10) Le coffre et la pomme
Après les tâches du bas et son repas, il était temps pour elle de partir pour le haut.
Elle prépara le bain de son maître et puis s'arrêta.
« Voilà, le fameux coffre. Il est énorme ! » Remarqua t-elle.
A genoux, elle n'eut pas le temps de le toucher qu'il s'ouvrit. La lumière lui brûlait un peu les yeux. Elle fit quelques pas en arrière et contempla son contenu.
— C'est un ...
M'approchant d'elle sans qu'elle ne me voie, j'achevai sa phrase pour elle.
— Scorpion d'Or ! Lui dis-je.
— Mais qui êtes-vous ? Vous ne ressemblez à aucun des soldats, qu'ils soient de l'Empire ou de la Fédération.
— Je suis un gardien. Une élite militaire, humains choisis par les Dieux. et ce qui se trouve devant tes yeux est mon armure d'Or. J'appartiens à sa constellation, c'est pour ça qu'on m'appelle Skorpio. Je suis ici avec mon compagnon pour rétablir l'ordre et je voulais également voir ta réaction et celle de ma moitié, le Scorpion. Demain, lors du défilé, tu me verras la porter. N'aie pas peur, elle est vivante mais elle n'a pas bougé lorsque tu l'as touchée... tu lui plais.
Je passai ma main dans ses cheveux et en respirai son parfum.
— J'ai l'impression que tu te transformes toi-même en cette statue... Est-ce que tout est prêt pour mon bain ? lui murmurai-je.
— Oui, seigneur Scorpion. Balbutia t-elle en s'inclinant.
Après m'être reposé et frictionné, en m'essuyant, je lui dis:
— Tu n'aimes toujours pas de m'aider lors de mes ablutions. Serait-ce mes cheveux longs qui te déplaisent ?
— Ce n'est pas très hellénique...
— Ne me dis pas que tu préfères la chevelure du Lion ! Je suis offensé !
— Dois-je réellement aimer des cheveux ?
— C'est en aimant que l'on se sent vivre, Iona.
J'eus le courage de lui caresser la joue et ses lèvres des doigts. L'émotion vibrait en elle mais aussitôt, je vis dans ses yeux une sorte de panique. Était-elle effrayée de ce que le semi-Athénien que j'étais puisse lui faire ? Je n'en savais rien, je la lâchai.
— Va me chercher du vin. Lui demandai-je en l'effleurant avec ma bouche.
En me servant un verre, je la questionnai de nouveau, essayant de l'initier à l'ivresse qu'elle m'offrait, au délire fiévreux dont j'étais possédé depuis cette rencontre.
— Sais-tu quels sont les symboles de la pomme ?
— Elle symbolise l'amour, la séduction, la tentation et la fécondité.
— Est-ce Aida qui te l'a dit ?
— Je l'ai questionnée sur la Déesse de l'Amour... Balbutia t-elle faiblement, de peur qu'on puisse l'entendre.
— Tu aurais plu à mère car c'est comme ça qu'elle l'appelait, préférant son titre à son nom. Elle était alléchante et je dus me contenir une fois de plus.
— C'est effectivement comme cela que nous pouvons définir cet attribut. Regarde-là, cette pomme, ce charme...
Je me levai et commençai à caresser le fruit tenu par les mains de Venus.
— Ses rondeurs sont celles des femmes, celles de leurs fesses peut-être moins musclées que les nôtres mais bien plus charnelles. Lui dis-je en descendant mes mains... Celles de vos cuisses, sensuelles... Et en remonta alors mes mains, surtout celles de vos seins, voluptueux.
Du doigt, je continuai à caresser le détail des contours d'un des tétons de ma statue tout en regardant Iona.
— Leurs odeurs sont comme celles de votre peau, de vos cheveux... Iona..
Elle ne dit rien mais continuait de me regarder, égarée. Le cœur pour une toute première fois serré et désespéré, je m'approchai d'elle.
— Serais-tu souffrante ? Lui fis-je remarquer en lui caressant sa joue avec la mienne.
Je l'embrassai mais elle, elle ne me répondit pas.
— Tu es bien cruelle avec moi Iona...
Je pris la jarre de vin et partis.
Sa nuit fut agitée ne trouvant pas le sommeil, se posant tant de questions qui demeuraient sans réponse. Elle dut admettre qu'une vague ardente l'avait emportée et que seule l'eau de son bain avait pu calmer la lourdeur de ses seins et la démangeaison de son intimité. Prise d'une folie pensant à lui, elle se fit sa propre cour.
