Disclamer : Rien n'est à moi sauf l'histoire, 2/3 inventions et mes OCs qui ne me rapportent pas une mornille.
Hello !
Ici un journaliste abominable, Narcissa qui fait des progrès, Hermione qui fait du sur-place et Drago qui est un crétin.
La petite scène du diner chez les Malefoy et un peu...moins formelle que ce qu'on pourrait attendre chez des sang-purs, mais j'essaie d'imaginer ce que pourraient vraiment faire les personnages s'ils étaient dans cette situation et...je voyais difficilement Drago passer de la fouine bondissante à un grand blond au regard acier et au cœur de glace en un battement de cils.
Mais bon, c'est mon point de vue, vous pouvez le partager ou non...
Swangranger: Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me rassure beaucoup :)
Bref, j'arrête de parler et bonne lecture !
Chapitre 7 : L'article de la Gazette
Furieuse, Narcissa jeta le journal sur le lit dans un geste bien peu aristocratique.
Bien évidemment, la nouvelle de la mort des parents de Granger ne pouvait pas rester très longtemps secrète mais...pourquoi ça ?
Le petit déjeuner allait bientôt être servi, tenta de se raisonner Narcissa. Elle devait s'habiller et se maquiller avant de descendre : entre Hermione et les mangemorts rodants plus ou moins perpétuellement dans le manoir, il était hors de question qu'elle se permette une simple robe de chambre comme...comme lorsqu'ils n'étaient que trois.
Narcissa soupira en se remémorant les longues discussions et les moments paisibles qu'ils avaient vécus avant qu'Il ne revienne.
Bien sûr, elle voulait vivre dans le meilleur des mondes possibles, loin des impurs et de la bassesse de ce monde. Mais elle avait passé l'âge des idéaux et la vie dans un monde en paix, aussi souillé soit-il, lui plaisait.
La première guerre avait été terrible. Elle y avait perdu ses deux soeurs, ses cousins, bon nombre d'amis...c'était presque un miracle que leur petite famille ait survécu.
Non, pas un miracle. L'oeuvre de Lucius.
Fermant les yeux, Narcissa se rappela la rubrique nécrologique qui remplissait les pages de la Gazette, le chemin de traverse où les boutiques fermaient les unes après les autres, les maisons incendiées dont elle voyait les restes fumants lorsqu'elle allait faire ses courses à Prés-au-Lard ou sur le chemin de traverse.
Mais Lucius avait été là. Durant la guerre, il les avait protégés. Et après...après aussi.
Il avait réussi à persuader le ministère de leur innocence.
Il s'était battu. A coup de gallions, de sourires et poignards dans le dos.
Et les Malefoy avaient remonté la pente, retrouvé leur respectabilité.
Alors maintenant...Narcissa ne voulait plus. Bien sûr, elle approuvait le Seigneur des Ténèbres. Mais elle avait un fils à présent.
Et il méritait mieux qu'un monde en guerre qui engendrerait inévitablement un monde en ruine.
Elle ne voulait pas avoir survécu à l'enfer pour voir son fils le vivre à son tour...
Narcissa rouvrit les yeux et se leva machinalement pour aller prendre des vêtements dans l'armoire.
Sur son chemin, elle vit le journal du matin - que Lucius se faisait toujours livrer en avance à et sa colère refit surface.
Une photo de Granger entourée de ses parents faisait la une. Et si Narcissa ignorait comment le journaliste avait réussi à se procurer la-dite photo, elle était en revanche certaine que l'article n'allait pas plaire à tout le monde.
A commencer par Hermione.
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Hermione laissa son doigt courir le long du livre. La couverture était attrayante et elle éprouvait un certain réconfort à sentir le cuir familier sous sa main.
Même s'il fallait admettre que les Malefoy remplissaient leurs devoirs d'hôte à la perfection, Hermione se sentait mieux ici, dans la bibliothèque.
Pourtant, songea Hermione, la matinée avait été plutôt bonne si, bien sûr, on tenait compte du fait qu'elle était toujours retenue chez une bande de mangemorts psychopathes.
Le petit déjeuner s'était déroulé sans incident notable...si l'on exceptait bien sûr le fait que Malefoy fils s'était plaint de douleurs aux avants-bras tout en refusant de dire comment il avait réussi à se retrouver littéralement couvert de griffures et de morsures de chat en l'espace d'une nuit.
Hermione n'avait pas pu s'empêcher d'arborer un sourire triomphal en voyant la masse de cicatrices dont l'auteur, selon toute évidence, ne pouvait être qu'un animal qu'elle connaissait très bien.
Elle était néanmoins surprise dans la mesure où, Pattenrond ayant dormi dans sa chambre la nuit, elle avait du mal à voir quand Malefoy avait pu se faire malmener par son merveilleux compagnon à poil roux.
Mais Hermione avait su se retenir de rire et de poser des questions pour le moins indiscrètes, et aucune dispute n'avait eu lieu.
A présent, Hermione, enfin délivrée du supplice de déjeuner à la table des Malefoy, regardait attentivement les titres du rayon dédié à la magie de l'esprit de la bibliothèque des Malefoy.
Mrs. Malefoy, également dans la bibliothèque, n'était pas dans son champ de vision. Elle devait se trouver non loin de là, assise dans son fauteuil et absorbée dans le petit livre qu'Hermione l'avait vu prendre sur la table basse.
Runes intimes : 101 questions-réponses sur la psychomagie.
Hermione attrapa le livre et le posa au dessus de la petite pile qu'elle portait déjà à bout de bras. Elle se dirigea ensuite vers le bout de la rangée et se retrouva dans l'allée centrale de la bibliothèque. Elle remonta l'allée et atteignit l'un des petits espaces de lecture de la pièce.
Mrs. Malefoy était déjà installée confortablement et sirotait un thé en lisant. Elle ne leva pas les yeux vers Hermione, totalement absorbée par sa lecture.
Hermione se déplaça jusqu'à un des fauteuils placé près d'une table basse et y posa ses livres. Elle saisit le premier et commença à lire.
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La psychomagie était véritablement une science fascinante et Hermione avait du mal à comprendre pourquoi elle n'en avait jamais entendu parler à Poudlard.
Y avait-il des dangers si grands à l'utiliser que l'on préférait taire jusqu'à son existence ? Hermione ne comprenait pas.
Peut-être les livres des Malefoy étaient-ils biaisés ? Peut-être cachaient-ils des informations...
Pourtant Hermione devait admettre qu'elle avait adoré sa première séance. Mrs. Gateway l'avait aidée à faire le vide dans son esprit et à y voir clair.
Hermione ne pouvait pas ramener ses parents. Elle ne pouvait que garder le souvenir d'eux au fond de son coeur et espérer que, où qu'ils soient, ils soient ensembles et heureux.
Ils n'avaient pas souffert, ils étaient ensembles à présent, et jamais leur fille ne les oublieraient.
Oui, Mrs. Gateway avait raison.
La vie ne s'était pas arrêtée avec eux et Hermione, malgré tout son chagrin, ne pouvait pas se laisser aller au désespoir.
Pourtant, elle aurait tant aimé que Harry et Ron soient là. On ne pouvait pas vraiment dire qu'ils étaient très doués pour consoler les gens mais...ils lui manquaient terriblement.
Harry et son sourire, Ron et son humour.
Les yeux d'Hermione s'emplirent de larmes.
Elle ne voulait plus être seule.
Elle serra les poings, tentant de se calmer.
Mais elle aurait tellement voulu qu'ils soient là...
Les larmes commencèrent à couler et Hermione referma précipitamment son livre.
Elle se leva et, le livre toujours dans sa main, s'éloigna du coin lecture.
Elle sortit de la bibliothèque et courut rapidement à sa chambre.
Sans s'arrêter, elle alla se cacher dans la salle-de-bain et referma la porte derrière elle.
Cela ne faisait que quatre jours et déjà elle craquait.
Mais elle était si seule...
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Narcissa regarda la fille partir presque en courant.
Hermione allait mal. Mais que pouvait-elle faire ? Jusqu'ici, rien n'avait semblé pouvoir l'apaiser. Rien ...sauf cette insolente psychomage.
Narcissa hésita. La psychomage serait sans aucun doute efficace. Mais...à dire vrai, Narcissa répugnait à recontacter cette Gateway.
Même si le Maître semblait vouloir qu'Hermione voit cette femme, Narcissa n'avait aucune envie d'aller implorer son aide le lendemain de sa première humiliation.
Elle se leva donc et se mit à marcher vers la sortie.
Bien sûr, il faudrait prévoir une nouvelle séance de psychomagie.
Mais pour cette fois, Narcissa serait bien capable de se débrouiller seule.
Elle sortit de la bibliothèque et hésita un instant : la fille avait du retourner dans sa chambre, n'est-ce pas ?
Par mesure de précaution, Narcissa sortit sa baguette et exécuta délicatement les mouvements requis. Aussitôt, le sortilège détecta les empreintes de pas les plus récentes et les nimba d'une lumière fluorescente.
Hermione était bien partie vers la chambre.
Narcissa suivit les empreintes et se retrouva devant la porte de la pièce où devait se trouver Hermione. Elle toqua, puis, n'ayant aucune réponse, entra prudemment.
Pas de traces de la fille.
Mais des bruits de sanglots discrets qui venaient de derrière la porte de la salle-de-bain.
Narcissa s'approcha, toqua à nouveau, et tenta d'ouvrir la porte. Fermée à clé
Soupirant, Narcissa se remémora toutes les fois où, enfant, Drago s'était enfermé dans un placard pour bouder.
Elle posa ses mains et son oreille sur la porte.
"Hermione ? C'est Narcissa, déclara-t-elle. Je vais entrer."
Puis, Narcissa lança le sort et un déclic se fit entendre.
Elle appuya sur la poignée et ouvrit.
La fille était appuyée sur le mur. Elle avait pleuré.
Elle tenait un livre serré dans ses mains et oscillait doucement comme si elle avait tenté de se bercer elle-même.
Quelque chose passa entre les jambes de Narcissa et celle-ci sursauta.
Le gros chat roux se jeta sur sa Maîtresse et vint ronronner à ses pieds.
Narcissa agita à nouveau sa baguette et un flacon apparut dans sa main. Elle le tendit à Hermione.
"C'est une potion d'apaisement, dit-elle. Cela vous fera le plus grand bien.
-Je ne la prendrais pas." affirma Hermione, avec un visage buté.
Narcissa soupira. L'espace d'un instant, elle avait oublié à quel point les enfants pouvaient être têtus.
Hermione plissa les yeux et redressa le menton, prête à défendre son point de vue.
La fille ressemblait tant à Drago quand il faisait ses caprices étant petit que Narcissa ne put s'empêcher d'éclater de rire.
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Mrs. Malefoy riait gaiement et Hermione se sentait gênée. Etait-elle risible à ce point ?
"Excusez-moi, réussi à souffler Mrs. Malefoy. Mais...vous ressemblez tellement à mon fils."
Hermione manqua de s'étouffer. Comment cette femme pouvait-elle la comparer à Malefoy ? Ils...ils n'avaient absolument rien en commun.
Mais Narcissa, qui avait réussi à se contenir, la regardait maintenant avec un sourire amusé et des yeux rieurs qui perturbaient Hermione plus qu'elle ne l'aurait voulu.
Elle ne ressemblait pas à Malefoy !
"Bon, dit Mrs. Malefoy en faisant disparaître le flacon de potion. Chocolat ou thé ?"
Hermione écarquilla les yeux. Mrs Malefoy était visiblement de très bonne humeur et cela tranchait de façon étrange avec le deuil auquel Hermione faisait face.
Mrs Malefoy se dirigea vers la porte et glissa, avant de sortir :
"Je vais mettre le chocolat sur la coiffeuse. Viens quand tu te sentira prête."
Hermione n'avait aucune envie d'y aller.
Mais Pattenrond se détacha d'elle et se dirigea lui aussi vers la porte.
Il s'arrêta à l'entrée de l'autre pièce, attendant visiblement Hermione.
Pattenrond était un demi-fléreur et un animal intelligent. Il avait su détecter Pettigrow le jour même où il avait fait sa connaissance et ne s'était pas trompé sur Sirius.
Peut-être n'y avait-il aucun risque à prendre le thé avec Mrs. Malefoy.
Peut-être avait-elle le droit de ne pas être totalement seule.
Peut-être pouvait s'accorder quelques minutes de douceur sans que cela ne nuise à Harry.
Et puis...le professeur Rogue ne lui avait-il pas dit de se fondre dans le décor ?
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Narcissa était...contente.
La fille, malgré ses réticences, avait repris trois fois du chocolat chaud, confirmant ainsi l'intuition de son hôte : Hermione était comme son fils ; une enfant. Et en cela, ils avaient bien plus de points communs que Narcissa ne l'aurait imaginé à l'origine.
Car après tout, quand il était petit, Drago aussi ne sortait de son placard qu'en échange d'un bon chocolat chaud.
Ah, les enfants...
Puis, elle avait réussi, en commençant par parler de psychomagie, à faire dévier la conversation vers la mode sorcière et à expliquer à Hermione à quoi servaient les différentes brosses à cheveux qu'elle avait mises dans sa coiffeuse.
Ce n'était bien sûr qu'une petite victoire et Narcissa devait actuellement faire face à des problèmes bien pire que celui-ci mais...vaincre le crime contre la bienséance que constituait la chevelure d'Hermione faisait parti de ces petits plaisirs de la vie qu'il fallait savoir savourer.
Et, cerise sur le gâteau, Narcissa avait même réussi à persuader la fille de la laisser lui montrer comment faire.
Ainsi, Narcissa se retrouvait donc devant la coiffeuse, à brosser les cheveux de la jeune fille, transformant petit à petit la crinière indisciplinée en une soyeuse et belle cascade brune.
"Pour des cheveux comme les tiens... expliquait Narcissa. ...il vaut mieux n'utiliser que des sorts doux et non-pénétrants. Ce type de cheveux peut nécessiter un travail très régulier et des sorts de lissage plus forts ne feraient qu'abîmer le cheveu...
Hermione n'avait pas l'air très intéressée par ce que Narcissa disait mais celle-ci ne pouvait s'empêcher de continuer. La conversation paraissait peut-être ennuyeuse à la jeune fille, mais à ce niveaux d'inélégance, Narcissa jugeait l'enseignement nécessaire.
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Hermione avait envie de bailler.
Elle ne s'ennuyait pas. Non, elle était juste...bien.
Mrs Malefoy lui brossait doucement les cheveux et, loin de ressentir une quelconque douleur due aux démêlage des cheveux, Hermione avait plutôt l'impression d'être en plein massage du crane.
...et elle se sentait bien.
Mrs. Malefoy parlait sans discontinuer de choses qui n'intéressaient pas vraiment Hermione mais sa voix posée avait quelque chose de réconfortant. Un peu comme une berceuse.
Hermione ignorait si la fenêtre était enchantée ou non, mais un soleil réconfortant passait au travers des rideaux et, entre Pattenrond qui ronronnait sur la coiffeuse, Narcissa qui parlait doucement et le mouvement apaisant de la brosse dans ses cheveux, la jeune fille devait bien admettre qu'elle se sentait apaisée.
Paresseusement, Hermione tendit la main pour attraper la tasse de chocolat posée devant elle.
Mrs. Malefoy était l'ennemi insidieux, tenta-t-elle de se rappeler. Hermione se trouvait chez l'ennemi, en danger et...
Chocolat... fut la seule information que son cerveau parvint à enregistrer lorsqu'elle sentit le doux breuvage couler dans sa gorge.
Et Hermione prit le temps d'apprécier sa gorgée de chocolat chaud avant que son esprit ne se remette à analyser la situation.
Mrs. Malefoy n'avait pas tenté de lui arracher d'informations, se rassura-t-elle. En fait, c'était plutôt elle qui était en train d'enregistrer des informations.
Bon, il s'agissait d'informations inutiles concernant toutes les évolutions de la mode sorcière ces trois dernières semaines mais le fait restait le même : elle ne trahissait pas Harry.
Et puis, le professeur Dumbledore ne s'était-il pas assuré qu'elle soit en sécurité ? Personne n'avait le droit de lui faire du mal et elle ne dirait rien volontairement.
Hermione ferma les yeux, oubliant petit à petit sa tristesse et sa méfiance.
Tu réfléchis trop, lui aurait sûrement dit Ron.
Il n'y avait pas de danger. Elle pouvait se concentrer sur ici et maintenant.
Ici et maintenant.
Et doucement, Hermione se laissait faire.
Pourquoi fallait-il donc que l'ennemi fasse un aussi bon chocolat chaud ?
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Narcissa referma la porte et sourit.
De l'autre côté, Hermione devait être allongée sur son lit, un livre à la main.
Calmée et les cheveux brossés, la jeune fille avait peu à peu fait taire son chagrin et Narcissa avait décidé de prendre congé.
Tout s'était bien passé mais mieux valait partir maintenant, sur une note positive, que de risquer de gâcher l'instant présent.
Tout allait pour le mieux et Narcissa pouvait se féliciter d'avoir su gérer au mieux la situation.
Et sans appeler Gateway, se rengorgea Narcissa.
Contrairement à cette psychomage de bas étage qui avait besoin de toute un panoplie de sortilèges pour mystifier le monde, elle n'avait eu besoin que d'un peu de douceur et d'un litre de chocolat chaud.
Narcissa repartit vers la bibliothèque. Même si le temps passé avait été fructueux, elle ne devait pas oublier ce sur quoi elle avait été en train de travailler avant qu'Hermione n'ait besoin de son aide.
Les fils de Brocéliande n'attendaient qu'elle pour faire leur office.
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Accroupi sous le bureau, Ron tentait de défroisser discrètement le journal.
Il n'avait jamais été lecteur assidu de la Gazette. Généralement, il ne lisait que les gros titres et la rubrique des sports, s'attardant assez peu sur les intrigues politiques et les faits divers qui remplissaient les pages du quotidien.
Bien sûr, pendant le tournoi, il avait lu les articles sur Harry, mais à Poudlard, c'était surtout Hermione qui lisait et relevait les détails de l'actualité.
Seulement aujourd'hui, quand il avait demandé quelles horreurs Skeeter et ses petits copains avaient pu encore écrire sur Harry, il avait bien sentit la gêne de son père.
Et surtout, il avait bien vu sa mère mettre subitement et accidentellement le feu au journal posé sur la table.
Accident, mon oeil ! pensa furieusement Ron.
Fort heureusement, Percy, qui semblait avoir décidé de démarrer une vie d'ermite, avait pris l'habitude de se faire livrer son propre journal dans sa chambre.
Ron était donc monté discrètement et se trouvait maintenant sous le bureau de son frère, le journal du matin dans les mains.
Et il n'aimait pas du tout ce qu'il était en train de lire.
Apparemment bien informée à trop informée à la Gazette, détaillait de manière abominable les déboires d'Hermione.
Et même si Ron savait qu'il avait besoin des informations contenues dans l'article, il ne pouvait s'empêcher de rager.
Comment ces choses qui se faisaient passer pour des journalistes pouvaient-il oser parler d'Hermione de la sorte ?
Hermione Granger, une jeune amie de Potter a perdu ses parents dans un tragique accident de voiture. A croire que le Survivant porte malheur. Quoiqu'il en soit, on dit que la jeune femme, très perturbée, serait atteinte de troubles de magie accidentelle. Elle serait, d'après une source fiable, forcé de suivre une cure chez Mrs. Gateway, une psychomage renommée du chemin de traverse...
Et tout l'article continuait ainsi, ridiculisant Hermione et humiliant Harry. Les Malefoy, eux, étaient en revanche glorifiés :
Fort heureusement pour la pauvre orpheline, la famille Malefoy, en tant que grande donatrice de la Communauté d'Aide aux Orphelins Sorciers, a accepté de la recueillir le temps qu'il faudra pour lui trouver une famille d'accueil. Nul ne doute qu'en présence de sorciers si généreux et influents, la jeune fille aura accès à tout ce dont elle pourrait avoir besoin. On en viendrait presque à l'envier, si la raison de sa chance n'était pas aussi tragique ...
L'article donnait à Ron l'envie de vomir. Ou de frapper quelque chose. De préférence grand, humain et travaillant à la Gazette du sorcier.
Ron ferma les yeux pour ne plus voir le torchon qu'il tenait dans les mains.
Il voulait crier, pleurer, frapper, mordre.
Il voulait...
Il voulait qu'Hermione soit là pour lui dire quoi faire et qu'Harry arrive pour tout réparer.
Mais Harry était coincé chez ses moldus et Hermione n'était pas en mesure de l'aider.
Ron était tout seul et il devait faire quelque chose...sans se tromper.
Il rouvrit les yeux.
L'article avait au moins un côté positif : il lui donnait l'information dont il avait besoin.
La psychomage d'Hermione s'appelait Gateway.
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La journée avait pourtant été fructueuse, songea Narcissa :
Elle avait passé un bon moment avec Hermione, elle avait pu voir son fils s'entraîner au Quiddicht dans le jardin, et elle avait bien avancé sur sa conception du sortilège de Brocéliande. Le schéma des runes à apposer était presque fini et elle avait pu commencer la potion qui servirait à enchanter le tissu.
En somme, tout allait parfaitement bien.
Tout, sauf son fils qui avait visiblement décidé de venir gâcher cette si délicieuse journée.
"Qu'est-ce que tu insinues, Malefoy ?" siffla Hermione.
Narcissa aimait beaucoup son enfant, mais il fallait bien admettre qu'il était parfois...très enfant. Pour ne pas dire stupide et puéril.
"Drago, je ne crois pas qu'il soit utile d'en rajouter. Miss Granger a bien assez de soucis en ce moment, le sermonna son père. De plus, il serait bon que vous vous rappeliez votre rang et la façon dont la famille Malefoy se doit de traiter ses invités."
Lucius avait parfaitement raison. Malheureusement, Narcissa savait que son intervention arrivait trop tard.
Et puis, c'était Lucius qui les avait lancé sur ce sujet.
Parfois, son mari était aussi stupide que son fils. A moins, bien sûr, que ce ne soit son fils qui soit aussi stupide que son mari.
"Où est la Gazette ? demanda furieusement Hermione.
-Plaît-il ?" répondit Lucius en tentant - très piètrement - de prendre un air innocent.
Oui, Narcissa devait bien l'admettre : jusqu'ici, sa journée avait été parfaite.
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Hermione fulminait.
L'article, qu'elle avait fini par arracher des mains de Malefoy, était odieux. Non content de l'humilier, elle, il fallait aussi qu'ils se moquent d'Harry et souillent la mémoire de ses parents.
La rage montait en elle, la faisant trembler. Pourtant, un autre sentiment la faisait vibrer également : un vide, une douleur qui menaçait de déborder.
"Drago, tu montes dans ta chambre. Et inutile d'appeler les elfes pour t'apporter à manger : tu es privé de dessert." claqua la voix de Narcissa.
Hermione entendit vaguement Malefoy protester. Elle n'arrivait pas à détacher ses yeux du journal.
La Gazette s'était moquée d'elle l'année précédente lors du tournoi des trois sorciers mais rien de ce qu'avait pu dire Skeeter n'avait eu une telle portée.
Là...là, c'était ses parents...morts...dont la Gazette se moquait.
Sans ses parents trop ignorants du monde sorcier pour comprendre ce que vit leur fille, on peut espérer que celle-ci sera à même de choisir de meilleurs amis que ceux qu'elle possède actuellement...
L'auteur de l'article, qui avait signé n°273, n'avait ménagé que les Malefoy. Tout les autres - Harry, Hermione, Dumbledore, les Weasley et, surtout, son père et sa mère - étaient, au mieux pris en pitié, au pire raillés et humiliés.
Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux.
Elle se leva brusquement de table et courut hors de la pièce.
De quel droit osaient-ils ?
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Narcissa se glissa doucement dans la chambre.
Un miaulement doux la salua et, étrangement, cela la rassura.
La fille était roulée en boule sur son lit, le chat serré contre elle comme une grosse peluche très poilue.
Elle pleurait.
Narcissa s'approcha et vint s'asseoir au bord du lit. La chose était une impure, elle ne méritait pas son attention. Seul l'espoir d'obtenir les faveurs du Maître pouvait justifier que l'on s'intéresse à elle.
Pourtant, Narcissa ne pensait ni au Maître, ni à sa position...ni même à son fils, quand elle posa sa main sur l'épaule d'Hermione.
Juste à ces grands yeux brillants et à tout ce qu'ils reflétaient.
La jeune fille se raidit sous son contact et Narcissa se sentit...gênée.
"Je suis désolée, dit-elle. J'ignore qui a fait paraître cet article mais je peux vous assurer que cela ne restera pas impuni."
Perturbée et peu habituée à gérer ce genre de désespoir, Narcissa se sentait totalement inutile.
"Ce qu'ils ont dit sur mes parents... souffla Hermione. Ce sont des monstres."
De l'avis de Narcissa, le qualificatif monstre pouvait tout aussi bien s'appliquer aux moldus qu'aux journalistes. Néanmoins, elle supposait qu'Hermione voulait parler des journalistes.
"Partez, continua Hermione. Je n'ai pas envie de supporter votre fausse compassion ce soir."
Narcissa fronça les sourcils avant de comprendre que les mots s'adressaient à elle.
Bien évidemment, la fille n'avait pas tord : elle était là parce que le Seigneur des Ténèbres lui avait ordonné de s'occuper de la prisonnière.
Sinon, pour quelle raison se serait-elle occupée d'une sang-de-bourbe mal dégrossie ?
Pourtant, quand elle referma la porte sur la jeune fille qui serrait toujours son chat dans ses bras, Narcissa ne put s'empêcher de sentir son coeur se serrer.
Et elle ne savait pas pourquoi.
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Severus revérifia son équipement.
Eleg n'était pas particulièrement puissante et il y avait peu de chance qu'elle puisse lui faire du mal.
Mais elle était passée maître dans l'art de s'échapper et si jamais elle y parvenait... le Seigneur des Ténèbres découvrirait ce que manigançait son maître des potions.
Après avoir ré-examiné pour la huitième fois la totalité de ses armes et potions, Severus se leva et passa sa cape.
Cette nuit, il saurait ce qu'Eleg voulait faire de Granger... ou le Seigneur des Ténèbres saurait ce que Severus pensait de cette idée.
Quitte ou double, songea-t-il.
Décidément, Severus haïssait ce rôle d'espion.
Mais il aurait encore plus haï de ne rien savoir.
Et voilà, c'est fini ! (enfin pour aujourd'hui).
Le suspense va mourir au prochain chapitre. (ou pas : cette histoire devait faire 25 chaps à tout casser et je viens de finir le 37ème sans avoir fini).
Cela signifie néanmoins qu'il vous reste 1 semaine pour essayer de deviner ce qu'a fait Eleg ! (une séance de psychomagie avec Gateway et une révélation spéciale envoyée par mp à celui/celle qui trouve).
Bref : j'attends vos avis/impressions/sentiments/idées...
