Chapitre 3 :
Desmond n'osait plus bouger, même s'il manquait un bras à ce type, il restait proprement terrifiant. Que pouvait-il bien répondre ? La lame dans la main du noiraud brillait d'un éclat presque aussi froid que celui du regard posé sur lui. Desmond était en nage.
- Je… je…barbouilla-t-il.
- Montre ton visage, exigea Malik.
- Attendez ! Je…
- Assez.
Sans plus attendre, le maître du Bureau immobilisa Desmond au sol, retirant habilement la capuche d'un même mouvement. Les deux hommes étaient figés, l'un par la dague sous sa gorge et l'autre par la stupéfaction.
- Par quelle sorcellerie as-tu obtenu le même visage qu'Altaïr ? s'exclama Malik.
- Je suis né comme ça ! s'offusqua Desmond.
C'était quand même pas de sa faute s'il avait quasi exactement le même visage que son ancêtre. Piqué au vif, la frustration avait supplanté un instant la peur de Desmond. Shaun c'était souvent moqué de lui à cause de sa ressemblance avec Altaïr. Selon le britannique, même s'il avait reçu le même visage, ce n'était certainement pas le cas pour ce qui était des talents d'assassin.
Malik avisa le visage boudeur sous lui. L'amusement pointa gentiment le bout de son nez dans les yeux du noiraud. Non, l'étranger n'était certainement pas Altaïr. Il semblait plus enfantin. Peureux, nerveux, boudeur, il possédait plein de facette que n'avait pas l'assassin. Et surtout, il semblait bien moins dangereux. Malik relâcha légèrement la pression qu'il imposait à Desmond. Il restait toutefois méfiant.
- Es-tu un espion des templiers ? demanda Malik de but en blanc.
- Non ! s'exclama Desmond.
Il effectua le salut des assassins précipitamment pour prouver ses dires. Enfin… il tenta de le faire maladroitement alors qu'il était encore couché. Le résultat ne devait pas être très académique mais il eut le mérite d'arracher un sourire au noiraud.
- D'où viens-tu ? Je ne reconnais pas ton visage. Et je peux t'assurer que je m'en souviendrais si Altaïr avec un frère jumeau parmi les assassins.
- Du nord ouest… New York.
Desmond savait que Malik sentirait aussitôt s'il mentait.
- New York…, murmura le noiraud. Je n'ai jamais entendu ce nom. C'est au nord ouest tu dis ?
- C'est un petit village, précisa Desmond.
Pour sûr, en 1200 New York devait être plus proche de l'inexistence que de la mégapole qu'il connaissait. Il espérait en tout cas que cela suffira à contenter le maître du Bureau. Mais lorsqu'il croisa le regard plus que suspect de Malik il sut que ce n'était absolument pas le cas.
- Qui est ton maître ?
- Mon père, William…
Les yeux du noiraud se plissèrent d'avantage. Il connaissait tous les maîtres de la confrérie et il était sûr que cet homme, Wi… Liam, n'en faisait pas parti. Il se pencha à nouveau sur l'homme toujours coincé sous lui, dague à la main.
- N'y a-t-il donc que des mensonges qui passent tes lèvres ?
Alors que le cerveau de Desmond tentait désespérément de trouver une réponse valable, son corps se rappela à son bon souvenir. Un grondement intense sortant de son ventre fit vibrer les deux hommes sous sa puissance. Le visage de Desmond devint rouge pivoine d'embrassement.
- He bien, il semble que ton corps soit plus honnête que toi, sourit Malik sarcastiquement. Ton nom ?
- Desmond, répondit l'autre encore écarlate.
Encore un nom étrange se dit Malik. Il se leva souplement, libérant le jeune homme. Celui-ci se redressa lentement, voyant le noiraud sortir de la pièce. C'était sa chance ! Il pouvait s'enfuir maintenant !
- N'y pense même pas, le prévint une voix depuis la pièce annexe. Je ne compte pas te laisser partir avant d'avoir eut une réponse satisfaisante à mes questions.
Desmond grogna dans sa barbe un « je risque de pas partir avant un moment alors… » avant de se rassoir, vaincu.
- Dois-je en conclure que tu ne comptes pas me répondre honnêtement ?
Desmond sursauta en entendant la réponse du noiraud venant de la pièce d'à côté. Mais comment l'avait-il entendu ?! Il avait les oreilles du démon ou quoi ?!
Malik revint dans la pièce avec un plateau de pain et de fruit qu'il plaça au sol devant Desmond. Celui-ci attrapa immédiatement une pomme et mordit voracement dedans. Malik retint de justesse un sourire. Il voyait clairement que le jeune homme faisait comme s'il n'avait rien entendu. Mais il ne le laisserait pas s'en sortir comme ça.
- Alors ? Ta réponse ?
Le jeune assassin ne put que baisser la tête. Il ne pouvait pas lui dire qu'il venait du futur quand même…
Devant son silence, Malik soupira. Il n'était vraiment pas sûr si ce gamin était un assassin ou un espion. Il n'avait pas l'air menaçant, même plutôt le contraire. Mais il ne pouvait pas le laisser partir ainsi sans avoir confirmé ou infirmé ses suspicions.
- Très bien, dans ce cas considères-toi prisonnier de ce Bureau. Je ne te quitterais pas des yeux et si tu tentes de poser ne serait-ce qu'un orteil hors de ce lieu, je te considérerais comme un ennemi et te tuerais.
Le visage de Desmond était extrêmement pâle. Il voyait dans le regard de son vis-à-vis qu'il ne plaisantait absolument pas. Rester dans le Bureau n'était pas un problème en soit, c'était plutôt les personnes… non, LA personne qui y entrait qui posait problème.
- Attendez ! Je ne peux pas croiser Altaïr ici !
La panique était visible chez le jeune homme. Malik pouvait parfaitement imaginer la scène. Altaïr tombant sur son double. Il était sûr que le novice tenterait de le tuer avant de poser des questions. Et il semblait que le brun en face de lui en était également persuadé.
- Il est vrai que cet abruti risquerait de t'attaquer immédiatement. Enfin, tu n'auras qu'à te cacher le temps qu'il parte.
Les deux sorties communiquaient directement avec la pièce où se trouvait le bureau de travail de Malik. Même si Desmond se cachait, il ne pourrait pas sortir sans qu'il le voie.
Le jeune homme ne trouva rien à répondre… il était désormais prisonnier du Bureau.
