12) L'île des Bienheureux
Se baladant dans le salon, n'ayant pas la moindre envie de partir, elle vit la statue de loin et s'en approcha. Elle se rappela des caresses du Scorpion sur cette beauté et sans paraître gênée, se croyant seule, elle commença à l'imiter en passant sa main sur l'un des mamelons et souriante, elle dit à haute voix.
— D'abord sur les seins...
De retour, la voyant reproduire mes gestes et mes paroles en effleurant pareillement Venus, mon sang voyageait violemment dans mon corps et se tapait dans mes tempes, la gorge sèche, j'allais l'interrompre.
— Non, d'abord la pomme, puis les fesses... Répondis-je.
Elle sursauta et me regarda du coin de l'œil.
— Alors finalement, on l'aime notre Aphrodite ? Lui murmurai-je.
Je lui pris la main, elle ne bougeait pas.
—La couleur de la peau de tes joues ressemble à cet instant même à celles de certaines pommes et celles-là sont sucrées. Je vais t'aider...
Toujours en gardant sa main dans la mienne, nous caressâmes la Venus ensemble.
— Stimulant n'est-ce pas ? Lui fis-je en l'embrassant dans le cou. Je sens enfin les palpitations de ton cœur. Chavires-tu ? Tu ne dis mot.
Mes doigts étaient entrelacés aux siens.
— A présent, touchons ses seins, sans en oublier les tiens.
Après ce touché sensuel sur les courbes de la poitrine de ma statue, je pris alors la liberté de passer ma main entre le lin de son péplos.
— Comprends-tu maintenant la provocation, la sensibilité, l'admiration et le désir que provoquent leurs rondeurs ? Enflammant, ne trouves-tu pas ?
Elle ne savait pas quoi dire, se sentant fébrile, hypnotisée se laissant porter par le désir, nous descendîmes alors nos mains, effleurer ses cuisses.
— Allons à la découverte de ton joyau. Le sens-tu ? Tes petits gémissements me disent que oui. L'un de tes doigts et l'un des miens vont pouvoir se diriger doucement vers tes entrailles pour y pénétrer et ainsi le découvrir. Euphorisant n'est-il pas ? Humm... Tes petits cris d'oiseau me le confirment.
Les yeux mi-clos, remontant nos doigts tout reluisant, nous n'étions plus à Mélos.
— Veux-tu goûter avec moi à ton élixir ?
Y passant ma langue tout en la regardant, je lui demandai d'en faire de même. Nous nous embrassâmes et je la fis bousculer sur le sol devant Venus...
Au petit matin, elle essaya de se lever mais, j'en décidai autrement. Nous échangèrent de nouveau des baisers.
— Veux-tu m'emmener chez les bienheureux ?
Elle sourit mais ne semblait pas me comprendre, elle finit par me dire:
— Je veux y aller avec toi...
— Salives-tu assez pour m'y conduire ?
Je lui pris alors la main et lui chuchotai à l'oreille.
— Regarde cette sentinelle gonflée d'orgueil de te servir, ne veux-tu pas la soulager ?
Je lui guidai la tête et l'initia.
Je gémissais de plaisir mais l'arrêtai pour qu'elle n'aille pas jusqu'au bout de ma possession.
Semblant ivre, le jais de ses pupilles agrandies, sa bouche de petite chatte entrouverte était garnie d'un fin filet d'essence visqueuse, je lui demandai de se retourner et cette fois-ci, je m'appropriai son fondement. Pour elle, mes mouvements brutaux entraînèrent des cris de douleur et pour moi, la jouissance.
J'allais au fond des choses qu'elles m'offrait, au fond de mon amour bestial pour elle. L'accélération des coups, le flux arrivait, arrivait et mon soulagement était proche.
Je me retirai, l'embrassai comme pour atténuer le mal donné et l'entraînai de nouveau vers ma virilité, lui demandant de m'assainir en se régalant de mon écume.
Au repos, allongé sur mon lit, la tête en arrière et elle, calée entre mes jambes, savourant cette substance divine, le monde autour de moi disparaissait, laissant place à une ivresse aphrodisiaque où il n'y avait plus de place pour les mots, seuls les cris comptaient.
