J'avais complètement oublié de poster ce chapitre lundi passé... Il n'est jamais trop tard.

Bonne lecture

P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 42 : Y a-t-il pires cauchemars que ceux dont on ne veut pas se réveiller?

Oui, il était là, il était juste trop fier pour l'admettre…

… J'en avais fait un magnifique rêve où j'étais resté dans ses bras un très long moment à me faire jouer dans les cheveux, à sentir son ventre contre mon dos, à sentir ses jambes autour de moi, sa chaleur, notre tranquillité, notre bulle. Il n'avait pas parlé mais je savais qu'il souriait tranquillement, juste heureux d'avoir un moment tranquille avec moi…

Puis je m'étais réveillée, avec ça le poids de la réalité. Non, il n'était pas là. Non, je n'importais plus. Non, à priori, nous n'aurions plus de moment comme ça entre nous. Ce fut un dur réveil, cruel même. Ce fut difficile. Je me levai à contre cœur, m'échappant pour de bon à l'espoir que ce ne fut pas juste un rêve. Yasmina dormait encore. Bien, je n'avais pas troublé son sommeil. Je sortis sur la pointe des pieds et allai rejoindre mon père qui en me voyant arrivé, prépara mon traditionnel déjeuné. Il ne fit pas de commentaires sur ma mine effroyable mais me serra dans ses bras lorsqu'il alla pour partir. Pas un petit câlin, l'un de ceux qu'on laisse durer pour que notre vis-à-vis comprenne le sentiment que l'on veut faire passer. Ici, qu'il était là, qu'il se souciait de moi, qu'il tenait à moi, qu'il m'aimait.

Et il partit parce qu'il le faut bien.

Je restai là à observer le ciel par la fenêtre menant sur le potager. J'attendais un oiseau fantôme. Je n'aurais pas dû me fâcher contre le serpent, j'aurais dû sourire, être touchée, lui dire merci. Non, au lieu de ça j'attendais qu'un jour il veuille bien me parler, me voir à nouveau… Il m'avait promis de ne jamais m'abandonner, ne jamais me laisser derrière…

Je voulais cesser d'y penser, faire autre chose. Le ménage, pourquoi pas? Et c'est ce que je fis, aussi inutile que c'était de le faire sans magie, je ne supportais pas de ne rien faire, et je passerais sans doute toute la journée à étudier, je ne voulais pas, je n'en pouvais plus.

Les deux amoureux se réveillèrent presqu'en même temps, je leur fis leur déjeuner et à part lever un sourcil un moment en me regardant, ils ne dirent rien sur mes activités. Ma mère se réveilla une bonne demi-heure plus tard, marcha tel un zombie vers sa tasse de café que je lui faisais maintenant tous les jours. Elle ne remarqua même pas ce que je faisais, mais il était encore trop tôt, il ne fallait pas trop lui en demander. Lorsqu'elle émergea, ce fut graduel, je pouvais le constater à la manière qu'elle me regardait.

– Nagini, vient donc t'asseoir un moment.

Ce n'était pas un ordre, mais ça ne me laissait pas vraiment le choix non plus.

– Je sais que pour le moment ça ne veut rien dire pour toi mais rappelle-toi de ça, on survit au premier chagrin d'amour, et aux autres qui suivent. C'est dur, mais ce n'est pas la fin du monde.

Premier… chagrin… d'amour? Soit j'étais dans un déni total soit elle n'avait pas bien compris ma relation avec Tom. C'était mon ami pas… autre chose…

Non, c'est vrai, ce n'était même plus mon ami…

Je préférai ne rien lui répondre, ça semblait lui faire du bien me dire ces mots « réconfortants », et si ça pouvait faire du bien à quelqu'un, et bien c'était tant mieux. Je lui adressai un faible sourire et me relevai. Elle me prit gentiment le bras et me fit un câlin. Qu'avaient-t-ils tous avec les câlins aujourd'hui? Avais-je l'air si misérable, si pitoyable? Mais c'était bien, finalement, une fois la surprise de la répétition passée. C'était bien pouvoir se laisser épauler par un adulte.

Guérit-t-on vraiment d'un tel chagrin? Si l'amour c'est plus grand que l'attachement que j'ai pour Tom, qui peut survivre à ça? Qui voudrait survivre à ça? À moins que ça soit moins, ou égal… tu n'as pas le goût d'y survivre, mais ça se fait tout seul, un peu contre toi…

Je finis par aller à la bibliothèque, et je fus presque soulager que monsieur Davidson ne me prit pas à son tour dans ses bras. Nous travaillâmes, il me parla de ses histoires, me fit prendre un thé de sapin, orange et kiwi et pratiqua mon latin. Il prit des nouvelles mais n'insista pas. Le lendemain il m'offrait un ourson en peluche, il me dit que l'avantage des oursons c'est que lorsqu'on leur parle, ils ne te jugent pas. Je cachai mes larmes dans la peluche puis nous travaillâmes, mon nouveau jouet sur mes genoux.

Ce toutou prit place dans ma chambre juste à côté de la flamme « éternelle » que Tom m'avait offerte à Noël passé. Lorsque j'allais me coucher, le toutou était tout chaud. Durant la semaine, je reçus une lettre, mais elle n'était pas de Tom, ce n'était pas Snake.

Bonjour Nagini,

J'espère que tu vas bien et que la deuxième moitié de l'été s'est bien déroulé. Tom vient moins souvent à mon groupe d'études, mais il a sûrement ses raisons.

Dylan.

C'était concis, à son image. Je savais qu'il ne savait pas vraiment converser, alors je ne me gênai pas pour répondre plus longuement que lui :

Bonjour Dylan,

Je te dirais que ça a dépendu des jours. Et toi, comment c'était sans ta belle-mère dans les parages? Est-ce que Tom évite tout le monde en général, ou ça semble ciblé? Enfin, je ne crois pas qu'il soit fâcher contre toi, ce n'est pas ce que je veux insinuer, juste que… j'essaye de me faire une image dans ma tête. Il m'écrit moins souvent et je suis quand même curieuse de savoir s'il va bien, si tu vois ce que je veux dire… Et puis, comment sont les cours, cette année?

Nagini.

J'utilisai le même hibou pour envoyer ma lettre.