Disclaimer : Vous connaissez la chanson ;)
Dans le chapitre précédent... Dénéthor a trouvé la mort et la destruction fascinant, Pippin a failli être écrasé par la moitié d'un pont, Gandalf et Faramir était sur un tapis (non, ce n'est pas le début d'une blague),Theoden se sentait vieux, Eomer a soufflé dans sa corne, Haldîr a remarqué l'ingéniosité des habitants de Minas Tirith pour tuer des Orcs, Merry et Eowyn ont vu leur épique scène coupée au montage, Gimli et Legolas savent compter, Aragorn a découvert son âme Gondorienne, Bran était épuisé à la fin de la bataille (au cas où vous vous poseriez la question) et Luna... a encore plein de choses à faire.
Note... Toutes mes excuses pour le retard, j'ai eu du mal à démarrer le chapitre, mais j'espère qu'il vous plaira ! ;)
Les Aventures de Luna en Terre du Milieu
chapitre XV
Dénéthor, les cheveux sales et les yeux fous, gesticulait avec colère. Il était dans la salle du trône et faisait face à Aragorn. « C'est de votre faute si mes fils sont morts ! Je ne vous laisserais pas monter sur ce trône ! Le Gondor n'a pas besoin d'un Roi ! Et vous, vous n'en êtes pas digne ! Hors de question ! »
Aragorn, ne sachant pas comment réagir, avait adopté une posture apaisante qui n'avait guère d'effets. « Écoutez, je ne souhaite pas... »
L'ancien Intendant ne lui laissa terminer sa phrase. « Mon fils ! » s'exclama t-il dramatiquement. « Mon Boromir... Non, ce serait une injure que de vous permettre de monter sur le trône alors que je suis le dernier debout de la Maison que vous avez décimé ! »
« Seigneur... Faramir est... »
« Faramir est tombé ! Je l'ai vu ! En pleine bataille ! À cause de vos machinations, c'est certain ! »
« Vous faites erreur, Faramir... »
« Est mort ! Mort ! Mon cadet ! » se mit à sangloter Dénéthor avant de pointer rageusement un doigt sous le nez d'Aragorn. « C'est votre faute ! Votre ambition dévorante a causé la perte de mes garçons... Mes garçons... Mais vous n'aurez pas le trône ! Ah ça non ! »
Aragorn se pinça l'arrête du nez et tenta de contourner le vieil homme pour rejoindre l'autre côté de la salle du trône.
Il en fut empêché par Dénéthor qui se plaça sur son chemin. « Vous. Ne. Passerez. Pas. » asséna t-il la bave aux lèvres. « Le trône ne vous appartient pas. Meurtrier. »
Il est à préciser qu'Aragorn, en tant que Rôdeur, avait déjà fait face à la méfiance et l'hostilité des populations des territoires qu'il surveillait. Il savait donc que cela se manifestait généralement par des insultes, des menaces et autres plaisanteries. Il avait appris à ne pas y réagir, à calmer la situation et à s'esquiver lorsque cela s'imposait. Elles n'étaient pas vraiment personnelles de toute façon et visaient plutôt son ''uniforme'' de Rôdeur.
« Vous n'êtes qu'un étranger et le Gondor ne vous doit rien. »
Il est aussi à préciser qu'Aragorn était actuellement extrêmement fatigué. Épuisé. Cela faisait presque un an qu'il était parti de Rivendel et fait le chemin à pied plus de la moitié du temps. Il avait combattu des Orcs et des Gobelins, vu mourir Gandalf après avoir réveillé un démon de l'Enfer. Il avait réchappé à une avalanche, survécu à une chute vertigineuse dans un ravin (merci la rivière), avait risqué la noyade (moins merci à la rivière). Il avait fermé les yeux de Boromir pour la dernière fois lorsque son ultime souffle s'était éteint. Il avait marché sur des ossements qui craquaient sous ses pas pour convaincre une armée de spectres de se battre pour lui. Il avait piraté des pirates pour prendre le contrôle d'Osgiliath. Sa fiancée était en train de mourir, empoisonnée par l'ambiance maléfique et il avait combattu toute la foutue journée d'hier !*.
Et s'il avait fait tout ça, c'était parce qu'il voulait sauver des vies. Celles des habitants du Rohan mais aussi celles des Dunedains pour qui il avait un devoir et celles de la Comté car s'il y avait une chose que les quatre Hobbits qui les avaient accompagnés dans cette entreprise méritaient, c'était bien de retrouver ceux qu'ils aiment. Celles des Gondoriens mais surtout, comme il l'avait promis à Boromir, des habitants de Minas Tirith. Il voulait sauver les vies des habitants de la Terre du Milieu qui n'auraient jamais été en danger si son ancêtre n'avait pas eu l'esprit assez faible pour se faire envoûter par un artefact.
S'il faisait tout ça, c'est qu'il voulait sauver des vies et par devoir, pour son honneur et celui de ses ancêtres.
« Je parie que tu y as pris plaisir, hein ? À voir mes fils mourir. Moins d'effort pour prendre le pouvoir comme ça, pas vrai ? »
Les yeux d'Aragorn s'étrécirent. Il conviendrait également de préciser qu'Aragorn n'a jamais eu l'intention de prétendre au titre de Roi. L'Histoire de la Terre du Milieu lui avait été enseigné par les Elfes, en particulier celle de ses ancêtres : leur victoires et leur erreurs, et les Elfes sont les Témoins du Temps : ils savent. Cela lui avait été appris dans son enfance, rabâchée pendant cette gênante période entre l'enfance et l'âge adulte, rappelée régulièrement lorsqu'il avait commencé à quitter Rivendel pour de longues périodes. S'il avait un jour entretenu des rêves de conquêtes, ou de réunir l'Arnor et le Gondor; ceux-ci avaient été étouffés bien avant qu'il n'en ai conscience. C'est quelque chose qui lui a toujours donné des sueurs froides : comment pourrait-il effacer les erreurs de ses ancêtres ? Comment pourrait-il éviter de les reproduire ? Il s'était dit qu'il valait mieux ne rien faire. Que des hommes plus sages que lui sauraient prendre les bonnes décisions.
« Mais moi je suis là et je t'en empêcherai. »
À présent... Aragorn se souvint tout à coup avec une clarté aveuglante que ses précepteurs Elfes comptaient Elrond en personne dans leur rang et qu'il ne lui avait pas enseigné que les bases de la médecine. Il se souvint d'heures passées dans son bureau à discuter de sujets philosophiques, de la diplomatie, des affaires courantes de Rivendel, des stratégies des guerres passées... C'est à cet instant qu'il comprit qu'Elrond l'avait préparé à l'exercice du pouvoir bien avant qu'il lui mette entre les mains la lame reforgée de son ancêtre.
Aragorn éclata de rire.
Dénéthor se figea.
Aragorn entoura ses côtes de ses bras.
Ceux de Dénéthor reprirent lentement leur place le long de son corps.
Le rire d'Aragorn se fit plus froid, moqueur, alors qu'il posait les yeux sur la forme de l'ancien Intendant. Son rire s'arrêta aussi soudainement qu'il avait commencé. « Vous ? » demanda railleusement Aragorn en reprenant son souffle. Ses bras se détendirent, copiant inconsciemment la posture de Dénéthor. « Ah ! » Sa main gauche se posa sur le pommeau de son épée.
Dénéthor ouvrit la bouche pour répondre.
Aragorn ne lui en laissa pas l'occasion. « Vous êtes le vieil homme qui a perdu la tête. Celui qui ne sait plus ce qui est réel ou non. Vous, vous êtes celui qui n'est plus capable de discerner ses alliés de ses ennemis. Vous êtes celui qui a abandonné son peuple. » Aragorn avança d'un pas vers l'ancien Intendant, empiétant sur son espace personnel.
Dénéthor recula par réflexe.
« Le Gondor, votre peuple, comptait sur vous, sur l'Intendant, pour les guider, pour les protéger. Vous leur avez prouvé que vous n'étiez pas la bonne personne. » Aragorn continua de le fixer d'un regard froid. « Vous vous êtes tenu là et vous avez regardé votre peuple souffrir. Et vous n'avez rien fait. Rien. »
Dénéthor chercha du bout des doigts le Palantir qu'il avait emmené avec lui, comme pour se donner du courage.
« C'est vous qui avez toujours souhaité pouvoir poser votre cul sur ce trône ! » asséna Aragorn en indiquant ledit siège d'un grand geste du bras. « Sans jamais pouvoir y prétendre. Vous avez passez toutes vos journées dans son ombre. Toutes ces années à rêver pouvoir dominer tous les autres si seulement vous pouviez vous asseoir dessus. Ce que vous aviez ne vous suffisait pas. »
Le visage de Dénéthor prit une intéressante couleur violette.
« Vous n'auriez pu m'empêcher de revendiquer le trône hier, quand vous étiez Intendant. » continua Aragorn en posant le pied sur la première marche menant au trône. « Vous ne pourrez m'empêcher d'accepter la couronne aujourd'hui. »
L'ancien Intendant fit un pas en avant.
« Vous êtes celui dont le fils, encore en vie, essaye de réparer les erreurs. Vous avez faillit à votre devoir. » Aragorn grimpa encore quelques marches. « Vous n'êtes rien. »
« Vous...! » interrompit Dénéthor lorsque Aragorn atteignit le sommet de l'escalier avant de se retourner vers lui.
« Je suis l'héritier du trône du Gondor. » dit Aragorn en s'asseyant « Et je jure d'être tout ce que vous n'êtes pas. »
Un grommellement familier fit lever le regard de Aragorn au delà de l'ancien Intendant. Gimli redevint silencieux sous le ''chhh'' discret de Legolas. Un groupe de personnes étaient agglutinées dans l'encadrement de la porte que Aragorn avait tenté de rejoindre. Il ne distinguait même pas Gimli, mais il l'avait entendu. En revanche, il voyait clairement Gandalf et sa barbe blanche, Merry qui se faufilait entre les jambes de ceux qui bouchaient l'entrée, Eomer, Faramir, Haldîr et Luna. Il soupçonnait Legolas, Gimli, Hamà (et si Hamà était là, Bran devait être de la partie). Et c'était seulement ceux qu'il avait reconnu. Ses joues s'enflammèrent légèrement.
« C'est confortable ? » lui demanda Luna « Ils font la poussière là haut ? »
À ces mots, Aragorn se remit debout comme s'il venait de se rendre compte que son séant était posé sur une poêle brûlante. La présence de Dénéthor au bas des escaliers, l'empêcha de les dévaler. « Je... euh... ce n'est pas exactement ce que... euh... »
Le groupe commença à entrer dans la salle du trône. Gandalf se rapprocha doucement de Dénéthor. Eomer avait l'air amusé. Faramir... L'expression de Faramir était indéchiffrable.
Faramir s'avança seul tandis que les autres s'attardaient près de la porte. Il s'arrêta à quelques mètres de la première marche menant au trône. Son père, au bas des marches sur sa droite, le regardait les yeux écarquillés. Faramir dégaina lentement son épée sans quitter des yeux Aragorn.
Aragorn avait retrouvé un visage impassible, une lueur d'excuse dans son regard aussi éclairé par sa nouvelle détermination.
La pointe de l'épée de Faramir toucha le sol de marbre devant lui. Sans relâcher Aragorn de son regard, il posa lentement ses deux mains sur le pommeau de son épée afin de ne pas aggraver la blessure de son épaule qui s'étendait aussi sur une partie de son torse et de son dos. Il s'agenouilla avec la même lenteur tout en continuant de retenir Aragorn par le regard. « Mon Roi. »
Tout le monde était silencieux à l'exception de Dénéthor qui s'étouffait avec sa salive. Après un moment d'immobilité, Aragorn posa le pied sur une marche ignorant tout ceux qui n'était pas Faramir.
Arrivé en bas, Aragorn se tint devant l'homme agenouillé. « Intendant. » dit-il avec un signe de tête avant de l'aider à se relever. « Nous avons beaucoup de travail. »
Un cri de rage fit sursauter tout le monde alors que Dénéthor se lançait à l'assaut de la paire. Un moulinet rapide du poignet de Gandalf plus tard et l'ancien Intendant gisait assommé par le bâton du magicien.
Le palantir qu'il avait fourré dans sa chemise roula en direction de Luna. « Oh non non non ! » dit-elle en sautillant pour éviter la boule magique. « J'ai déjà essayé, j'ai pas aimé. Non non non. »
La boule s'arrêta, aveuglée, après que Gandalf lui ait jeté sa cape. « Je vais récupérer cet objet si vous ni voyez pas d'inconvénient. » indiqua le magicien. « Ainsi nous pourrons tous nous rendre au Conseil. »
« Euh... » commença Faramir avec incertitude alors qu'il était encore soutenu par Aragorn « peut-être que quelqu'un devrait reconduire mon père à ses appartements ? Oui ? Non ? »
« Ou dans une cellule. » suggéra Luna « Capitonnée ? Ou juste vérifier que Gandalf ne l'a pas tapé trop fort ? »
Deux gardes se précipitèrent vers la forme immobile. Le groupe se mit en route vers la salle de réunion... en compagnie d'Aragorn, cette fois-ci.
« Ta baguette me semble de plus en plus pratique. » informa la jeune sorcière au vieux magicien « Je découvre de plus en plus d'avantages à sa taille. »
« Je suis ravi de l'entendre, Luna. » La voix de Gandalf fut la dernière chose que les gardes entendirent alors que le groupe disparaissait dans le couloir.
Luna avait choisit de transformer le trône-fauteuil de la salle de réunion en un siège similaire aux autres, bien qu'encore assez remarquable puisque la chaise était maintenant d'une violente couleur fuchsia. Aragorn craint un instant d'avoir perdu la vue. Pippin, quant à lui essayait de convaincre Luna de rendre sa chaise orange, « de la couleur des citrouilles » que lui et Merry avaient « volé-ramassé chez le Vieux Maggot ».
Chacun trouva une place, que son siège soit personnalisé ou non. Faramir se tourna vers Aragorn, lui demandant la permission de commencer du regard. « Damrod, quel est l'ordre du jour ? » demanda t-il après un geste du tout nouveau Roi du Gondor.
Le secrétaire de l'Intendant remit de l'ordre dans ses papiers avant d'annoncer. « Nous sommes à présent deux jours après la Victoire de la Bataille de la Plaine de Pelennor. Et... euh... comme vous, je veux dire, Lord Faramir était indisposé ces deux derniers jours suite à la blessure que lui a infligé le Nazgûl, les rapports des différents généraux n'ont pas été centralisés. La chaîne de commandement a été respecté en votre absence mais les décisions qui ont été prise doivent être validée... ou non. »
Faramir songea que tout ceci aurait put être plus simple si son guérisseur, et nouvellement Roi, l'avait autorisé à recevoir ses généraux dans sa chambre d'hôpital. Il jeta un regard excédé à Aragorn qui lui sourit dans un haussement d'épaules. La morsure qu'il avait reçue aurait put être bien pire; son armure légère et le difficile angle d'attaque l'avait protégé et il n'avait souffert que de multiples et petites lacérations disposées en arc de cercle sur le côté droit de son torse et dos, deux dents avaient également percées son biceps. Les coupures n'étaient pas grave mais la salive de la bête avait infectée les blessures et les muscles de son épaule s'était déchirés quand Gandalf avait rattrapé par le bras son corps inconscient qui tombait vers les pavés de Minas Tirith.
« Le bilan de Bataille » poursuivit vaillamment Damrod « implique les dommages fait aux infrastructures, nos pertes et ressources humaines et logistiques. Il s'agit ensuite » continua professionnellement le secrétaire « pour tous les alliés ici présents de décider la manière dont ils souhaitent poursuivre leur alliance. »
« Y a t-il un point urgent que vous souhaitiez aborder avant de commencer ? » demanda Faramir en regardant chaque dignitaire étranger et certains de ses généraux.
Ils répondirent tous négativement indiquant que leurs informations pouvaient attendre les échanges prévues dans la réunion.
« Euh... » intervint une voix rêveuse « Je ne sais pas si c'est urgent mais ne devrait-on pas au moins parler du couronnement d'Aragorn ? Est-ce qu'on peut le considérer couronné d'ailleurs ? »
Aragorn remercia avec ferveur sa décision de porter la barbe qui cachait à présent en partie ses joues rosissantes.
Les yeux de Faramir pétillèrent. « Tu as raison, nous devrions commissionner des estafettes pour porter la nouvelle dans tout Minas Tirith. »
Luna lui fit un sourire. « Comme quand tu es devenu Intendant ? »
« Exactement. » répondit-il avant de tourner les yeux vers Aragorn. « Je ne voudrais pas qu'il se rétracte, le Gondor a besoin d'un protecteur comme lui. »
Les deux hommes échangèrent un regard puis Aragorn s'éclaircit la gorge. « Cela peut attendre la fin de la réunion, passons à la suite. »
Le reste de la rencontre se perdit dans le bilan dépressif des pertes humaines et des mesures à prendre concernant les derniers rites à octroyer aux corps. Il fallait éviter que les cadavres restent trop longtemps à l'air libre pour des questions sanitaires ; il ne manquerait plus qu'une épidémie se déclare ou que les réserves d'eau s'empoisonnent. Il y avait tellement de corps que tous n'auraient pas droit à une tombe à son nom. Il fallait donc jongler entre ce qui est nécessaire pour les vivants et le respect dû aux morts.
Les orcs étaient brûlés en masse dans des bûchers à l'extérieur de la ville. Le corps du Roi Theoden était rapatrié vers Edoras mais tous les Rohirims tombés au combat n'avaient pas cette chance. Les Gondoriens étaient nombreux à avoir été fauchés dans la bataille, soldats comme civils. Sans compter ceux qui luttent encore pour leur vie et dont le sort n'était pas encore fixé.
De nombreuses personnes étaient à la recherche de disparus et espéraient les revoir vivants. Certains corps étaient trop endommagés pour être reconnus... Des listes étaient établies pour les morts, les inconnus, et les disparus. C'était un travail ardu de recouper les trois listes. L'urgence de la situation ne facilitait pas les choses. Et à moins que la famille du mort soit riche et influente, le cadavre partageait une fosse commune ou un bûcher funéraire avec une trentaine d'autres corps.
L'ambiance ne s'améliora pas lorsqu'ils abordèrent le sujet des réserves de nourriture ni celui des fournitures médicales.
« Il faut en finir. » marmonna dans sa barbe Aragorn avec mauvaise humeur « Cette situation ne peut plus durer » reprit-il à l'attention de tous « les provinces du Gondor ne peuvent pas soutenir éternellement la Capitale et trop leur a déjà été demandé. »
« Que proposez vous de faire exactement ? » Demanda Foriel, le responsable logistique de la ville et des armées.
Aragorn se passa la main sur le visage dans un geste de pure frustration. « Sauron doit être détruit. » A cette déclaration, plusieurs personnes de son État Major ouvrit la bouche pour émettre des objections. La nouvelle tête couronnée du Gondor les empêcha de parler d'un geste. « Je sais que nous ne pouvons pas directement précipiter sa chute. Pour cela, il faut détruire l'anneau Unique et il n'est pas en ma possession. Son porteur en revanche, est en chemin vers la Montagne du Destin pour le jeter dans la lave incandescente. N'est ce pas ? »
Faramir hocha la tête. « J'ai croisé la route de Frodon et Sam, la créature qui les accompagnait allait les mener au Mordor à travers le passage de Cirith Ungold. »
Gandalf pinça les lèvres tandis qu'autour de la table se faisait entendre des sifflements d'horreur.
« Cela va les faire passer devant Minas Morgul ! Le siège des Spectres ! » s'exclama quelqu'un « Quelle folie ! »
« Ils ne sont que deux ?! Ils n'ont aucune chance ! » s'horrifia quelqu'un d'autre.
« Ce sont les deux meilleurs Hobbits que vous pourriez demander pour cette tâche ! » s'insurgea patriotiquement Pippin.
« Ce sont des Hobbits ?! »
Pippin leva les yeux au ciel assez dramatiquement.
Aragorn tapa du poing sur la table. « Il suffit ! » Le silence retomba « Le succès de cette entreprise ne dépend ni de leur race, ni de leur taille ! »
« Ni de leur genre. » plaça Luna ni vu ni connu.
« Leur nombre est peut-être même leur plus grand avantage. » Poursuivit Aragorn « Il est plus difficile de traquer un petit groupe qu'un grand ou de passer inaperçu lorsque l'on est nombreux. »
« Il n'en reste pas moins qu'une armée se tient entre eux et la Montagne du Destin. » remarqua Eomer.
« On ne peut peut-être pas jeter nous-même l'Anneau dans la lave mais nous pourrions aider nos compagnons... » avança lentement Aragorn. « Faire diversion. »
« J'imagine qu'il ne suffit pas d'agiter la main pour attirer l'attention de... euh... Sautons ? » répondit Luna pensivement « Il faudrait quelque chose qui lui fasse peur et qu'on ne peut pas louper... Hum... Je sais ! On pourrait organiser un feu d'artifices ! Ça se voit de loin les feux d'artifices ! »
« Luna, je ne suis pas sûr que... » intervint Eomer, le Roi du Rohan.
Luna agita une main dans sa direction pour le faire taire, sans même le regarder. « L'Oeil. Le truc sans jambe qu'est... Sauvons ?... doit être attiré par la lumière, surtout quand elle explose aléatoirement. »
« Loin de moi l'idée de penser que l'idée n'a pas de mérite mais est-ce que ce sera suffisant ? » insista Eomer « Ne vaudrait-il pas mieux... ? »
« Tout à fait ! » approuva Luna « On pourrait...amener des gâteaux ? Pour attirer son armée ? J'imagine qu'un Oeil n'a pas beaucoup d'appétit... »
« Tu penses à quelle recette de gâteau ? » demanda Pippin alors que Gimli se penchait avec intérêt vers eux.
« Hum... au chocolat ? Tout le monde aime le chocolat. C'est quoi le dessert préféré d'un Orc ? »
« À base de sang et de tripes, je pense... » répondit sérieusement Gimli, comme si l'idée d'un banquet était toujours à respecter, peu importe les circonstances.
« On pourrait empoisonner les denrées destinées aux Orcs. » suggéra Saelon.
Gimli et Pippin tournèrent un visage choqué vers le chef du renseignement, pendant que Luna réfléchissait pensivement.
« Je crois que nous nous égarons légèrement... » suggéra Aragorn « Je pense qu'il faut lui envoyer un message. Un message qui lui fasse suffisamment peur pour qu'il redirige son armée vers nous. »
« On a vraiment envie d'attirer l'armée entière de Sauron à nos portes ? » s'interrogea Belecthor.
« C'est vrai que cela ne semble pas être la stratégie la plus judicieuse pour notre survie... » acquiesça Tamir.
« Il faut prendre des risques pour que le succès voit le jour. » intervint Legolas.
« Facile à dire quand ce n'est pas son propre peuple qui est en péril, Elfe. » rétorqua le Général de l'Armée de Minas Tirith.
« Vous réalisez que je suis le Général Elfe d'une armée d'Elfes à ce jour décimée excepté pour trois de ses membres après avoir été envoyé sur l'ordre du Seigneur Elfe de la Lothlórien. » s'insurgea calmement Haldîr en fusillant du regard Tamir.
« Tamir veut simplement dire que seuls vos soldats étaient-sont en danger. Vos femmes et vos enfants sont à l'abri. » expliqua Foriel, le responsable logistique, en essayant de calmer les esprits qui s'échauffaient.
Tactique qui n'eut que peu de succès puisque Belecthor ajouta avec véhémence que les Elfes n'avaient pas d'enfants de toute façon. Legolas rétorqua quelque chose en Elfique qui fit grincer des dents Aragorn.
« Nous sommes d'accord, donc. » coupa le Roi du Gondor en desserrant la mâchoire. « Il faut attirer les Orcs ailleurs. »
Un silence de plomb s'installa en attendant que la colère retombe et qu'il soit à nouveau possible de réfléchir logiquement.
Aragorn se leva, ayant besoin de bouger. « Sauron a déjà été défait par un de mes ancêtres. Il a peur de ce que les membres de la lignée d'Isildur peuvent accomplir... L'épée qui lui a coupé la main a été reforgée. Je ne suis pas mon ancêtre, je veux détruire Sauron et l'anneau, mais c'est pour cette raison que notre entreprise réussira. »
« Tu veux utiliser le Palantir. » comprit Gandalf avec clarté.
Pippin écarquilla les yeux. « Non ! C'est de la folie ! L'Oeil peut tout voir ! Le risque est trop grand ! »
« Tu ne lui as pas montré Sam et Frodon. » rétorqua tranquillement Aragorn. « Je ne le ferai pas non plus. »
« Où voulez vous attirer Sauron exactement ? » s'enquit Saelon.
« Il faut l'empêcher de s'approcher de nos villes. » réfléchit Faramir « Nous devons attaquer le Mordor. » conclut-il.
OoFinDuChapitreOo
*Il a traversé des blizzards hurlants, chevauché des déserts brûlants. Il est monté dans la plus haute pièce, de la plus haute tour. Et tout ça pour quoi ? (désolée, on est censé ressentir l'épuisement d'Aragorn mais pendant que j'écrivais, je pensais à cette réplique dans Shrek et ça a donné ça... Je n'arrive pas à le regretter) ;)
Sur une autre note, j'ai besoin de votre avis... Quelqu'un (dont je tairais le nom) ;) milite pour la mort de Dénéthor, si vous pouviez choisir : Comment souhaiteriez vous le voir passer l'arme à gauche ? Vous pouvez donner votre avis dans le sondage disponible sur mon profil (merci ffnet) ou dans un message privé si vous préférez ^^
