Et voici la suite avec le chapitre 5 ! Dans celui-ci, on se recentre sur Dean. bonne lecture ! :)Oh et merci pour vos review, ça fait toujours plaisir !

CHAPITRE 5

[retour en arrière, suite avec Dean]

Dean se dirige rapidement vers ses appartements en regardant droit devant lui, sentant le regard de Castiel le transpercer jusqu'à ce qu'il tourne à l'angle d'un bâtiment. Là, Dean s'arrête et s'appuie contre le mur, se mordant la lèvre, l'air pensif et légèrement… Anxieux ? Peut-être, il ne sait pas. Il n'a pas aimé ce qu'il a vu dans la salle d'expérimentation d'Alastair. Il n'a pas non plus aimé ce qu'il a fait. Ce qui n'est pas dans ses habitudes. Normalement, il a tendance à faire le boulot attendu puis se récompenser en se soulant. Pourquoi obliger Alastair à faire du mal à Novak avec les insignes si c'est pour ensuite lui recoudre lui-même proprement la joue et en profiter pour lui désinfecter rapidement l'épaule et les côtes striées de coupures ? Ce n'est pas logique.

Mais sinon il aurait pu risquer des infections et donc la mort. Il ne faut pas qu'il meure, je dois obtenir les informations attendues. Et Sam n'aurait pas aimé que je l'envoie à lui avant de m'être occupé ne serait-ce que du gros des blessures avec le matériel que j'avais sous la main. Oui c'est ça, Sam n'aurait pas aimé. Le cher petit frère sur lequel Dean se repose sans le vouloir. Le frère sans qui Dean ne survivrait pas dans ce monde, pas après tout ce qu'ils ont traversé ensemble. Dean s'est tellement occupé du géant Winchester qu'il ne pense à son propre bien-être qu'après celui de son frère.

Dean se passe la main rapidement sur le visage et s'aperçoit qu'elle est collante de sang séché tout comme son costume. Le sang du caporal. Merde ! Il avait oublié ce détail ! Le kommandant trottine sous la pluie et rejoint rapidement ses appartements attenant à son bureau pour se changer avant de croiser quelqu'un qui lui demanderait des explications. Si c'est un de ses soldats, il pourrait le rembarrer mais pas si c'est un SS du département politique, il s'empresserait de prévenir son père ou un autre supérieur.

Une fois rentré dans sa chambre assez spacieuse mais tout aussi spartiate que le bureau, Dean se débarrasse de ses vêtements souillés qui finissent à ses pieds pendant qu'il part se doucher rapidement. Serviette autour de la taille et dégoulinant d'eau, il fouille dans son placard à la recherche d'une chemise blanche et d'une veste bleu-kaki propre en plus d'un pantalon. Un juron lui échappe, il s'est cogné la tête sur le haut du placard. Une fois qu'il a trouvé les vêtements qu'il recherche, il finit de se changer tout en laissant sa veste sur le lit et sa cravate détachée autour du cou. Il marche vers le miroir et commence à faire son nœud de cravate face à son reflet sans vraiment attacher d'importance à ce geste automatique.

Quelqu'un se met à frapper contre la porte de son bureau. L'agacement déforme ses traits. Vraiment pas une seconde de libre putain ! Il a intérêt à avoir une bonne raison l'emmerdeur ! Séance tenante, le bruit contre la porte ne s'étant pas arrêté, Dean traverse sa chambre et son bureau en de grandes enjambées avant d'ouvrir rapidement la porte pour couper la chique à l'opportun. Face à l'homme devant sa porte qui se tient droit comme un i, Dean s'arrête dans son élan. Merde un gars du département politique. Peux pas l'engueuler. Dean inspire tout de même profondément pour bien montrer son énervement et demande ce qui l'amène ici .

- Vous devez choisir les nouveaux Kapos aujourd'hui Herr Winchester. Vous étiez censé l'avoir fait il y a quelques heures de cela même.

- Ah oui c'est vrai. J'arrive dans quelques minutes. Dean amorce un geste pour claquer la porte au nez du soldat mais se retient en se rappelant son statut. Rentrez le temps que je finisse de me préparer.

L'homme hoche la tête et entre à la suite de Dean en s'arrêtant près du bureau du commandant pendant que ce dernier rentre dans sa chambre chercher sa veste et une serviette pour se sécher brièvement les cheveux.

Il revient dans son bureau la veste posée nonchalamment sur les épaules tout en se frottant les cheveux qui rebiquent dans tous les sens, comme s'il venait de se lever. Mais personne n'est jamais aussi sexy et troublant au réveil.

Dean fixe le soldat qui regarde droit devant lui, sans jeter un seul regard au chef du camp, une moue traversant le visage de celui-ci devant le manque d'expression de ce SS. Ils m'observent tous avec fascination d'habitude dans ces moments-là. Par ils, Dean désigne toutes personnes de la gente masculine et féminine. Bien qu'il ne devrait distinguer dans ses proies que les femmes, ce qui serait logique s'il veut se montrer un bon nazi.

Mais après ces quelques années à la tête de ce camp, il a apprit à varier ses plaisirs.

Il a remarqué cela très tôt, la façon dont les gens le regardent. Avec fascination, envie, désir même. Et il s'en est servi, de ce don qui fait que les gens ne peuvent détacher leur regard de lui tant qu'il le veut.

La liste de ses conquêtes est plus longue que le nombre d'Allemands adhérents au parti nazi. C'est tout du moins ce qu'il s'amuse à dire.

Il utilise donc ce don pour faire des expériences, voir comment réagissent les gens face à lui ; et ça l'amuse. Il l'a déjà beaucoup utilisé pour piéger des prisonniers et raccourcir leur vie.

Pour cesser de penser à tout ça, Dean demande :

- Et savez vous quand Herr Johann Strauss viendra me rendre une petite visite ? Je sais qu'il n'en a cure de ce petit camp qui n'existe que pour pouvoir m'occuper mais cela fait tout de même deux mois qu'il n'est pas passé. Je devine qu'il doit se trouver dans le pays mère mais qu'en sais-je ? Je ne suis qu'un simple officier de camp.

Un sourire traverse les lèvres de Dean. Un sourire calculateur, la tête penchée et son regard de braise étrange. Le SS, qui s'était décidé à fixer Dean pendant son monologue, est pris d'un frisson de peur, son corps ayant amorcé un léger mouvement de recul qu'il s'empêche de continuer.

Trop tard, les yeux de lynx de Dean l'ont vu.

- L'oberleutnant Strauss ne nous a pas donné cette information. Il m'a juste demandé de vous rappeler les changements de kapos de temps en temps et dans son dernier communiqué il me demandait si le sujet C34N15089 avait enfin été marqué.

- C'est chose faite depuis hier. On lui a tatoué comme matricule le numéro 3415089 comme celui donné à son arrivé. On a juste enlevé les initiales. Je n'ai pas pensé utile d'avertir Strauss.

- Si vous lui avait donné un matricule, pourquoi continuez-vous d'utiliser ces initiales dans celui-ci alors ? Les chiffres devraient suffire amplement.

- J'aime savoir à qui je m'adresse, même si je ne connais que ses initiales. Si je ne les ai pas, j'invente un prénom. Je ne supporte pas de m'adresser à des numéros. Ce n'est pas en leur enlevant leur prénom qu'ils oublieront qui ils sont et j'aime me répéter tous les gens qui sont ici. Des numéros c'est trop long à mémoriser.

Le commandant finit d'enfiler sa veste et pose sa casquette sur sa tête avant de taper des talons pour couper court à la conversation et au regard trop sûr de ce simple fonctionnaire. Il faudra que je me débarrasse de lui. Je placerai un de mes hommes à sa place. Accident avec les prisonniers. Rien de plus banal.

- Bon, nous pouvons y aller maintenant.

L'autre hoche du chef et talonne le Winchester qui sort rapidement de son bureau, cherchant qui remplacera les kapos qu'il enverra donc au lynchage.