Nous y voilà donc, au dernier chapitre de la journée, et peut-être pour demain aussi. J'espère que vous avez aimé. N'hésitez pas à me laisser des commentaires, je prend généralement très bien la critique, parfois même mieux que de simples félicitations ^^'' mais j'apprécie tout alors ne vous sentez pas obligé, j'aime voir qu'on me lit du début à la fin, qu'on me laisse un commentaire ou non, qu'on décide de suivre mon histoire ou non, etc.

Bonne journée et à bientôt!

Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 24 : Guérir ne se fait pas sans mal

Sa chambre semblait tout aussi confortable et douillette que le reste de la maison, sinon plus.

– Comment tu te sens?

– Sérieusement, tu me poses la question?, me répondit-il, vexé.

Je soupirai et ouvris une armoire pour voir comment elle était organisée.

– Je le vois bien que tu n'es pas « hyper génial ». Je voulais simplement savoir si tu en étais à vouloir incendier la maison, échafauder un plan d'échappement ou si tu gérais suffisamment pour que je n'ai pas à m'inquiéter cette nuit.

Mon style d'humour fit son effet et je vis un magnifique sourire sur ses lèvres lorsque je me retournai vers lui.

– Je vais bien.

Je m'assis sur le lit le temps qu'il vide peu à peu sa malle. J'eue le goût de pleurer à la vision de lui en train de la vider, il ne l'avait pas fait à l'orphelinat, et je crois qu'il ne l'aurait pas plus fait, s'il y serait encore.

– Tu ne vas pas encore pleurer?

– Je ne pleure pas si souvent que ça, me défendis-je.

Il eut une expression septique.

– Pourquoi ces larmes?

– … Tu crois qu'ils vont nous garder?

Ses mains, tenant l'un de ses uniformes, retomba dans la malle. Il ne me regardait pas, il regardait ses mains sombrement. Il lâcha ce qu'il tenait et m'attira dans ses bras en me tirant la main.

– Même s'ils ne veulent plus de nous, je ne te laisserai pas derrière. C'est promis.

Je dépliai mes bras et le serrai contre moi.

– C'est promis, Nagini, continua-t-il. Et regarde, je défais ma valise, je vais rester parce que tu es là. Je fais un effort. Tu avais écrit quoi? Dix minutes de distance en vélo? C'est assez avantageux et cette famille, même s'il y a cette gamine, même s'ils ont ce bébé et qu'ils vont en avoir un autre, je suis capable. Je ne leur donnerai aucune raison de me détester. Je sais faire, tu te rappelles à l'école, tout le monde m'adore. Ils m'aimeront aussi.

– Arrête Tom.

Je pleurais contre son épaule et il me frotta le dos.

– Je déteste quand tu pleures, je ne sais jamais quoi faire, soupira-t-il.

– Tu ne veux pas que je mente pour te protéger, je ne veux pas que tu mentes pour moi. Je ne veux pas que tu fasses ton numéro de charme, je veux qu'ils te charment. Tu ne crois pas qu'il est temps que quelqu'un prenne soin de nous? Qu'au lieu que nous « méritions » l'adulte, ce soit l'adulte qui nous mérite? Tu ne crois pas que l'on est trop jeune pour être si… manipulateurs? Est-ce que nous devons vraiment les manipuler pour qu'ils nous aiment? Est-ce que nous sommes si dénoués de valeurs que nous devons les embobiner? Pourquoi on a eu personne pour nous protéger? Pourquoi on n'a pas de parents, nous? T'avais raisons, ils sont mieux d'être morts!, m'exclamai-je.

– Non, ce n'est pas vrai, tu ne le penses pas, répliqua-t-il rapidement. Pas toi, ajouta-t-il après un moment de pause. Tu n'espères pas la mort des gens, toi, me dit-il tout doucement. Tu crois en quelque chose. Tu es persuadée qu'il y a une place pour nous, prononça-t-il avec difficulté. Tu crois que je suis quelqu'un de bien, même si je fais toujours des choses horribles. Tu me pardonnes tout le temps, tu t'en fiches que je me mette en colère. Tu prends soin de tout le monde, tu me rappelles qu'ils sont humains et qu'ils ont des sentiments, aussi, gémissait-il maintenant. Tu me rappelles qu'ils sont juste stupides et que ce n'est pas de leur faute. C'est moi qui dis tout le temps sur un coup de colère qu'ils sont mieux morts, pas toi!, s'exclama-t-il à son tour. Parce que toi tu penses qu'ils avaient probablement une bonne raison, que c'était peut-être mieux pour notre sécurité, ou bien que nous étions destinés à nous rencontrer et qu'ils devaient nous laisser là! Parce qu'ils nous aimaient! Tu n'as pas le droit d'en douter, Nagini, tu n'as pas le droit!

Aucun de nous ne remarqua la porte s'entrouvrir sur Sophie inquiète, qui avait été choisi pour voir ce qui se passait avec nous.

– Mais qui est assez cruel pour ne pas aimer son propre enfant?, sanglotai-je. Comment pourrais-je le croire? Mais on en est bien la preuve, non?

– Je ne t'abandonnerai jamais, moi, gronda-t-il à travers sa gorge nouée. Et les autres ne sont que des imbéciles!

Je n'avais aucune envie de quitter ses bras, et lui non plus, manifestement, car il vint s'asseoir sur le lit sans me quitter un instant. Sophie s'éclipsa sans plus se faire remarquer. Peu à peu, nous nous calmâmes. Tom jouait dans mes cheveux et moi je jouais avec l'une de ses mains. Le silence nous berçait. Lorsque parler ne peut plus que vous faire mal, le silence a quelque chose de salvateur. Quand étions-nous devenus si dépendant l'un de l'autre? À quel moment étais-je devenue si importante de la vie de Tom? À quel moment étions nous devenus un symbole l'un pour l'autre? Quelqu'un qui voulait dire qu'être orphelin n'était pas si grave, parce cette personne-là savait que nous existions, parce que grâce à cette personne, nous existions.

Nous étions dans les limbes. Cet endroit où plus rien n'existe, plus rien n'a d'importance. Là où nous pouvions faire fi de ce qui nous faisait mal et où nous pouvions tenter de guérir. Là, dans les bras l'un de l'autre à ne rien dire, à savoir mais ne rien dire, parce qu'il n'y a rien à dire. C'est reposant, les limbes. Je voudrais m'y perdre, y rester pour toujours. Je ne voulais pas partir, je ne voulais pas retourner « chez moi » parce que ce chez moi-là n'était pas chez moi. Quel endroit pouvait prétendre m'abriter si Tom n'y était pas? Je voulais rester chez moi, et chez moi, c'était justement dans les limbes!

– Éh… qu'est-ce qu'il y a?, me demanda-t-il en me chuchotant à l'oreille.

Je ne répondis pas et le resserrai à nouveau, très décidée à ne pas le laisser partir.

– Je comprend… tu peux dormir, je suis là, je ne disparaîtrai pas.

Il continua à jouer dans mes cheveux aussi longtemps que je puisse me souvenir. Je m'endormie sous son geste régulier et sa présence rassurante.