«Hey, Camila ? C'est toi qui t'entend hyper bien avec la fille un peu insociable de ma classe non ?»

La brune avait relevé la tête à l'entente de son prénom, l'air blasé. Elle n'aimait pas vraiment la personne qui était face à elle, si elle se souvenait bien ce jeune homme se prénommait Tyrone ou quelque chose du genre. Elle s'en fichait, donc elle ne trouvait pas ça important de retenir son prénom. Dinah le toisait à chaque fois qu'il osait passer à ses côtés, ce qui lui valait à chaque fois un coup de coude de la part d'Ally.

«Oui c'est moi, elle est dans ta classe. Tu aurais pu faire l'effort de retenir son prénom.»

Il haussa les épaules, ce qui valut un éclat de rire de la part de Troy, malheureusement ce dernier se vit recevoir un magnifique regard noir de la part de la cubaine. De ce fait, il se calma automatiquement.

«Qu'est-ce que tu veux ?»

«Apporte lui ça. Ou trouve quelqu'un qui sait où elle vit, tu as carte blanche.»

Ses yeux noisette observèrent un instant la pochette que lui tendait le garçon, mais finalement elle la saisit et la déposa sur son cahier. Après ça Tyrone ne resta pas plus longtemps en voyant que la petite brunette n'avait pas envie de faire causette avec lui. D'ailleurs elle ne comprenait pas pourquoi Troy restait avec puisqu'ils ne sont autre que deux parfaits contraires. Une fois qu'ils furent éloignés elle se permit de regarder la première feuille qui apparaissait mais grimaça en voyant que ce n'était autre que les cours de Lauren. Elle soupira, heureusement que cette dernière l'avait invité à manger il y a quelques semaines de ça. Elle avait donc pu faire la rencontre de Taylor et de Leo, leur chien. Celui-même qui l'avait perturbé et fait tomber à la ramasse au sol. Évidemment Dinah avait été la première à lui réclamer un rapport. Mais la pauvre avait été déçue d'apprendre qu'il n'y avait rien eu de plus qu'une simple étreinte. En même temps, elle ne comptait pas le lui dire s'il s'était passé quelque chose. Elle avait juste découvert l'univers fascinant de Lauren concernant l'art. D'ailleurs elle ne comprenait pas pourquoi cette dernière était au département des sciences alors qu'elle pourrait facilement entrer dans une école d'art. Elle n'avait pas vraiment osé poser la question.

Au final elle fut sortie de ses pensées diverses et variées en entendant la porte de la cafétéria claquée. Puis des rires. Elle n'avait pas besoin de redresser la tête pour savoir que ce n'était autre que ses camarades, mais elle le fit tout de même au risque de ne se prendre une claque de la part d'Ally derrière la tête. Oui, cette dernière lui offrait une petite claque quand elle ne les saluait pas en lui disant que la politesse ce n'était pas en option.

«Vous êtes trop bruyantes.»

«À vrai dire Mila, c'est toi qui es trop calme. Comment fais-tu pour être blasée H24 sérieusement ? Il t'arrive de rire ?» la taquina Dinah en prenant place en face d'elle.

«Excuse moi de ne pas trouver le monde drôle.»

«Tu me fais penser à cette fille que Ally a aidé l'autre jour... Comment est-ce qu'elle s'appelait déjà ?» elle se retourna vers Ally qui venait de poser son sac sur la table.

«Qui ça ?»

«La fille que tu as aidé l'autre jour, enfin je sais pas trop ce que tu lui as dit mais»

«Oh, tu parles d'Ashley ?»

«Oui ! Elle !» elle se retourna à nouveau vers Camila qui la regardait bizarrement. «Me regarde pas comme ça.»

«Je ne suis pas une dépressive.» fit-elle remarquer en fronçant les sourcils.

La petite blonde prit place sur l'une des chaise libre, Normani suivie le mouvement.

«Elle n'est pas dépressive, elle a juste quelques problèmes que n'importe qui pourrait avoir. C'est normal que je la soutienne non ? Et puis, elle est vraiment adorable comme fille.»

Dinah soupira bruyamment, sûrement pour attirer l'attention. Ce qui amusa Camila qui se contenta juste de sourire légèrement.

«Donc je disais, tu me fais penser à Ashley avec ton petit regard vide de toute expression et ton air blasé face à toute situation.»

En disant cela elle avait pointé de son index Camila en le faisant tourner légèrement. La brune elle, pour ne pas changer, la regardait de son même air blasé habituel.

«C'est exactement de ça dont je parlais ! Tu vois ! Ally, fait quelque chose pour ça !»

«Je ne peux pas changer le caractère de quelqu'un Dinah.» soupira la concernée. «En plus son regard brille quand Lauren est dans les parages, comment as-tu pu oublier ce détail ?»

La cubaine fronça les sourcils, intrigué par ce que venait d'énoncer l'aînée de la bande. Jamais elle n'aurait pensé que son regard pouvait s'illuminer quand elle voyait Lauren. Elle secoua la tête de façon négative, c'était n'importe quoi et puis elles ne se connaissaient que depuis... Un ou deux mois à tout casser.

«D'ailleurs Mani, tu sais pourquoi elle ne vient plus ?» questionna donc Camila en regardant la pochette qu'elle avait dans les mains.

«Je ne sais pas, elle a peut-être des problèmes ?»

«Ouais Ally pourrait "l'aider".» fit remarquer Dinah en faisait les guillemets à l'aide de ses doigts.

«Oh ça va hein, ne me fait pas ta crise de jalousie.»

«Je ne fais que constater. Comme tu as l'air de beaucoup aimer aider les autres.» dit-elle en haussant les épaules de façon faussement désintéressé. «Donc je t'en prie, va donc aider miss Jauregui.»

«Je vous préviens je ne ferais pas le juge pour votre divorce ou je ne sais trop quoi.»

Les deux "blondes" se tournèrent vers Normani en la fusillant du regard, cette dernière leva les mains devant elle en signe de paix. Camila pouffa de rire discrètement. Elles n'étaient pas possibles ces trois-là quand elles s'y mettaient, mais on s'y habitue à force.

«Donc je disais, qu'elle avait peut-être des problèmes.»

«Elle est peut-être en prison.» supposa Dinah avec un sourire amusé.

«Malgré son style de bad-girl ou de skateuse Lauren n'est pas une délinquante.» répondu aussi vite Camila, plus froidement que voulu.

«Tu ne la connais pas vraiment...» chuchota Ally, peu sûre de ses mots en ne sachant pas comment aller réagir la plus jeune.

«C'est vrai. Je vous l'accorde. Mais je peux vous jurer que Lauren n'est pas une délinquante. Vous verrez, je vais lui apporter ses devoirs.»

«C'est vrai que tu sais où elle habite...» déclare Dinah avec un soupçon de sous-entendu.

Camila leva les yeux au ciel à la remarque de Dinah qu'elle ne prit pas la peine de relever. En parlant de relever, la brune se leva de sa chaise en rangeant la pochette dans son sac sous les regards attentifs des filles

«Quoi ? Vous n'avez peut-être pas fini les cours, mais moi oui.»

«Fais attention sur la route.»

«Ally, c'est à toi que l'on devrait dire ça.» fit remarquer Dinah en pouffant de rire.

«Dinah, étouffe toi.»

La grande blonde haussa les épaules toujours en rigolant, tandis que Camila se contentait de sourire légèrement. Elle leur fit un dernier signe de la main avant de s'en aller pour de bon. Il n'était que 15 heures. Elle avait fini plus tôt aujourd'hui, ayant deux profs d'absent, ça l'arrangeait pas mal au moins elle pouvait aller directement chez son amie. Elle n'allait pas se mentir à elle-même hein, elle avait hâte d'y être. Même si ce n'était que quelques secondes, ou quelques minutes, c'était déjà ça. Elle devrait peut-être lui demander son numéro tout compte fait... Elle secoua la tête négativement, jamais elle n'oserait le lui demander.

Elle arriva bien vite dans les quartiers de Lauren, étant perdue dans ses pensées elle n'avait pas fait attention qu'elle était déjà à destination. Il ne devait lui rester que quelques pas avant d'atteindre la maison de sa camarade. Cette dernière vivait d'ailleurs dans un quartier assez simple, il n'était pas trop bruyant, mais il n'était pas complètement calme. Ce n'était pas non plus des maisons de malade, mais on voyait que les propriétaires n'étaient pas d'une classe "inférieur". Bon ils ne possédaient pas non plus cinq voitures, mais ils avaient tout de même de très beaux véhicules. Quant à Lauren, elle possédait une assez grande maison, l'intérieur et l'extérieur étaient simples mais à la fois magnifique. Comme sans aucun doute toutes les maisons de ce petit quartier banal. Oui banal, parce que mise à part les voitures rien ne le différencier réellement des autres.

Elle fut bien vite près de la porte en bois vernis de couleur noir. Elle grimpa sur les trois marches qu'il y avait pour l'atteindre, et hésita quelques secondes entre frapper ou sonner. Avant tout, elle sortit la pochette de son sac qu'elle remit correctement sur son épaule. Après quoi, elle décida finalement de cogner trois fois son poing contre la porte, mais elle l'arrêta juste avant de la toucher en entendant des cris en provenance de l'intérieur de la demeure, elle fronça alors les sourcils. Elle ne discernait pas vraiment ce que les personnes se hurlaient, en tout cas ça avait l'air plutôt violent. Du coup frapper n'était pas une bonne idée, mais sonner non plus, ce n'était même, vraiment pas le moment. Cependant, elle entendait les cris d'un homme se rapprocher petit à petit, tandis que l'autre voix avait cessé. En voyant la poignée de porte commencer à s'activer, elle eut tout juste le temps de se mettre sur le côté de la façade pour ne pas se faire voir. Malheureusement, douée comme pas possible qu'elle était, elle se se tordue la cheville à cause des marches qu'elle avait oubliées. Elle jura intérieurement, c'est à ce moment-même que quelqu'un sorti.

«Qui m'as refilé une incapable pareille ! Ta sœur de 15 ans est bien plus apte à reprendre le cabinet que toi !» cria-t-il en s'éloignant, laissant la porte grande ouverte.

L'homme s'engouffra dans son véhicule qui était garé dans la rue, ce qui était idiot puisqu'il avait un garage. Qu'importe, l'attention de Camila se reporta sur l'entrée, où une silhouette féminine venait d'apparaître. Cette dernière semblait se frotter la joue, mais elle n'en était pas sûre.

«Sauf qu'elle, elle ne se fait pas frapper dès qu'elle fait quelque chose de travers. Qu'est-ce que j'en ai à faire de ton cabinet... Je suis bien contente que tu ne sois pas le médecin de Camila, sale brute.»

Bien entendu, même si elle avait dit cela à voix basse la concernée avait tout entendu. D'un côté ça lui faisait plaisir, mais de l'autre savoir que Lauren se faisait frapper pour telle ou telle raison était une tout autre histoire. C'était peut-être de là que venait les bleus de l'autre fois ? Et le coup au niveau de ses lèvres ?

«Camila ?»

La brune releva la tête qu'elle avait entre temps, baissé afin de fixer le sol. Trouvant soudainement ses chaussures plus intéressante qu'autre chose. Et puis, elle s'était à nouveau paumé dans ses pensées.

«Qu'est-ce que tu fabriques ici ?»

La métisse remonta doucement les marches sans rien dire. Ses yeux noisette observèrent avec attention chaque traits du visage de son amie. Bizarrement cette dernière semblait épuisée, pourtant elle ne venait plus en cours ces derniers temps. Aussi, elle n'avait pas l'air d'être blessé au niveau du visage, mais elle ne serait aucunement étonnée de voir des bleus sur le reste du corps de la jeune étudiante. Celle-ci laissa doucement sa main retomber, laissant donc Camila examinait sa joue involontairement. Ses doutes s'avérèrent véridiques. L'homme, qui devait probablement être son père, l'avait bel et bien frapper au visage, une gifle apparemment.

Instinctivement, sa main se rapprocha de cette partie de la magnifique bouille que possédait Lauren, cette dernière ferma les yeux, sans doute par crainte de recevoir une autre claque ce n'était donc qu'un réflexe de sa part. Réflexe que Camila ignora, bien qu'il l'avait surprise mais peu importe, elle vint poser avec douceur sa main sur l'endroit endommagé. Comme elle se l'était dit c'était chaud, voir même bouillant. Elle le sentait, sa main était froide dû à la saison qui le voulait, ce qui du coup créait un contraste. Le chaud et le froid. Lauren ouvrit alors lentement les yeux. Ses yeux qui habituellement ne brillait pas de cette façon, là, elle était comme sur le point de pleurer. Elle se retenait, Camila pourrait mettre sa main à couper qu'elle se retenait. Sa main qui d'ailleurs caressait avec cette même douceur que précédemment, la joue de sa camarade.

«Ne t'inquiète pas Camila, ça va...» tenta Lauren en souriant malgré tout. «J'ai l'habitude.»

«Tu ne devrais pas en avoir l'habitude. Et je vois très bien que ça ne va pas, j'ai beau être plutôt calme et silencieuse, c'est justement ce calme et ce silence qui me permettent d'examiner le comportement des gens, de savoir quand ils vont bien ou non. Et toi, je sais que tu ne vas pas bien en ce moment-même. Je peux le voir juste en voyant ton regard et au réflexe que tu as eu quand j'ai rapproché ma main de ton visage.» voyant que Lauren ne répliquait pas, elle continua. «J'ai des problèmes de santé, certes. Mais vois-tu je ne suis pas aveugle.»

Le sourire de la petite Jauregui s'élargit légèrement.

«Fait moi plaisir, n'entre jamais au FBI. Par contre, si on rentrait chez moi ? Il n'y a pas uniquement ta petite main qui est froide tu sais.»

Elle retira sa main subitement en se rendant compte qu'elle était toujours sur la joue de son amie. Mais elle la suivit à l'intérieur, prenant soin au passage de refermer la porte. Comme l'autre fois elle posa son sac dans l'entrée mais n'abandonna pas la pochette. Elle posa également son manteau et le reste de ses affaires puis suivit Lauren jusqu'au salon.

«Au faite, c'est Ally qui souhaite entrer au FBI, pas moi.»

«Tu ferais un très bon agent tu sais.»

«Peut-être. Mais n'essaie pas de changer de sujet, c'est inutile.»

«Tu vois, pire qu'un flic !» s'exclama Lauren, tout sourire. «Que veux-tu savoir Camila ?» reprit-elle plus calmement.

«Hmm... Ton absence au bahut ?» demanda la brune, hésitante.

Un blanc s'installa rapidement ce qui rendait la cubaine assez nerveuse, c'était peut-être la question que Lauren aurait voulu éviter après tout.

«Je dois parfois travailler avec mon père, enfin... Ce n'est pas vraiment travailler. Mais on va dire qu'il m'enseigne son métier. Si tu m'as entendu un peu plus tôt, il est médecin. Mais il n'accepte pas le fait que je ne veuille pas en devenir un, ce qui touche à la médecine ne m'intéresse pas vraiment.»

«Il t'a giflé pour ça ?»

Elle secoua la tête de droite à gauche.

«Pas vraiment. Il m'a giflé parce qu'il déteste que je lui tienne tête et que j'expose mon point de vue, c'est vraiment quelque chose qui l'insupporte et il n'hésitera jamais à me le faire savoir.»

«Mais pourquoi te frapper alors... Je ne comprends pas.»

«Tout dépend de ce que je dis ou fais. Si je me trompe dans l'instrument à utiliser pour examiner quelqu'un par exemple, il me mettra une claque derrière la tête en m'insultant d'idiote. Dans un autre cas, si je ne ramène pas de bonnes notes, il pourrait m'ordonner de réviser toute la nuit après m'avoir...»

Elle se stoppa à la fin de sa phrase. Comment voulez-vous que la petite Camila ne s'imagine pas les pires scénarios possible ? Elle détestait ça.

«On va dire qu'il n'utilise pas seulement ses mains pour me frapper.»

«Rassure moi il ne t'a jamais...»

«Jamais qu... Non ne t'inquiète pas ! Jamais il ne ferait ça. Il peut être le pire des enfoirés parfois, mais il ne me toucherait jamais de cette façon. Il veut juste que je sois parfaite.»

"C'est idiot, tu es parfaite." était la phrase qu'elle voulait lui dire. Cette phrase lui brûlait les lèvres et voir ce sourire sur celles de la jeune femme aux cheveux corbeau n'arrangeait en rien les choses. Mais pour l'instant, oui, juste pour l'instant, elle ne le ferait pas. Elle préférait attendre le bon moment, si ce moment arrivait évidemment. Mais pour aujourd'hui, elle préférait ne rien dire sur ça.

«Ne bouge pas je reviens.»

Lauren se leva du canapé et sorti du salon, laissant seule Camila qui en profitait pour redécouvrir les lieux. Elle aperçut quelques cadres qu'elle n'avait pas vu la première fois que Lauren l'avait emmenée ici. Elle jeta un coup d'œil à l'entrée du salon, puis se leva pour aller observer les différents cadres. Sur ces derniers, on pourrait difficilement dire que le père de la fille pour qui elle avait eu le coup de foudre était une brute qui ne voulait que préserver son boulot. Elle put également découvrir deux nouvelles têtes. Une jeune femme ainsi qu'un jeune homme, plus jeune que Lauren mais sans doute un peu plus vieux que Taylor. Elle plissa les yeux, c'était peut-être leur mère et... Le frère des deux filles ?

«Je vois que tu as trouvé une occupation.»

Elle sursauta légèrement en se retournant.

«Je... Oui... Enfin je ne les avais pas vu la première fois donc...»

«Ne t'inquiète pas, ça ne fait rien. Viens plutôt t'asseoir.»

Elle hocha la tête sans poser de question et retourna s'asseoir. Elle observa ce que Lauren avait ramené: Une trousse. Ou plus précisément une trousse de secours. Elle arqua un sourcil, qu'est-ce qu'elle foutait avec ça ?

«Je ne vais pas te manger, retire ta chaussure.»

«Quoi mais... Le docteur Brooke peut très bien s'en occupé.»

«Ce n'était pas vraiment une question... Aller, active toi. Ou je le fais moi-même.»

«Non c'est bon...»

Elle n'eut pas le choix et dû retirer les éléments gênants, mais puisque Lauren avait du mal à remonter le pantalon de la métisse, cette dernière devait le retirer. Malheureusement pour la noiraude, cette fois, ce serait plus compliqué.

«Non.»

«Aller, je te l'ai dit, je ne vais pas te manger.»

«Je ne retirerais pas mon pantalon, je vais me retrouver en culotte.»

«S'il te plait, nous sommes entre fille. Ce n'est pas comme si on ne se connaissait pas, et puis je ne suis pas ce genre de personne qui saute sur la première fille venue.» elle regarda Camila droit dans les yeux, un sourire aux lèvres comme d'habitude. «Vois-tu, je ne vais pas avec n'importe qui. Je suis plutôt sélective dans mes choix.»

«Ah oui ?»

«Je ne sais pas, ça t'intéresse ?»

«Non, enfin oui... Enfin je veux dire peut-être ?»

Lauren pouffa de rire.

«Si tu me laisses te soigner cette cheville, je te répondrais.»

«Chantage.»

«Négociation très chère.»

Camila plissa à nouveau les yeux, mais fini par afficher un sourire complètement amuser.

«Déjà comment le sais-tu ?» questionna Camila en se levant.

«C'est simple, tu ne t'appuies pas correctement sur ton pied gauche.» dit-elle en l'observant.

«Sauf que ça aurait put être mon genou.»

«Oui, sauf que ce n'était pas, ton genou.»

Ni Lauren ni Camila ne lâchait l'autre du regard, l'ambiance avait légèrement changée, un petit jeu c'était installé entre les deux filles qui se fixaient l'une l'autre. La brune souriait toujours d'amusement, ce "jeu" l'amusait bien. Tout comme la noiraude.

«J'avais presque oublié que tu allais devenir docteur.»

«Tu ferais mieux d'éviter à l'avenir.»

Lauren exécuta un pas en direction de Camila qui avait déboutonné son pantalon, mais pourtant, son regard restait ancré dans celui de sa camarade. Cette dernière était d'ailleurs très proche d'elle, un peu trop proche d'après la brune qui sentait à nouveau son cœur battre à tout rompre.

«Quel dommage, tu vas perdre cette bataille.» fit-elle remarquer en faisant allusion au fait qu'elle allait devoir baisser son pantalon et donc, la lâcher du regard.

«La bataille, mais pas la guerre.»