Chapitre 12 ! Merci pour vos reviews, aux lecteurs de l'ombre et à AngelOftheLord qui continue de corriger mes chapitres ! :)

Petit à petit, on se rapproche inévitablement de la fin de cette fic !

Bonne lecture !

CHAPITRE 12

[léger retour en arrière]

Le klaxon résonne et Dean serre les dents. Dans moins de trente minutes il est parti. Ça va aller, fais juste attention à ne pas refaire de conneries comme la dernière fois et ce sera nickel. Pas de camp disciplinaire pour toi. Un frisson le prend le long de sa colonne vertébrale, il effleure sa cicatrice du bout des doigts à travers sa veste.

Après une grande inspiration et une dernière vérification de son allure dans un miroir, Dean sort de son bureau et rejoint ses subordonnés qui l'attendent dans le hall du bâtiment. Une fois dehors, le commandant se dirige vers son père et lance un rapide heil Hitler en tapant des talons, bras bien tendu vers le ciel, suivit par ses hommes.

Il tend la main vers Strauss et la lui serre fortement sans le quitter des yeux, une sorte de défi légèrement puéril sur qui lâchera la main en premier. Mais le commandant au regard dissimulé sous sa casquette serre les dents et desserre ses doigts pour récupérer sa main. Celle de son père se resserre et vif comme l'éclair, il attrape le bras de son fils et le tire vers lui, le regard froid de colère. Il se penche à son oreille pour lui murmurer quelque chose.

- Où est le SS du département politique que j'avais placé dans ce camp Dean ? Je vois bien un gars qui porte le même uniforme et les mêmes galons, mais. Ce. N'est. Pas l'homme que j'avais mis à ce poste.

Il resserre sa poigne sur le bras de Dean, le gants en cuir crissant contre le tissus de la veste du brun. Ce dernier tente de dissimuler la grimace de douleur avec plus ou moins de succès, il ne faut pas se mentir.

- Alors dis moi Dean, qu'as tu fait de lui ? A-t-il fait une remarque qui ne t'a pas plu ? T'a-t-il trop rappelé quel était ton travail ? Ou alors c'est simplement le fait que ce soit moi qui l'ai envoyé qui te chiffonnes ? Et donc tu l'as tué et il a rejoint ton placard à squelettes ? Enfin, plutôt ton trou près du bâtiment administratif. Et oui, il ne faut pas me prendre pour un con kommandant Winchester, je sais TOUT ; je dis bien TOUT ce qui se passe dans ce camp. Et je sais ce qu'il se passe entre les prisonniers et les administrateurs de ce camp aussi. Mais revenons à notre histoire de SS du département politique, veux-tu ?

Sans attendre de réponse, Strauss lâche Dean et passe près lui dans un filet de vent, Dean stupéfait de sa rapidité. Le SS finit le cou enserré entre les doigts de l'oberleutnant qui le décolle du sol.

- Alors dis moi, toi. Savais-tu que tu pourrais être accusé de quelconque trahison et d'aide à la dissimulation de meurtre pour avoir pris le poste que tu occupes ? Et veux-tu finir au peloton d'exécution comme un des vulgaires matricules qui s'entassent dans ce camp ? Le soldat secoue la tête avec énergie, marquant sa négation. C'est bien ce que je pensais feigling.

D'un mouvement vif, le SS est jeté avec les autres et se replace dans le rang en titubant et en tentant de cacher sa peur. Sans attendre d'invitation de la part de Dean, Strauss se dirige vers le bureau de l'ancien américain. Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Dean secoue la tête et se met à courir en direction de son bureau pour le rattraper en lançant ses directives à ses hommes pour la suite.

En passant devant l'Allemand qui a subi la colère du sous-lieutenant, Dean lui glisse rapidement à l'oreille de ne pas s'en faire, qu'il s'occupera de ça plus tard, qu'il ne lui arrivera rien puisqu'il n'a pas choisi à avoir ce poste.

Il ouvre violemment la porte du bâtiment et marche rapidement jusqu'à la porte grande ouverte de son bureau, son cœur battant la chamade C'est mon bureau, personne n'y rentre sans que j'y sois et sans mon autorisation. Une fois arrivé sur le perron, il se fige en voyant que Strauss occupe SON fauteuil.

- Vous vous êtes trompé de coté de bureau Oberleutnant Winchester… Oh entschuldigung. Je voulais dire Strauss.

- Tsss. Une sorte de sourire amusé apparaît sur le visage du supérieur hiérarchique de Dean. Pour le fauteuil, Entschuldigung kommandant Winchester. L'habitude.

Malgré qu'il se soit excusé, il ne bouge pas du beau fauteuil en cuir usé de notre commandant. Ce dernier n'en prend pas ombrage et s'assit dans le fauteuil adressé aux invités. Comme s'il était l'invité de son propre camp. Hilarant.

- Alors Vater, quelle est la cause de votre visite ? Ce n'est sûrement pas pour prendre des nouvelles de vos fils que vous êtes là aujourd'hui. Une présence se place derrière Dean. Crowley. Sans se retourner il s'adresse à lui. Crowley ! Puisque tu es là, vas prévenir Sam, qu'il nous rejoigne dans mon bureau.

La présence s'éclipse, la porte se ferme.

- Comme tu l'as deviné, je ne suis pas là pour prendre des nouvelles de vous deux. J'ai entraperçu ton frère tout à l'heure et il semblait en pleine forme, comme toi. Je suis là par rapport à 3415089 .

Un silence s'installe.

- Tu te souviens de lui, bien sûr ? Ce… Yankee, ce rat qui est arrivé dans ton camp il y a bien de cela un mois. Que dis-je ? Bien évidemment que tu t'en souviens. Il parait que tu passes pas mal de temps avec lui, même que tu l'appelles par son prénom et qu'il semble tenter de se prendre pour le chef de ce camp en se mesurant à toi. L'hématome de son coup de poing n'est pas encore parti de ton visage, soit dit en passant.

- C'est un de tes espions qui t'a dit tout ça j'imagine ? Si je ne peux même plus avoir confiance en mes propres hommes... Pour ce qui est des prénoms, c'est avéré. Je nomme chacun des prisonniers par un prénom. Certains gardent leur vrai, pour la plupart je les invente. Novak a eu la chance de garder son vrai prénom. Rien de plus. Demande à tes espions, ils sont censés savoir ce petit détails qu'ils ont omis. Et il se trouve qu'ici, je n'ai pas grands choses à faire. Donc pour m'occuper, je mène de petites expérience sur le caractère, les réactions des êtres humains. Et j'ai trouvé en ce…Yankee Tsss…Je ne devais plus l'appeler comme ça…un cobaye très…Intéressant. Et envoûtant aussi.

- Mhmh. Et en t'amusant dans ton étude sur le cobaye, as-tu trouvé où se cachaient ses hommes ?

- J'ai envoyé l'équivalent d'un escadron fouiller chaque mètre carré des environs du camp, mais ils n'ont rien trouvé pour l'instant. Et je n'ai obtenu aucunes informations de la part de Cas..tiel. Ouh je l'ai rattrapé limite le surnom là ! On se calme Dean. Tout ce que je sais c'est qu'ils sont cinq.

- Le prisonnier a-t-il tenté de prendre contact avec ses hommes ?

- Non. Pas que je sache même si des fois j'ai des doutes sur où il se trouve. Mais je ne l'ai jamais pris la main dans le sac, donc on va dire que non à Strauss. Non, il est surveillé jour et nuit, on l'aurait déjà chopé si c'était le cas. De toutes façons, je ne vois pas pourquoi ça vous intéresse tant de retrouver ces gars-là. Ils ne sont pas une menace. Et s'ils tentent d'attaquer, ils ne savent pas qui ils affrontent. On attaque pas le camp de Dean Winchester comme ça. Dean se retourne et regarde son frère qui se tient contre le chambranle de la porte. N'est-ce pas Sammy ?

Ce dernier se contente d'acquiescer sans prendre la parole. Dean se penche en avant pour mettre ses coudes sur son bureau et poser son menton sur ses mains croisées.

- Et puis, rien n'a d'importance dans cette putain de guerre. On est cernés, les américains sont arrivés. Il n'est qu'une question de temps avant notre fin. Goebbels avait soumit l'idée que peut-être on pouvait perdre, on aurait dû l'écouter et arrêter tout ça à ce moment là. Maintenant c'est trop tard on est foutus.

Un nouveau silence répond à sa tirade. C'est bon; de lui-même il s'est rendu compte qu'il était contre cette guerre. Il est stupéfait de ce qu'il a dit, lui qui était sûr de la gloire de l'Allemagne nazi, du 3ème Reich. Mais ce n'est pas ce que sa mère aurait aimé elle. Son père était bloqué sur son idée de vengeance contre son ancienne patrie, Dean n'aurait pas dû suivre. Jamais il n'avait écouté ce que son frère lui disait, mais il a fallu qu'un certain caporal Novak soit enfermé dans son camp pour que ses idées s'ébranlent plus rapidement qu'un château de cartes devant une fenêtre et une énième visite de son père pour tout faire s'écrouler. Une main se pose sur son épaule, c'est Sam. Strauss reprend la parole brièvement :

- Bon tu as fini ? On peut aller faire un tour du camp maintenant ? Aller on y va !

Franz se lève du fauteuil comme s'il n'avait pas entendu ce que Dean venait de dire et marche vers la sortie qu'il franchit sans voir si les deux frères le suivent. Comme d'habitude. Dean soupire et se lève à son tour pour surveiller le sous-lieutenant.

- Je suis fier de toi Dean. Tu t'es rendu compte que nous nous trouvons du mauvais côté dans cette guerre, même si nous n'apprécions pas tout ce qui se passe de l'autre côté. Pas facile de changer si vite, d'oublier tout ce qu'on nous a enseigné. Mais il semblerait que tu ais changé ces temps-ci. Peut-être grâce à un certain soldat américain, je me trompe ?

Même en lui tournant le dos, Dean sent le sourire de Sam à la fin de sa phrase. Un sourire mi amusé mi doux s'accroche au visage de Dean. Peut-être a-t-il sa part de responsabilité là-dedans, c'est possible oui. En attendant, rattrapons Johann, je préfère être sur ses talons pendant la visite du camp on sait jamais avec lui.

Les deux frères Winchester sortent donc du bureau à la recherche de leur supérieur.

Une trentaine de minutes après l'entrée fracassante de Strauss dans le bureau de son fils, Castiel le voit sortir rapidement et se diriger vers le groupe d'hommes en uniforme qui l'attend pour la visite. Dean arrive quelques minutes après, accompagné de Sam. Les deux hommes rejoignent le groupe et se mettent en marche dans la direction opposée de Castiel, vers les quartiers du chefarzt et des bâtiments administratifs. Celui-ci se redresse et observe les lieux autour de lui qui sont tant bouleversés par l'arrivée d'un seul homme; tellement bouleversés qu'il semblerait que certaines portes ont été mal fermées. Tiens, tiens. Peut-être le bon moment pour partir dans le vent. Mais pas sans Balthy ! Les autres, on viendra les chercher plus tard si ça fonctionne.

- Bon, maintenant il faut que je trouve ce Français.

Un regard à droite, un autre à gauche, aucune trace de Balthazar. Pourtant tous les prisonniers étaient censés se regrouper dans la cour de leur baraquement. Bien évidemment, il a encore décidé de passer outre les ordres ! Merde ! Tant pis, faut au moins que je bloque notre moyen de sortie ! D'un coup de talon, il s'élance vers l'atelier d'armement où ils travaillent pour la création du corps des armes. La porte est entrebâillée au lieu d'être fermée à double tour.

Castiel s'y glisse furtivement et referme la porte derrière lui avant un dernier regard à l'extérieur. Le bâtiment plongé dans le noir semble en sommeil, les grandes tables pleines de sciures et les ombres des machines recouvrant tout. Le soldat se dirige vers l'une des tables et décroche un objet qui était coincé dessous, un épais morceau de verre aiguisé avec pour manche un morceau de chemise. Arme rudimentaire mais mieux que de se déplacer sans rien. Il ferait mieux de tout de même la dissimuler. Hop, elle rejoint les deux statuettes dans une des poches de son pantalon.

Maintenant, la porte de derrière. Une fois arrivé à la porte, Castiel appuie doucement sur la poignée et sort dans une petite cour délabrée. Des inscriptions en allemand couvrent les murs, suivit de quelques panneaux semblant dire que cette zone est interdite. Dommage. Il marche vers la limite de la cour et tâte le mur à la recherche de quelque chose. Bingo ! Il l'a trouvé. Le mur s'ébranle et une partie se décale de son axe dans un grincement à faire réveiller les morts.

Castiel se crispe et se retourne vivement, attendant l'arrivée des gardes qui étaient censés surveiller l'entrée du bâtiment. Mais non, personne. L'Américain regarde par l'intersection entre le mur et la porte dérobée et tente de les éloigner l'un de l'autre pour pouvoir s'y engouffrer. Peine perdue, le mécanisme est bloqué. Il lui faudrait une aide de l'autre côté de ce mur pour pouvoir l'ouvrir et sortir d'ici. Gabriel. Il faut lui envoyer un message. Rapidement, Castiel referme la porte en laissant un peu de jour pour la rouvrir plus facilement la prochaine fois. Un petit bout de tissus pour marquer l'endroit. Une fois en dehors du bâtiment, notre caporal se rend vers l'emplacement de l'échange des messages avec Gabriel, dans la partie sud-est du camp, à l'opposée des baraquements.

Une fois arrivé près du lieu de rendez-vous, Castiel sort un bout de tissus de ses poches et griffonne dessus quelques lignes avant de le replier et de le glisser dans un petit trou dans le mur que le caporal avait fait avec l'aide de ses camarades. On cache le trou avec une pierre et ni vu, ni connu ! Reste plus qu'à attendre la réponse de Gabriel. Dommage que cette fouttu porte cachée soit si rouillée, ils auraient pu sortir par là, mais il n'avait pas pu aller l'examiner avant aujourd'hui.

Sinon, il pourrait tenter de sortir par la grande porte, elle est encore ouverte comme lorsque l'oberleutnant est entré. Un peu risqué et suicidaire comme idée quand même. Doit y avoir au moins cinq à six gardes qui eux ne sont pas armés que d'un bout de verre. Ronges ton frein Castiel, tu sortiras bientôt et tu feras sortir tous les gens qui sont ici aussi. Tous ? Lui demande sa conscience. Le visage de Dean apparaît furtivement dans son esprit. Oui, tous.

De retour à l'appelplatz, Castiel rejoint rapidement son ancienne place en priant pour que personne n'ait remarqué sa brève disparition. Il reçoit une légère tape derrière la nuque : le fantôme Balthazar est de retour .

- Où étais-tu Balthazar ? Je te cherchais !

- Parle moins fort Cassie, okay ? Moi aussi je te cherchais. Enfin…Je cherchais juste un petit coin tranquille pour piquer un roupillon et voler quelques petits trucs pour ma collection mais bon. Content que tu m'ais retrouvé !

- T'es irrécupérable comme gars toi. Et pourquoi tu n'es pas resté faire ta petite sieste ?

- Trop de monde vers mon coin habituel. Y a le père qui tire la gueule et emmerde tout le monde vers l'administratif. Ils se rendaient vers les baraquements quand je suis parti. On va déguster mon pote, je te le dis.

- Dean ne dit rien ?

- Et le géant non plus. Muets comme des tombes. Mais ton Winchester commençait à avoir du mal à se contenir vu comment il serrait convulsivement des poings au fur et à mesure des remarques de Strauss.

Castiel baisse la tête en souriant. Il imagine très bien Dean, tentant de cacher qu'il est fou de rage de toutes les critiques qu'il se prend sur SON camp. Soudain des voix se découpent du bruit environnant, la fin de la visite du camp s'annonce, ne reste que le baraquement des hommes semble-t-il. Strauss s'arrête devant le grillage qui fait le tour de la petite cour du baraquement et transperce chaque prisonniers du regard, semblant sonder leur âme.

Son regard glisse sur Castiel qui reste de glace. Tout se passe bien en fait. Strauss pousse la porte et rentre dans la cour, marchant entre les prisonniers assis par terre en leur donnant des coups de pieds et de cravache au passage ou écartant ceux restés debout d'un coup de coude pour s'arrêter devant Castiel qui se trouve debout. Mince. Problèmes en vue. Castiel tend sa main vers le bout de verre dissimulé dans sa poche.

- 3415089 ? Ou plutôt Castiel Novak puisque tu ne dois pas connaitre ton matricule, tout le monde t'appelant par ton prénom .

- C'est moi.

Strauss ne rajoute rien et observe Castiel avec attention. Une silhouette se rajoute derrière lui, Dean l'a rejoint et se tient solidement sur ses appuies.

- Puis-je savoir comment cela se fait-il qu'il n'ait pas dit où se trouvaient ses hommes Dean ? Il ne m'a pas l'air d'être vraiment de taille contre Alastair et ses douces méthodes pourtant. Après, peut-être que vous n'y êtes pas allez assez fort, ce qui ne m'étonnerait pas.

- Il est bien plus robuste que ce que vous pourriez croire, précise le Kommandant.

- En tous cas, il vous a donné un peu de fil à retordre; cela se voit. Il ne porte pas vraiment l'uniforme réglementaire des prisonniers et ses insignes semblent inexistantes.

Dean s'avance et attrape les pans de la chemise de Castiel pour la faire glisser le long de ses épaules et dévoiler les insignes.

- Il ne pouvait porter de chemise quand je lui ai fait mettre ses insignes à cause d'Alastair justement. Après, je n'ai pas pensé à les faire déplacer.

- Je ne suis pas étonné. Tellement de désinvolture en toi. Je vais m'occuper un peu de ça plus tard, tu verras.

Sa phrase finie, Strauss empoigne Castiel par le cou et le soulève de terre. Il tente de se défendre mais sa chemise coincée sur ses poignets le bloque de tous mouvements et l'empêche de prendre le bout de verre. De toutes manières, ce serait stupide de le sortir alors que c'est la seule arme qu'il possède jusqu'à son évasion.

Il finit brutalement au sol et Strauss lui assène de violent coup de pied dans le ventre, le soldat se recroquevillant à chaque coup reçu, cachant son visage sous ses bras. Un dernier coup de pied finit de le retourner sur le dos et une botte atterrit à quelques centimètres de son visage.

- À ton tour Dean. Je vois bien à quel point tu es sur les nerfs, donc vas-y, défoules toi.

Castiel tourne son visage vers le commandant qui l'observe, le visage toujours fermé. Je suis bon pour un nouveau lynchage moi… Dean s'approche, mais au lieu de frapper Castiel, il pousse lentement son père pour l'écarter du prisonnier.

- Non. Il n'y a aucune raison pour que je le frappe. Ce n'est pas lui qui m'a mis en colère, il n'a rien fait pour mériter ça. Dean enjambe Castiel pour se placer entre lui et son père tout en l'éloignant encore de quelques mètres. Ne sont punis que ceux qui le méritent, telle est l'une des règles de mon camp. Et je l'ai toujours appliquée, même si quelques fois les punitions étaient… exagérées. Nous allons donc en rester là et la visite va se finir ainsi père.

Les yeux de Strauss s'assombrissent et sa main jaillit vers le visage de Dean, lui assénant une gifle qui l'envoie s'écrouler à quatre pattes contre le sol. Les yeux écarquillés, Dean crache du sang qui tombe par goutte conte la terre battue. Un silence de plomb atterrit sur tout le camp, personne n'ose respirer. Les gardes sont hésitants, vers qui faut-il se tourner ? Sans attendre que son fils se relève, Strauss se dirige vers sa voiture et monte rapidement dedans, après avoir lancé quelques injectives aux gardes.

- Je veux une localisation et des noms Kommandant Winchester, et vite ! Sinon, vous connaissez la sentence !

Claquement de portière, bruit de moteur, il est partit. Les gens se remettent lentement à parler. La voix de Sam traverse l'air, forte et autoritaire, tous les prisonniers sont renvoyés à l'intérieur de leur baraquement, plus personne dans les cours, et plus vite que ça !

Mais Castiel n'arrive pas à se lever. Les bras serrés autour de lui à cause des coups de pieds, il observe Dean, toujours prostré par terre. Comme bloqué, vide. Oui c'est ça. Cette gifle l'a vidé, l'a laissé sans rien. Il aurait pu ne pas la recevoir. Le kommandant l'a défendu; mais pourquoi ?

Le soldat tend une main hésitante vers Dean, tentant de le toucher, signaler sa présence, le reconnecter au monde. Ses doigts touchent son poignet, effleure sa peau. Dean frémit et tourne la tête vers Castiel, toujours sous le choc, la joue égratignée et du sang à la commissure des lèvres.

- ...Sinon je connais la sentence…

- Quoi ? Je n'ai pas entendu Dean. Parle plus fort.

- Sinon je connais la sentence. Il faut que tu parles. Je dois te faire parler, sinon je perdrais mon camp, et ça, je ne peux me le permettre.

Dean se parle plus à lui-même qu'il ne parle à Castiel, ça le soldat le sent. Le commandant cligne rapidement de ses beaux yeux verts pour tenter d'effacer cette brume qui lui emplit la tête, sans résultat. Rapidement il se relève sans lancer un regard à Castiel, toujours au sol, et ordonne qu'on l'envoie chez Alastair pour connaître l'emplacement de ses hommes.

Le soldat reste stupéfait et ne réagit pas à la poigne des deux SS qui le soulèvent sans ménagement pour le ramener vers la prison de ce malade d'Alastair. Une

localisation contre un camp. Sous le choc, Novak ne réagit pas tout de suite.

- Je…NON ! DEAN ! Avec force, il se débat pour se débarrasser de ses geôliers, sans succès. MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS ? TU SAIS TRÈS BIEN QUE ÇA NE SERT À RIEN ! TU SAIS TRÈS BIEN QUE STRAUSS SE FOUT DE TOUT ÇA !

Le commandant, qui tournait le dos à Castiel en allant vers son bureau, ne bronche pas, juste un simple balayage de la main au dessus de l'épaule, montrant qu'il n'en a cure de tous ces problèmes maintenant. La tristesse affaisse leurs épaules à tous deux.

Feigling : lâche

Vater : père

Entschuldigung : pardon

Je sais je sais. Dean, mais qu'est ce que tu fais ? Je le renvois chez Alastair, mais c'est necessaire, vous verrez ! :)

A dimanche prochain !