Après des mois et des mois d'absence, Sylvana fait son grand retour ! Youhouh ! Ouais !
Enfin ! C'est pas trop tôt !
La motivation étant revenue, je vous offre la suite des aventures de la chère petite soeur de notre prince des glaces préféré !
Une suite un peu courte, certes, mais qui va progressivement introduire la bataille de New-York!
Merci à Petit Sushi et amelie mallette pour leurs reviews d'encouragement! Merci beaucoup !
"Du er mitt blod" n'est pas le seule fanfiction que je reprends. Non, je les reprends toutes ! Aucun OC ne sera laissé dans un coin !
Sur ce, merci encore de votre fidélité à cette histoire !
Bonne lecture !
Les yeux perdus dans le vague, une main crispée sur son abdomen, Captain America se souvenait. Se souvenait de ces doigts si fins se promenant sur cette lance d'argent. De ces iris d'un bleu surréaliste, porteurs de tant de chaos.
Rien ne lui avait échappé. Ses gestes. Ses rictus. Ses regards.
Les images ne cessaient de défiler devant ses yeux sans qu'il ne trouve le moyen de les endiguer. Le poussant lentement à bout. L'enfermant peu à peu dans un cauchemar.
— C'était dans la veste de Coulson. Il n'a pas trouvé le temps de vous les faire signer.
Il inspira longuement. Longuement. Douloureusement.
Sur la table circulaire… se trouvaient les…
Le monde s'écroula en l'espace d'un instant. En l'espace de quelques malheureuses secondes.
Sur la table circulaire se trouvaient les cartes collector de Phil Coulson. Celles qu'il avait rêver de faire signer à son idole. A lui, Captain America, le sauveur du peuple américain…
Sauveur…
Non… sauveur n'était pas un mot qui convenait… pas après cet échec cuisant…
Pas après avoir été transpercé par la lance d'une déesse. Pas après avoir chuté. Pas après avoir courbé aussi lamentablement l'échine…
Ses iris se fixèrent subitement sur la petite image. Tâchée du sang de l'agent.
Sang qui se répandait lentement sur ses doigts.
— Nous ne sommes plus rien ici…
Peu lui importait le discours de Fury. Peu lui importait les ordres du SHIELD.
Ils avaient perdu Banner. Ils avaient perdu Thor. Ils avaient perdu Sylvana. Ils avaient perdu Coulson.
Mort. Mort. Possédée. Mort.
Sa conscience était désormais gangrenée par ce sentiment que l'on appelait la culpabilité.
Une culpabilité qui le rongerait jusqu'à son dernier souffle.
— Je n'ai plus rien pour vous. J'ai perdu mon seul œil valide.
Nick Fury n'était pas le seul à se sentir impuissant.
Stark et lui se sentaient également démunis face aux forces du cosmos.
Il n'était plus Captain America. Il était redevenu Steve Rogers, le petit gars maigrichon qui recevait sans cesse des coups. Qui se faisait sauver la peau par Bucky.
Une époque bien loin derrière lui. Et pourtant si présente dans son esprit.
— Oui, nous voulions réunir un arsenal grâce au Tesseract.
Il tournait, tournait et tournait autour d'eux. Tel un lion en cage.
Cependant, Steve n'y fit pas plus attention que cela. Non, il n'avait que faire des regrets de cet homme qui avait voulu s'approprier le pouvoir du cube.
Son regard glissa quelques secondes vers Tony Stark. Le génie play-boy milliardaire philanthrope…
Un homme plein de ressources. Mais un homme qui, sans l'armure, possédait de nombreuses failles.
— Il y avait un projet. Stark est au courant.
Son regard se fit plus insistant.
Un projet ? Pourquoi Stark était-il dans la confidence ? En quoi consistait ce projet ?
Tant d'interrogations qui encombraient sa tête…
— Le projet "Initiative des Avengers ».
Le nom était lourd de sens.
Loki avait su les mettre en échec plus d'une fois. Peut-être était-ce à leur tour de lui montrer de quoi ils étaient capables…
Du moins… à leur montrer…
Il ne pouvait nier que Sylvana avait mis son grain de sel dans ce chaos.
Seulement, il refusait de l'affronter à nouveau.
Il refusait un nouveau corps-à-corps. Il refusait de se confronter à un être qui n'avait plus le loisir de penser par lui-même.
Il refusait d'affronter cette femme.
Pas par peur.
Pour une autre raison.
— Phil Coulson est mort sans jamais avoir cessé de croire à cette idée. Aux héros.
Rogers vit son coéquipier se relever expressément Tel un diablotin sortant de sa boîte.
Sans mot.
Un silence qui eut le don de l'inquiéter.
Stark n'était pas homme à se taire…
Et pourtant.
Sans demander son reste, Stark quitta le poste de commandement. Le silence pour seul compagnon de route.
— Oui, c'est une notion d'un autre temps…
Fury poussa un soupir. Un soupir que Rogers ignora superbement.
Car, tapi au plus profond de ses pensées, il était intouchable. Rien ne l'atteignait.
Ni la tristesse, ni les regrets, ni la colère…
Seuls ses songes étaient capables de le mettre à terre.
Seule sa culpabilité était capable de le faire souffrir.
— Rogers ?
Une voix féminine.
— Vous ne pouvez décemment rester les bras croisés ! Pas après la mort de Coulson !
A l'évocation de l'agent trépassé, les iris du jeune homme revinrent sur la carte collector.
Sur ce liquide poisseux qui lui rappelait ce funeste moment.
— Je n'avais nullement l'intention de baisser les bras, Lieutenant.
Non, jamais il n'avait pris pareille décision. Non, il n'avait jamais eu l'intention de laisser le monde s'embraser.
Un passage à vide…
— Seulement, je ne me plierai plus aux ordres du SHIELD.
L'oxygène s'infiltra à nouveau dans ses poumons.
Captain America refusait d'exécuter des ordres.
Une première.
Captain America refusait d'aller à l'encontre de ses valeurs.
Et il tenait à le faire savoir.
- Vous ne savez plus ce que vous dîtes.
- Essayerez-vous de me faire passer pour un fou, Lieutenant ?
- Je veux juste vous dire que...
Ignorant la douleur, il se releva.
Ignorant les regards de reproche, il marcha vers elle. Les iris lourds de reproche.
- Me dire quoi ? Que mon petit séjour dans la glace a altéré mes capacités intellectuelles ?! Que je n'ai plus le contrôle sur mon propre corps ?!
Il serra brusquement les poings.
Ainsi donc, voilà comment ils le voyaient. Voilà comment ils le traitaient.
Comme un pion. Comme un homme sans cervelle...
Non... pas sans cervelle...
Fallait un minimum d'esprit pour comprendre et exécuter les ordres...
- Jamais je ne me permettrais...
- Alors, fermez votre clapet, Hill ! Fermez votre satané bouche !
Jamais il ne se serait permis de parler à une femme de la sorte.
Jamais il ne se serait permis de rabrouer une femme de la sorte.
Pas à son époque.
Aujourd'hui... cela semblait être une toute autre histoire...
Surtout face à cette femme experte en manipulation.
Et Rogers détestait que l'on se joue de lui de cette façon.
Oui... il avait horreur de cela...
- Depuis le départ, vous nous avez utilisés. Vous avez tiré les ficelles...
Face à tant de colère, Maria Hill préféra reculer.
Instaurer un périmètre de sécurité entre elle et ce colosse. Indispensable à a survie.
- Vous vouliez que l'on attrape Loki. Pour quoi faire ? Pour lui arracher le Tesseract et constituer votre petit armada...
- Pas uniquement, Rogers...
Un cliquetis attira l'attention du soldat.
Un cliquetis assez familier.
- Baissez votre arme, Fury...
Du coin de l'oeil, il vit les mains du directeur fermement agrippées autour de la crosse de son revolver. Revolver dont le canon était si gentiment pointé dans sa direction.
Une situation qui aurait pu paniquer le Steve Rogers des années quarante.
Pas celui d'aujourd'hui.
- Pas "tant" que vous menacerez mon adjointe.
- Depuis quand la vérité est-elle une menace ? fit-il, les sourcils arqués.
- Reculez, Rogers.
Il obtempéra.
Afin de prouver qu'il ne voulait pas attenter à la vie de la jeune femme. Afin de leur prouver qu'il était de bonne foi.
Un. Deux. Trois. Trois pas en arrière, les bras de part et d'autre de la tête.
Les yeux résolument fixés sur le colonel Fury.
- Baissez votre arme, Fury. Un coup est si vite parti...
Après une brève réflexion, l'homme accéda à sa demande.
- Que voulez-vous exactement, Rogers ?
Il baissa les bras, trop heureux de l'avoir convaincu.
Trop heureux d'avoir l'ascendant sur le directeur.
- Que vous vous rattrapiez. Que vous répariez vous-même vos erreurs, lâcha-t-il avec force.
- Comment ?
A ces mots, il ne put s'empêcher de sourire.
La victoire était à portée de mains.
- Je souhaite que le SHIED n'interfère plus dans cette affaire. Je souhaite que vous nous laissiez carte blanche. Que vous laissiez carte blanche aux Avengers.
- Jarvis ! C'est moi ! Tu veux bien m'ouvrir la porte, s'il te plaît ?
Elle se trouvait face à l'ascenseur principal de la Tour Stark.
Tentant de convaincre l'intelligence artificielle.
Caché sous un voile d'invisibilité, Loki observait ce spectacle fort distrayant.
Sa soeur à la toilette si peu convenable.
Une sorte de vêtement blanc entourait son corps si fragile...
Similaire à la blouse que l'on fournissait aux malades dans les hôpitaux...
Oui... dans ce genre-là...
Ses cheveux se dressaient de part et d'autre de son crâne. Une coupe de cheveux qui n'était pas sans rappeler les...
Euh...
Comment s'appelait ces créatures...
Hum...
Ah oui... hérissons...
Bref...
Il observait ces humains paralysés derrière le comptoir. Immobilisés dans un silence absolu. Hors du champ de la caméra.
Par ses propres soins...
Le prince des ténèbres contemplait sa jeune soeur dans toute sa splendeur. Et commençait également à se lasser de la lenteur de l'intelligence artificielle.
Ou plutôt de la méfiance de cette dernière.
— Jarvis, c'est moi ! Sylvana ! Ouvre-moi la porte !
— Si je puis me permettre, mademoiselle, finit par répondre l'IA, je ne vois pas Monsieur avec vous...
— Tony... euh... et bien...
Discrètement, elle pivota la tête dans sa direction.
Comme pour implorer son aide. Comme pour le supplier de trouver une excuse valable.
" Tony et les Avengers sont à ma recherche. Et afin de garantir ta sécurité, il a préféré de renvoyer à la tour."
— Malgré mes vives protestations, Tony et ses coéquipiers se sont lancés à la poursuite de mon frère, nouvellement évadé. Et comme de bien entendu, ils ont préféré me renvoyer ici...
Afin de rendre plus crédible le mensonge, Sylvana prit soin de prendre son air de petite-fille-blessée-par-les-décisions-des-vilains-garçons-machos.
Les iris bleus rivés sur la caméra au-dessus de la porte de l'ascenseur, elle espérait sincèrement que son petit jeu allait fonctionner. Que Jarvis allait vraiment tomber dans le panneau.
Les iris bleus rivés sur son sang, Loki Laufeyson ne pouvait nier qu'il était épaté par ses talents d'actrice. Le regard humide, les poings serrés de colère, la colonne vertébrale figée... tous les ingrédients étaient réunis pour que l'IA tombe dans le piège...
Et s'il n'avait pas été à l'origine de cette manipulation, lui-même y aurait cru...
— Jarvis ? Je t'en prie... je ne tiens plus sur mes jambes...
Un sourire malicieux naquit sur les lèvres du prince.
Sylvana était une véritable comédienne. Une excellente comédienne. Qui bouleversait les coeurs...
Qui jouait sur la corde sensible. D'une façon si subtile. D'une façon si cruelle.
Pour mettre les ennemis à genoux.
— J'ai tenté de l'arrêter... j'ai tenté de le stopper... mais j'ai échoué... j'ai échoué Jarvis ! J'ai commis des choses horribles. Parce que je n'ai pas su résister à leurs assauts !
Une décharge électrique parcourut sa moelle épinière.
Une violente décharge qui le ramena aussitôt sur Terre.
Sylvana... Sylvana reprenait... non...
C'était impossible. IMPOSSIBLE.
— Jarvis... il... ouvre-moi... s'il-te-plaît... je...
Il la vit plaquer ses mains sur ses oreilles.
Il la vit secouer sa tête avec énergie.
Comme pour...
NON !
— Je... il me parle... le Tesseract... et Loki est derrière...
L'intéressé sentit son sang ne faire qu'un tour.
Sylvana reprenait ses esprits. Sylvana échappait totalement au contrôle du Tesseract. Sylvana allait redevenir son ennemie.
Elle combattait le Tesseract. Elle n'allait pas tarder à combattre son propre frère.
Sauf que Loki ne pouvait s'y résoudre.
Sauf que Loki ne pouvait le permettre.
Sauf que Loki ne se laisserait pas faire.
D'une vivacité sans égale, il l'attrapa par la gorge et la maintint fermement contre son torse. De sa main libre, il fit apparaître une dague.
Une dague dont la lame d'argent reflétait la lumière tel un miroir.
Une dague dont la lame d'argent ne tarda pas à rencontrer la peau diaphane de sa proie.
Invisibilité rompue.
Aux yeux du monde.
Une menace éminente qui paniqua intérieurement la jeune femme.
— Lo... Loki... s'il...
Elle préféra se taire en sentant la pression sur sa gorge.
— Et il serait bien que tu nous ouvres enfin cette porte, ma chère petite voix... à moins que tu veuilles voir un spectacle bien plus sanglant...
— Vous n'oseriez pas, monsieur. Vous et votre soeur êtes reliés par un sort de...
— Qui parle de prendre sa vie ? La souffrance est une bien meilleure punition que la mort. Je l'ai appris à mes dépens... et j'ai su la dompter...
Sa voix était aussi tranchante que son arme. Aussi froide que la Grande Feucheuse.
— Je la connais et ne la crains plus désormais. Mais elle...
Il appuya un peu la dague contre la gorge de Sylvana.
— Elle ne connaît pas ce mot. Donc, je réitère ma question: souhaites-tu que je lui fasse découvrir la souffrance ? Veux-tu que je lui inflige cette épreuve ?
La respiration haletante, elle attendit qu'il mettre à éxécution son plan.
Car, il était évident que Jarvis n'ouvrirait pas cette satanée porte.
Jamais il ne trahirait son créateur. Jamais.
— Dix... neuf... huit...
Il n'hésiterait pas à mettre ses menaces à éxécution.
Il n'hésiterait pas à user de brutalité envers sa soeur. Afin qu'il puisse enfin ouvrir le portail. Afin qu'il puisse prendre possession de ce qui lui revenait de droit.
— Cinq... quatre... trois...
Elle ferma les yeux, consciente du douloureux sort qui l'attendait.
Loki était déterminé. Déterminé à devenir roi.
Et ce n'était certainement pas sa petite soeur et une intelligence artificielle qui allaient l'en empêcher.
— Deux... un...
