P.S. : Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 28 : Le stress a de multiples facettes

– Attend encore un peu, ta boucle n'est pas encore bien faite, soupira So- ma mère.

– Mais puisqu'elle est faite, lui répliquai-je.

– Laisse-moi un peu te rendre encore plus mignonne, veux-tu?

Je ne répliquai rien et tentai de ne pas trop gigoter. Par la porte ouverte de la chambre de mes parents, dans laquelle j'étais pour qu'elle m'aide à arranger ma robe, je pouvais voir mes frères tirés eux aussi à quatre épingles, en costumes vestons-cravates. À peines à quelques pas d'eux, je pouvais voir leur père dans le même genre de costume.

– Comment ça ce fait que vous, vous soyez capable de vous mêler aux moldus mais que plusieurs sorciers en semble incapable?

– Henri travaille au département de la protection des moldus et du secret sorcier, il les côtoie tous les jours, donc c'est plus simple pour nous.

– Et les autres?

– Le secret sorcier a approfondi le fossé entre les deux mondes. Ça peut sembler simple pour toi de suivre l'évolution de la mode moldue, mais pour plusieurs sorciers, ça change trop souvent. Et puis, il y a aussi ceux qui ne les aiment pas et qui trouvent toutes les bonnes raisons pour ne pas se donner la peine.

Je ne voulais pas comprendre ce genre de choses, aussi je ne posai pas plus de questions.

– Voilà, tu es toute belle.

Je la remerciai et allai rejoindre les garçons.

– On y va comment?, m'informai-je.

– Par cheminette.

Je grimaçai.

– Toi qui a si mal des transports, je comprend pas comment tu peux préféré le transplanage à la cheminette, me dit Samuel.

– C'est court, répliquai-je comme une évidence, et je n'ai pas à marcher sur du feu.

– Mais puisque c'est un feu froid?

– C'est du feu, répondis-je du tac-o-tac.

– On ne peut pas nier que tu es moldue, toi, répliqua-t-il, amusé.

Je lui lançai un regard froid digne de ceux que pouvait parfois arborer mon cher Tom qui fit rire Antony et fit taire son frère.

– Allons-y, chantonna notre mère. Nagini, tu commences?

C'est livide que je ramassai la poudre. C'est en tremblant que je pris une grande respiration avant de m'installer dans le… feu. Je fermai les yeux, levai ma main et je m'écriai « Chez les Harrison! » avant de jeter le contenu de ma main dans le feu. C'est larmoyante que j'arrivai à destination et j'allai tout de suite vers un divan où je m'assis, et où Tom me rejoignit, un sourire moqueusement positionné sur son visage, mais assez discret pour rester poli. Je remarquai sur la table basse des petits biscuits et du thé pour la nausée… il me connaissait bien, ma foi…

Le reste de la famille arriva rapidement, et sans qu'eux ne soient affectés d'aucune manière… à part pour un peu de suie qu'ils s'étaient empressés de… de… J'avais oublié… Ma robe avait de la suie et maintenant le divan aussi. En voyant mes yeux s'ouvrir d'horreur et de culpabilité, Tom éclata d'un rire franc et sec. Il reçut un coup de poing sur l'épaule de ma part que pour rire encore plus fort. Je me tournai dos à lui, boudeuse. Je n'aurais pas dû, car il en profita pour me chatouiller. Voulant sauver mon honneur (honneur qui, manifestement, n'avait rien à faire des règles de bonnes conduites dans une telle toilette), je me retournai et me jetai sur lui dans le but de le chatouiller au moins autant qu'il me chatouillait, sinon plus.

Certains rieurs (Antony, Samuel et Henri (ce dernier, bien moins exubérant que ses fils, ne riait pas, il se contentait de le faire avec ses yeux)), d'autres réprobateurs (Sophie et Charles), une mitigée (Margaux) et une dernière indifférente (Célia) observèrent notre duel. Antony retira le thé et les biscuits pour les mettre plus loin.

– Bon les enfants, ça suffit maintenant!, intervint Sophie. Et toi, vient là que j'ôte cette suie de toi et du divan. Oh… et ta boucle…

Gênée de la décevoir, je cessai de me venger et vint docilement à elle. D'un coup de baguette, elle nettoya la suie sur moi, et d'un autre, le divan. Elle me tourna à dos et recommença à jouer après ma boucle. Lorsque nous parlions d'esthétisme, cette dame m'ennuyait! Je perçue Tom froncer légèrement les sourcils vers moi, interrogatif et méfiant. Je roulai brièvement les yeux pour lui signifier que ce n'était rien. Loin d'être rassuré, il était encore plus méfiant. Lorsqu'elle eut finie avec moi, je retournai promptement auprès de mon ami.

– Pourquoi tu ne me crois pas?, le demandai-je tout bas.

Je sentis la chaleur monter dans mes joues lorsqu'il écarta mes cheveux et vint me susurrer la réponse à l'oreille :

– Tes yeux ne mentent pas, eux. Ce qu'ils ne disent pas, par contre, c'est pourquoi ça t'énerve. Est-ce simplement parce que tu trouves qu'elle exagère, ou es-tu fâchée parce que tu n'as pas réussi à lui plaire?

– Mais puisque je te dis que je m'en fous!, répliquai-je plus bruyamment et en m'en allant.

J'ouvris la porte vers la cour et j'eue tout juste le temps d'entendre Tom s'excuser auprès des autres avant que je ne claque la porte derrière moi. Je partis marcher vers le boisé qui couvrait pratiquement tout leur terrain.

Comment osait-il prétendre que je cherchais à lui plaire et que c'était ça qui me dérangeait!? Bien sûr je voulais qu'elle m'apprécie! Personne ne veut vivre avec quelqu'un qui ne vous aime pas! Mais ce n'était pas pourquoi j'étais fâchée! Et puis, oui, elle exagérait! C'était quoi cette histoire de toujours avoir l'air belle et féminine!? Je voulais juste m'amuser avec Tom avant qu'il ne parte, pourquoi fallait-il qu'elle gâche tout!? J'essuyai rageusement mes larmes.

Et pourquoi avait-il insisté sur ça!? S'il ne m'avait rien dit, je n'aurais pas pété une coche! Je ne serais pas dehors à pleurer, toute seule! À moins que…

Je jetai un regard derrière moi et je remarquai Tom qui me suivait en gardant une distance stratégique. Je lui lançai un regard dédaigneux avant de retourner mon regard vers l'avant. Il me suivait en plus! J'arrêtai abruptement, me dirigeai vers lui et le poussai.

– Tu n'es qu'un sale porc!

– C'est tout ce que tu trouves pour m'insulter!? Franchement, Nagini, je suis sûr que tu peux trouver mieux!, répliqua-t-il en me poussant beaucoup plus efficacement, car je me retrouvai par terre.

– Tu me fais chier! Tu m'énerves! Je te déteste! Et tu n'as aucun maudit sens moral!

– Pourquoi j'en aurais, d'abord!? Trouves mieux, ça ne m'atteint pas une miette!

– Tu n'es qu'un traitre qui me laisse toujours toute seule! J'les déteste Tom! J'veux rentrer à la maison! Pourquoi on n'a pas de maison, Tom! J'veux pas les avoir dans ma vie! Ils m'énervent! Je les comprend pas! Ils ne pensent pas comme nous! Je ne leur fais pas confiance! Je veux rentrer!

Il sourit faiblement, mais ses yeux étaient tristes.

– Désolé, je ne devrais pas sourire mais…

– Tu m'énerves.

– C'est un réflexe!

– Alors ait la décence de regarder ailleurs!

Il se tourna dos à moi et ricana.

– Ça va pas, non! En plus, tu te mets à rire!?

– Je suis désolé, que je te dis! C'est plus fort que moi!

– Va chier!

– Je ne trouve pas ça drôle, c'est les nerfs!

Du coup, je me calmai, du moins, suffisamment pour arrêter de lui crier dessus.

– Merde, je voulais juste pouvoir régler nos problèmes à mesure qu'ils se présentent, c'est tout, se plaignit-il à voix basse.

– Désolée, moi aussi ça doit être les nerfs… Je ne les déteste pas, et je ne te déteste pas non plus… c'est jusque, tout va tellement vite… Je sais que c'est parce qu'on a décidé d'aller vers l'avant mais… ça me terrifie.

– Attend ma majorité, on ira prendre une maison et on pourra prendre du recul. On gardera contact avec eux si ça nous chante, et sinon… on aura grandi hors de la misère. C'est déjà ça.

– J'veux pas que tu partes.

– Et comment je nous ferais vivre, sans travail?, ricana-t-il. Tu veux que je me mette à faire une organisation criminelle?

– Franchement, Tom…

– Tu vois, il faut que j'aille à l'école.

– Pourquoi à Poudlard? Tu n'as même pas à y aller. C'est pas obligatoire.

– J'apprendrais avec l'aide de quel tuteur, sans argent pour le payer?

– … Je vois ce que tu veux dire, mais je ne suis pas d'accord.

– … Veux-tu que je te kidnappe pour t'amener à l'école encore, cette année?

C'était la première fois qu'une aussi mauvaise idée me semblait aussi intéressante. Il me tendit la main pour m'aider à me relever.

– On devrait rentrer, ils nous attendent pour commencer à manger, me dit-il gentiment tout en m'aidant à remettre ma robe en ordre.

– Oui…

– C'est dommage, je préfère cette robe froissée et poussiéreuse, ça te donne un air plus sauvage, me taquina-t-il.

Je lui donnai un amical coup sur le bras puis nous marchâmes vers sa maison.

– Nana!, m'accueillie la petite Célia qui me tendit ses mains pour se faire prendre.

Ce que je fis sans hésiter et me dirigeai d'un bon pas jusqu'au divan car cette gamine était lourde! Je me mordillai les lèvres avant de regarder les autres.

– Je suis désolée pour tantôt…

– Ne t'inquiète pas, va, me répondit Margaux. Mais ne pars plus comme ça, tu as inquiété tout le monde.

– Je suis désolée.

– Viens plutôt t'asseoir.

Le repas se passa bien, mais je n'étais pas trop… « dedans », je ne voulais pas que demain arrive… jamais.

Notes:

Divagation de l'auteur sur la violence et ses séquelles :

Je ne connais personnellement personne qui ait connu de la violence physique, sauf peut-être mon hôte, mais beaucoup qui ont vécu de la violence psychologique. La violence, ça fait des ravages, ça laisse des séquelles. Des fois, une telle personne réagit disproportionnellement à un événement sans aucune bonne raison apparente, et reste de marbre lors d'un événement qui aurait dû la faire réagir, ne serait-ce que pour se protéger. Ce n'est pas le même rythme, et les avancés que vous pouvez faire avec eux peuvent se briser en mille morceaux sous prétexte qu'un inconnu a refusé de leur sourire, et que bien sûr, c'était personnel, c'était visé...

Nagini utilise mes trucs avec Tom : elle le laisse se fâcher, lui en donne le droit, elle sait et lui fait comprendre qu'elle sait qu'il n'est pas qu'un mauvais garçon, reconnait son individualité, elle lui apprend la douceur, elle s'éloigne s'il devient dangereux, revient lorsqu'il est calme pour s'assurer qu'il le reste et l'aider à vraiment se calmer, à comprendre que la tempête est passée. Si j'ai appris une chose de mes expériences est que lorsque vous arrivez à gagner la confiance de quelqu'un qui a subit de l'abus, vous vous gagner un allié fortement loyal, mais que sa loyauté sera toujours un peu... particulière...

Une autre séquelle que j'ai remarqué est une qui est très vicieuse : une personne victime de violence développe une telle colère, parfois sans savoir envers qui ou quoi ou en développe une envers soi-même. Alors que malgré qu'elle aurait dû être une personne d'une douceur incroyable, elle se trouve à être une personne incroyablement cruelle... et parfois, et même souvent à mon avis, c'est une dualité. Cette violence qu'ils développent a pourtant un but très louable : celui de protéger leur vulnérabilité.

La tendance naturelle d'une personne a répéter les schémas ayant conduit à de la violence est malheureusement vrai. Ainsi une personne qui subit du chantage émotif de la part de son père se répète que c'est son père et qu'elle ne peut pas le laisser tout seul. Le pire, c'est quand vous voyez cette personne se lever un bon matin et se diriger vers son bourreau, sous le seul prétexte que c'est ce qu'elle "est supposée faire". N'essayez même pas de raisonner cette personne, ça ne sert à rien, la réalisation doit venir d'eux et ils risqueraient de se braquer. Le mieux que j'ai trouvé à faire est d'essayer de leur faire comprendre que ce n'était peut-être pas la meilleur solution, et qu'il y en avait d'autres, des solutions. Qu'ils ont le droit de se sentir bien et en sécurité et que s'arranger pour l'être ne font pas d'eux des personnes abjectes, que le problème ne vient pas d'eux, mais peut-être de l'autre.

Bon, ce n'étaient après tout que mes expériences personnelles et surtout, chaque cas est unique, je crois que la véritable clef de l'affaire est de savoir écouter et s'adapter...