– On y va, maintenant?, la pressai-je.
– Oui, oui, m'assura-t-elle. Tu es prête pour le transplanage?
Je sentis mes joues perdre de leurs couleurs mais la regardai sans broncher lorsque je lui répondis par l'affirmative. Je m'agrippai à elle en refusant de ne lui prendre que la main. Le tourbillon caractéristique de ce mode de déplacement nous happa, mais pour une fois, je ne fus pas à deux doigts de tomber au sol, ou tout au moins, la position solide de Sophie nous empêcha toute deux de suivre ma chute.
– Tu te souviens du quai?
– Oui, grimaçai-je en me rappelant que je devrais traverser un mur. Aller, tu traînes!
Elle rigola puis nous fûmes rendues devant le fameux mur.
– Tiens-moi fermement la main et suis-moi.
Nous traversâmes ensemble et je courus les yeux fermés, incapable d'affronter la terreur de foncer consciemment dans un mur.
– Tu peux ouvrir les yeux.
Le quai était rempli de famille qui attendait leur membre manquant. Je trépignais d'impatience, échanger des lettres avec Tom ne le remplaçait pas… et ces dernières lettres avaient été bien courtes, avec ses examens et tout ça. C'est Sophie qui m'avait proposé de venir le chercher, pour que je le monopolise avant qu'il ne rencontre sa nouvelle famille et, avec un peu de chance, calmer la tension qui risquait bien d'y avoir entre lui et ses nouveaux parents. Le monopoliser, je le comptais bien! Je tendis la tête vers l'horizon, dans l'espoir d'y voir le moindre petit point annonçant leur arrivée prochaine.
– Ils arrivent quand?, ronchonnai-je.
– Nous sommes un peu d'avance, s'amusa madame.
Je lui repris la main, puis la relâchai. Je me mis à marcher autour d'elle en élargissant mon cercle. Cette femme avait une patience inouïe. Je sentais ma mauvaise humeur monter, mon impatience grugeant toute ma bonne volonté à une vitesse spectaculaire.
– Il arrivera bientôt, nous ne sommes pas si d'avance, tenta-t-elle de m'apaiser.
– Pourquoi tarde-t-il, alors?!, m'énervai-je.
Elle s'accroupit et cueilli mon visage dans ses mains.
– Il va arriver, je te le promets. C'est comme lorsque tu attends son hibou, il faut que tu lui laisses le temps.
Je frottais mon pied au sol, mais je n'étais plus aussi agressive. D'autres enfants aussi s'impatientaient, mais je crois que j'étais la seule de mon âge à faire une telle scène, en fait, je crois que j'étais la seule de mon âge… Prévenante, elle avait pensé à m'emmener un petit livre imagé que j'acceptai de lire que parce qu'elle avait pensé à en choisir un avec des images, ma concentration actuelle ne me permettant vraiment pas de lire pour vrai.
– Comment ça fait pour bouger?, demandai-je d'une voix absente, mon cerveau étant plutôt en train de me demander combien de temps cela me permettait de gagner à me concentrer sur autre chose que Tom.
– Il y a un sort que nous devons faire lors du développement de la photo.
– Sur chaque copie où non? Après tout vous avez sans doute beaucoup de copie de votre gazette mais… y a-t-il vraiment un sorcier pour faire un sort sur chaque photo de chaque page de la gazette lors de l'imprimerie?
– Avec un sort on peut en faire plusieurs.
Et puis quand finirait-il par arriver!?
– Oh, chérie, arrête de pleurer. Puisque je te dis qu'il arrivera…
Elle me prit dans ses bras et je refusai de lui retourner le geste, de telle sorte que je ressemblais à une poupée de chiffon avec mes bras ballants sur le côté.
– Justement, je vois le train qui arrive.
Je me séparai d'elle et je sautillai pour en venir à la même conclusion. J'essuyai mes larmes avec énergie, je lissai ma robe et je marchais sur place. Trop énervée et anxieuse, je pris la main de madame. Le train arrêta et des élèves commencèrent à descendre. Je scrutais toutes les sortis dans l'espoir de le voir apparaître bientôt.
– On se rejoint ici, me dit-elle en s'éloignant, puisqu'elle venait d'apercevoir ses deux fils.
Moi, je voulais simplement voir Tom! Puis je le vis, discutant aimablement avec ce qui devait être quelques amis. Je m'élançai et atterrit dans ses bras qu'il referma autour de moi par automatisme.
– Nagini?!, s'exclama-t-il, surpris par mon exubérance.
– Comment c'était? Et tes examens, ça c'est bien passés? Oh! Désolée, je suis juste un peu-
Je tentai d'arrêter l'étreinte, soudainement sous le choc, à mon tour, de mon propre agissement, mais il me retint encore un moment. Un fois fini, je re-lissai ma robe puis, les joues en feu, je lui reposai mes questions.
– Être à Poudlard est toujours reposant, et mes examens se sont bien passés, comme tu dis.
Ses sourcils se froncèrent, il regarda autour puis ses yeux se firent inquisiteurs.
– Et cette madame Sophie Desbois? Est-elle aussi gentille que tu sembles le prétendre dans tes lettres ou était-ce encore une gamique [1] pour me rassurer? Elle te nourrit bien? Elle n'est pas comme Madame? Et le mari? Il n'abuse pas de l'eau de vie?
– Puisque je te dis qu'ils sont charmants et tu n'as qu'à voir mon teint pour voir de tes propres yeux que je suis bien nourrie. Et grand Dieu non, ils n'ont rien à voir avec Madame.
Il avait encore un air septique mais je trouvais que, dans les circonstances, je n'aurais pas pu faire mieux. Ses traits se détendirent.
– Mais il est vrai que ton teint est frais et que tes joues sont moins creusent…
– Et bien tu vois!
Il me prit la main et nous amena plus loin, lui, sa valise et moi, pour libérer un peu plus la porte du train. De ce même fait, il nous éloigna de ses amis qu'il salua brièvement.
– As-tu rencontré mes futurs parents?, me demanda-t-il sans arrivé à me cacher une certaine nervosité.
– Disons que je les ai croisés quelques fois, ils jouent souvent aux cartes avec les miens mais… il était souvent déjà bien tard et ils m'intimidaient. Je ne crois pourtant pas qu'ils soient mauvais, loin de là.
– Tu es venue avec madame Desbois?
– Oui, elle m'a accompagnée, ou plutôt, c'est moi qui l'ai accompagnée. Elle a deux fils qui étudient avec toi. Elle m'a proposé de te raccompagner jusqu'à ta nouvelle demeure, tu y rencontreras tes nouveaux tuteurs, eux, ils n'ont pas encore d'enfants qui fréquentent l'école, mais ils ont un bébé et elle est enceinte, je crois.
– Merci.
– C'est rien. On doit aller plus loin, on a fait un point de ralliement.
– Je n'ai pas envie de partir tout de suite.
Je n'insistai pas, ça n'avait pas d'importance, je n'étais plus pressée et je comprenais très bien son malaise. Nous restâmes silencieux en regardant le quai devenir de moins en moins populeux. De temps en temps, quelqu'un allait voir Tom et ceux-ci discutaient un moment avant qu'ils ne se souhaitent un bon été. Je me fis petite derrière Tom lorsque l'élève qui m'avait jeté un sort vint lui faire ses au revoir. Je sais que Tom ne fut pas dupe, mais il fit comme s'il n'avait rien remarqué. Je préférais ça ainsi, et je crois que c'était sa manière de dire qu'il était heureux de me voir, en faisant ce que je préférais.
– Nous devrions y aller, maintenant, lui rappelai-je doucement.
– Quel moyen de transport utiliserons-nous?, s'enquit-il en amorçant la marche.
– Pas le transplanage, Dieu merci, au nombre que nous sommes…
– C'est si pénible?
– Je t'y verrais!
Nous arrivâmes au point de rencontre en riant, et Sophie se présenta, puis présenta ses deux fils, me rappelant par le fait même que le plus vieux s'appelait Antony et l'autre Samuel. Je remarquai tout de suite que tous deux étaient griffondors, sans savoir si cela était un bon ou un mauvais signe.
– Enchanté(e), répondîmes en cœur Tom et moi.
– Alors c'est toi la moldue dont nous avions tant entendue parlée dans les corridors, souligna Antony un sourire aux lèvres. Qui aurait cru que c'est un serpentard qui enfreindrait ce règlement-là?
Je sentis les épaules de Tom se tendre face au commentaire de mon… grand-frère… mais ce dernier avait un tel sourire que je finis par comprendre que c'était de l'admiration qu'il vouait à Tom sous la forme d'une taquinerie.
– Comment as-tu réussi ton exploit?, demanda admirativement le plus jeune des deux, qui était quand même un peu plus vieux que Tom.
– J'ai utilisé la méthode qu'utilisaient les sorciers avant l'utilisation du Poudlard Express, j'ai pris un balai.
– Ça n'a pas toujours été par train!?, répondit-il surpris. Mais je me demandais surtout comment tu as fait pour t'en tirer avec seulement deux retenus!
Le visage tétanisé de Tom valait une fortune et je ris aimablement de bon cœur.
– Il y avait de bonnes raisons, éluda Tom lorsqu'il se fut repris. Je vous conseille de ne pas faire de même, vous m'attireriez des ennuies et vous n'auriez pas une si bonne excuse.
– Quelle était-elle?
Tom était visiblement encore vexé par ce que j'avais osé faire et qui m'avait mis dans un tel pétrin. Assez vexé, du moins, pour ne pas vouloir répondre.
– Pour la même raison que votre mère m'a adopté, l'endroit où je vivais n'était pas le meilleur endroit au monde.
– Disons ça comme ça, admit Tom sans arrêter de bougonner.
Son air m'attendrie et je lui souris de plus belle, il m'avait tant manqué! Je l'enlaçai de nouveau et j'avais dû suffisamment lui manquer car il retourna l'étreinte malgré sa mauvaise humeur.
[1] C'est un anglicisme qu'on utilise parfois, chez moi. Par soucis de me faire comprendre par tous, j'ai été vous chercher une définition :
« gammik ou gamique (n. f.) (de l'anglais gimmick, artifice) *
plan, combine peu réaliste : tu perds ton temps avec tes gamiques. »
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