Chapitre 8
Alors que Desmond s'approchait d'Altaïr pour lui serrer la main, celui-ci tomba à genoux en hurlant de douleur. Il s'agrippa la tête à deux mains tout en gémissant.
- Stop… Rebecca…
Malik s'était figé d'horreur en voyant le brun s'écrouler. Mais il se reprit rapidement et se précipita vers le jeune homme.
- Desmond !
Le noiraud tenta de l'aider en posant une main sur son dos.
- Desmond ! Qu'est-ce qui se passe ?!
Celui-ci ne répondait pas. Il ne semblait même plus l'entendre. Desmond gémit, le souffle court.
- Non… Lucy attend… pas maintenant…
Puis Desmond hurla à nouveau de douleur. Ses yeux se faisaient vitreux, il était en train de perdre connaissance et aucun des deux assassins ne savaient quoi faire. Altaïr finit par réagir également et se précipita pour soulever Desmond.
- Il faut le coucher ! s'exclama-t-il.
Mais au moment où il passa un bras autour de la taille du brun pour le soulever avec l'aide de Malik qui le tenait par l'autre côté, Desmond disparut. Leur bras se refermèrent sur le vide qu'avait laisser le corps du jeune homme.
- Que… Quoi.. ?
Altaïr regarda le vide, puis leva le regard vers Malik. Celui-ci, pâle comme la mort, était figé là, aussi abasourdi que l'autre assassin. Ce n'était pas possible… On ne pouvait pas simplement disparaître comme ça ! Malik se leva précipitamment et fouilla de fond en comble le Bureau. Altaïr le regardait faire, il voyait clairement la panique sur le visage du noiraud. Mais Desmond n'était nul part. Malik finit par s'écrouler à son bureau.
Le choc de la disparition de Desmond fut très rude pour Malik. Il prit pour habitude de partir se promener dans Jérusalem, dans l'espoir de retrouver le jeune homme. Il avait fait des recherches sur ce petit village, New York et sur ce Wi Liam. Mais il n'avait rien trouvé. Il se surprenait parfois à appeler Desmond pour lui demander un document. Il était rongé par le remord de n'avoir rien pu faire pour l'aider, alors qu'il s'était promis de s'occuper de lui. Il avait également chercher ces deux noms que le jeune homme avait gémis : Rebecca et Lucy. Il ne savait pas qui se cachait sous ces identités mais elles devaient être responsable de ce qui était arrivé. Il ignorait tout de Desmond, et cette ignorance le rongeait. Il ne savait même pas si l'homme était encore en vie…
Altaïr voyait la lente descente du maître du Bureau. Celui-ci avait perdu du poids et négligeait ses si précieuses cartes pour chercher dans les rues de la ville l'homme disparut. L'assassin hésitait à en parler à Al Mualim. La disparition de son sosie le laissait perplexe. Il ne voyait qu'un seul objet capable d'une telle chose, le morceau d'Eden… Mais celui-ci était à Masyaf…
La déprime de Malik était telle qu'Altaïr s'était également mis à la recherche du brun. Après deux mois passé sans nouvelle, l'assassin avait presque perdu tout espoir. L'humeur du maître du Bureau était de plus en plus exécrable et tout le monde l'évitait comme la peste, ça ne pouvait plus durer…
Altaïr revenait d'une énième patrouille infructueuse. La malchance s'était abattue sur lui sous la forme d'une terrible averse. Elle avait continué quand il avait glissé d'un toit et s'était retrouver les quatre fers en l'air dans la boue. Excédé, il prit la décision de rentrer au Bureau. C'est donc trempé jusqu'aux os et couvert de boue qu'il sauta dans la cour. Alors qu'il passait la tête dans l'entrée du Bureau, un encrier fut projeté dans sa direction. Il l'esquiva de justesse mais fut éclaboussé d'encre lorsque celui-ci s'écrasa contre le mur. Charmant…
- Paix et sérénité à toi aussi Malik… grogna Altaïr en entrant.
Seul un regard mauvais lui répondit. Et bien… Malik avait l'air d'encore plus mauvaise humeur que d'habitude.
- Que viens-tu faire ici, novice ? gronda le noiraud.
- Ce Bureau est un lieu de refuge pour les assassins Malik, que tu le veuilles ou non, répondit sèchement Altaïr.
- Va-t'en, coupa Malik.
Alors Altaïr explosa. Après tous les efforts qu'il avait fait, les rondes, les recherches, après s'être inquiété pour cet homme, voilà comment on le traitait ? Faudrait pas pousser grand-mère dans les orties !
L'assassin traversa la pièce jusqu'au bureau où Malik était assis et attrapa celui-ci par le col.
- Cette fois ça suffit… souffla-t-il. Je comprends que ce gamin était important pour toi, qu'il comptait à tes yeux, mais ça fait deux mois qu'il a disparut. Et ce n'est pas comme s'il était parti, il a littéralement disparut sous nos yeux ! Alors tu auras beau scruter tous les recoins de cette foutue ville, tu ne le trouveras pas ! Et ce n'est pas en t'aliénant tous tes visiteurs que les choses vont s'améliorer ! Si tu ne te reprends pas, Malik, alors il vaut mieux pour toi que tu quittes ton poste pour laisser la place à quelqu'un qui fera son travail ! Parce que ce n'est pas en hurlant sur tout le monde et en arrêtant de manger que le gamin reviendra ! Alors reprends toi ! Tu es un assassin pour l'amour de Dieu !
Altaïr finit sa tirade à bout de souffle. Malik resta muet quelques minutes, observant son vis-à-vis. Il avait bien sur remarqué les recherches qu'Altaïr avait mené pour trouver Desmond. Et il était là, trempé, couvert de boue, pour cette même raison. Et lui n'avait rien trouvé de mieux que de le renvoyer froidement. Il se sentit honteux… La frustration de ne pas trouver Desmond lui avait empoisonné la vue. Il baissa la tête face au regard furieux d'Altaïr.
- Je m'excuse… mon comportement était déplacé… dit doucement Malik.
Altaïr soupira et lâcha l'autre homme. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Après la mort de Kadar, il s'était lui-même enfermé dans les missions d'assassinat pour ne plus y penser. Il passa la main dans ses cheveux trempés, repoussant sa capuche. Malik se rendit alors compte que la moitié du visage de l'assassin était couvert d'encre. Il se sentit encore plus stupide, il aurait pu le blesser…
- Je te prépare un bain, attend là, murmura le maître du Bureau.
Quelques minutes plus tard, Altaïr était dans la baignoire, retirant avec application la boue et l'encre de son corps. Son petit discours semblait avoir fait son effet. Il espérait voir Malik reprendre du poil de la bête. Celui-ci s'était d'ailleurs directement remis à son travail après avoir envoyé Altaïr dans la salle de bain. L'assassin était plutôt content de lui. Mais alors qu'il se lavait consciencieusement, un imprévu de taille vint le perturber.
Un énorme splash envoya de l'eau partout dans la pièce. Quelque chose de lourd venait de tomber sur lui.
- HAAAAAAAAAA !
Heureusement qu'Altaïr était un assassin surentrainé (qui n'avait absolument pas hurler de toutes ses forces sous la surprise). Il attrapa par les épaules l'individu au dessus de lui et se retourna d'un coup sec, l'entrainant sous lui pour le bloquer contre le mur. Nu comme un vers, il comptait sur sa force brute pour maîtriser l'intrus. Il utilisa son corps pour bloquer celui-ci contre la surface dure. L'individu grogna de douleur lorsque son dos heurta le mur. Desmond (car c'était bien lui) ouvrit lentement un œil. Complètement déboussolé, il venait d'atterrir dans de l'eau avant de se faire violemment plaquer contre un mur. Ses yeux tombèrent alors dans les ambres de son ancêtre. Il réalisa également que ce dernier était totalement nu et le maintenait piéger à l'aide de tout son corps, réalisation qui le fit rougir d'embarras. Au même instant, Altaïr reconnu l'intrus et ses yeux s'agrandirent de surprise, mais il ne bougea pas d'un pouce.
Toujours au même instant, alerté par le cris (parfaitement masculin…) d'Altaïr, Malik entra en trombe dans la salle de bain.
- Altaïr ! Tout va bi…
Le cerveau du noiraud planta totalement lorsqu'il vit la scène qui se déroulait dans SA salle de bain. Altaïr, totalement nu et trempé, était pressé indécemment contre Desmond dont les vêtements, également trempés, lui collaient délicieusement à la peau. Le brun était totalement rouge et refusait catégoriquement d'admettre que son ancêtre était battit comme un Dieu. Un souffle nouveau gonfla la poitrine de Malik qui gronda de colère et de jalousie.
- Altaïr ! Comment oses-tu ?!
L'assassin sursauta, comme pris en flagrant délit. Mais il n'avait rien fait putain ! Il n'avait fait que se défendre ! Il tourna la tête vers Malik en fronçant les sourcils.
- Je n'ai rien fait ! Il m'est tombé dessus !
- A… Altaïr…
Le gémissement de Desmond le fit se retourner brusquement vers lui.
- Quoi ?! demanda l'assassin avec brusquerie.
- Heum… je… est-ce que… tu pourrais… me lâcher ? murmura le brun extrêmement gêné par la situation.
C'est à ce moment que la situation percuta de plein fouet le cerveau du rouquin. Il était à poil… genre, complètement à poil. Et il maintenait fermement l'amant de Malik contre un mur… et Malik les avait surpris comme ça… Ho. Mon. Dieu.
Altaïr s'écarta de Desmond comme s'il s'était brûlé. Il lui attrapa le col et le projeta contre Malik qui le réceptionna contre son torse.
- Foutez moi le camp ! gueula l'assassin. Aller régler vos problèmes et laisser moi me laver en paix !
Malik considéra qu'un retrait stratégique s'imposait, même s'il s'agissait quand même de SA salle de bain. Entrainant Desmond avec lui, il passa dans la pièce remplie de coussin. Il se retourna alors vers le jeune homme et lui attrapa le menton pour relever son visage.
- Tu as beaucoup d'explications à donner jeune homme.
Ho que oui, pensa Desmond.
