Je vais, en général, beaucoup mieux! Mes rechutes semblent moins violentes et je suis capable de faire des sorties deux jours de suite! \\(^-^)/
Bonne lecture!
P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.
CHAPITRE 41 : Nous pouvons nous sentir très seuls même si nous sommes bien entourés
Il n'avait pas menti, il ne fit absolument rien. D'ailleurs, après cette dernière conversation, il ne me fit même pas la fleur d'encore être fâché ou de me lancer de temps en temps des regards en coin. Je n'existais plus. Mes frères n'en croyèrent pas leurs yeux lorsque, en comprenant que nous étions en froid depuis un moment, ils l'invitèrent à souper : il avait très volontiers accepté et durant tout le long de la soirée, il avait prit soin de jouer le bon convive avec tout le monde, sauf avec moi, bien sûr.
Ce soir-là j'allai me coucher plus tôt, ne voulant pas rester plus longtemps que nécessaire avec la cruelle présence de mon ami. Yasmina vint me rejoindre dans la chambre.
– Ça te tente une sortie entre filles demain?
J'haussai les épaules.
– Les hommes sont cruels parfois, c'est pour ça que les amis de filles et la bière au beurre ont été inventés.
À savoir comment, avec ces mots, elle réussit à me convaincre me laisse sans voix, mais le lendemain nous étions effectivement dans les rues de Londre, seules, à regarder les vitrines des magasins, à parfois entrer si quelque chose nous avait intriguées ou intéressées. Nous n'achetâmes rien, ce n'était pas le but de la sortie. Enfin, si, nous nous achetâmes une glace, mais rien d'autre. Elle n'essaya pas de me parler de Tom ou de mes problèmes, elle me parlait de comment elle avait rencontré mon frère, des boutiques que nous passions, d'une sorte de bonbon que je devrais un jour essayer. Elle passait d'un sujet à l'autre sans remord, restait plus longtemps sur ceux qui me sortait de mon mutisme, passant comme un éclair ceux qui m'emmuraient dans le silence. Je lui en étais reconnaissante. Nous parlâmes peu de Poudlard ou de la magie, les seules conversations s'y rapprochant furent les bonbons, nos moyens de transport pour la journée et l'utilité de certains instruments que nous voyions parfois dans une vitrine. Lorsque nous fûmes de retour à la maison, je pus affirmer m'être fait une amie, ma première de fille.
Malgré tout, je n'arrivai pas à en tirer toute la joie que j'aurais dû ressentir. La seule pensée que je me disais, la majorité du temps, c'est que ça s'était fait au dépend de quelque chose de beaucoup trop précieux et que s'il le fallait, je serais prête à renier toutes les personnes que j'avais appris à aimer depuis que je vivais chez les Desbois pour que Tom me regarde à nouveau. L'été vint à sa fin avant qu'il n'y ait une quelconque avancée dans notre chicane. Quand j'osais être dans la même salle que lui, je n'arrivais pas à formuler ce que je pensais, j'avais trop peur de dire ce que j'avais sur le cœur et qu'il m'ignore. Je préférais qu'il m'ignore parce que je ne faisais aucun effort pour être remarquée. Lorsque ce fut le temps de la rentrée scolaire, il partit sans se retourner, je n'eue pas le courage de les suivre jusqu'à King Cross. Samuel m'enlaça et me fit promettre de lui écrire de temps en temps, Antony promit d'y veiller. Yasmina resta avec moi tandis qu'Antony accompagna mes parents qui escortaient mon autre frère et Tom à la gare.
Elle m'apprit à jouer aux échecs. Je n'étais pas très bonne, j'étais en fait plutôt lamentable. Elle n'en avait que faire, les échecs n'étaient qu'un prétexte pour discuter. Elle profita aussi de notre solitude dans la maison pour nous faire écouter de la musique française moldue et je rigolai à la voir chanter avec entrain Tout va très bien, Madame la Marquise avec Ray Ventura, Un amour comme le nôtre avec Lucienne Boyer et Sur les quais du vieux Paris avec Lucienne Delyle.
Lorsque la petite compagnie fut de retour, j'eue un serrement au cœur en voyant Antony tout heureux venir prendre tendrement Yasmina dans ses bras. Je regardai en vain par la fenêtre, aucune lettre ne viendrait, je le savais. Je pris mes choses en silence, leur adressai un sourire un peu figé et allai lire sur le bureau de travail dans ma chambre.
Je me rendis compte rapidement que ça ne servirait à rien, mes yeux étaient embrouillés par des larmes à qui je n'avais rien demandé et j'éclatai dans un sanglot que j'avais trop longtemps réprimé. Je fus surprise en sentant une main sur mon épaule, mais rendu où j'en étais, je ne fis pas la fine bouche, je me tournai vers ses bras compatissants et je pleurai ce qui me sembla être toutes les larmes de mon corps. Antony me tenait dans ses bras, me promettant que tout allait s'arranger, que je n'avais pas à me torturer autant avec ça, qu'il était là, lui, qu'il ne me laisserait pas. Dans mes oreilles j'entendais des claquements, des souvenirs de Madame et de ses punitions à la cravache, mes lamentations aussi, mes tentatives d'épargner le plus possible à Tom; sur mes mains, j'étais capable de sentir l'épuisement que j'avais ressentis à récurer la maison de ma première mère adoptive; et dans mes os, j'étais capable de sentir le froid qui ne me quittait pas réellement dès que Tom était absent. Et c'est pour ça qu'il ne pouvait pas me consoler, parce qu'il ne pouvait pas savoir ce que c'était, que je ne voulais pas qu'il le sache ce que c'est d'avoir vécu tout ça, de n'avoir qu'une personne avec qui ça ne sert à rien de tout expliquer car il sait, lui, comment c'était, qu'il n'y a pas de mots, que ça ne sert à rien…
Je voulais cesser d'exister, pas nécessairement mourir mais fermer les yeux pour de bons, ne plus les rouvrir, ne plus ressentir cette douleur, cette absence de chaleur, ce vide en fait que causait son absence, pire, sa colère. C'est comme s'il versait de l'acide sur mes plaies avec sa colère envers moi. Habituellement, il finissait par me traiter d'idiote et revenir me chercher, mais là rien, j'étais toute seule, toute seule.
Je m'en voulais de me sentir si seule dans les bras d'Antony, et je lui en voulais de ne pas être Tom. Je m'en voulais d'être aussi injuste, je m'en voulais d'avoir causé le différent entre Tom et moi, je… Je voulais que ça arrête!
Je finis, à force de m'épuiser à pleurer ainsi, par ressentir la chaleur de mon frère, son soutient, ça me consolait pas autant que ce que Tom aurait pu, loin de là, ils n'avaient pas la même symbolique… mais j'en vins à me dire que c'était mieux que rien du tout, et je finis par me calmer, et par me resserrer contre lui. Ne pas le lâcher, ne pas le perdre. Quelque part dans ma tête, je lui demandai de veiller sur moi, de ne pas m'abandonner, que je ne le supporterais pas, pas maintenant.
À force de sombrer dans l'inconscience, je commençai même à m'imaginer que c'était ses bras à lui, finalement, et que s'il m'en voulait peut-être encore, il m'appréciait encore assez pour se soucier de moi.
Oui, il était là, il était juste trop fier pour l'admettre…
