Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 27 : La banalité est parfois le plus magnifique des cadeaux

– Attendez-moi!, s'écria Samuel qui peinait à nous suivre, Antony et moi.

Nous avions prévu faire du vélo, aujourd'hui, et nous allions chez les Harrison rejoindre Tom. J'avais l'avantage seulement à cause de mon habitude de faire ce sport tous les jours car, pour être tout à fait sincère, je ne dépassais pas Antony, il me laissait le suivre. Samuel était de loin meilleur sur un balai, tout au moins, le supposai-je et l'espérai-je, car il était attrapeur pour l'équipe de griffondor.

– Comment ça se fait que cette brindille soit plus rapide que moi, ronchonna le cadet de mes deux grand-frères.

– Cette brindille, comme tu dis, s'amusa son frère, est mu par l'acharnement. Tant que tu ne te pratiqueras pas un peu, elle te battra toujours.

– Une véritable serdaigle, rouspéta-t-il.

– Quel intérêt, le Choixpeau ne me distribuera jamais dans l'une des maisons, coupai-je court à la tournure que prenait la conversation d'un ton buté.

– … On fait la course?

– Dit celui qui peine à nous suivre? Bien sûr!, m'exclamai-je d'un ton joueur.

Ma joie était un peu feinte, j'étais vraiment vexée, j'aurais vraiment aimé aller à Poudlard pour vrai… mais je comptais faire mon effort pour m'intégrer. Cela voulait aussi dire d'au moins essayer d'avoir du plaisir et… je m'amusais vraiment, aussi surprenant que cela puisse paraître.

– Tom!

Arrivée à son hauteur, je débarquai habilement du vélo en mouvement (tout en le gardant bien en main pour ne pas l'abimer…), le déposai sur l'herbes et lui sautai dans les bras.

– Comment vas-tu?

– Très bien, et toi?

– Tu le demandes vraiment?, m'enquis-je en prenant soin de montrer toute ma bonne humeur.

Il me répondit d'un sourire puis s'enquit :

– Puis, on l'a fait cette excursion?

– On n'attend qu'après vous, fit remarquer l'aîné d'un ton moqueur.

Nous ne nous le fîmes pas dire deux fois. Il salua ses parents rapidement, fit un tata à Célia et nous étions de nouveau sur la route.

– Pas lui non plus!, se découragea Samuel en remarquant la rapidité naturelle de Tom.

Après tout, nous avions beaucoup roulé cet été, lui et moi. Tout en arborant un sourire un peu sadique, Tom ralentit à son rythme.

– D'accord, on va aller à ta vitesse, petite nature, mais je tiens à souligner que même ta petite sœur est plus vite.

Antony éclata de rire sous le regard boudeur de son frère.

– Mais c'est inhumain le vélo, se défendit le visé.

– C'est surtout pas très sorcier, rectifiai-je, amusée.

– … Effectivement…, concéda-t-il. Je préfère le balai.

– Je l'espère!, m'esclaffai-je en l'imaginant aussi gourd sur un balai que sur un vélo.

Il me tira la langue, mais il avait retrouvé le sourire.

– Je t'y verrais, moi, je suis sûr que tu ne serais pas très solide, même en te tenant à quelqu'un, me taquina Samuel.

– Vous vous rappelez, j'ai déjà fait du balai. J'étais pas mal, non?, demandai-je à Tom.

– Pour être franc, je ne sais pas trop, j'étais tellement en colère, rigola-t-il. Mais je n'ai jamais failli tomber par ta faute, et je ne conduisais pas différemment pour m'ajuster à toi.

– Notre mère se demandait si on devait amener quoi que ce soit pour demain, nous interrompit Antony.

Tom, oubliant l'importance de s'exprimer à voix haute en vélo, secoua tout simplement la tête en signe de négation.

– Ça veut dire que non, informai-je mes frères qui eux, regardaient sagement la route.

Tom m'adressa un sourire et un clin d'œil en comprenant son erreur.

– On s'en va où, comme ça?, s'enquit innocemment Samuel.

– Nul part en particulier, lui répondit Antony. Nous nous sommes invités à leur promenade, je ne pense pas que l'intérêt de leurs sorties soit le paysage.

– Oh si, c'est pour le paysage, s'amusa Tom sur un ton qui voulait dire autre chose. Mais on ne prévoit habituellement jamais d'avance.

– On a trouvé un cours d'eau assez charmant, on ira manger là si la température s'y prête, les informai-je.

– La température s'y prête, s'exaspérait déjà de répéter Tom.

Je lui tirai la langue puis je me vautrai dans le silence. J'écoutais les garçons se chamailler d'une oreille, c'était une belle journée. Bientôt serait le retour de l'école, ça me dérangeait moins que les autres années, mais je n'avais pas hâte pour autant : j'aimais beaucoup nos journées passées ensemble, en famille.

– Nagini, une course!, s'exclama Tom d'un coup, surprenant tout le monde au passage.

Tom avait, au travers des années, tellement souvent interrompit mes sombres pensées que je ne pouvais pas prétendre au hasard, aussi, je n'était pas si surprise que ça et je fus la première à réagir en accélérant.

– C'est de la triche, entendis-je derrière.

Nous rigolâmes ainsi un moment, puis nous reprîmes un rythme plus soutenable. Lorsque nous dinâmes, nous étions complètement brûlé et je forçai tout le monde à prendre une bouteille d'eau.

– Et si on marchait sur le retour, se plaint Samuel, je ressens des muscles où je n'en avais jamais soupçonné l'existence.

Nous en profitâmes pour le taquiner en bonne et dû forme, mais au final, nous fîmes comme il l'avait proposé, car nous étions tous plus ou moins dans le même état. Nous avions fait plusieurs détours sur l'allée, et c'est ce qui nous permit d'arriver à une heure raisonnable sur le retour.

Demain serait dimanche, la toute dernière journée entière où je pourrais les avoir pour moi. Je comptais bien en profiter.