Disclamer:HP, son univers et sa capacité à attirer les ennuis ne m'appartiennent pas et je ne touche que de belles reviews et des heures de rêves pour mes textes.

Déjà plus de 1 semaine depuis le dernier chapitre ? Le temps passe vite...
Quoi qu'il en soit, voici la suite du début avec un moment que vous attendez tous:(enfin je suppose que vous l'attendez tous) La rencontre Voldemort-Hermione.
Mes personnages vont mal, très mal: Hermione est paralysée par la peur (et elle a toujours du mal à comprendre "émotionnellement" que ses parents sont morts), Rogue découvre que les choses sont pires qu'il le pensait, Narcissa va finir par me faire une crise cardiaque avant la fin de l'histoire et même Voldy est sous pression...
BREF: que du bonheur !

Swangranger: Déjà, merci pour tes reviews, ça fat super plaisir :) Effectivement, Eleg est le genre de personne dont il vaut mieux se méfier. Hermione et Narcissa...disons que ça va être compliqué et que je ne peux pas tout spoiler maintenant (mais il y a une relation de confiance qui va s'installer...pour le meilleur et pour le pire). La confiance n'est pas encore là mais des alliances vont se former petit à petit. La question, évidement, c'est qui a raison de faire confiance à qui ?


Chapitre 3 : Les règles du jeu

Une fois séchée et habillée - ou, plus exactement, engoncée dans une robe excessivement jolie et peu pratique - Hermione se mit à explorer son environnement.
Evidement, la porte était toujours fermée à clé. La fenêtre devait également être close par magie car, malgré tous ses efforts, Hermione n'était pas parvenue à l'ouvrir.

L'armoire, l'étagère, la table de chevet et la coiffeuse étaient complètement vides. On pouvait néanmoins voir par endroits de légères marques indiquant que des objets avaient été posés à ces endroits. Et Hermione était prête à parier que les-dits objets avaient été déplacés récemment.
La salle de bain, outre les meubles essentiels ne contenaient qu'une sortie de bain, deux serviettes, du papier toilette et quelques savons et shampoings. De façon assez étrange, il n'y avait aucun angle droit dans aucune des deux pièces.
Toutes les parties des meubles qui auraient pu être en métal ou représenter un danger quelconque avaient été mises sous une sorte de filme magique translucide qui empêchait de les toucher.

Alors qu'elle achevait d'examiner l'unique fenêtre de la salle de bain - elle aussi verrouillée - Hermione entendit la porte de la chambre s'ouvrir et une voix l'appeler.

"-Miss Granger.

-Professeur ?", répondit-elle au bout de quelques secondes.

"-Etes-vous...visible ?", demanda le professeur, et Hermione se demanda une seconde ce que cela signifiait...avant de se rappeler qu'elle était dans la salle-de-bain.

"-J'arrive.", dit Hermione en se dirigeant vers la porte.

Au milieu de la chambre, dans sa robe de sorcier noire et une lettre rouge à la main, se tenait le professeur Rogue.

"-Comment allez-vous ?", demanda le professeur Rogue.

Etonnée par cette question pour le moins surprenante, Hermione resta un moment silencieuse.

"-Je me doute...", déclara le professeur Rogue. "...que tout ceci doit être éprouvant pour vous. Néanmoins, j'apprécierais que vous ne me forciez pas à utiliser la légilimancie pour communiquer."

Il ressemblait au professeur Rogue. Mais était-ce le vrai Rogue ?

"-J'ai une lettre du professeur Dumbledore pour vous.", déclara le professeur.

Aussitôt, Hermione tendit la main. Une lettre du professeur Dumbledore : c'était inespéré...si c'était vrai.
L'enveloppe se mit à bouger dès qu'elle fut entre les mains d'Hermione et la voix grave du directeur de Poudlard se fit entendre dans la pièce.

"Miss Granger, je tiens tout d'abord à vous faire part de mes plus sincères condoléances pour la peine que vous endurez aujourd'hui. Je tiens également à m'excuser de n'avoir pas su mieux vous protéger. J'aurais aimé vous garder loin des horreurs de cette guerre le plus longtemps possible mais je n'ai hélas pu empêcher ni la mort de vos parents, ni votre capture par les mangemorts. Sachez néanmoins qu'après négociations avec Lord Voldemort, il a été décidé que vous resteriez au manoir Malefoy pour toute la durée des vacances d'été mais que nul ne vous ferez le moindre mal en ces lieux. Selon le contrat passé, aucun de vos alliés n'a le pouvoir de vous faire sortir du manoir et aucun de vos ennemis n'a le droit de vous blesser tant que vous y restez. Vous serez également protégée dans toutes les résidences appartenant à des serviteurs de Voldemort. Nous ignorons pour le moment quels projets les mangemorts ont pour vous mais je vous prie de rester sur vos gardes. Severus vous aidera autant qu'il le pourra mais son rôle d'agent double ne lui permettra pas de vous soutenir autant que nous le souhaiterions. Recevez encore une fois mes plus sincères condoléances et l'assurance que nous tenterons tout pour vous sortir de là au plus vite."

La lettre se disloqua alors en un nuage de pétales rouge et Hermione resta un bon moment à regarder les restes du message dispersés sur le sol.

"-Ils sont morts.", dit-elle.

Une sorte de flou brouillait sa vue et il fallut un peu de temps à Hermione pour comprendre qu'il s'agissait de larmes.

"-Qu'est-ce qui s'est passé?", souffla-t-elle dans un murmure douloureux.

"-Vos parents rentraient d'une fêté, il y a eu un accident.", expliqua le professeur Rogue. "Ils sont morts sur le coup et vous avez été prise en charge par les services du ministère. Hélas...le professeur Dumbledore n'étant pas très apprécié au ministère récemment, c'est aux Malefoy que vous avez été confiée."

Comme dans un rêve, Hermione acquiesça. Les paroles de Rogue avait du sens.
La mort de ses parents, non.
Les larmes avait cessé de couler et Hermione se sentait étonnamment consciente de tout ce qui l'entourait. Le vent qui cognait contre la vitre, la gêne évidente du professeur de potions, la façon dont le soleil révélait le peu de poussière en suspension dans la pièce.
Tout. Hermione percevait tout.
Sauf, peut-être, cet étrange vide en elle.

"-Que veux Vous-savez-qui ?", demanda Hermione.

Harry. Penser à Harry.

"-Nous ne savons pas.", répondit prudemment le professeur. "Il semble avoir un projet vous concernant qui n'a, à notre connaissance, pas de rapport direct avec Mr Potter. Il nous a chargé, Narcissa et moi, de gagner votre confiance d'ici la fin de l'été. Avant la rentrée des classes, celui de nous deux qu'il aura choisi aura à charge de...pratiquer un rituel sur vous. J'ignore encore de quel rituel il s'agit mais je doute fortement qu'il ait pour but de vous apporter bonheur et paix de l'esprit."

Hermione acquiesça. Elle comprenait maintenant le comportement de Mrs. Malefoy. Et...

"-Il va falloir que je fasse semblant de ne pas vous faire confiance.", conclut-elle.

"-C'est exact.", approuva Rogue. "En aucun cas vous ne devez montrer que vous me faites confiance. En revanche...il pourrait être judicieux de ne pas trop montrer votre défiance à l'égard de Mrs. Malefoy. évidement, une trop grande confiance immédiate serait surprenante...mais une absence totalement de coopération le serait tout autant."

Une fois encore, Hermione hocha la tête en signe d'approbation.

Penser à Harry. Oublier le reste.

… … …

Assise sur son lit, Narcissa s'efforçait de ne pas paniquer. La fille l'avait repoussée. Deux fois.

Bien sûr, il fallait tenir compte du fait qu'elle était sous le choc et que le nom "Malefoy" ne devait pas jouer en sa faveur.
Mais elle s'était montrée si distante !

Et pourtant, il fallait bien trouver un moyen de gagner sa confiance. Severus lui avait apporté le chat, ce qui faisait déjà un bon point pour lui et elle...elle avait juste été ridicule en train de parler à la grosse horreur rousse.

La fille était sous le choc à cause de la mort de ses parents et elle aurait besoin de soutient. Peut-être y avait-il lé matière à nouer une relation.
Après tout, la sang-de...Hermione aurait besoin d'aide pour s'occuper des questions d'héritages et d'administration, sans compter l'enterr...

L'enterrement!

Voilà une chose à laquelle Severus n'avait certainement pas eut le temps de penser.

Narcissa se leva brusquement et, après avoir rapidement vérifié sa tenue dans le miroir, sortit de sa chambre et se dirigea vers l'entrée du manoir.

… … …

Deux coups frappés à la porte.
Hermione et le professeur Rogue se regardèrent mais, avant qu'ils aient pu faire ou dire quoi que ce soit, la porte s'ouvrit sur une jeune fille.

Blonde avec de grands yeux verts qui auraient pu rappeler ceux d'Harry, la fille ne devait pas avoir plus de quatorze ans.

"-Il vous attend.", déclara la fille sur un ton indubitablement effrayé. "Dans le boudoir de Mrs. Malefoy et Il veut vous voir seule."

Rogue, apparemment habitué à ce genre d'annonce, réagit plus vite qu'Hermione et se dirigea vers la porte avec un :

"-Restez ici et prenez soin de vous. Je reviendrais vous voir bien...

-Non.", coupa la fille. "C'est Miss. Granger qu'Il veut voir. Et moi, je dois vous voir, Mr. Rogue."

Visiblement dérangé, le professeur Rogue jeta un regard angoissé à Hermione avant de dire :

"-Eh bien, Miss. Granger, il semble que vous soyez appelée. Je vous souhaite d'être courageuse. Et je vous recommande vivement de ne pas essayer de mentir. Le Seigneur des Ténèbres sait toujours lorsqu'on lui ment.

-Prenez à gauche en sortant et à droite à l'embranchement. Pour atteindre le boudoir il faudra prendre les escaliers en colimaçon qui seront à droite au troisième croisement."

Hermione n'était pas certaine de tout avoir compris mais le regard insistant de la jeune fille et le signe que lui fit le professeur la persuadèrent de se diriger vers la porte de la chambre.

Surprise qu'on lui fasse ainsi confiance, Hermione tourna néanmoins à gauche en sortant. Autant éviter de se faire remarquer par la...fille.

Hermione marcha donc le long du couloir jusqu'à qu'elle trouve le croisement indiqué. Trois directions s'offraient à elle : droite, gauche et escalier descendant tout droit.

Hermione hésita. Si elle allait à droite, elle rejoindrait le Seigneur des Ténèbres et...jouerait son jeu.

A gauche, elle pouvait voir le fond du couloir qui semblait être un cul de sac. Peu de chance de s'échapper par là...
...sauf si l'une des pièces du couloir contenait une cheminée.

Et tout droit...l'escalier semblait descendre. Il y avait peut-être une chance de s'échapper par là.

Hermione hésita. Dumbledore avait dit qu'il avait négocié avec Vous-savez-qui pour qu'elle reste ici. Mais s'il avait dit qu'il ne pouvait rien faire pour l'aider, il n'avait rien spécifié quant au fait qu'elle puisse s'aider elle-même.

Hermione posa un premier pied sur l'escalier, puis un deuxième. Et se figea brusquement, s'attendant à un malheur.

Ne voyant rien venir, elle se remit en marche, dévalant l'escalier à toute allure.

… … …

"-Elle se sauve.", constata le Seigneur des Ténèbres.

"-Oui, Maître.", approuva obséquieusement le serviteur.

"-Crois-tu qu'elle atteindra les portes du manoir ?", demanda le Lord.

"-Nous ne sommes pas nombreux dans le manoir aujourd'hui. Elle peut parfaitement les atteindre.", répondit l'homme.

"-Ce serait l'occasion de lui apprendre ce qui arrive à ceux qui me défient.", suggéra le Seigneur des Ténèbres. "Après tout, une fois les portes passées, plus rien ne la protège."

"-Souhaitez-vous que je m'en occupe ?", demanda le serviteur. "Je lui apprendrais à ne plus jamais vous désobéir, Maître."

Le Lord tourna son regard vers son serviteur, quittant ainsi des yeux le grand miroir d'argent qui montrait une jeune sang-de-bourbe courant dans les couloirs du manoir Malefoy.

"-Lui apprendre à bien se tenir ne me déplairait pas.", accorda le Lord. "Mais elle déjà très fragile et nous n'avons qu'un été devant nous. Je ne peux malheureusement pas jouer avec elle, la réparer prendrait trop de temps. Chaque seconde de perdue serait une seconde offerte à Dumbledore..."

Le Lord reposa son regard sur le miroir et soupira.

"-Il y a un portail secret derrière la vitrine des petites porcelaines : il te conduira directement aux portes du manoir. Attrapes-la sans lui faire de mal et ramènes-la ici.

-Bien, Maître.", déclara l'homme avant de se diriger vers le meuble en bois clair.

… … …

"-Le...Seigneur des Ténèbres comprend la ruse que vous avez utilisé pour approcher Miss. Granger.", déclara Eleg. "Utiliser votre rôle d'agent double est intelligent."

Severus se contenta de regarder froidement Eleg, sans répondre à ses compliments.

"-Néanmoins, le Maître aimerez...que vous laissiez votre place à Narcissa.", acheva très rapidement Eleg.

"-Il vous a dit cela ?", lâcha suspicieusement Severus.

"-Il...", commença Eleg. "Il estime que vous avez plus de valeur que Narcissa."

Severus fixa dangereusement la mangemorte.

"-Ce qui signifie...",demanda-t-il

"-Ce qui signifie que ce que nous allons faire est dangereux et que...la personne qui réussira la mission ne...n'est pas certaine de survivre.", admit Eleg.

Severus sentit son sang se glacer dans ses veines.
Il avait cru que le danger serait réservé à Granger et, dans une moindre mesure, à l'Ordre.

"-Après tout ce que vous avez fait aux Malefoy, vous...", commença Severus avant de s'arrêter, suffoquant sous le poids de la colère.

Eleg prit une grande inspiration et rendit à Severus son regard froid.

"-Narcissa pourra demander ce qu'elle désire au Lord en échange de son sacrifice.", répondit-elle. "Elle contribuera à nous approcher de la victoire...et c'est peut-être la seule chose qu'elle puisse encore faire pour nous. Tandis que vous êtes un atout majeur pour les mangemorts."

Eleg s'éloigna en direction de la porte, laissant derrière elle un Severus trop choqué pour réagir.

"-Ce sont les ordres du Maître, Mr. Rogue. Vous devez aider Mrs. Malefoy à gagner la confiance de Miss. Granger sans vous faire remarquer. Et tout ira pour le mieux."

Quand Severus parvint à se ressaisir et voulu poursuivre la mangemorte, il était trop tard.
Atterré, il s'arrêta à l'entrée de la chambre. Il fallait prévenir Dumbledore, évidemment. Cette nouvelle information changeait la donne.

Mais...même avec l'aide de Dumbledore : qu'allait-il advenir de Narcissa ?

... … ...

"-Ce portail est ouvert.", déclara l'homme. "Maintenant vous avez deux solutions : soit vous me suivez gentiment et nous allons voir le Seigneur des Ténèbres ensemble, soit j'attends que vous sortiez...et je vous torture d7s que vous avez passé ces portes.

-Je peux aussi rester à l'intérieur sans aller là-haut.", répliqua Hermione.

Contrairement aux attentes de la jeune fille, le mangemort se contenta de sourire.

"-Avada Kedavra."

Un écureuil gris, qui avait eut le malheur de se trouver à proximité, tomba de l'arbre sur lequel il se trouvait. Il était mort bien avant d'avoir touché le sol.

"-Vous avez un chat, je crois.", commenta simplement le mangemort.

… … ...

"-Miss Granger.", la salua le Seigneur des Ténèbres. "Ainsi vous daignez nous honorer de votre présence."

Tétanisée, Hermione n'osa pas répondre. Derrière elle, le mangemort qui l'avait amenée avait laissé sa main posée sur son épaule, comme pour mieux exhiber le trophée qu'il ramenait à son Maître.
Pourtant, ce n'était pas la main qui s'enfonçait douloureusement dans sa chair, mais bel et bien les yeux rougeoyants du mage noir qui la clouaient sur place.

Dans toute sa noirceur, le sorcier le plus craint de son époque se tenait devant elle.

"-Je vous en prie Miss Granger, asseyez vous. Narcissa a eu la bonté de nous faire chauffer l'eau pour le thé.", continua le lord avant de lever ses yeux vers son mangemort. "Tu peux nous laisser. Je suis certain que notre invitée a été suffisamment mise en confiance pour ne plus tenter de s'échapper."

L'homme derrière Hermione quitta la pièce sans un bruit et seul le petit déclic que fit la serrure magique en s'activant permit à la jeune fille de savoir qu'elle était à présent seule avec...Lui.

Hermione finit par retrouver un peu de courage à - moins qu'il ne s'agisse d'une réaction inspirée par la peur du mage noir - et parvint à franchir les trente centimètres qui la séparaient de la chaise offerte par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Baissant les yeux, Hermione s'assit précautionneusement et posa sagement ses mains sur ses genoux.
Elle était devant Lui, et il allait se servir d'elle pour tuer Harry.

Il avait tué ses parents parce qu'elle était née-moldue et maintenant Il allait se servir d'elle pour tuer Harry.

Sans pouvoir se retenir, Hermione sentit des larmes se mettre à couler sur ses joues.

Deux mains blanches aux longs doigts fins saisirent délicatement son visage et la forcèrent à relever la tête.
A quelques centimètres d'elle se tenait le monstre et un sourire trop doux pour être honnête barrait son visage.

"-Si j'avais voulu vous faire du mal, Hermione...", murmura Vous-savez-qui. "...vous ne seriez déjà plus qu'une petite poupée désarticulée à l'esprit délabré. N'ayez pas peur, j'ai décidé de vous accorder ma protection et vous n'avez absolument rien à craindre...tant que vous respecterez les règles."

A travers ses larmes et la peur terrible dans laquelle l'emprisonnaient ces yeux du diable, Hermione parvint à retenir deux choses: elle n'était probablement pas en danger physique immédiat, et il y avait des règles.

Le Seigneur lâcha doucement son visage en s'assurant qu'elle gardait la tête relevée et alla prendre place sur la chaise en face de la sienne.

"-Comme vous avez pu le constater, ma chère Hermione, vous êtes à présent mon invitée.", commença le mage noir. "J'ose néanmoins espérer que notre petit tête-à-tête vous rassurera suffisamment pour que vous n'essayiez plus de vous enfuir. Se sauver de la sorte, sans même penser à dire au revoir...c'est très impoli."

Le Seigneur des Ténèbres la grondait presque gentiment mais il y avait dans sa voix une certaine froideur qui donnait à ces paroles un air effrayant.

"-Quoi qu'il en soit, je vous souhaite la bienvenue au Manoir Malefoy."

Le mage noir inclina la tête dans une parodie de salut et fit une légère pause. Les yeux toujours fixés sur elle, il attrapa une petite boite élégamment ouvragée sur le bord de la table qui les séparaient et la lui tendit. Hermione ne la toucha pas.

"-Nous avons un ami en commun, Hermione, qui nous cause bien des tourments. Harry Potter m'a volé treize années de ma vie et, à cause des ennuis qu'il aime bien chercher, vous n'avez aujourd'hui plus de parents...

-Je ne trahirais pas Harry.", hoqueta Hermione.

Le sourire de Vous-savez-qui s'élargit.

"-Et je ne vous le demande pas.", répondit-il. "Je tentais simplement de faire un petit brin de conversation. Mais puisque vous semblez nerveuse, je vais essayer d'aller droit au but."

Le silence s'installa. Une, deux, trois secondes. Et puis il reprit :

"-Dumbledore et moi avons passé un petit accord, que ce cher Severus a déjà dû évoquer devant vous. Nous nous sommes, pour ainsi dire, partagé votre garde. Vos vacances d'été seront passées avec nous au lieu que je vous indiquerez. Pour ces vacances, vous resterez ici, au Manoir Malefoy."

Hermione sentit un léger frisson lui parcourir le corps et crut voir, l'espace d'un instant, des runes apparaître sur ses mains.
Sans connaître la nature du sortilège lancé, elle devina que le Seigneur des Ténèbres, par sa simple phrase, venait de sceller le contrat passé avec Dumbledore.

"-Vous aurez le droit à de petites sorties, limitées à une journée et sept heures, et soumises à mon approbation. A la rentrée vous irez à Poudlard et...pourrez retrouver notre ami commun. En échange de ces étés que vous passerez avec nous, vous aurez droit d'asile chez tous mes mangemorts."

Nouvelle pause. Nouveau silence.
Et ce sourire affreux, qui enserrait son coeur dans un étau de glace.

"-Ceci étant dit, jouer avec ce vieux fou amoureux des grandes phrases aussi pleines de bons sentiments qu'inutiles pendant la bataille...finirait vite par me lasser.", reprit le Lord. "C'est pourquoi, j'aimerais que nous jouions à un autre jeu. Juste vous et moi."

Les mains écartées, dans un geste d'invitation et d'apaisement, le mage noir paraissait presque moins dangereux.
Presque.

"-J'ai dit que je vous accorderais de petites sorties cet été et, pour tout ce qui concerne l'enterrement de vos parents, je vous les accorderais sans discuter. Pour les autres sorties que vous pourriez vouloir faire, vous allez devoir utiliser ceci.", déclara-t-il en indiquant la petite boite à Hermione. "J'ai moi-même enchanté cette boite et elle contient le seul objet qui pourra vous permettre de sortir de ce Manoir. Les portes sont à présent scellées et je vous déconseille fortement d'essayer de forcer les sortilèges qui protègent l'entrée."

Hermione regarda la petite boite en bois clair qui trônait de son côté de la table. Cette chose était-elle vraiment une clé pour sortir du Manoir ? Ou s'agissait-il d'un piège ?

"-Cette boite à musique contient une ballerine qui peut être remontée. Pour que la ballerine se mette à danser, il faudra la remonter puis répondre à la question qu'elle vous posera en articulant bien votre réponse. A chaque bonne réponse, la ballerine et son socle disparaîtront et vous aurez accès à un bracelet qui porte ma marque et celle des Malefoy entrelacées. Le bracelet vous permettra de sortir d'ici par le moyen que vous voudrez. Il y a un décompte sur le bracelet qui vous indique le temps qui vous reste à passer dehors. Lorsque le temps est écoulé, le bracelet revient automatiquement à son point d'origine et la ballerine se remet au-dessus."

Hermione posa une main hésitante sur la boite. Ou était le piège ? Dans les énigmes ? Dans la ballerine ? Dans le bracelet lui-même ?
Risquait-elle quelque chose en manipulant le bracelet ?

"-Si vous n'êtes pas rentrée avant le bracelet, il vous faudra vous rendre chez un de mes mangemorts le plus rapidement possible et demander à ce que je sois appelé. Sinon...il se pourrait bien que vous vous sentiez mal."

Il y avait forcément un piège. C'était bien trop beau pour être vrai.
Mais le professeur Rogue avait dit que Vous-savez-qui la croyait confiante. Risquait-elle quelque chose à poser la question qui lui brûlait les lèvres ?

"-Croyez-vous être capable de me mentir, Hermione ?", interrogea le mage noir. "Je peux presque sentir ces questions qui hantent votre esprit. Je vous en prie, exprimez-les. Je suis un homme très pris et il se peut que vous n'ayez plus l'occasion de les poser avant un long moment."

Hermione hésita encore. Ses questions pouvaient-elle être néfastes à Harry ?

"-Vous avez parlé d'un jeu.", osa-t-elle. "Mais les jeux comportent toujours un gagnant et un perdant.

-Vous êtes intelligente. C'est bien.", approuva-t-il, un éclat étrange au fond des yeux. "Le jeu est dans les questions auxquelles vous devraient répondre. Elles sont toutes liées. A la fin de l'été, la ballerine vous énoncera une énigme à laquelle vous devrez répondre. Si vous réussissez, je vous laisserais choisir un de vos amis, Potter excepté, et je lui accorderais la même protection qu'à vous. Si vous échouez...vous verrez à ce moment là."

Hermione prit une inspiration et...réfléchit. Si le mage noir disait la vérité...utiliser la ballerine devait être dangereux et tout reposerait sur l'énigme finale. S'il mentait...elle n'avait aucun moyen de le vérifier maintenant..

"-Je...je joue.", osa dire Hermione.

"-Merveilleux.", approuva le Lord noir. "Et à présent...si nous prenions le thé ?"

… … …

Bien qu'Hermione l'ait fortement craint, Vous-savez-qui ne semblait pas avoir mis de véritasérum dans son verre. La fin de leur conversation s'était déroulée plutôt calmement et le mage noir s'était contenté de lui parler de son avenir scolaire.

Evidement, le mot conversation n'était peut-être pas le plus approprié pour désigner le monologue qu'elle avait été parfois forcée d'interrompre pour répondre à une question posée par le sorcier qui lui faisait face.

Mrs. Malefoy était ensuite venue la chercher et l'avait emmenée dans une nouvelle pièce : un bureau grand et imposant. Tout y respirait le luxe et la prestance, et l'étalage de pouvoir qui y régnait avait immédiatement mis Hermione mal à l'aise.

Mrs. Malefoy lui avait dit s'être occupée des détails concernant la succession pour que toute les affaires de ses parents lui reviennent sans qu'elle n'ait à passer par le notaire et l'administration sorcière ou moldue.

Mrs. Malefoy était sans aucun doute pleine de bons sentiments mais Hermione avait ressentie une certaine colère à l'idée que ce soit elle qui se soit occupée de tout ça.
De quel droit une femme de mangemort s'occupait-elle du testament de ses parents ?

Mais Hermione avait décidé de suivre les conseils de son professeur et faisait profil bas.

Mrs. Malefoy avait ensuite proposé qu'elles aillent s'occuper de l'enterrement ensemble et Hermione n'avait pu s'empêcher de faire remarquer qu'elle voulait un enterrement moldu avec ce qui restait de sa famille.

Visiblement peu surprise, Mrs. Malefoy avait alors déclaré qu'il lui faudrait un peu de temps mais qu'elle s'assurerait de trouver un service moldu.

L'entrevue avait duré un certain temps et, comme avec Vous-savez-qui, Hermione n'avait pas eu à dire grand chose.
Puis, Mrs. Malefoy l'avait ramenée à sa chambre en lui disant qu'elle essayerait d'obtenir du Seigneur des Ténèbres le droit de faire une sortie le lendemain pour aller faire quelques emplettes sur le chemin de traverse.
L'idée de passer une journée à faire les magasins pour trouver des robes et des chaussures n'enchantait absolument pas Hermione mais elle devait bien avouer qu'elle avait plus que hâte de pouvoir se retrouver hors du manoir Malefoy.

"-Lala sera à votre service durant tout le temps de votre séjour ici.", annonça Mrs Malefoy en désignant une petite elfe aux yeux tristes. "Et...vous êtes cordialement invité à dîner avec nous ce soir. Si vous désirez un plat en particulier, il vaudrait néanmoins mieux le demander maintenant."

N'obtenant pas de réponse, Mrs Malefoy patienta quelques - longues - secondes, puis s'excusa et sortit.

"-Si Miss Granger a besoin de quelque chose, Lala sera en cuisine.", dit la petite elfe d'une voix fluette. "Lala s'excuse mais Lala voudrait aller aider Dipsy à faire le repas. Mais si la petite maîtresse veut que Lala reste ici alors Lala restera.

-Tu peux aller aider ton ami.", dit doucement Hermione.

Une fois l'elfe partie, Hermione, enfin seule, se laissa tomber sur le lit, la petite boite à musique dans ses bras.

… … …

C'était une catastrophe !
La fille était au mieux insensible, au pire méfiante.
Dans un tel contexte, comment Narcissa pouvait-elle espérer gagner sa confiance ?

Tentant de se calmer, Narcissa se mit à faire les cents pas. C'était une bien mauvaise habitude que sa mère lui aurait reprochée si elle avait pu la voir, mais Narcissa était seule et elle en avait besoin.

A bien y réfléchir, elle ne connaissait rien de la fille. Et c'était bien le coeur du problème. Les seules personnes qui auraient pu l'aider étaient Severus et son fils.
Mais Severus était contre elle dans cette affaire et son fils avait trop de rancoeur vis-à-vis de la sang...d'Hermione pour se montrer très utile.

Désespérée, Narcissa se laissa tomber sans grâce aucune sur le fauteuil de sa coiffeuse.

Comment faire pour entrer dans les bonnes grâces de la fille ?


Déjà la fin de ce chapitre et le jeu va pouvoir démarrer.
A votre avis, Voldemort a-t-il menti ? Et, si oui, où est le piège ?