Chapitre 5
2 minutes. C'est le temps qu'il fallut à Malik pour faire clairement comprendre à l'assassin que s'il ne partait pas de lui-même sur le champ c'est lui qui s'en occuperait à grand coups de botte dans le train. Une fois le gêneur parti, le noiraud se leva de son bureau pour laisser Desmond sortir. Celui-ci semblait grandement mal à l'aise.
- Désolé de t'avoir forcé sous le bureau, j'ai du te faire mal, s'excusa Malik.
- Non, ce n'est rien… je… merci de m'avoir caché…
Le brun n'osait pas regarder son vis-à-vis. L'homme avait sûrement compris la raison de son trouble. Putain… il était grave dans la merde. D'après ce qu'il savait, on lapidait les homosexuels là où il se trouvait actuellement.
Malik pouvait voir la tension terrible qui figeait le jeune homme sur place. Il avait peu de doute quand à l'orientation du brun mais il préférait en être sûr.
- Desmond, est-ce que tu aimes les hommes ?
La question lui fit l'effet d'une claque. Il ne s'attendait pas à ce qu'il lui demande directement.
- Je… je suis désolé…
- Pourquoi t'excuses tu ?
- Vous… vous devez trouver cela dégoûtant…
- Je serais bien mal placé pour cela.
Le jeune homme regarda enfin le noiraud, surpris.
- Les relations entre hommes ne me dérangent pas. Mais ne va pas le crier sur les toits. J'avoue par contre ne pas m'être attendu à ce que tu réagisses pour si peu, ajouta narquoisement Malik.
Le regard de Desmond se fit sombre. Malik sut qu'il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas.
- Aucune expérience ? demanda-t-il plus gentiment.
- Ça ne risque pas, répondit Desmond amer. Ma vie sentimentale n'a jamais eu de place dans leur plan… Du moment que je suis en vie, c'est suffisant…
Leur plan… Malik se demandait de qui et de quoi il parlait. Durant le temps qu'il avait passé avec le jeune il avait réussit à glaner des informations à l'insu de l'intéressé. Il semblait que le brun travaillait pour des personnes qui n'avaient pas beaucoup de considération pour lui et qui ne lui laissaient pas le choix. Il l'avait plusieurs fois vu regarder par la fenêtre en soupirant. Le jeune lui semblait dépressif. Il était très rare de le voir sourire et des plis soucieux fronçaient régulièrement son visage.
- Est-ce pour eux que tu es venu à mon Bureau ?
- Non ! réagit Desmond. Non… Je ne devrais pas être ici… c'est une erreur.
Malik avait passé beaucoup de temps à observer le jeune homme, mais il n'avait jamais remarqué de comportement suspect chez lui. Il avait maintenant la quasi certitude que le brun n'était pas là sur ordre de quelqu'un. Il avait juste l'air perdu, autant physiquement que mentalement. Et le noiraud avait envie de l'aider. Les joues de sont vis-à-vis étaient encore légèrement rouge ce qui le rendait parfaitement craquant aux yeux de Malik.
- Si je te laisse partir, où vas-tu aller ? demanda le maître du Bureau.
Desmond le regarda surpris. Malik le laissait partir ? Mais s'il partait du Bureau où irait-il ? Il ne connaissait personne ici, juste quelque peu la ville. Pouvait-il seulement survivre seul ?
- Je… bredouilla-t-il. Je ne sais pas…
- Tu ne sais pas, ou tu ne veux pas me le dire ?
- Je n'ai nul part où aller, lâcha finalement Desmond en baissant la tête.
Malik soupira. Il était enfin parvenu à savoir quelque chose sur le jeune homme, celui-ci n'avait nul part où aller. Pas étonnant qu'il n'avait jamais tenté de s'échapper.
- Soit, tu peux rester.
- Vraiment ?! s'exclama Desmond surprit.
- Vu ta capacité quasi inexistante de te défendre, je n'aurais pas l'esprit tranquille si je te laisse partir.
Le visage de Desmond forma une moue vexée mais il savait que le noiraud avait raison. Le brun n'était pas très doué, et Malik l'avait souvent réprimandé pour sa maladresse (après tout il avait passé une bonne partie de sa vie dans l'animus, son corps n'était pas habitué aux taches quotidiennes…), mais malgré ça Malik voulait qu'il reste et il s'inquiétait pour lui. C'était bien la première fois qu'on voulait de lui sans rien lui demander en retour.
Malik, de son côté, avait pris sa décision, il s'occuperait de lui. Il ne pouvait décemment pas laisser partir ce gamin dans Jérusalem. Le pauvre allait se faire dévoré à peine passé le pas de sa porte. Avec son caractère doux et légèrement vulnérable, Malik avait finit par vouloir le protéger. Le jeune homme l'intriguait et il était indéniablement attiré par lui. Il commença alors à s'approcher du brun.
- Et si tu le désires…
Le noiraud était à présent très près, bloquant Desmond entre lui et le mur.
- Je serais très intéressé de te donner cette expérience qui te manque…
Totalement rouge, Desmond ne savait plus où se mettre. Il devait avouer que recevoir ce genre de proposition était une première et les yeux prédateurs posés sur lui envoyaient des frissons dans son dos. Malik lui avait tout d'abord fichu une trouille de tous les diables mais son physique, sa manière de bouger et de se déplacer avec grâce le rendait terriblement sexy aux yeux de Desmond. Le maitre du Bureau s'était encore penché vers lui et leurs lèvres étaient à quelques centimètres l'une de l'autre.
- Alors ? Ta réponse ? susurra la voix grave du noiraud.
La gorge sèche, Desmond ne put que hocher faiblement la tête, qui lui tournait dangereusement, pour donner son accord.
Les lèvres de Malik s'emparèrent alors des siennes. D'abord doucement pour ne pas effaroucher le novice, puis avec plus de passion. Appuyant son corps contre celui de Desmond, il lui arracha un gémissement étouffé par le baiser.
Totalement concentré sur le jeune tremblant sous ses lèvres, Malik n'entendit pas le bruit d'un corps atterrissant dans la cours.
