Assassin's Creed
Chapitre 1 :
Desmond se leva de son lit de fortune en grimaçant. Une nouvelle journée commençait mais la motivation n'y était pas. Il n'avait définitivement aucune envie de retourner dans l'animus. Le brun savait que c'était important, que les autres comptaient sur lui, que personne d'autre ne pouvait le faire. Mais merde… Il aurait aimé que quelqu'un lui demande son avis. Même juste pour le principe. En soupirant, Desmond se dirigea vers une pièce aménagée pour servir de salle à manger. Les souterrains de Monteriggioni étaient tous sauf prévu pour que des personnes y emménagent… mais au moins ils étaient en sécurité. Enfin… pour l'instant. Secouant sa tête pour dégager ses pensées déprimantes, Desmond rejoignit Shaun qui prenait lui-même son café. Celui-ci leva un sourcil en le voyant arriver.
- Et bien, la princesse daigne enfin rejoindre le bas peuple ? Combien de temps comptais-tu encore dormir ?
- Il n'est pas si tard, se défendit Desmond.
- Pas si tard ? Je ne sais pas si dans ton royaume merveilleux l'heure tourne différemment mais ici il est déjà plus de 10h, dit sarcastiquement le britannique.
Desmond le fusilla du regard. Il n'avait vraiment pas besoin de ça ce matin. C'est vrai, il était en retard. Il n'était pas parvenu à se lever. Décidant que entre déjeuner avec les sarcasmes de Shaun ou ne pas déjeuner du tout, il préférait encore aller voir les filles le ventre creux. Le brun pris donc la direction du mausolée, laissant le roux, satisfait de son petit effet, derrière lui. Ce type pouvait vraiment être exaspérant parfois… non, en fait quasiment tout le temps…
Rebecca l'accueillit avec un grand sourire, se relevant de derrière son écran.
- Desmond ! On attendait plus que toi ! Comment tu te sens ce matin ? dit-elle avec son énergie habituel.
- Bien, merci. Désolé, je suis en retard, répondit-il.
- Pas de soucis, répondit Lucy depuis son bureau improvisé, c'est vrai que le temps nous manque mais t'écrouler de fatigue ne ferait pas avancer les choses.
Desmond sourit, ces paroles lui faisaient du bien. Cette journée ne serait peut-être pas aussi mauvaise qu'il le pensait. Il se dirigea vers l'animus et s'y installa aussi confortablement que possible. Il avait l'impression d'avoir passé plus de temps dans l'animus que dans sa vraie vie au final. La réflexion lui arracha une grimace. Sa vraie vie n'avait jamais vraiment existé, il n'avait même pas eut le temps de tomber amoureux, de se trouver quelqu'un. Tout juste le temps de se rendre compte que son intérêt se tournait plus vers la gente masculine. Mais Abstergo lui était tombé sur le dos et une fois de plus il ne contrôlait plus rien.
- Tout est prêt. Desmond ? appela Rebecca.
- Prêt.
Le monde se brouilla et il fut projeté dans l'animus. Il sentit quelqu'un lui secouer l'épaule, il ouvrit les yeux pour rencontrer le visage souriant de Léonardo.
- Tu ne devrais pas dormir ici Ezio, dit celui-ci en riant. Tu vas attraper froid.
Ezio se redressa, encore groggy de sommeil. Il s'était assoupit sur l'atelier de Léonardo pendant que celui-ci décryptait une des pages du codex.
- Haa, pardon Léonardo.
- Ne t'en fait pas, sourit son ami. Mais plus important, n'avais-tu pas un rendez-vous galant ce soir ?
- Mio Dio ?! Quelle heure est-il ?
- Le soleil se couche à peine.
- Désolé mon ami, il faut que je file.
Et dans un tourbillon de cape, sous le rire de l'artiste, Ezio s'élança dans la ville de Venise. Desmond observait à travers les yeux de son ancêtre. Tout se déroulait bien quand soudain un grand choc envoya son corps rouler à terre. Desmond eut juste le temps de relever la tête pour voir Ezio continuer sa course sur les toits de Venise. Lui était resté derrière. La stupéfaction du brun était totale. Il était là, dans son propre corps en pleine ville de la Renaissance italienne.
- Rebecca, qu'est-ce qu'il se passe ? appela-t-il légèrement paniqué.
Il ne reçu aucune réponse malgré ses multiples appels. Il tenta de se lever mais le paysage commença à tourner et à se brouiller. A quatre pattes, Desmond se sentait très mal. Les contours du toit sur lequel il se tenait commencèrent à devenir flou. L'espace de quelques secondes il se retrouva dans la chambre de chargement de l'animus. Les codes clignotaient furieusement en rouge et un sifflement strident lui vrillait les oreilles. Putain mais c'était quoi ce bordel !? Le paysage recommença à changer et il se retrouva de nouveau sur un toit. Desmond se sentait extrêmement mal et mit quelques minutes à retrouver ses esprits. La chaleur intense ne l'aidait vraiment pas.
Hein ? Attend… pourquoi il fait aussi chaud à Venise ? Desmond leva la tête pour observer les alentours et son visage perdit toutes ses couleurs. Il avait passé suffisamment de temps à parcourir ses rues et ses toits pour reconnaître la Jérusalem de 1200.
- R… Rebecca dit moi que tu m'entends… geignit le brun.
Rien… il était là, au milieu de Jérusalem, dans son propre corps, comme un con… c'était pas possible… c'était sûrement un glitch dans l'animus ! Il était là sans vraiment l'être !
- Hey toi là bas ! Descend tout de suite !
La voix de l'homme le fit sursauter. Haha, qu'il était bête, le type ne pouvait pas le voir. Après tout il n'était pas vraiment là. Desmond tourna quand même la tête vers le garde pour voir qui était sa cible. Et à sa grande surprise, celui-ci le regardait droit dans les yeux.
- J'ai dit descend ! T'es sourd ?
L'homme bandit son arc en sa direction. C'était clair, non seulement le gars le voyait mais il était à deux doigts de lui tirer une flèche entre les deux yeux s'il ne se décidait pas à bouger.
- Ho putain ! jura Desmond.
D'un bond il se mit sur ses pieds et fuit à toute vitesse le toit pour descendre dans la rue. Alors qu'il atterrissait souplement il mit sa capuche pour cacher son visage et se fondre autant que possible dans la masse grouillante. La réalisation le frappa enfin quand il se faufila dans la foule. Non seulement les gens le voyaient mais ils pouvaient également le toucher. Il était grave dans la merde…
