Et hop ! Le chapitre 10 ! Merci AngelOfTheLord d'avoir pris le temps de corriger le chapitre ! :)

Dans le texte, j'évoque quelques musiques de cette periode. Je note les titres pour ceux qui veulent se faire une idée des musiques !

" L'accordeoniste " de Edith Piaf :

" In the mood " de Glenn Miller aussi

" Little brown jug " de Glenn Miller

CHAPITRE 10

De l'eau savonneuse gicle et atterrit sur le visage de Castiel qui était perdu on ne sait où dans ses pensées. L'arroseur s'excuse rapidement auprès du caporal qui le fixe d'un regard perdu avant de se souvenir où il se trouve et quels sont les ordres qu'on lui a donnés. Laver les uniformes. Autant nazis que prisonniers. Puis aller les mettre à sécher dehors tant qu'il fait encore beau.

Il finit de taper la belle veste bleue-kaki à gallons contre le bord du récipient pour la débarrasser de l'excédent d'eau avant de pouvoir aller l'accrocher sur le fil à l'entrée du bâtiment. De la fumée s'échappe des bacs, les quatre prisonniers préposés au lavage sont en sueur et Castiel s'essuie le front avec son avant bras en évitant de mouiller les manches retroussées de sa chemise blanche en toile. Découverte des paniers de linges propres en attente d'être repassés.

Il passe doucement sa main sur les bandages qui strient son torse sous sa chemise qu'il laisse ouverte et il jette un coup d'œil à ses collègues. Tout le monde est plongé dans son travail. Tant pis, il ira suspendre le linge tout seul même s'il aurait bien aimé pouvoir parler avec quelqu'un. Il jette la veste dans une panière où elle rejoint un pantalon sombre et quelques chemises.

La panière finit coincée entre les bras de Castiel qui fait un signe au nazi chargé de les surveiller pour qu'il s'écarte et ne se prenne pas celle-ci dans la figure. Une fois sous le soleil, il se dirige vers le fil déjà bien rempli de vêtements et accroche les chemises lorsqu'il aperçoit Dean en écartant un grand drap.

L'Américain lâche précipitamment le pan du drap. Mais c'est pas possible je le vois partout en tout temps ma parole ! Le soldat entrouvre légèrement le drap et observe de nouveau Dean qui se trouve accroupi dans un coin, dos à lui. Qu'est ce qu'il fait là accroupi ? On dirait qu'il parle à quelqu'un. En effet, Dean se tourne légèrement pour laisser apparaître un petit chien recroquevillé dans l'angle du bâtiment.

- Alors mon grand qu'est ce que tu fais là ? Je ne me souviens pas t'avoir déjà vu dans le coin. Allez approche, je ne vais pas te manger.

Le commandant parle d'un ton doux au chiot brun et blanc qui s'avance lentement vers la main tendue de Dean. Castiel observe toujours, se demandant ce que le Winchester va bien pouvoir faire. Une fois le chien à portée de main, il l'attrape par la peau du cou et le serre contre lui sous les jappements heureux du chien qui lui lèche le nez.

Rire discret de Dean. Puis il le cache sous sa veste en se redressant. Il jette des coups d'œil alertes autour de lui, comme pour vérifier que personne ne l'a vu puis sourit au petit chien qui jappe doucement.

- Je pense savoir à qui tu appartiens. ça te dirais de faire un petit tour en restant bien caché sous ma veste et sans faire de bruit ? Le chiot enfonce son nez contre Dean en guise d'approbation. Nickel ! On y va.

Dernière gratouille sur la tête puis Dean se dirige à grandes enjambées en prenant un air furieux vers le baraquement des enfants.

Castiel, qui a toujours son linge mouillé entre les mains, le suspend rapidement avant de suivre le commandant, interloqué par la tournure que prend cette histoire de chien. Une fois devant les enfants et toujours avec son air semi froid semi furieux, Dean demande aux enfants si ce chien leur appartient. Il le sort de sous sa veste et le leur montre. Un petit garçon ne peut se retenir de faire un pas vers le chiot et le commandant le fixe aussitôt.

- Alors à qui appartient ce chien ? J'attends. Pendant quelques secondes, personne ne réagit. Il est à toi petit ? Tu t'es avancé quand je l'ai montré. L'honnêteté est importante, j'attends votre réponse.

Ledit petit garçon hésite un certain temps en se triturant les mains et jetant des regards fuyant vers le chiot puis s'avance de nouveau vers Dean et tend les bras vers le chiot, faisant comprendre au brun qu'il lui appartient. Instantanément, l'air de Dean change pour devenir bienveillant et doux. Il s'accroupit et tend doucement le chien au petit garçon qui l'attrape et enfouit son visage dans la douce fourrure de son animal.

- L'honnêteté prime, tu as bien fait de te désigner. Même si j'avais un air furieux, tu t'es quand même avancé pour récupérer ton chiot. Résultat, je te le rends. Tu pourras le garder s'il reste dans l'enceinte de votre baraquement et qu'il reste sage. Je te ferais donner de la nourriture pour lui ainsi qu'une vielle couverture. Au revoir klein Hund.

Dean passe doucement sa main dans le pelage du chien et se relève avant de se diriger vers un groupe de garde situé plus loin. Sûrement pour leur demander ce qu'il a promis au petit.

Castiel pour sa part retourne étendre son linge tout en pensant à ce qu'il vient de voir. Ce Winchester l'étonne de plus en plus. À se demander ce qu'il fait réellement là. Un sourire apparaît sur le visage de Castiel. Peut-être qu'avec le temps il arrivera à sortir de ce camp, et par la grande porte. Le soldat ébouriffe ses cheveux en accrochant le linge, observant toujours du coin de l'œil le commandant qui retourne à son bureau.

Lui aussi il devrait se mettre au boulot et plus vite que ça ! Il attrape rapidement la panière et retourne dans le bâtiment en se préparant aux remontrances du garde qui l'avait laissé sortir. Malgré ce long moment qui l'attend, le sourire ne quitte pas le visage de Castiel qui entend le garde l'appeler avec force.

Quelques heures plus tard, les yeux rougis par l'eau savonneuse et les mains rêches à force de frotter, Castiel sort du bâtiment avec les autres qui bavardent entre eux.

Au loin, Balthazar lui fait signe, le visage noir de suie et le sourire jusqu'aux oreilles. Mais qu'est ce qu'il a encore fait celui-là bon sang, se demande Castiel qui rejoint son ami. Celui-ci l'attrape par le bras et renifle sa chemise en la tachant de suie.

- Mmhh quelle chance tu as d'avoir travaillé à la blanchisserie aujourd'hui ! Moi comme tu le vois, j'étais dans le bâtiment d'armement. J'ai un peu fait voler de la poudre partout dans le bâtiment en faisant tomber une barrique et en m'affalant dessus. Mais bon ça allait, personne ne fumait !

- T'es vraiment pas possible toi. Tu sais très bien que ce n'est pas en gâchant leur poudre que cela va changer grand-chose sur l'avancée de cette guerre. Mais bon, si ça t'amuse.

- Ça m'occupe. Tu sais très bien comme on s'ennuie ferme dans cette partie du bâtiment. Y'a même pas une seule personne qui accepte de venir se divertir un peu avec toi si tu vois ce que je veux dire. Bon okay toi c'est pas mieux au vu de tes yeux et de tes mains, mais au moins tu sens bon la rose et tu as chapardé une chemise toute neuve ! Tu as pensé à moi au moins ?

- Bien sûr. Tiens une chemise. Je te l'ai prise à rayure pour que ça ne fasse pas trop tache avec ton beau pantalon blanc et bleu.

- Vas-y moque toi de moi ! Je comprendrais jamais comment cela se fait que tu ais encore tes vêtements militaire et qu'on ne te dit rien. Chouchou du commandant peut-être ?

Un sourire moqueur apparaît sur le visage de Balthazar. Il adore taquiner Castiel par rapport à son étrange relation avec le Winchester. C'est le prisonnier qui a tout de même le plus vu le chef en revenant vivant.

- Allons ne fait pas ton martyre ! Tu as une chemise neuve au moins ! Et les rayures ça te va bien au teint en plus. Ta peau est presque du même bleu !

Balthazar arrache la chemise des mains de Castiel et rigole des moqueries de son compagnon. Il est temps qu'ils retournent à leur baraquement, la sonnerie pour l'appel va sûrement bientôt sonner vu la pénombre qui commence déjà à s'installer.

Après l'appel pénible et le repas mangé seulement à moitié (fini par les soins de Balthazar), Castiel décide de ne pas aller se coucher tout de suite et d'aller faire une petite virée nocturne alors que la sirène du couvre feu a sonné.

Il saute de son lit et tombe souplement sur le sol, s'arrêtant pour écouter les respirations calmes de ses camarades de chambre. Regard vers l'ombre de Balthazar, aucun mouvement. Castiel passe la tête à travers l'embrasure de la porte et traverse lentement le couloir, aussi silencieux qu'un félin.

Une fois dehors, il guette les mouvements des lumières des miradors et des gardes puis se glisse dans la nuit. Alors qu'il marche calmement en inspirant l'air froid de la nuit, un bourdonnement atteint ses oreilles, transporté par le vent.

En fait, ce n'est pas réellement bourdonnement, c'est… De la musique ! Castiel reste stupéfait. Il se remet en marche à la recherche de la source du bruit. En se rapprochant des bâtiments des SS et administratifs, le son se fait plus net même s'il reste comme étouffé. Trouvée, la musique vient du bâtiment de Dean, de son bureau. Justement, ledit bureau est éclairé par une lampe de chevet, les rideaux tirés laissant la lumière poindre. Castiel se rend à la fenêtre qui donne sur le couloir plongé dans l'obscurité.

Quelques minutes à forcer contre le bois et Castiel se glisse dans le couloir, le bruit de ses pas étouffés par la moquette. « […] Elle écoute la java […] pas […] regarde même pas […] » Des bribes de musique arrivent aux oreilles de Castiel qui ne reconnaît pas la chanson chantée en français. Il continue d'avancer vers la source du bruit, une lumière apparaissant sous le pas d'une porte. « mais ses yeux amoureux […] nerveux et les doigts […] de l'artiste [… ]» Le son se clarifie, sortant sûrement d'une radio au vu du reconnaissable bourdonnement. Rien ne vaut les bons disques plutôt que ces appareils sans âmes ; se dit Castiel.

Arrivé devant la porte d'où la musique sort, Castiel profite de la belle voix cristalline qu'il ne connaît pas. Il ne comprend pas ce que dit la chanteuse, mais en vérité il s'en fiche, écouter de la musique suffit à lui faire plaisir. De nouveau, le refrain est chanté par l'artiste. Castiel empoigne la poignée et ouvre la porte du bureau de Dean le plus discrètement possible.

Dès que la porte se met à bouger, le regard de Dean est attiré par le mouvement et il lance un regard stupéfait au caporal qui se tient devant l'entrée. La musique continue son refrain, Dean figé dans son mouvement, des feuilles signées dans les mains.

Aucun des deux ne bougent, la musique se finit et une autre se met en route. D'une certaine Edith Piaf. C'était d'elle aussi la musique d'avant, le timbre de voix est le même ; se dit Castiel.

- Mais qu'est ce que tu fais là toi ? Le couvre feu a sonné depuis longtemps ! Et on rentre pas dans les bureaux des gens de cette manière, merde !

- J'ai entendu la musique, je suis donc venu voir d'où elle venait.

- C'est ton excuse ?! Si ça avait été n'importe qui d'autre, je l'aurais soit envoyé à Alastair si c'était un des prisonniers, soit fusillé si c'était un de mes hommes ! Mais puisque c'est toi, tu sais que tu n'as rien à craindre hein !… Mais pourquoi, ça je ne sais pas… ajoute Dean dans un murmure, fixant toujours Castiel d'un air éberlué. Qu'est ce qui te rends si spécial soldat ? Tu as de la chance je sois crevé rajoute-t-il, à voix haute cette fois-ci.

Voyant que Castiel ne se décide pas à repartir, Dean lui montre le siège du doigt d'un air las en lui demandant comment il a bien pu faire pour sortir comme ça de son baraquement et arriver dans son bureau.

- Un coup de chance ?

- Sincèrement. Vu où nous en sommes, tu me dois au moins la vérité je pense.

Castiel décide de lui répondre franchement en s'asseyant dans le fauteuil.

- L'habitude et l'observation. Tes hommes font tout le temps le même trajet, à la seconde près. Facile de les éviter.

Bien évidemment, Castiel a omit de préciser les petits angles morts parsemés partout dans le camp. À force de sorties nocturnes et de coups de matraques, Castiel les connaît par cœur.

S'ensuivit ensuite un silence seulement remplit par la musique sortant de la radio kaki posée sur le bureau.

- Donc tu écoutes la radio Française ? Il n'y a pas d'ondes plus près ?

- Si bien sûr, mais les Français chantent mieux que les Allemands. Même si je comprends rien de ce qu'ils disent. Les chansons sur la grandeur de ma nation commençait à me taper sur le système.

Dean rit en continuant de lire ses documents, sans réellement prêter attention au prisonnier qui s'est déjà levé et observe la radio avec attention. Un Charles Trenet a remplacé Edith Piaf.

- Assez entrainantes leurs musiques pour la période où nous nous trouvons et pour la situation dans laquelle leur pays se trouve.

- Parce que t'es tombé sur le bon moment. Des fois, leurs musiques sont tristes à mourir. Mais autant qu'ils soient un peu joyeux. Être triste ne fera pas bouger les choses pour eux, ça les aidera pas à gagner cette guerre.

Froissement de feuilles qui atterrissent dans la poubelle située à l'autre bout du bureau, crissement de stylo contre une nouvelle feuille blanche.

- Quand j'aurais fini mon rapport, je te ramènerai à ton baraquement. Si j'ai installé un couvre feu, c'est pas pour que les premiers Américains venus se décident à se balader comme bon leur semble.

Face au ton de voix bourru de Dean, un léger sourire s'esquisse sur les lèvres de Castiel. Il semblerait que Dean se soit décidé à ne plus les appeler yankee.

- Comme il vous plaira Herr kommandant !

Au ton volontairement moqueur de Castiel, Dean lève les yeux de sa feuille et fixe le soldat de son regard perçant. Toujours plein d'arrogance et de moquerie pour montrer qu'il est toujours debout. Époustouflant.

Puis Castiel détourne le regard et se penche sur la radio en tournant les boutons pour changer de ligne d'onde.

- Mais merde qu'est ce que tu fais ?! Tu sais le temps que ça m'a pris pour tomber sur Radio Paris ? Des mois !

- Chut ! Je te cherche de la vraie musique entraînante qu'on entend pas en Allemagne.

Puis enfin, après plusieurs échecs et minutes de crépitement désagréable, Castiel trouve ce qu'il cherchait. Du Glenn Miller sort puissamment de la radio, « In the mood » résonnant dans la pièce.

Castiel ferme les yeux et savoure la musique. Il n'avait pas pu emmener les 78 tours que tous les soldats recevaient avant leur départ pour les combats et entendre de nouveau du swing lui rendait le sourire.

Après quelques minutes où Castiel s'était mis à battre du pied et à légèrement se mouvoir, il ouvre les yeux et voit Dean qui le fixe d'un air stupéfait.

- Quoi ? J'ai pas le droit d'aimer de la bonne musique et de le montrer ?

- C'est… J'aime bien. La musique, je veux dire. On a pas ça ici. Ou en tout cas plus depuis des années. C'est entrainant.

Castiel sourit. Une autre musique de Glenn Miller entre en scène, tout aussi entraînante que la précédente, « little brown jug ». Le caporal se met à bouger de plus belle en faisant de petits mouvements pour ne pas paraître danser. Voyant que Dean est toujours fasciné par le swing et commence à marquer le rythme discrètement du bout des doigts sur son bureau, Castiel se met à danser plus franchement sous le regard figé de Dean.

Ça fait tellement longtemps qu'il n'a pas dansé, (la dernière étant au bal de son école) que voir quelqu'un se déhancher devant lui lui fait oublier où il se trouve. Voyant que Dean le regarde toujours, Castiel lui fait signe de se lever pour le rejoindre sur la piste de danse improvisée. Instantanément, Dean prend un air gêné et refuse, s'enfonçant dans son fauteuil, toujours perdu dans cette folle musique.

Tellement perdu qu'il ne voit pas Castiel avec son air joueur s'approcher de lui et l'attraper par le bras pour le tirer hors de son fauteuil. Surpris, le commandant se laisse entraîner et reste au milieu de son bureau sans bouger, Castiel continuant de se mouver élégamment. On dirait qu'il fait corps avec la musique, impossible de le faire revenir.

Le regard de Dean reste ancré à cet homme qui est censé être l'un de ses prisonniers mais qui pourtant marche librement dans presque tout le camp et transgresse les règles une par une sans recevoir aucune sanction à part des remontrances.

Castiel se tourne vers Dean et lui lance un sourire de mille feu. Le cœur du Winchester s'emballe. De nouveau ce sourire. Vraiment, comment les gens font-ils pour résister à ce sourire ? Quelle question ! Ils n'y résistent pas ! Brusque souvenir de leur dernière entrevue dans le bureau, regard vers le mur près de la porte.

Dean passe sa langue sur ses lèvres et cligne rapidement des yeux pour revenir à la musique, au bureau mal éclairé et à Castiel qui danse. Ah… lui aussi il s'est mis à danser. Il ne s'en était même pas rendu compte. Maintenant qu'il est lancé, pourquoi s'arrêter ? Haussement d'épaules ; une autre musique démarre et les deux hommes se déhanchent sur la nouvelle musique, le bourdonnement de la radio et de leur rire résonnant hors du bâtiment, Sam dans le bureau d'en face se demandant ce que son frère est encore en train de faire, se disant que tout cela va mal finir, un jour ou l'autre.

Quelques heures de danse plus tard, Dean ramène Castiel à son baraquement. Les infos avaient coupés la musique, il n'y avait plus d'intérêt à continuer la soirée.

Pendant le trajet, les deux hommes rencontrent quelques SS qui les regardent d'un air stupéfait, se demandant ce que faisait le prisonnier dehors en pleine nuit. Regard mauvais de la part de leur chef pour ne pas l'avoir vu sortir de son baraquement.

Après les avoir éloignés d'un geste agacé de la main, Dean s'arrête devant la porte du bâtiment, près de Castiel.

Il se tourne légèrement vers lui mais semble hésiter à le regarder, à moins qu'il n'observe quelque chose plus loin. Difficile de savoir avec le noir qui les enveloppe et la lumière jaunâtre du lampadaire situé à cent mètre d'eux.

Dean se tourne de nouveau vers Castiel pour s'adresser à lui en se rapprochant lorsque son pied glisse dans la boue et qu'il tombe lourdement sur le sol en tentant de se rattraper à Castiel qui finit étalé de tout son long sur lui en se cognant le visage contre le sol. Leur respiration se coupent sous le choc et Castiel garde son visage enfoui contre le cou du commandant pendant quelques secondes avant de se placer sur ses avant-bras, ne pouvant s'écarter plus à cause de la main crispée de Dean enserrant sa chemise.

- Wow je suis vraiment pas doué moi… Désolé Cas, mauvais réflexe de ma part. Ça va ?

Sa question posée, Dean laisse son regard dériver sur le torse de Cas à la recherche d'une quelconque blessure.

- Ça va, ça va. J'en ai vu d'autre. C'est plutôt moi qui devrais te poser la question vu la façon dont tu t'es affalé et que je te suis tombé dessus. Leur souffle se mêlent, leur regard se perdent l'un dans l'autre. Par ailleurs, pourrais-tu lâcher ma chemise histoire que je me relève ? Si quelqu'un arrive ça ne risquerait pas d'être très bon pour ton image d'être allongé comme ça sous un homme, qui plus est, est censé être un prisonnier. Risquerait d'avoir un petit malentendu.

Dean s'apprête à préciser que ses hommes l'ont vu dans de pires situations lorsqu'il se fige en observant le visage de l'Américain. Il attrape son visage de sa main libre et lui effleure la tempe avec le pouce, un air légèrement préoccupé.

- Tu saignes. Tu as dû te cogner en tombant.

L'attention que Dean porte à Castiel les envoie si loin de ce lieu, si loin de leur responsabilité. Tout deux en ont oublié qui ils sont ici. Pour l'instant et depuis que Castiel a franchi la porte du bureau en entendant de la musique, ils ne sont plus que deux hommes perdu, cherchant à démêler leurs sentiments.

Castiel ne répond pas, se concentrant sur cette sensation de froid sur sa tempe droite qu'il n'avait pas encore remarqué. Dean raffermit sa prise sur la chemise de Castiel et se redresse un peu pour embrasser doucement sa tempe et effacer le sang, qui finit sur ses lèvres charnues. Une vision qui donne fortement envie à Castiel de l'embrasser et qui se retient à grande peine en mordillant sa lèvre inférieure. Il se redresse rapidement en entraînant Dean avec lui et il finissent tout deux par se relever en époussetant leurs vêtements. Personne ne les a vus, Dieu soit loué.

- M…Merci pour cette soirée Castiel, ça fait longtemps que je ne m'étais pas amusé comme ça. Et encore désolé pour la petite chute. Maintenant…

- Castiel…

- Quoi ?

- Tu m'as appelé Castiel.

- C'est ton prénom, non ? Donc je t'appelle comme ça c'est logique. À moins que ce ne soit un faux nom. Mal à l'aise, comprenant où Castiel veut en venir, Dean tente de noyer le poisson. Attends, laisse moi deviner. Ton vrai prénom est…

- C'est bizarre, j'ai eu droit à des Cas, et non des Castiel tout le long de la soirée pourtant.

Face à cela, le brun utilise sa technique favorite, l'esquive.

- Je.. rentre te coucher. Demain tu as du boulot et j'ai un rapport à écrire moi. À bientôt… Cas.

Sur ce, le commandant tourne des talons et s'éloigne vers son bureau, laissant Castiel à l'entrée. Il n'était pas sûr que le coup du surnom fonctionnerait, mais de nouveau cette sensation de chaleur lui retourna l'estomac lorsque Dean l'appela par son surnom.

Il passe brièvement sa main sur sa tempe et la ressort avec quelques zébrures rouge mais rien de bien grave. Demain ce sera cicatrisé. Il y a plus important à penser. Un haussement d'épaule, un regard vers l'horizon où se trouve un bâtiment gris qui possède une petite baie vitrée puis la porte de son baraquement s'ouvre dans un grincement.

Une superbe soirée pour les deux à n'en pas douter.

Klein Hund : petit chien

Voili voilou ! A dimanche prochain pour le chapitre 11 !