Bonjour!

Finalement j'ai décidé de poster plus tôt que prévu ^^'

Bonne lecture

P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 25 : Les anges sont parmi nous

Je me réveillai par Tom qui répétait mon nom et par sa main qui me brassait gentiment. Dehors, le soleil était totalement chose du passé, le ciel était d'un noir d'encre. Incapable d'articuler, je grognai un questionnement.

– Il est temps que tu rentres.

– C'est vrai.

Je ne voulais pas que Madame me trouve dans son lit. Mûe par l'habitude, je titubai jusqu'à sa porte, mais il me retint.

– On n'est pas à l'orphelinat, ma porte n'est pas par là.

J'ouvris suffisamment les yeux pour pouvoir prendre connaissance par moi-même de ces faits. Effectivement, nous n'étions pas à l'orphelinat et sa porte n'était définitivement pas par là. Je me frottai les yeux pour y voir plus clair et je remarquai Sophie dans l'embrasure de la porte. J'allai la rejoindre.

– À demain, dis-je à Tom.

Il acquiesça et je le vis rapidement retourner dans les bras de Morphée. Nous sortîmes de la chambre, Sophie et moi, et elle referma la porte derrière elle.

– Nous avons hésité un bon moment avant de vous déranger, mais on ne pouvait pas attendre plus longtemps.

Et je ne doutais pas que ça les dérangeait, quelque part, que je m'endorme dans les bras d'un garçon aussi facilement, d'autant plus dans son lit. Surtout en voyant le pli sur son front. Je saluai madame et monsieur Harrison et nous partîmes. Les deux garçons nous suivaient avec un air fatigué, mais ils étaient moins endormis que moi.

– Oh non!, réalisai-je. Pas encore votre autobus bizarre?

– Nous n'avons pas le choix, sinon nous marcherons longtemps…, me répondit Sophie avec douceur. Et nous n'aurons pas longtemps à faire dans le magicobus.

Elle appela l'instrument de torture et je regrettai à nouveau le transplanage. Au moins, avec ce dernier, c'était court et je n'avais pas à voir l'autobus faire des manœuvres vraiment terrifiantes. Je ressortis de là complètement verte. Mes nouveaux frères s'en amusèrent et moi je les ignorais. Leur mère leur demanda d'arrêter et leur dit qu'il était maintenant temps d'aller se coucher.

– Maman, tu nous a mis dans la même chambre?, s'exclama Antony en voyant la nouvelle disposition de la pièce.

– Je vous en ai déjà parlé, jusqu'à ce qu'on construise une rallonge, vous serez dans la même chambre.

– Moi je trouve ça cool, admit Samuel. Bon, tant que ce ne soit pas ad vitam.

Antony grogna quelque chose puis alla s'installer sur son lit pour pouvoir vider le minimum nécessaire de sa malle, rapidement suivit de Samuel, sur son propre lit. Moi-même passablement épuisée, après tout, on m'avait quand même sorti d'une phase profonde du sommeil, j'allai rejoindre mon lit où, sans prendre le temps de me changer, je m'endormis qu'en posant ma tête sur mon oreiller.

À mon réveil, je retrouvai le calme de Henri qui était le seul réveillé à cette heure. Je fus soulagée, j'aurais été déçue qu'un des garçons soit lève-tôt aussi.

– Sais-tu faire du vélo?

– Je me débrouille, lui répondis-je tandis qu'il me tendait mon éternel œuf et mes rôties.

– Je t'ai fais un petit plan du chemin pour quand tu vas vouloir y aller. J'ai aussi préparé le vélo, je l'ai laissé juste à côté de la porte arrière.

Il me pointa un parchemin sur la table et je le remerciai en prenant le précieux manuscrit. Bien que bien banal, je commençais à vraiment adorer mon repas du matin en sa compagnie. C'était un rituel comme j'en avais tant besoin dans ma vie. Un peu de prévisibilité ne fait jamais de tord quand on se méfit de la vie.

– Comment a été votre journée de travail, hier?

– Tu n'es pas obligé de me vouvoyer, me rappela-t-il avec sa patience habituel. Et ma journée d'hier était bien remplie. Des sorciers ont décidés que jouer des tours aux moldus était une nouvelle mode. Pas très original si tu veux mon avis, et c'est pour ça que j'ai dû faire des heures supplémentaires avec mon partenaire.

– Tu as un partenaire?

– Nous travaillons toujours en équipe de deux, c'est une mesure de sécurité.

– Ça fait quoi le département de la protection des moldus et du secret sorcier [1]?

– Tu sais qu'il y a une loi pour protéger le secret sorcier? Et bien, je dois m'assurer que les moldus qui sont témoins de phénomènes sorciers ne s'en souviennent plus et que les sorciers n'abusent pas de leur vulnérabilité.

– Ah… Pourquoi personne n'est venu pour moi, alors?

– Si nous devions nous déplacer pour chaque phénomène créé par un jeune sorcier, nous n'en finirions pas, nous allons seulement à ceux où la présence d'un moldu ait été confirmée, et qu'il n'a pas pu s'inventer une excuse propre au phénomène.

– Je me suis dit que Tom était magique. Je n'ai pas cherché une autre excuse.

– Mais probablement que, plus tard, s'il n'y aurait pas eu d'autres indices, tu aurais fini par croire que c'était seulement ton imagination.

– J'en doute. Tom n'est pas mon imagination, et j'ai toujours su qu'il était spécial, m'entêtai-je. Je n'ai pas été choquée de savoir qu'il pouvait propulser des objets sur les murs sans y toucher… c'était évident.

– Il a fait ça? Quelles grosseurs, les objets?

– Pas les meubles, évidemment, mais un coup fracassé… Je ne sais pas, je n'étais pas très préoccupée par ça, pour être honnête.

– Du jus d'orange?

– Oui s'il-vous-plaît.

Au bout d'un moment où nous mangions tranquillement, je brisai le silence :

– Vos fils se réveillent à quelles heures, d'habitude?

– En revenant de Poudlard, ils se réveillent toujours un peu plus tôt, mais ils prendront rapidement le rythme de leur mère, me répondit-il avec un clin d'œil.

Je répliquai d'un sourire et d'une bouchée de ma rôtie. Il prit la dernière bouchée de son propre repas et me souhaita une bonne journée avant de partir. Je terminai mon repas et lavai nos deux assiettes avant de les ranger. Je retournai dans ma chambre et j'allai poursuivre ma lecture du manuel de potions de première année. Lorsque mes « grands-frères » se levèrent, je refermai le livre et le glissai dans un sac à dos.

– Bonjour, les saluai-je en pénétrant la cuisine.

– Tu t'en vas quelque part?, me demanda Samuel au plaisir manifeste d'Antony.

– Ne sois pas ridicule, elle va rejoindre Tom, n'est-ce pas?, commenta ce dernier.

Je rougis et je toussai dans l'espoir de cacher ma gêne.

– Effectivement, admis-je, votre père m'a donné un plan et m'a préparé un vélo. Pouvez-vous prévenir votre mère d'où je suis?

– Oui, oui. Passe une bonne journée, me souhaita Samuel, maintenant avec le même sourire aux lèvres que son frère.

Je sortis et tout en pédalant (et en manquant tomber à chaque fois que je devais freiner), je me répétais en y croyant de moins en moins que je détestais ces deux garçons qui passeraient le plus clairs de leur temps, me semblait-il, à me taquiner. Je dus retourner sur mes pas quelques fois, me perdant dans mes pensées suffisamment pour rater la bonne rue. J'arrivai néanmoins assez rapidement, compte tenu de mes détours, de mes freinages particuliers et du temps que ça me prenait lire les panneaux. Les fois suivantes seraient moins problématiques. Je rangeai mon vélo à l'arrière et je vins cogner faiblement à la porte d'entrée.

Tom ouvrit après un court délai en me faisant signe de garder le silence. Il sortit plutôt avec moi et nous partîmes à la recherche d'un endroit où nous installer. Nous trouvâmes une roche qui semblait être faite que pour ça, tellement elle était à la bonne hauteur, et que nous en aurions de la place pour faire un piquenique, le vouloir. Nous nous y assîmes.

– Ils dorment tous?

– Oui, mais ils étaient levés ce matin, Célia a eu mal au ventre cette nuit.

– Oh, mais elle va bien?

– Ah, oui, pas d'inquiétude à avoir. Ils sont juste crevés, par contre. Elle a plus de coffre que les jeunes à l'orphelinat…

– Lorsqu'un bébé vient d'arriver, il a plus de coffre, lui rappelai-je.

Il acquiesça.

– C'est vrai, c'est semblable alors.

– À l'orphelinat le bébé finit par ne plus y croire. [2]

– Qu'est-ce qui te fait dire ça?

– Excepté Benson qui allait toujours pleurer dans les jupes de Madame, aucun d'entre nous n'avions comme réflexe d'aller voir quelqu'un lorsque nous avions un problème. Je pleure beaucoup, mais je ne m'attends jamais à être consolée… et pour les autres, c'était en fait plutôt rare d'entendre des pleurs. Nous ne croyons pas que quelqu'un d'autre puisse se soucier de notre bien-être avant son propre bien-être complet. Nous ne croyons pas à la bonté humaine.

– Tu as tord.

– Vraiment?

– Je crois en toi.

– … et moi en toi mais… Ça, c'est croire en l'autre, une exception, si tu veux.

– Et alors? S'il y a une exception, il peut en avoir d'autre, non?

– Si…

J'accotai ma tête à son épaule.

– C'est parce que tu m'y as fait croire que je le crois, rajouta-t-il, c'est si étrange de t'entendre en douter… je pensais pas que tu pouvais en douter… tu sembles si… angélique.

Je souris et pris sa main.

– Les anges n'existent pas, mais on peut tenter de compenser, affirmai-je.

– Les anges existent, soutint-il.

– Tu as su ça à l'école?, demandai-je face à son ton inébranlable.

– Non, j'y crois, c'est tout.

Il me sourit avant de retourner son regard vers l'horizon. Au bout d'un moment, je continuai ma lecture et il travailla ses devoirs d'été.

Je compris alors ce qu'il avait voulu me faire comprendre.

– Tu me considères comme un ange?

Il prit un moment avant de relever sa tête de son devoir, sans doute pour terminer sa phrase. Je fus surprise par ses yeux qui brillaient tendrement lorsqu'il soutint mon regard en me souriant.

– C'est ça ou les anges ne peuvent pas exister.

– Crétin, le taquinai-je pour cacher mon trouble.

Je retournai dans mon livre et il retourna à son devoir.

– Toi tu es comme un ange guerrier, terrible et protecteur, finis-je par répondre.

– Je ne vois pas Dieu m'aimer, si je suis un ange, alors je suis déchu.

– Si tu crois que je suis un ange tu ne peux quand même pas croire que Dieu ne t'aime pas.

– Je ne suis pas « gentil », les gens ne m'aiment pas, me rappela-t-il.

Je soupirai, comment cet homme pouvait être aimé de tant de personnes et encore prétendre le contraire… mais je comprenais. Quand on attend toute notre vie que les personnes responsables de notre venu au monde daignent poser les yeux sur nous, on a tendance à en avoir rien à faire que les autres nous regardent ou non, car ce n'est pas eux. Prise d'une envie de rébellion, je me levai en laissant mon livre de côté.

– Tom Jedusor, j'ai un pacte à faire avec toi, déclarai-je solennellement.

– Lequel, me demanda-t-il soupçonneux, il n'avait pas l'habitude que j'ai un tel comportement.

– De ne plus jamais espérer quoi que ce soit de nos parents. Ils sont peut-être morts, ils voulaient peut-être pas de nous, ils pouvaient peut-être pas nous garder, quelle importance! Ils ne sont plus là, ne l'ont jamais été. Ils nous ont permis de vivre, tant mieux, mais ce n'est pas parce qu'ils ne sont plus là que l'on est moins… méritant! Ce n'est pas parce que nous n'avons pas eu droit à la tendresse d'une famille que nous ne la méritions pas, que nous ne la méritons pas ou qu'elle n'existe pas. Ce que je te propose, c'est donc de ne plus jamais penser à eux comme des personnes d'une importance incroyable, irremplaçable. Et tant pis pour eux s'ils ne nous connaîtront jamais! C'est leur faute! On va faire de grandes choses, Tom! Nous allons bouger des montagnes, ensemble, et en s'en fou bien qu'on ait pu naître seul au monde! Parce que nous ne sommes pas tout seul!

Ma main était tendue vers lui et mon regard était plein de défi. Il eut un sourire carnassier et serra ma main pour sceller notre pacte.

– Il n'y a pas de défi trop grand pour nous, affirmai-je.

– Non, il y en a pas, confirma-t-il.

– Les gens qui ne nous aiment pas sont des caves, continuai-je.

– Des aveugles, soutint-il.

– J'avais raison, les choses vont changer pour nous, pour le mieux.

– Oh oui, me répondit-il avec un sourire plein de bonnes promesses.


[1] Je n'ai trouvé aucune preuve de l'existence de ce département et je n'ai pas mes livres pour vérifier… Alors, comme cette définition me plaisait bien - et que le service où travaille Arthur Weasley ne m'intéressait pas - j'ai décidé de croire à son existence.

[2] Il y a malheureusement véritablement des antécédents à ce phénomène. Il y a une époque où il y a eu plein de jeunes enfants qui ont été envoyés à l'orphelinat dans le même laps de temps, je ne suis pas sûre du pays (ou que le phénomène soit arrivé à un seul endroit), mais il y avait tellement d'enfants qu'ils ne pouvaient pas répondre aux pleurs des enfants dans un délai raisonnable... le bébé se rendait alors compte que pleurer ne servait à rien et après avoir commencé à moins pleurer ou à pleurer moins fort, il arrêtait de pleurer, point. Ces enfants-là ont grandi avec la croyance profondément encrée et plus ou moins inconsciente qu'il ne sert à rien de demander de l'aide. Ils sont pratiquement incapable d'avoir une relation de confiance avec un autre être humain, et c'est encore plus difficile pour eux d'être en couple. Leçon que les psychologues ont retiré de cette histoire: répondez aux pleurs d'un bébé! C'est vital à leur développement! Ils n'ont pas encore la capacité de vous "manipuler" ils sont complètement dépendant de vous! Un bébé ne pleure pas pour rien, il a besoin d'aide car il ne peut pas régler son problème seul...