Disclaimer : Vous connaissez la chanson ;)

Dans le chapitre précédent... petit cours d'histoire du Gondor et de généalogie dans la salle du Trône où Luna a rencontré Dénéthor. Ce ne fut plaisant pour aucun des deux. Faramir est obéissant, les conseils de Gandalf sont tombés aux oubliettes, Pippin a juré allégeance au Gondor (qu'est ce qu'on ne fait pas quand on se sent coupable...). Haldîr a protégé Luna d'une brosse à cheveux, ce qui a provoqué l'appel à l'aide pour le Rohan.

Note : Je ne sais pas si vous avez remarqué mais même si l'histoire suit (plus ou moins dans l'ordre) les évènements du Seigneur des Anneaux (de Tolkien ou de l'adaptation de Peter Jackson), on ne retrouve pas de dialogue ou d'évènement qui soient exactement les mêmes que dans le livre ou le film. J'estime qu'une fanfiction, quitte à s'inviter dans un univers que l'on n'a pas créé, doit au moins faire preuve d'originalité à ce niveau là. Sinon autant relire ou revoir les originaux.


Les Aventures de Luna en Terre du Milieu

chapitre XII


Une ville comme Minas Tirith est une bien étrange chose en réalité. Elle semble se dresser aussi immuable qu'une montagne, plus fière encore. Unique. Majestueuse. Forte. Ses habitants en étaient persuadés, le vivaient, le projetaient. Ils aiment leur Cité, le joyau de leur Royaume, avec une passion inégalée, aveugles à ses défauts et embellissant ses qualités.

En ces temps troublés par la noirceur du mal, Minas Tirith respirait d'un seul souffle, tous ses citoyens unis dans cette lutte pour la lumière. Leur rôle étant de soutenir leur Intendant dans ce combat. De lui obéir et de lui faire confiance.

Lorsque l'Intendant décida qu'il était important de reprendre Osgiliath des mains de leurs ennemis, l'information se répandit comme une traînée de poudre. Pas de doute possible, tous reconnaîtraient la valeur des Gondoriens. Face à la supériorité des soldats de Minas Tirith, les ennemis seraient repoussés. Ignorées et écartées, les pensées d'un échec étaient inenvisageables.

Lorsqu'il fut connu que le propre fils de l'Intendant allait mener l'assaut, la confiance et l'espoir se batailla la première place dans le coeur du Peuple de Minas Tirith. Qui enverrait son fils dans un combat perdu d'avance ? Le fait d'envoyer suffisamment de soldats pour permettre de reprendre l'avant poste et de le garder n'était pas associé à l'idée d'affaiblir les défenses de la ville sauf dans les recoins sombres de quelques esprits défaitistes.

Lorsque la rumeur voulut que le Capitaine Faramir se soit prononcé contre cette action, l'incrédulité chassa les méchants chuchotements qui prenaient racine dans la conscience des hommes et des femmes de Minas Tirith. Que Mithrandir, l'Istari, le Magicien, le Sage, ait également conseillé de ne pas entreprendre cette intervention fut relayé à voix basse, du bout des lèvres, sans guère plus de commentaires.

Lorsque les soldats mobilisés pour l'attaque furent autorisé par le Capitaine Faramir à passer la nuit avec leur famille avant de se rassembler aux petites lueurs du jour, le Peuple loua sa générosité et son empathie. Personne, pas même les soldats, n'évoquèrent la possibilité qu'ils ne reviendraient pas. Il était impossible que tous reviennent. Ça, ils le savaient.

Personne n'avait évoqué la possibilité d'un échec ou d'une erreur tactique. À leur départ, les soldats furent célébré comme des héros, des pétales de fleurs dansant dans leur sillage, une foule pleine d'allégresse. Ce n'est que lorsque les soldats ne répondirent pas à leur cris de joie que l'hommage se fit plus solennel. Ils quittèrent Minas Tirith au son des sabots qui résonnent sur les pavés. Les habitants silencieux, à la fois fiers et humbles de leur sacrifice. Confiants, peut-être un peu trop sûrs d'eux mais pas naïfs.

Faramir, à la tête de la colonne, se demandait s'il n'aurait pas préféré avoir un massepain au miel et aux amandes au petit déjeuner plutôt que le gruau habituel. Quitte à ce que ce soit son dernier repas, il aurait souhaité pouvoir l'apprécier.

Le fils de l'Intendant se faisait peu d'illusions, c'était une entreprise dont il ne pouvait réchapper. Ni lui, ni les hommes sous ses ordres. Les Orcs étaient déjà trop nombreux et leurs rangs ne faisaient que grossir. Ils n'auraient pas l'avantage de la surprise (après tout qui ne les repérerait pas sur une plaine bien plate) et les Orcs disposaient de plus de moyens matériels.

Donc oui, un massepain au miel aurait été bienvenu.

Faramir aurait souhaité pas mal de choses si elles n'avaient déjà plus aucune importance. Revoir Boromir une dernière fois, mieux encore, que son frère revienne en vie. Voir sa Cité en sécurité et prospère à nouveau. Que son père reconnaisse sa valeur. Que la vie de ses soldats ne soient pas gâchées. Que son père ne souhaite pas sa mort. Et un massepain au miel.

Le Capitaine indiqua à son porte drapeau l'ordre de passer au trot. La troupe de cavalerie prit ses aises sur la plaine de Pelennor en s'élançant vers Osgiliath. Ils allaient tuer le plus d'Orcs possible, ceux-là ne mettront pas un pied dans Minas Tirith. Ils se battraient pour la gloire et l'honneur du Gondor. Pour sa liberté. Il se battrait pour l'Arbre Blanc. Il se battrait pour son frère et pour tout ceux qui étaient déjà tombés sous les épées. Il se battrait pour les vivants et pour son père.

Un cri rauque s'échappa de la gorge de Faramir alors qu'il dégainait son épée. Le sifflement des flèches ne ralentit pas la charge des cavaliers qui se joignirent au cri de leur Capitaine. Les flèches continuèrent de pleuvoir.


OooOooO


Pendant ce temps là, Pippin et Gandalf débattait de l'inévitabilité de la mort. La fin qui n'est pas la fin, d'une contrée verte aux rives blanches et du levé de rideau qui y mène.

« La mort est un voyage que chacun entreprend. » conclut Gandalf sagement.

Pippin convint que cela ne semblait plus être un terrible évènement. Sur ce, ils se dirigèrent d'un commun accord vers les appartements d'Haldîr. Ils y découvrir une jeune sorcière penchée au dessus d'un tapis richement orné. L'Elfe n'était pas en vue.

Luna leva la tête. « Oh ! Pippin ! Comment était ton premier service ? »

Le jeune garde de la Citadelle lui accorda un sourire tendu. « L'Intendant a des manières épouvantables lorsqu'il mange, et c'est un Hobbit qui le dit ! Où est Haldîr ? »

« Par là. » dit-elle en agitant vaguement une main vers le balcon, de l'autre elle sortit sa baguette.

Gandalf rejoignit l'elfe sur le balcon. Ils observèrent en silence les cavaliers s'étendre sur la plaine. « Cela va mal se terminer. » annonça Haldîr sans quitter les soldats des yeux. « C'est une position imprenable en l'état actuel. Ils sont trop peu nombreux. »

« Faramir n'a pas souhaité engager un bataillon trop important dans cette entreprise. » expliqua Gandalf.

« C'est noble de sa part mais cela ne diminue en rien le fait que c'est essentiellement un suicide. »

Gandalf exprima son mécontentement dans un souffle coléreux. « Un meurtre, oui ! Dénéthor désire tellement échanger la place de ses fils qu'il est prêt à tuer son cadet et à sacrifier ses soldats ! »

« Tout ce qu'il va gagner, c'est la fin de sa lignée. »

Le magicien se pinça l'arrête du nez. « Nous avons besoin de Faramir mais je ne peux pas défier ouvertement les ordres de l'Intendant... sinon ceci n'aurait pas lieu. »

Des éclats de rire retentirent derrière eux, stoppé net par un bruit de chute et de bois qui se brise. Les deux hommes se précipitèrent à l'intérieur. Ils y découvrirent les débris d'une chaise rembourrée et deux jeunes gens présentement sous un tapis.

« Qu'est ce qu'il se passe ici ? » demanda Gandalf plus étonné qu'inquiet.

Luna repoussa le lourd tapis de sa tête. « J'ai dû mal calculer l'angle de ma baguette... » murmura t-elle pensivement. « Ou alors je peux rajouter un stabilisateur mais... »

« Luna. »

« Huh ? Quoi ? »

« Que s'est il passé ? » questionna à nouveau Gandalf en accompagnant sa question d'un regard dirigé vers les débris de la chaise et la silhouette de Pippin qui gesticulait encore sous le tapis.

« Oh. Ça. » Luna leva sa baguette et les morceaux de bois commencèrent à se rassembler. « Une expérience qui ne s'est pas déroulée comme prévue, mais tout va bien. Il faut juste quelques petits ajustements et... » marmonna t-elle en aidant Pippin à sortir.

« Que s'est il passé ? »

Un dernier coup de baguette et la pièce reprit sa configuration d'origine. Luna regarda par dessus son épaule pour voir le tapis glisser lentement vers la commode. « Hum. » Puis elle reporta son attention sur Gandalf « Vous parliez de quoi ? »

« Luna ! » s'écria Haldîr avec un air fustigeant. « Le tapis ne s'est pas arrêté. »

Luna se renfrogna. « Je sais. »

Pippin se redressa en époussetant son pantalon. « Ils ont quitté la ville ? » demanda t-il la mine sérieuse.

Gandalf acquiesça sombrement. « Faramir a lancé l'assaut. Il est trop tard pour arrêter cette folie. »

« Folie ? » interrogea poliment Luna pendant que le tapis glissait lentement contre le mur derrière elle.

« Luna ! » s'écria Haldîr.

« Faramir n'a aucune chance de remporter cette bataille. Dénéthor n'entend pas raison, il va déstabiliser le Gondor avec cette action. » expliqua le magicien.

« Mais... Faramir n'est il pas maintenant l'unique héritier de l'Intendance du Gondor ? » demanda Pippin en fronçant les sourcils.

Gandalf laissa échapper un sifflement énervé. Haldîr tenta une nouvelle fois d'attirer l'attention de Luna sur le tapis qui avait à présent atteint le plafond en longeant le mur.

« Pourquoi est ce qu'il est trop tard pour faire quelque chose ? » demanda Luna.

Légèrement interloqué, Gandalf répondit lentement. « Les cavaliers ont quitté la ville. »

« C'est tout ? » continua Luna « Ils ne sont pas morts ? »

« Euh... Non, ils n'ont pas encore atteint Osgiliath. »

« Donc il est encore temps de faire quelque chose. Vous prévoyez quoi ? »

« Je ne peux rien faire, Luna. » déclara le magicien tristement. « Je ne peux pas aller à l'encontre des ordres de l'Intendant sans créer un incident diplomatique aux conséquences désastreuses. »

« Vous étiez prêts pourtant à allumer les feux d'appel vous-même. Ne pensez pas que je ne vous ai pas vu lors de cet horrible accident avec ma brosse à cheveux. » établit elle en agitant un doigt accusateur en direction de Gandalf.

« C'est différent... Personne ne nous aurait vu... »

Haldîr dégaina son épée.

« Vous ne pouvez rien faire mais vous avez besoin que Faramir revienne. » résuma Luna.

« Il n'est même plus question de préserver la lignée, même si c'est aussi important. Cette ville doit présenter un front uni à l'ennemi et ses habitants doivent pouvoir espérer de meilleurs jours, j'ai peur que ce soit impossible à la mort de Faramir. » Gandalf laissa échapper un soupir. « Le Rohan n'est pas là et les troupes des Orcs ne font que s'accroître. »

Haldîr pointa Ansuitel vers le plafond. « Luna. » siffla t-il.

Luna considéra le Magicien en silence, elle était toujours étonnée de constater à quel point il était difficile pour les gens de sortir des sentiers battus. « Vous ne pouvez pas intervenir. »

Gandalf fronça les sourcils. « Luna... »

« Pour des raisons un peu ridicule, je trouve. Pippin, si on suit la même logique, c'est encore pire. Haldîr... »

Le dit elfe choisit ce moment pour attraper l'épaule de la jeune sorcière. « Luna ! » s'époumona t-il.

« Quoi !? » répondit-elle sur le même ton.

« Le tapis a grimpé jusqu'au plafond et il continue de bouger ! » indiqua t-il un peu hystériquement.

« Ce n'est que ça ?» Luna reporta son attention sur Gandalf. « Pour Haldîr tout dépend de la nature des relations qu'il veut préserver entre son royaume et le Gondor. Et encore... j'ai entendu Trópo dire que les Elfes quittaient la Terre du Milieu et Denethor ne restera pas Intendant indéfiniment... Quant à moi... vous m'avez présentée comme votre stagiaire mais... je n'ai pas vraiment de statut ici. »

« Luna... tu as une place dans ce monde. N'en doute pas. »

Luna lui adressa un sourire chaleureux. Haldîr fit une retraite vers le balcon. Luna le suivit, Gandalf et Pippin lui emboîtèrent le pas. Elle se pencha sur la balustrade. « J'aime bien Faramir, il a l'air sympa et tout ces soldats... » Elle soupira.

Haldîr surveillait consciencieusement la porte fenêtre, dos au balcon, mais il paraissait plus calme. Luna se tourna vers lui. « J'ai une idée. Ça va te plaire. »

L'elfe lui jeta un regard en coin. « Comment ça ? »

« Pour le tapis. » Luna lui adressa un autre sourire.

« Merveilleux. Quand est ce que tu peux t'en occuper ? Je suggère maintenant. Très respectueusement. » Étrangement, il était encore possible de sentir une certaine tension dans la voix d'Haldîr.

« Les Orcs contre-attaquent ! Ils lancent des flèches, regardez ! » s'écria Pippin qui regardait la plaine.

Luna fronça les sourcils. « Maintenant me semble être une très bonne idée. » Elle retourna à l'intérieur. Après quelques éclairs de lumière, elle ressortit en traînant le tapis roulé sous bras. Elle attrapa une extrémité et le secoua comme pour en chasser la poussière. Le tapis se mit à flotter sagement devant la rambarde... du côté du vide.

« Cela ne me plaît pas du tout. » intervint Haldîr.

« Tu n'es pas obligé de venir. » dit-elle avant de grimper sur le tapis.

Haldîr se pinça l'arrête du nez avant de lui faire signe d'attendre un moment. Il revint à peine quelques secondes plus tard après avoir récupéré son carquois et son arc. Il enjamba la balustrade et prit place à côté de Luna. « Allons-y. » conclu t-il.


OooOooO


Le cavalier directement à la droite de Faramir mourut sous le poids de son cheval. Un autre reçu une flèche qui le désarçonna. Une flèche frôla le Capitaine, laissant derrière elle une sensation de brûlure. Le temps n'était plus à la réflexion. Il hurla l'ordre de tirer en retour. Leurs archers n'avaient pas l'avantage de la hauteur et peu firent mouche. Le ciel s'assombrit subitement sous le vrombissement d'une nouvelle volée de flèches de l'ennemi. Une gerbe de sang l'éclaboussa.

« Accio Flèches des Orcs ! » s'exclama une voix au dessus de Faramir.

Soudainement, inexplicablement, les flèches qui fondaient sur eux changèrent de direction. Faramir leva les yeux pour voir une ombre passer au dessus de ses cavaliers. Le... rectangle fonçait directement vers Osgiliath, une nuée indistincte de flèches Orcques derrière lui.

Interloqués, les cavaliers ralentirent pour observer ce spectacle improbable. Même les Orcs ne savaient comment réagir alors que leur sauveur se dirigeait droit sur eux.

« Tourne ! Tourne Luna ! » s'exclama une voix différente de la première.

« Hé ! Je ne peux pas tout faire en même temps ! » répondit la première voix, Luna. « Fait le toi-même ! »

« Arrête ce sortilège, pour l'amour des Valars ! Tu vas nous tuer ! »

« Bonne idée ! » Aussi soudainement que les flèches avaient changées de course, elles reprirent leur indépendance et fondirent sur la première ligne des Orcs.

Pour être tout à fait honnête, ce ne fut pas une attaque très décisive puisque seulement cinq à dix mètres carré des lignes ennemies furent touchés mais il fallait reconnaître que plus un seul Orc de ces dix mètres carrés respirait encore.

« Il ne tourne pas ! »

Sans la masse noire des flèches qui lui obstruait la vue, Faramir distingua deux silhouettes blondes perchées sur ce qui semblait être un tapis de couleurs vives. L'une d'entre elles tiraient fermement autant que désespérément sur le coin avant droit du tapis. Visiblement en vain.

« J'ai dû oublier d'accentuer un syllabe ! »

« Oublier !? »

« On était pressé, d'accord ! Et on a d'autres soucis ! Essaie de te pencher ! »

La plus grande des silhouette se déplaça avant de décocher une flèche qui fit mouche avant que le tapis monte en piqué afin de survoler confortablement les derniers murs encore debout d'Osgiliath. Faramir ne les entendait plus. Il éprouvait des difficultés à réconcilier l'image de la jeune fille curieuse de l'histoire du Gondor et son compagnon Elfe avec ce qu'il venait de voir. Le tapis dériva quelque peu vers la rivière tandis que les Orcs reprenaient leurs esprits. Quelques flèches traversèrent le tapis. Faramir évita une épée avant de parer rapidement.


OooOooO


Plus haut, Luna et Haldîr faisaient face à leurs propres problèmes.

« Nous ne pouvons rester ici ! » annonça l'Elfe.

« Clairement ! » répondit la sorcière tandis qu'une autre flèche transperçait le tapis. « J'ai une idée. Accroche toi. Bombarda Maxima ! » Elle attrapa ensuite le bord du tapis et tira d'un coup sec.


OooOooO


Un rai de lumière suivi d'une explosion attira l'oeil de Faramir. Derrière, il aperçut une forme sombre sur le fleuve. Il disposa d'un Orc en prenant avantage de la faiblesse de son armure.

Leurs sauveurs quant à eux prenaient de la vitesse et de la hauteur. Il vit horrifié le tapis se renverser et revenir vers ses alliés. Luna et son compagnon se raccrochaient à des poignées qui semblaient être cousues sur le tapis pour ne pas tomber. Ils étaient dans une position vulnérable, la tête à l'envers, et pourtant ils sortirent indemnes de la manoeuvre.

« Harry serait fier de moi ! » s'exclama la jeune femme.

« Il pourra t'offrir ses félicitations si tu rentres en vie ! » L'Elfe se balança vivement et d'un coup d'épaule réussit à remettre le tapis à l'endroit. « Le tapis ne tourne toujours pas, Luna. On ne tiendra pas indéfiniment. »

« Au moins on est dans le bon sens pour rentrer ! » lui répondit-elle.

Un cri aigu transperça le ciel, les corps et surtout les tympans des soldats. Une ombre surgit, implacable.

« Qu'est ce que c'est que ça ? » demanda Luna.

Faramir réprima l'angoisse qu'il ressentait afin de hurler. « NAZGÛL ! »

« Oh ! C'est mignon dit donc ! » La jeune sorcière regarda la bête attraper un soldat entre ses puissantes mâchoires. « ... Dommage que ce soit méchant. »

« Il est temps de rentrer ! » intervint son compagnon avant de décocher un autre trait afin de garder le monstre à distance. « Capitaine ! Faramir ! Ordonnez la retraite ! »

Le Capitaine, tiraillé, jeta un coup d'oeil à Osgiliath avant d'occire un Orc particulièrement hideux.

« Capitaine ! La retraite ! Maintenant ! »

Force était de reconnaître la sagesse de ce conseil. Sa troupe, et leurs sauveurs, avaient infligé plus de dégâts qu'il n'avait espéré de cette entreprise. Il porta son cor à ses lèvres et dirigea le restant de ses cavaliers vers Minas Tirith. L'étrange duo sur leur tapis volant couvrant leurs arrières. Le nazgûl ne les suivit pas.

Les portes de la Cité s'ouvrirent pour les laisser entrer. Sur les deux cents soldats qui avaient participé à cette attaque, la moitié était revenu. Il était revenu. Une situation inespérée. À croire que son père devait apprendre à vivre avec son désappointement.

L'Elfe et la fille atterrirent dans la cour non loin de lui.

« Cela ne m'a pas plut du tout. » indiqua l'Elfe en guidant la jeune femme vers Faramir. Le tapis se roula tout seul avant de flotter derrière eux. Tout seul.

« Rabat joie. » admonesta t-elle.

« Et une créature maléfique n'est en aucun cas ''mignon''. » asséna t-il avec finalité. « Capitaine, il semble que nous ayons encore beaucoup à faire avant que cette engeance disparaisse. »

Faramir acquiesça. Un de ses lieutenant lui attrapa le bras. « Capitaine, vous avez vu... »

« Oui. » coupa t-il l'homme. « Allez vous reposer, Minas Tirith aura besoin de vous sous peu. Je m'en occupe. » Il se tourna vers le duo. « Trouvez mon père et dites lui de convoquer l'État Major. Et Mithrandir. Je vous rejoint dès que la prise en charge des blessés est assurée. » Faramir leur adressa un autre signe de tête avant de s'enfoncer dans la foule en lançant des ordres pour qu'on s'occupe de ses cavaliers. « Et qu'on m'apporte un massepain au miel ! » termina t-il.

« Un massepain au miel, Capitaine ? » demanda un homme interloqué.

« Avec des amandes grillées dessus ! »


OooOFinDuChapitreOooO


*Se gratte la tête, étonnée par le résultat* Honnêtement j'ai un plan pour cette histoire, un vrai plan avec des évènements prévus et tout. Bon l'histoire n'était censée avoir que huit chapitres, maintenant c'est le double qui est prévu mais je vous jure que je suis organisée. Dans les grandes lignes.

Bref, j'espère que ça vous a plut et que je n'ai pas laissé traîner trop de fautes ^^