Yeah! J'ai réussi le NaNoWriMo! Bon, pas de la manière que j'aurais aimé mais c'est pas plus mal, je vais sans doute me reprendre l'année prochaine. Pour ce qui est de cette histoire, je veux essayer de publier une fois par semaine, on va voir ce que cela donne.
Bonne lecture! *Rire machiavélique*
P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.
CHAPITRE 40 : Ne guérie-t-on jamais de la peur de l'abandon?
– Allez, viens essayer!, m'hurlait encore Tom d'un ton moqueur. L'eau est bonne!
Je le foudroyai du regard, et n'hésitai pas une seconde pour diriger aussi ma colère vers Samuel pour l'empêcher de rajouter ne serait-ce qu'un mot.
Nous étions au bord d'une rivière après une journée de vélo et les deux garçons en profitaient pour se rafraichir tandis que moi je restais sous la protection d'un arbre. Je ne savais pas nager. Nous n'avions pas de telle étendue d'eau à l'orphelinat et Tom avait apprit que lorsqu'il fut rendu à Poudlard.
Ne pas savoir nager ne me gênait absolument pas, mais me faire répéter maintes et maintes fois de les rejoindre me dérangeait horriblement. C'était comme s'ils ne m'écoutaient pas, que ce que je disais ne servait à rien, que mon avis ne comptait pas. Je les boudai royalement et je me perdis dans la contemplation d'un brin d'herbe. Je finis par me calmer, ils avaient arrêté de me harceler et, en dessous de l'arbre, la brise était relativement fraiche. Je commençai à somnoler… jusqu'à me faire réveiller brusquement par des bras glacials et humides qui m'enlacèrent par derrière. Une joue vint s'ajouter au tableau.
– Tom!, m'écriai-je avec une certaine dose de colère.
– Je me suis dit que tu avais sûrement chaud, railla-t-il.
Il grelotait et moi aussi je commençais à greloter. Il me laissa me défaire de sa prise et lui faire face. Une fois la surprise passée, je n'étais plus aussi fâchée, ne serait-ce que parce que ses lèvres anormalement bleues me faisait un peu peur. Mon regard glissa sur Samuel afin de savoir son état à lui. Il semblait avoir été plus raisonnable, il grelotait, mais son teint était relativement normal. Il était présentement en train de s'habiller. Je me sentis rougir en me rendant compte que Tom était encore en caleçon.
– Rhabille-toi, ça va te faire du bien, lui dis-je.
Il haussa les épaules, rieur, mais s'activa tout de même. Moi je retournai vers le soleil en m'enlevant du couvert de l'arbre. Je détestait avoir froid et la brise me semblait un tantinet trop fraiche pour rester dans l'ombre avec toute l'eau dont Tom s'était débarrassé sur moi.
Lorsque tout le monde fut relativement sec et habillé, nous nous dirigeâmes pour rentrer. Samuel rentra directement tandis que je fis un détour chez Tom, qui disait avoir quelque chose pour moi. Il m'entraîna jusqu'à notre roche dans la cour puis se mit à siffler. Je ne pus m'empêcher de me raidir en comprenant ce que ça voulait dire. Il avait vraiment été sérieux en me disant qu'il allait m'offrir un serpent. Qu'est-ce que j'allais bien faire d'un serpent, moi?
Le serpent avait une couleur plutôt sablonneuse, pâle, et sur le dos deux lignes de pointillés qui donnaient l'impression qu'il y avait de petites roches foncées dans le sable. La tête plutôt plate, plutôt petite, dont une ligne noire barrait à l'horizontale chacun de ses yeux pour pâlir jusqu'au bout du nez.
– C'est une coronelle lisse, m'indiqua-t-il d'un ton doux en regardant le reptile maintenant bien calé dans ses bras. Elle s'appelle Zéphir.
J'observai avec méfiance l'animal qui sifflait à son tour quelque chose qui sembla amusé Tom avant qu'il ne lui réponde. Au moins ils semblaient bien s'entendre.
– Tu peux venir la toucher, essaya-t-il de m'encourager.
– Ça mange quoi, répondis-je plutôt.
– Elle mange surtout d'autres serpents, mais aussi des mulots, des lézards ou d'autres animaux dans ces grosseurs. Elle a promis de ne jamais te mordre.
Je grimaçai mais je tendis ma main tremblante vers l'ophidien. En voyant « qu'elle » gardait un air calme, j'effleurai sa tête. Je grimaçai à nouveau et j'entendis Tom s'empêcher de rire. Je laissai retomber mon bras le long de mon corps, foudroyant mon ami du regard. Qu'est-ce qu'il n'allait pas ces derniers temps? Tout allait mal depuis cet été. Nous empilions chicanes sur chicanes, et j'avais de plus en plus l'impression qu'il manquait de considération pour moi… Même ce serpent, c'était plus pour lui que pour moi… Ça me donnait… oui, ça me donnait l'impression d'être en hiver. Je m'empressai de cacher mes pleurs mais des larmes traitresses glissèrent sur mes joues. Ne voulant pas lui donner une chance de les remarquer, je me retournai vivement et partis.
– Nagini, qu'est-ce qu'il y a, encore?
Encore? Pourquoi « encore »!? Il me saisit le poignet avec colère et me retourna vivement.
– Qu'est-ce qui te prend!?, hurla-t-il en couvrant les sifflements furibonds de la couleuvre à son cou.
J'essayai de me soustraire à sa prise douloureuse, mais c'était peine perdue.
– Tu me fais mal!, me plaignis-je.
– Alors explique-moi, bon Dieu! Par Salazar, c'est quoi cette histoire!?
– Tu ne fais plus attention à moi! Maintenant lâche-moi! Je veux rentrer!
– Moi!? Moi je ne fais plus attention à toi!?, s'insurgea-t-il en me lâchant. Vraiment!? Parfait! Vas-t'en! Qu'est-ce que j'en ai à faire, de toute façon!? Vas croupir dans ton coin, je ne ferai rien!
Il tourna les talons vers notre roche et y déposa tendrement Zéphir puis, sans m'adresser un regard, il rentra chez lui.
J'avais l'impression d'être dans une bulle où le temps s'était arrêté, mais qu'à l'extérieur de ce périmètre, je pouvais voir le temps s'écouler. J'avais l'impression de ne plus avoir de sol à mes pieds, de tomber dans un puits sans fond qui donnait la sensation d'être en apesanteur. J'essayais de comprendre d'où partait notre conversation, pourquoi soudainement, nous étions si en colère…
Il y avait une erreur quelque part…
Où était passé mon ami?
Notre éternelle amitié?
