Chapitre 4
Deux semaines… ça faisait maintenant deux semaines que Desmond était coincé dans le Bureau de Malik. Il avait dû s'habituer à la nourriture, aux nouveaux vêtements que Malik lui avait donné (les siens étant trop bizarres) et surtout à la chaleur écrasante qui le mit K.O les trois premiers jours. Le maître du Bureau ne s'était d'ailleurs pas gêné pour se moquer copieusement de lui. Il était presque parvenu à s'habituer au regard insistant que Malik posait parfois sur lui, comme s'il tentait de sonder les mystères du garçon. Il ne le lâchait pas d'une semelle. Desmond parvint toutefois à obtenir son intimité pour la salle de bain. Fallait pas abuser non plus…
- Non ce qui posait véritablement problème était encore et toujours Altaïr.
Flashback
Cela faisait deux jours que Desmond était arrivé à Jérusalem. Malik jeta un regard vers la pièce qui lui servait de chambre. Le jeune homme n'avait pas quitté son lit depuis le soir de son arrivé. Il semblait faible contre la chaleur, ce qui était une aberration pour le noiraud. Mais au vu de la fièvre qu'il avait contracté, il s'était montré clément et le laissait dormir.
Penché sur sa carte, il entendu un son étouffé venir de la cour. Altaïr entra quelques secondes après dans le bureau.
- Paix et sérénité, Malik, salua l'assassin.
- Paix et sérénité, Altaïr. Que fais-tu ici, je n'ai pas de mission pour toi.
- Je viens attendre le soir pour prendre la route pour Masyaf.
- Hmmf… ne peux-tu pas aller gêner quelqu'un d'autre ?
Altaïr ne répondit pas et alla simplement s'étendre sur les coussins présents dans la pièce, retirant sa capuche pour profiter de la fraîcheur du Bureau. Alors qu'il fermait les yeux, il sentit un regard posé sur lui. Surpris, il leva la tête vers Malik qui l'observait attentivement. Généralement, celui-ci l'ignorait autant que possible jusqu'à ce qu'il s'en aille. Cette attention était donc tout à fait étrange.
- Un problème ? finit-il par demander.
- Hmm… Il te ressemble vraiment beaucoup…
Altaïr leva un sourcil interrogatif. Malik hésita un moment puis céda. Il était très curieux de la réaction qu'il pourrait tirer de l'assassin.
Il y a deux jours, un jeune homme se trouvait devant le Bureau. Il portait des habits très étranges. Mais ce qui est le plus intéressant chez lui est son apparence physique.
Altaïr le regardait sans vraiment savoir où il voulait en venir. Un sourire en coin étira le visage du noiraud.
- Il te ressemble comme deux gouttes d'eau.
Les sourcils de l'assassin se froncèrent immédiatement.
- Une réplique quasi exacte de toi, si on exclus la couleur de ses yeux et de ses cheveux, insista Malik.
- Vraiment… grinça Altaïr.
- Oui vraiment, confirma le noiraud. Mais contrairement à toi, lui au moins possède un caractère agréable. Il n'est pas stupidement arrogant comme un certain novice.
Altaïr émit un grognement sourd en plissant les yeux. Il était sûr que Malik se moquait de lui.
- Voyez-vous ça… Et où se trouve-t-il, ce fameux jeune homme ? demanda froidement Altaïr.
- Il n'est pas ici pour le moment, mentit Malik.
- Comme par hasard…
Les yeux de l'assassin brulaient d'une lueur dangereuse. Il était inconcevable que quelqu'un ait le même visage que lui. Il était fils unique et n'avait pas de famille. Malik ne pouvait pas être sérieux… mais il en avait tout l'air.
Malik sentit parfaitement la tension qui s'était installé chez son vis-à-vis. Il riait sous cape, Altaïr se sentait actuellement menacé par un type qui ne supportait pas la chaleur de Jérusalem juste parce qu'il portait le même visage.
Il se remit alors à son travail, laissant là Altaïr toujours très confus.
Fin Flashback
Malik n'avait pas pu s'empêcher de titiller l'assassin avec l'existence de Desmond. Cependant, il n'avait pas pris en compte la très grande curiosité qu'il avait éveillée chez l'autre homme. En effet, Altaïr commença à passer de manière impromptu au Bureau. Il était déterminé à rencontrer l'individu sensé être son double. Et pour Desmond, c'était purement l'enfer. Il vivait dans la peur de se faire surprendre par l'assassin. Malik s'en voulait un peu d'avoir mis le jeune homme dans une situation compliqué. Mais le jour où Altaïr le prendra par surprise n'était pas venu.
Il était encore tôt lorsque Malik se mit au travail, penché sur ses parchemins, s'appliquant à tracer des symboles sur la carte qu'il avait sorti. Desmond était assis sur les coussins, de l'autre côté de la pièce, profitant de la fraicheur du début de journée. Il avait fini par s'habituer à la température de Jérusalem.
- Desmond, appela Malik.
La tête de celui-ci se releva.
- Va me chercher les trois rouleaux qui se trouve sur l'étagère, indiqua le noiraud.
Desmond se leva prestement et chercha les parchemins. Ce qui était agréable avec ce garçon c'est qu'il ne rechignait jamais à la tâche. Ayant expérimenté le caractère exécrable d'Altaïr pendant des années, il était très satisfaisant d'avoir quelqu'un qui ne poussait pas de soupir exagéré pour le moindre petit effort. Le brun s'approcha du bureau où était assis Malik avec les documents demandés.
- Voilà.
Mais, alors qu'il les lui passait il sentit l'autre homme se tendre. Malik attrapa son poignet et le projeta sans ménagement sous le bureau.
- Paix et sérénité Malik.
- Paix et sérénité Altaïr.
La protestation que Desmond allait faire se coinça immédiatement dans sa gorge. Il arrêta de respirer un instant de peur de se faire entendre. L'espace sous le bureau était très restreint et il eut rapidement conscience de la situation inconfortable dans laquelle il était. Le haut du corps coincé entre les cuisses du maître du bureau, il n'osait plus bouger. Le contact humain lui avait toujours cruellement manqué. Toute sa vie il avait fuit. Il avait dû se méfier de tout le monde. Jamais personne n'avait pris le temps de le considérer comme autre chose qu'un outil, un moyen de sauver le monde ou de le détruire. Et là, coincé contre le corps du noiraud, il sentait la chaleur de celui-ci s'insinuer dans son corps.
- Que viens-tu encore faire là novice, s'agaça Malik.
- J'ai besoin d'informations sur ma prochaine cible, répondit Altaïr tout en regardant autour de lui.
En arrivant il avait entendu la voix d'un autre individu.
- Ce n'est pas ici que tu les trouveras, mais dehors ! claqua énervé Malik.
L'insistance de l'assassin commençait vraiment à devenir insupportable. Il ne pouvait plus être tranquille une journée sans que l'abrutis ne passe à l'improviste. Sans compter que cette situation mettait son jeune otage sur les nerfs. Il jeta un coup d'œil à Desmond, profitant qu'Altaïr se rende dans la cuisine, prétendant avoir faim. Il fut très surpris de découvrir que le jeune homme avait le visage caché contre sa cuisse. Il pouvait voir que ses oreilles étaient écarlates.
Malik se demanda se le jeune homme se sentait mal. Peut-être que la fièvre qu'il avait eut revenait. Inquiet, il posa doucement sa main sur le front de Desmond. Le corps de celui-ci eut un sursaut et il redressa sa tête vers Malik. Le maître du Bureau sentit un long frisson lui parcourir l'échine lorsqu'il avisa le visage pivoine. Leurs regards se croisèrent un instant avec que Desmond ne se détourne. Il semblait que le brun était prompt aux rougeurs lors de situations embarrassantes. Cependant, ce que Malik avait pu lire dans les yeux du mystérieux jeune homme était un sentiment d'une toute autre nature.
Il fallait qu'il vire Altaïr de son Bureau le plus vite possible ! Avant qu'il ne perde son calme.
