P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 31 : Un pas en avant, deux pas en arrière

– Mademoiselle? Mademoiselle?

Je papillonnai les yeux et me redressai. Je sentis alors les muscles de mon cou protester avec force en me faisant comprendre l'évidence : je m'étais endormie.

– J'ai longtemps dormi?

– Je ne sais pas, mademoiselle, mais ça peut faire longtemps, me répondit le vieil homme. Il est temps de rentrer chez vous, votre mère doit vous attendre.

– Effectivement… désolée…

Il me fit un clin d'œil brillant et ramassa mon manteau alors que je me levais pour pouvoir me le tendre.

– Je vous prépare le feu?

– S'il-vous-plaît.

Le vieux sorcier m'entraîna dans son doux sillage. Si ce n'était de lui, je ne crois pas que je reviendrais aussi souvent à la bibliothèque, après tout, j'avais déjà tellement à lire.

– Voilà. Puis-je m'attendre à vous voir demain?

– Non, je ne pense pas, Tom revient de Poudlard et je veux profiter de sa présence au maximum. Allez-vous être là à mon retour?

– La bibliothèque est un peu ma maison, alors vous avez toutes les chances de m'y trouver.

– À la prochaine, alors.

– À la prochaine, chère enfant.

Je me sentis rougir avant de partir. Je fis à peine quelques pas avant de me laisser tomber sur le divan, complètement lessivée.

– Nagini, tu es encore toute couverte de suie!

– C'est la suie ou un vomissement, me plaignis-je en grognant.

J'attendis un moment qu'elle ne me réponde puis je compris qu'elle ne le ferait pas. Intriguée, je levai mon regard maladif sur mon environnement : ma mère n'était pas présente.

– Maman?... Maman!?

Étais-je si habituée de son commentaire que j'avais cru l'entendre? Où était-elle? M'avait-elle laissée seule ici, sans personne pour m'accueillir? Une poussée d'adrénaline me fit oublier mes vertiges et je me levai d'un coup pour fouiller vigoureusement la maison. J'observai à travers chaque fenêtre pour savoir si elle était à l'extérieur, mais non, elle n'y était pas.

Paniquée, je sentis des larmes me monter aux yeux et je me répétais que ça ne se pouvait pas, que je dormais, que ce n'était pas vrai, qu'elle ne m'avait pas abandonnée, laissée toute seule, que c'était un cauchemar, que je devais me réveiller. Mes jambes ne me portaient plus et je m'écroulai lentement au sol, secouée de sanglots et de désespoir. On m'avait laissé derrière.

Remise de mon premier choc, je me trainai jusqu'à ma chambre que je fermai derrière moi, pris la couverture et me glissai sous mon lit avec mon oreiller. Je le serrai contre moi comme un toutou et je pleurai des larmes silencieuses tout en me jurant de ne pas pardonner la frayeur qu'elle avait osé me causer. Étais-je si peu importante pour elle?

J'entendis la porte d'entré se débarrer puis s'ouvrir. La chaude voix de monsieur Henri appeler mon nom. Il cogna à ma porte et attendit un moment avant d'entrer.

– Nagini? … Mais où es-tu?

Je l'entendis amorcer son départ, puis arrêter.

– Où est ton drap? Nagini?!, demanda-t-il encore, de plus en plus inquiet.

Il partit voir sa chambre avant de revenir ici et de se mettre à genoux et regarder sous le lit. J'aperçue un éclair de surprise dans ses prunelles avant de reprendre leur douceur naturelle. Il se coucha à plat ventre.

– Que fais-tu là, Nagini?

Je resserrai mon oreiller et refusai d'ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit.

– Tu as eu peur, seule?

J'essayai de me reculer encore plus loin de lui contre le mur, pour pouvoir me soustraire à ses paroles.

– Je doute que tu sois confortable, là-dessous, c'est fini, viens.

Mais je ne bougeai pas.

– Nagini…

– Va-t'en!

– Enfin, Nagini-

– Je t'ai dit de partir!

– Je ne-

– Va-t'en!

– Je ne partirai pas!

– Je m'en fous, va-t'en!

Je buttai de nouveau contre le mur, mais cette fois ma tête se frappa avec un bruit sonore contre celui-ci. Je grinçai une exclamation. Nous restâmes ainsi à nous battre avec le silence et c'est lui qui finit par admettre sa défaite et proposer un traité.

– Sort au moins de sous le lit et je quitterai ta chambre.

– …

– Nagini…

– Va-t'en, lui répétai-je avec un calme forcé.

Je dois admettre qu'il avait de la patience, mais son dos devait devenir trop inconfortable car il soupira avant de se relever.

– Je reste dans la maison, quand tu voudras parler tu viendras me voir.

Il quitta ma chambre et partit se servir quelque chose dans la cuisine. J'essuyai de nouvelles larmes mais restai où j'étais, je m'y sentais mieux qu'ailleurs. Épuisée par mes émotions et apaisée, bien sans l'admettre, par la présence d'Henri, je m'endormie.

Je me réveillai courbaturée et légèrement amnésique, ce qui me permit de me glisser hors de ma cachette sans avoir l'envie pressante d'y retourner. Je n'avais toujours pas envie de sortir de ma chambre, par contre, et ce, même si j'avais faim.

Il était si tôt le matin qu'il faisait encore noir, c'est sous cette lumière que j'entendis quelqu'un sortir de la cheminée. Je fus à deux doigts de m'écrier de peur, mais je reconnus rapidement, Dieu soit loué, le pas de madame Desbois. Je m'empressai de retournai le plus silencieusement dans mon lit, je ne voulais pas qu'elle sache que j'étais réveillée si elle venait vérifier mon sommeil.

L'idée ne sembla évidemment pas lui venir à l'esprit car elle alla directement à sa chambre. Je retins un grognement sarcastique. Je ne sortis pas de ma chambre alors que monsieur Henri se leva plus tard le matin. Il vint cogner à ma porte avant de l'ouvrir doucement.

– Est-ce que tu viens manger?

– Non.

– … Madame Harrison a accouché, cette nuit. Un petit garçon.

– …

– Si je t'apporte ton déjeuner, tu vas le manger?

– Non.

Et je refermai ma porte au nez d'un Henri tout blessé. J'avais honte. Honte d'être en colère et honte d'avoir honte d'être en colère. Je voulais être seule pour ne plus avoir honte et pouvoir démêler mes sentiments en paix. Bien plus tard il recogna à la porte et m'avertit que Sophie (qui entre temps avait tenté de s'excuser) partait à la gare de King Cross, que si je voulais y aller, c'était maintenant.

Et malgré mon envie terrible d'y être, je ne bougeai pas. La seule idée de retrouver Tom me mettait les larmes aux yeux, pas question que je me mette à faire une scène au milieu des élèves.

Finalement, je les entendus arriver. Le premier à franchir la porte était Tom, Tom qui salua à peine mon père avant de débouler sans frapper dans ma chambre. Je sursautai à un tel point que je ne criai même pas. Il referma la porte et vint se placer devant la fenêtre, dos à moi. Il était tendu, mais je le voyais se détendre à vu d'œil. Il prenait de grandes respirations pour forcer son corps à se détendre.

Aucun de nous deux ne parla durant une bonne vingtaine de minutes. Il prit une grande inspiration avant de prendre gentiment la parole :

– Es-tu fâchée contre moi?

Sa question me surprit tellement que j'éclatai carrément en sanglot. Je sentis rapidement ses bras autour de mon corps.

– Ils t'ont fait du mal, alors?, supposa-t-il ensuite, la voix remplie de colère contenu.

Il frotta mon dos en attendant que je sois apte à répondre, sachant que je ne parlerais pas encore pendant un moment. Lorsque je fus calme, et bien calée dans ses bras, il me posa la question :

– Que s'est-il passé?

– … J-… j'étais toute, seule… personne puis pas de mots, sanglotai-je, rien. Personne! Je pensais que… tu sais…

Il resserra son étreinte, nous restâmes ainsi un moment, puis il me relâcha.

– Il paraît que tu n'as pas mangé.

– J'ai pas envie de les voir…

– … Mieux vaut tôt que tard, tu ne penses pas?

– …

– Attend.

Il tira un mouchoir de sa poche et épongea mes joues. Je pris le mouchoir et fis le travail plus complet.

– Yasmina est là.

Je fis l'une de ses grimaces et il y répondit par une autre.

– Je sais, et théoriquement, elle devrait dormir ici… je crois que je vais proposer à Antony et sa blonde de dormir chez moi.

– Tu as un petit frère.

– Je sais, d'ailleurs il s'appelle Laurent, madame Desbois nous l'a dit.

– Il ne risque pas de troubler leur sommeil?

– Aux deux tourtereaux? Ma mère n'a pas encore eu sa permission de sortie d'hôpital, pour le moment. De toute façon après, ils vont sans doute aller chez sa famille à elle. Ça va mieux?

J'acquiesçai.

– Dans ce cas, on y va.

Je m'agrippai donc solidement à son bras et il amorça le mouvement de la sortie. Rendus dans la cuisine, je crois que sa main n'avait plus une goutte de sang tellement je le serrais. Mon père avait l'air soulagé, ma mère coupable, mes frères inquiets et la fille, qui ma foi était très distinguée, inconfortable. Cependant, ils tentaient tous d'avoir l'air normal et de suite je fus sûre que Tom leur avait dit de ne pas réagir à mon arrivée.

– Ça va?, ne put s'empêcher de demander Samuel.

Tom balaya la question de sa main libre.

– Très bien, répondit-il simplement. Madame Desbois, vous pourriez me sortir des crudités et un verre d'eau?

– Bien sûr…

Dès que ce qu'il eut demandé arriva, il me poussa légèrement d'un mouvement d'épaule pour m'encourager à me servir.