Disclamer: JKRowling est toujours la seule et unique créatrice d'Harry Potter et je ne suis pas la Warner bros, ni aucun des autres ayant droits d'Harry Potter. Je reçois des reviews pour mes textes et celles-ci n'étant hélas pas côtées au CAC 40, il y a peu de chance qu'elles me rapportent quoi que ce soit.

Nouveau chapitre et l'histoire commence à prendre forme. Hermione nous fait un beau déni en ce qui concerne la mort de ses parents et je crois qu'elle est un petit peu perturbée.
Narcissa a le tact d'un poulpe anorexique de l'hypophyse et nous prions très fort pour qu'elle s'améliore d'ici la fin de l'histoire.

Pour info: mes chapitres sont longs. Genre très longs. Genre ils font tous exactement 11 pages word.

Je les posterais une fois par semaine, le dimanche ou le lundi. En espérant que ça vous plaise.


Chapitre 2 : Et s'ils étaient...

Allongé sur le lit à côté de sa maîtresse, le gros chat roux fixait l'intruse avec morgue. Il fallait bien dire qu'il avait gagné la dernière bataille et que, malgré ses réflexes de femme de mangemort aguerrie, Narcissa portait encore sur ses mains de belles marques de griffures.

Mais, sans se laisser démonter par le gardien de la jeune fille, Narcissa sortit sa baguette et fit apparaître une belle paire de gants en peau de dragon. On est jamais trop prudent.
Puis, les yeux fixé sur cet adversaire qui avait réussi l'exploit de faire reculer trois mangemorts à lui tout seul, Narcissa commença son incantation.

Malheureusement, si le chat n'y entendait absolument rien en formules magiques, il était parfaitement capable de sentir l'animosité qui se répandait dans l'atmosphère et bondit soudainement sur le côté, empêchant la sorcière de finir son sortilège.

Si Narcissa avait était moins bien élevée, elle aurait certainement juré. Mais sa bonne éducation l'empêchant de hurler sur l'animal tout le mal qu'elle pensait de lui, elle se contenta de souffler doucement pour se calmer.

Les sortilèges n'étaient définitivement pas la solution. Le Maître avait clairement fait comprendre la veille au soir qu'il était interdit de faire du mal à la jeune fille et Narcissa ne tenait pas à avoir à expliquer au Lord que la sang-de-bourbe s'était pris un sort perdu parce que personne n'arrivait à faire bouger un stupide chat de son matelas.

Mais comment faire pour enlever cette chose de là ? Ni le lait, ni la pâtée, ni les murmures furieux ou les lumières effrayantes ne l'avait fait bouger.

Depuis que ce mini-tigre s'était réveillé, il y avait de cela quelques heures, il avait été impossible d'approcher la fille. Et ni Lucius, ni Severus, ni même Mulciber, qui avait pourtant deux monstres à quatre pattes chez lui, n'étaient parvenu à déloger l'animal.
Bien sûr, il aurait été tout à fait possible de l'attaquer en force pour lui faire payer cet innommable affront mais...personne n'avait voulu prendre le risque de blesser la fille en essayant d'attraper la bête.

"Tu ne nous facilites pas la tâche, l'accusa Narcissa à bout de nerfs. Est-ce que tu te rends compte que j'essaie d'aider ta maîtresse, stupide chat !"

Il y avait peu de chance que parler au chat serve à quelque chose mais il fallait bien que le stress de la sorcière s'évacue d'une façon ou d'une autre. Le tout étant de ne rien dire qui puisse mener la sang-de-bourbe à se méfier de sa geôlière.
Le maître avait été très clair sur ce point et la fille pouvait très bien faire semblant de dormir.

"Ta maîtresse va très mal." repris Narcissa d'une voix douce.

La fille entendait peut-être et, au fond, parler au chat pouvait être un bon moyen de commencer à jouer le rôle qu'elle allait être amené à endosser tout au long de l'été.

"Hermione a perdu ses parents hier et elle va bientôt se réveiller. Nous lui avons donné des potions pour qu'elle reste calme mais elles ne vont pas tarder à cesser d'agir. Le Seigneur des Ténèbres nous a demandé de veiller sur elle et de nous assurer qu'il ne lui arriverait rien. Mais pour ça, il va falloir que je l'approche, le chat. Il faut que je l'examine pour vérifier qu'elle n'est pas blessée. Ensuite, quand elle se réveillera, je l'aiderai à prendre un bon petit-déjeuner et à se laver en vérifiant qu'elle ne fait pas de bêtises."

Narcissa se sentait un peu idiote, à parler ainsi à un chat, mais celui-ci semblait l'écouter attentivement et parler lui faisait du bien. A dérouler de la sorte son début de plan pour être acceptée auprès de Granger, Narcissa se sentait mieux.

Tout ira bien.

Elle allait simplement oublier le sang immonde qui courait dans les veines de la jeune fille, se montrer extrêmement gentille avec elle, et gagner les faveurs du Seigneur des Ténèbres.

Le projet Granger paraissait important aux yeux du Maître et il était vital que les Malefoy se rachètent auprès de lui.
Pour qu'il n'arrive jamais rien à Drago.

"Allez le chat, laisse-moi approcher. Il faut vraiment que j'aille voir ta maîtresse. Elle va bientôt se réveiller et elle risque d'être très perturbée. Tu peux rester si tu veux."

Étrangement, le félin sembla comprendre et miaula avant de se lever et d'aller se poser de l'autre côté du lit.
Surprise, Narcissa hésita un instant avant de se diriger vers le lit. Qu'il ait compris ou non son petit discours, le chat resta à distance, se contentant de s'allonger confortablement contre le ventre de la jeune fille.

"Bonjour Hermione, murmura Narcissa en s'asseyant aux côtés de la jeune fille."Ne t'en fais pas, je prendrais soin de toi à ton réveil."

A la voir ainsi, ses cheveux en bataille étendus innocemment sur l'oreiller et le visage détendu, il était difficile de croire que la fille avait un sang si impur qu'elle souillait ce manoir par sa simple présence.

La fille poussa un petit soupir dans son sommeil et l'une de ses mains vint attraper le bord de la couverture qui la recouvrait.
Le chat miaula et se repositionna sur le ventre de sa maîtresse.

Prenant son courage à deux mains, Narcissa leva la main et, doucement, timidement, vint attraper une des mèches de cheveux de la sang-de-bourbe pour la repositionner sur l'oreiller.

Aussitôt le geste achevé, Narcissa ramena sa main à elle, effarouchée.
Elle avait touché la sang-de-bourbe avec tendresse. Comme elle aurait pu le faire avec son fils, son petit ange.
Pourtant, il n'y avait rien de changé dans la pièce. Rien sauf cette mèche de cheveux, preuve de l'indélicatesse qui venait de se produire.

Je fais ça pour Drago...songea Narcissa. Oui, tout ce qu'elle faisait à partir de maintenant, tous ces actes que la morale aurait réprouvée, étaient faits pour son fils, pour protéger le plus précieux de ses trésors.
Donc...les mèches de cheveux pouvaient être déplacées.

Il faudrait juste penser à se laver les mains après.

… … …

Perturbé, Drago s'affala plus qu'il ne s'allongea sur le lit.

Trois fois qu'il passait devant le couloir où était retenu Granger. Trois fois qu'il voyait cette drôle de mangemorte à la peau blafarde, l'oreille collée à la porte.
Et sa mère était enfermée avec Granger.

Le Seigneur des Ténèbres avait-il envoyé la femme étrange pour surveiller sa mère ? Était-elle en danger ? Que se passerait-il si sa mère faisait une erreur et que la mangemorte étrange le rapportait au Seigneur des Ténèbres ?

Et qui était cette femme, d'abord ?

Énervé, Drago se releva brusquement et sorti rapidement de sa chambre. Il fallait qu'il y retourne.

Mais devant la porte, il n'y avait plus personne.

… … …

Le somnifère qu'ils avaient administré à la fille allait bientôt cesser de faire effet, Narcissa le savait. D'ailleurs, la fille commençait déjà à s'agiter.

Et Narcissa paniquait.

Qu'allait-elle bien pouvoir faire ?
Le Seigneur des Ténèbres avait été très clair. Celui qui des deux, elle ou Severus, parviendrait à gagner la confiance de la sang-de-bourbe d'ici la fin de l'été pourrait lui demander une faveur quelle qu'elle soit.
La promesse que Drago ne serait jamais tué pour avoir échoué à une mission....par exemple.
Narcissa devait réussir. Pour sa famille, pour son enfant.

Pour son enfant...

La fille n'était pas une sang-de-bourbe ou une orpheline perdue : c'était la clé du salut pour son bébé.
Hermione : il fallait s'habituer à ce nom, cesser de l'appeler sang-de-bourbe au risque que ce mot ne sorte inopinément.
Hermione, ce n'était pas un nom pour une impure. Mais Hermione c'était le nom de son espoir.

"Hermione..." le mot roula doucement dans la pièce, comme un murmure doux et apaisant.

Comme pour approuver les pensées de Narcissa, le chat se leva et vint se placer à ses côtés, ronronnant doucement.

Le chat n'était pas franchement beau. Il ressemblait assez à un persan. Et Narcissa avait toujours préféré les burmeses.

Narcissa avait eu un chat au début de son mariage. Puis un deuxième. Et un troisième. Au quatrième chat mort pour avoir servi de cobaye ou de défouloir à des mangemorts plus fous les uns que les autres, elle avait abandonné. Elle ne supportait plus de voir son fils pleurer les bébés chats qu'il fallait enterrer mois après mois.

Pas de chat, Mère. Ils partent toujours loin de moi. C'est parce qu'ils ne m'aiment pas.

Quatre ans : c'est l'âge qu'avait son fils quand il avait déclaré qu'il ne voulait pas de chat pour son anniversaire et Narcissa avait senti son coeur se briser. Comment Drago, son bébé Drago, pouvait-il croire que les chats ne l'aimaient pas ?

Lucius n'avait pas commenté, aussi stupéfait qu'elle de voir ce que leur fils avait retenu de leurs tentatives d'adoption d'animaux au temps du Seigneur des Ténèbres.

Et pour son anniversaire, Drago avait eu un chiot.

"Qu'est-ce..." souffla la sang...Hermione en papillonnant des yeux.

La mission commençait.

… … …

Drago descendit les escaliers qui menaient aux cuisines. Bien entendu, il était fier que le Seigneur des Ténèbres ait choisi la maison des Malefoy comme quartier général. Mais il devait bien admettre que le Lord et ses sbires le mettaient légèrement mal à l'aise. Et qu'il allait maintenant manger aux cuisines quand il n'était pas sûr que ses parents puissent être à table avec lui.

"Dipsy ! J'ai faim, ordonna le jeune Malefoy.

-Dipsy arrive, répondit une petite voix fluette. Dipsy a fait de la tarte aux pommes et au citron comme le petit Maître les aime."

En moins d'une minute, une belle part de tarte et un grand verre de jus de citrouille trônaient sur la table.

Drago pensa à la mangemorte blafarde. Comment en savoir plus sur elle ? Comment en savoir plus sur le projet concernant Granger ?
Granger, qui l'avait toujours fait passer pour un idiot aux yeux de son père, était là, entre les griffes du Seigneur des Ténèbres, et il n'avait aucune idée de ce qui allait se passer.
La seule chose qu'il savait, c'était qu'il était interdit de faire du mal à cette sale petite sang-de-bourbe et que sa mère allait devoir réussi à gagner sa confiance avant la fin de l'été.

Mais pour quoi faire ?

… … …

"Hermione, réussi à articuler Narcissa. Comment vous sentez-vous ?"

-je me sens.. commença la san...Hermione avant de secouer la tête. Qu'est-ce qui s'est passé? Qui êtes-vous ? Où je suis?

Narcissa se retint de reprendre la fille sur le "Ou je suis ?" et sourit le plus doucement possible. Je dois avoir l'air de grimacer.

-Vous êtes au manoir Malefoy, dit Narcissa. C'est la communauté d'aide aux orphelins sorciers qui vous a placé ici. Mon nom est Narcissa Malefoy et...

-La communauté d'aide aux orphelins ? coupa la fil...Hermione.

Narcissa la regarda, interloquée. La fille ne savait pas ? Ombrage ne l'avait-elle pas mis au courant avant de l'endormir ? Comment pouvait-elle ne pas savoir ?

Elle savait forcément, se dit Narcissa. C'était juste l'institution d'aide qu'elle - en tant que sang-de-bourbe - ne pouvait pas connaître.

"Oui, reprit donc poliment Narcissa. La communauté s'occupe de tous les sorciers mineurs qui, pour une raison ou une autre, se retrouvent privés de leur foyer. Et comme vos parents sont...morts avant-hier...

-Mes parents sont morts ? souffla la fille, épouvantée.

Bon, d'accord, elle ne savait peut-être pas. Que faire maintenant ?

Il ne fallait surtout pas qu'elle s'imagine que les Malefoy étaient responsables de cette mort. Sinon, on pouvait dire adieu aux faveurs du Maître.
Donc : que faire maintenant ?

"Je ne connais pas tous les détails de l'affaire, admit Narcissa. Mais mon époux et moi avons été appelés avant-hier matin par la communauté et on nous a demandé de...faire notre devoir de citoyen en prenant sous notre aile une jeune sorcière orpheline. Ce n'est qu'après que nous avons appris qu'il s'agissait de vous."

Narcissa fit une pause, légèrement gênée par les grands yeux terrifiés qui la fixait avec une force presque douloureuse.

"J'ai cru comprendre que vos parents avait eu un accident dans la nuit, murmura doucement Narcissa. Le véhicule dans lequel ils se trouvaient a eu un accident."

Pétrifiée, la fille semblait être en état de choc.

"Papa, maman, dit Hermione. Où sont-ils ? Qu'est-ce que vous avez fait d'eux ?"

Alors que Narcissa peinait à chercher une réponse adéquate, le gros chat roux se coula contre la poitrine d'Hermione et frotta sa tête contre la sienne. La fille attrapa son chat et s'accrocha à lui comme un naufragé à sa bouée. La tête posée contre le pelage épais du matou, Hermione ne laissait plus voir d'elle qu'une masse décoiffée de cheveux hirsutes qui tressautaient sous l'effet des sanglots.

Presque autant perturbée par les pleurs de l'invitée du Seigneur des Ténèbres que par la masse de nœuds et de frisottis qu'elle pouvait voir, Narcissa prit une décision courageuse.

Avançant sa main, Pardonnez-moi, Mère, Narcissa caressa doucement la masse informe - qui ne pouvait décemment être qualifiée de "chevelure" - et glissa doucement sur le lit pour pouvoir prendre la fille dans ses bras.

Narcissa tenta d'imaginer Drago à la place d'Hermione et repositionna ses bras. Le corps de la fille était chaud et tremblant, comme celui qu'avait eu son bébé lorsque, petit, il faisait des cauchemars. Mais jamais Drago n'avait eu des cheveux aussi affreux et Narcissa, malgré les pleurs et les ronronnements relativement perturbants, n'arrivait pas à empêcher ses pensées de dériver vers la liste des coiffeurs de Grande Bretagne.

Il fallut attendre un bon moment avant que l'enfant cesse de pleurer et d'agripper le chat comme s'il avait été son sauveur.

Alors qu'elle pensait devoir se transformer en statue de glace, Narcissa sentit enfin les sanglots de la jeune fille s'apaiser puis celle-ci se redresser.

Le chat, qui était resté étonnamment tranquille durant toute la durée de ce câlinage forcé, s'étira paisiblement et s'allongea sur la poitrine d'Hermione, revendiquant définitivement le corps de l'enfant comme étant son territoire.

C'était Dumbledore qui, par l'intermédiaire de Severus avait fait parvenir le chat aux Malefoy et, malgré le fait que le Lord ait lui-même vérifié qu'il ne s'agissait pas d'un animagus, Narcissa commençait sérieusement à se demander si cette chose était normale.

"Je... je voudrais aller aux toilettes." articula piteusement Hermione.

Narcissa se doutait fortement que l'enfant faisait cette demande plus par besoin de solitude que par réelle envie de soulagement mais elle ne commenta pas sa remarque, se contentant de se lever et de passer une main nerveuse sur les plis de sa jupe.

"Votre salle d'eau personnelle est derrière cette porte, dit-elle en désignant une porte en bois clair située à l'opposé de la pièce. "Vous pourrez y prendre une douche ou un bain si vous le souhaitez. Notre elfe, Lala, vous aidera si vous en avez besoin."

La fille eut un drôle de mouvement à la mention de l'elfe que Narcissa ne comprit pas. La sang-de-bourbe savait quand même ce qu'était un elfe de maison, n'est-ce pas ?

"Merci...madame." déclara Hermione en se levant.

La fille attrapa son chat et se dirigea à pas prudent vers la salle de bain, tout en jetant des coups d'œil à la dérobée à Narcissa.

"Prenez votre temps, déclara Narcissa. Je vais vous trouver des vêtements en attendant."

… … ...

Une fois la porte de la salle de bain refermée, Hermione posa Pattenrond par terre et sortit un petit parchemin et un crayon de sa poche.

Elle hésita une demi-seconde puis se servit du crayon pour écrire :

Professeur Rogue ? sur la page.

Fébrile, Hermione regardait le parchemin comme s'il avait été son seul espoir en ce monde, ce qui, présentement, était un peu le cas.

Miss Granger. afficha la page en réponse. Je vois que vous êtes réveillée.

Rassurée, Hermione laissa échapper un soupir. Lorsqu'elle avait vu le visage de son professeur de potions lui dire, en pleine nuit, de le contacter dés son prochain réveil grâce à un parchemin qu'elle pourrait trouver dans sa poche, elle...avait eu du mal à y croire.
Et puis, elle s'était réveillée au manoir Malefoy, avec cette femme qui lui avait dit...

Mes parents ? parvint à écrire Hermione.

Je suis navré. répondit la page. Les Malefoy en ont profité pour vous soustraire à la protection du professeur Dumbledore mais vos parents sont effectivement décédés suite à un accident. Il y eut une pause, puis:Mes sincères condoléances.

Etrangement, Hermione ne parvenait pas à être triste. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas ses parents mais...ils ne pouvaient pas vraiment être morts, n'est-ce pas ?
Tout comme la douceur de Mrs Malefoy, ce parchemin était faux. Oui, son réveil ici, le professeur Rogue...tout cela n'était qu'un piège mis au point par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Hermione, ne savait pas comment, mais il paraissait évident qu'elle avait été capturé par les mangemorts et que ceux-ci essayaient de la berner pour...pour atteindre Harry !

Mes parents sont morts.écrivit Hermione pour gagner du temps. Elle devait absolument trouver un moyen de contacter le vrai Rogue, ou encore mieux: Dumbledore. Et en attendant, mieux valait faire croire aux mangemorts qu'elle croyait leurs mensonges.

Oui. répondit le faux Rogue. Les services du ministère vous ont confiée aux Malefoy et le Seigneur des Ténèbres a apparemment des projets vous concernant. Je sais que cela n'est pas facile pour vous, mais il va falloir être forte. J'ignore quels sont exactement les projets de Vous-savez-qui à votre égard mais il parait évident qu'il va tenter de profiter de votre état de faiblesse.

Hermione frémit. Elle avait du mal à voir où le faux Rogue voulait en venir, mais une chose était certaine : elle ne laisserait pas échapper de renseignement sur Harry. Mais... et s'ils utilisaient du véritaserum ?

Y a-t-il un moyen de s'échapper ?, demanda Hermione. Après tout, même en mentant, le faux Rogue laisserait peut-être échapper des informations.

J'aurais bien du mal à vous faire sortir du manoir aujourd'hui et je ne suis pas certain que cela soit prudent. Restez où vous êtes, et faites croire que vous êtes docile si votre caractère vous le permet : j'ai dit au Seigneur des Ténèbres que vous étiez intelligente mais je n'ai pas parlé de votre propension à vous méfier de tout le monde, Potter et Weasley exceptés. Profitez de cet avantage et surtout : ne faites confiance à personne. Je vous retrouve bientôt.

Le faux Rogue ressemblait quand même beaucoup au vrai, songea Hermione. En moins piquant. Mais cela pouvait s'expliquer par le fait qu'il la croyait en deuil.
Sauf que ses parents n'étaient pas vraiment morts. C'était un piège de Vous-savez-qui.

Le cerveau en ébullition, Hermione rangea le parchemin et se dirigea vers le lavabo.
La cuvette était belle, le meuble et le miroir qui le surplombait plus encore, mais Hermione s'en moquait.

Les yeux plongées dans ceux de son reflet, une seule pensée l'occupait : Et s'ils étaient vraiment morts ?

… … …

Quand Drago osa enfin se glisser dans la chambre, il y fut accueilli par un feulement furieux.
Un monstre roux - qui s'avéra être l'abominable chat de Granger - lui barra le passage, toutes griffes dehors.

N'apercevant pas sa mère, et ne désirant pas se frotter à ce petit mais néanmoins teigneux adversaire, Drago recula et verrouilla la porte.

S'éloignant à pas rapide, et concentré sur le besoin pressant qu'il avait de prévenir sa mère, il se précipita en tournant l'angle et percuta la personne qui venait en sens inverse.

... … ...

Après avoir tenté - vainement - d'ouvrir la porte de la chambre et avoir décidé qu'elle avait besoin de réfléchir, Hermione avait ouvert les robinets de la salle de bain afin de gagner du temps.
Quand à savoir si elle voulait du temps pour se préparer à affronter les mangemorts ou du temps pour accepter l'éventuelle mort de ses parents...
En fait, Hermione préférait penser à Harry.

Oui, il fallait penser à Harry car il était évident que Vous-savez-qui l'avait amenée ici pour nuire à Harry et qu'elle allait devoir le protéger.

Harry et Ron lui manquaient terriblement...
Elle aurait tellement aimé pouvoir les contacter.

Brusquement, le déclic se fit : elle ne pouvait peut-être pas atteindre l'entrée du manoir mais...avait-elle besoin d'atteindre l'entrée ? Une simple cheminée suffirait. Une cheminée et de la poudre de cheminette, bien sûr.

Mais comment savoir où aller ?
Car, une fois la porte de la chambre passée - ce qui, en soit, représentait déjà un assez gros problème -, il faudrait s'orienter dans ce manoir inconnu...et certainement rempli de mangemorts !

Et dire qu'elle était seule ici, sans aide, avec juste Patte...
Pattenrond !
Oui, Pattenrond allait l'aider. Il fallait qu'il l'aide. Il suffirait qu'il sorte de la chambre avant elle - qui se méfierait d'un simple chat - et qu'il apprenne à se repérer dans le manoir pour elle.

Sirius disait que son chat était très intelligent : il n'y avait plus qu'à espérer que Sirius ne s'était pas trompé.

Oui, ça, c'était un début de plan.

Et, oubliant consciencieusement qu'une partie de son esprit commençait à dérailler sous l'effet de la peur, Hermione commença à réfléchir à son ébauche de plan.

De toute façon, ses parents ne pouvaient pas être morts.

… … …

"Eh bien, Drago, qu'y a-t-il de si urgent ? demanda l'homme en contournant son bureau pour aller s'asseoir sur un fauteuil aussi luxueux que peu confortable.

-Je...il faut que je vois Mère. Je pense qu'on la surveille."

A ces mots, Lucius Malefoy fronça les sourcils et eut un léger mouvement de la main, invitant silencieusement son fils à continuer.

-J'ai vu...une personne roder aux alentours de la chambre de Granger. Alors que Mère y était. La...femme n'arrêtait pas d'écouter à la porte. Elle partie en même temps que Mère.

-A quoi ressemblait cette femme ? demanda calmement Lucius.

-Elle était assez petite, une peau très blanche, des cheveux gris, dit Drago. Et elle doit être blessée car elle bougeait d'une drôle de manière."

Lucius inclina légèrement la tête, en profonde réflexion.

"Je ne vois absolument pas de qui il pourrait s'agir, finit-il par admettre. Si jamais tu la revois, préviens-moi immédiatement. En attendant... hésita Lucius. ...n'en parle pas à ta mère. Elle va suffisamment mal comme cela. Il est inutile de la stresser encore plus."

… … …

Severus se hâtait le long du couloir. Granger était définitivement réveillée et il fallait qu'il la voit le plus tôt possible. Cette histoire était en train d'échapper complètement à leur contrôle et il n'aimait pas du tout ça.

Le Seigneur des Ténèbres avait parlé la veille des faveurs qu'il accorderait à celui qui parviendrait à obtenir la confiance de la fille et, non seulement Narcissa avait décidé qu'elle se ferait aimer de Granger coûte que coûte, mais en plus il était fort probable que d'autres mangemorts veuille tenter le coup.

On pouvait difficilement leur en vouloir : la récompense était beaucoup trop tentante.

Le principal problème de cette récompense, songea Severus, c'était que maintenant il n'avait presque plus aucun appui. Sa position de Maître des potions à Poudlard et d'agent double soulevait trop de questions et attisait bien trop de convoitises. Et dans cette affaire, les Malefoy, qui étaient normalement ses alliés naturels, allaient jouer contre lui.

Dans l'escalier qui menait au troisième étage, Severus se demanda si on avait placé des protections particulière sur la chambre de la fille. La porte devait être verrouillée évidement, mais le manoir était déjà très protégé et, sans baguette magique, Granger ne pourrait pas faire grand chose.

Bien entendu, avec le serment passé entre Dumbledore et le Seigneur des Ténèbres, l'Ordre ne pourrait rien tenter.
Mais un outsider pourrait, lui, faire quelque chose...

… … …

Hermione finit par sortir de son bain et s'enveloppa dans un épais peignoir. Elle aurait bien aimé avoir plus de temps pour elle, mais l'eau avait déjà eu le temps de devenir froide. Deux fois. Sans compter le fait que Mrs Malefoy était déjà passée la voir trois fois pour savoir "si elle n'avait besoin de rien."

J'ai besoin de mes parents ! avait eu envie de crier Hermione. Mais elle était en face d'une femme de mangemort, certainement mangemorte elle aussi, alors elle s'était contenté de répondre que tout allait bien.

Probablement persuadée qu'elle avait besoin de temps pour faire son deuil, Mrs Malefoy n'avait pas insisté et s'était contentée de lui dire qu'elle avait posé des vêtements propres sur le lit et de quoi manger sur la table de chevet.

Maintenant assise sur le rebord de la baignoire, Hermione réfléchissait. Son plan pour sortir du manoir comportait de nombreuses failles...à dire vrai, son plan était digne d'un plan fait par Harry et Ron.
Sauf qu'elle n'avait ni la chance d'Harry, ni la force de Ron.
Elle n'était que le troisième membre d'un trio sans qui elle n'était rien.

Sans Ron, sans Harry...Hermione ne s'était pas sentie aussi seule et fragile depuis sa troisième année - et le danger était bien plus grand à présent.
Que se passerait-il si elle lâchait une information par accident ? L'image du corps de Cédric Diggory s'imposa à elle. Sauf qu'à bien y regarder, ce n'était pas Cédric qui était mort mais Harry.

C'était Harry le plus en danger. Harry qui risquait sa vie si elle ne tenait pas bon.
Alors elle tiendrait bon.

Sa résolution bien ancrée au plus profond d'elle-même, Hermione se leva en fin et se dirigea vers la porte, aussi prête que possible à faire face aux monstres qui pouvaient se cacher derrière.

La main sur la poignée, une pensée la traversa.

Une pensée infime qu'elle chassa de son esprit aussi vite que possible.
Une pensée qui disait que, peut-être, ce qui lui faisait le plus peur dans cet inconnu qui se trouvait derrière la porte n'était pas Harry, Ron et le Seigneur des Ténèbres, mais cette sourde douleur qui l'étouffait peu à peu.

Une pensée qui lui chuchotait des choses affreuses et insensées.
Une pensée qui ne faisait rien, mais qui disait seulement :

Et s'ils étaient morts?


Oui, le fils rouge de cette histoire est bien une relation mère/fille Narcissa/Hermione. Mais soyons honnête deux minutes: si Narcissa avait un instinct maternel sur-développé qui la poussait à adopter tout le monde et qu'Hermione était naturellement poussée à faire confiance aux mangemorts, cette histoire perdrait non seulement en crédibilité mais également (et c'est bien plus grave) en saveur.

Sinon... qu'avez-vous pensé de ce chapitre. Que croyez-vous qu'il va arriver ensuite ? Entre Drago et Pattenrond, qui gagne ?

A bientôt,
R_Even