« On la perd, dépêchez-vous de l'emmener au bloc opératoire ! » s'exclama un médecin en enfilant une paire de gant et son masque.
« Stoppez l'hémorragie ! Appuyez ! » s'écria un autre homme.
Pendant ce temps sur le brancard la personne allongeait ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait autour d'elle. Tout était complètement flou pour le peu qu'elle parvenait à ouvrir ses paupières qui semblaient peser des tonnes. Son corps lui faisait mal partout, sa jambe gauche semblait avoir disparu tandis que l'air avait énormément de mal à passer dans ses poumons. Respirer était présentement un énorme effort, un effort surhumain pour l'étudiante. Un effort qui ne devrait même pas en être un. Elle ne voulait même plus essayer, elle laissait ses yeux se fermer et n'essayait même plus de respirer. D'où l'urgence. Les cris des médecins résonnaient de plus en plus fort dans sa tête, elle avait l'impression que cette dernière allait exploser d'une seconde à l'autre. Sa gorge était sèche, totalement sèche. Elle sentait sa lèvre inférieure gonflée, elle lui faisait tout aussi mal que le reste de son corps. Elle avait l'impression que son bras droit était coincé voir même compressé entre deux énormes camions... C'était tout ce qu'elle parvenait à sentir. La douleur. Oui, la douleur, jusqu'à ce tout ne s'éteigne après avoir entendu un énième "On la perd !" de la part d'un médecin.
Oh, vous devez certainement vous demandez ce qu'il s'est passé. Vous n'allez pas tarder à le découvrir.
Après quatre heures en salle d'opération, si ce n'était pas plus, la patiente fut transportée dans une chambre. Un masque d'oxygène coller au visage, la machine qui allait avec. Elle était à présent en tenue d'hôpital, dans une chambre bien fermée, bien chauffée et silencieuse. Aucun son ne traversait les murs ou même la porte, il fallait qu'elle reste au calme. Après ça, le bruit n'était vraiment pas une bonne idée.
Malgré tout, son visage semblait apaisé. Elle semblait dormir paisiblement, comme un enfant après avoir bien joué. C'était sans doute à cause des doses de produits anesthésiants qu'on lui avait injecté ainsi que tout le gaz qu'elle avait reçu. En quatre heures sur la table d'opération, elle s'était réveillée deux à trois fois par heure. Les chirurgiens avaient également faillit la perdre à de nombreuses reprises. Mais heureusement, maintenant elle était tirée d'affaire. Sa famille avait été prévenue mais elle ne pouvait pas la voir, pas avant cinq jours le temps d'être sûr que tout allait bien.
« Comment ça nous ne pouvons pas la voir ? Je ne vais pas lui hurler de se réveiller, je veux juste savoir comment elle va ! » s'exclama une voix étouffée de derrière la porte. « Je me fiche de ce que vous pensez, laissez-moi juste entrer. Ne serait-ce que trente secondes. Je ne serai pas longue, je vous le promets. »
« Mademoiselle, si nous vous laissons aller la voir, automatiquement nous devrons laisser sa famille y aller également. »
La jeune femme passa ses mains dans sa chevelure sombre, réfléchissant à toute vitesse pour trouver une solution, un moyen de s'arranger.
« Si vous ne dites rien, elle ne sera pas mise au courant... S'il vous plait, j'ai besoin de la voir. »
L'homme semblait hésité fortement, mais cette jeune fille n'avait pas tort. S'ils gardaient le silence, il ne devrait pas y avoir de problème... Il soupira après s'être massé les tempes.
« Bien... Avant tout, j'aimerais savoir si vous savez quelque chose sur l'accident ? Ce qui a bien pu se passer ? »
« Non désolée, je n'étais pas là quand c'est arrivé... »
« Si vous apprenez quelque chose, n'hésitait pas. » il sorti un stylo de sa poche ainsi qu'un carnet. « Votre nom s'il vous plait. »
« Jauregui, Lauren Jauregui. » dit-elle simplement tandis que le médecin notez sur son carnet.
« Jauregui... Ça me dit quelque chose... Sinon, vous pouvez entrer. »
Lauren ne se fit pas prier et entra rapidement mais silencieusement dans la chambre de son amie. Son regard émeraude scruta la pièce mais ne s'attarda pas longtemps sur cette dernière. Il n'y avait rien de particulier, si ce n'était qu'il n'y avait pas de fenêtre et qu'elle était bien plus petite que la norme. Sinon c'était une chambre basique d'hôpital... Ses yeux finirent pas se poser sur la personne allongée sur le lit duquel elle s'approcha lentement, faisant attention à ne pas faire de bruit. Elle ne prit pas place sur le fauteuil qui était installé dans la pièce, non, à quoi bon... Elle ne resterait pas longtemps.
« Camz... Tu vas t'en sortir, tu n'as pas intérêt de lâcher prise. » chuchota doucement l'étudiante en observant son amie. « Je me demande vraiment comment tu as bien pu faire pour te mettre dans un état pareil... Ou plutôt, qui est la personne qui a fait ça. »
Elle savait que Camila l'entendait malgré son coma artificielle, ce pourquoi elle lui chuchotait ces mots. Au réveil, si tout se passait comme prévu, la brune devrait pouvoir leur dire ce qu'il s'était passé. Mais encore là, elle espérait que la plus jeune s'en souvienne. Même si un accident de voiture était la solution la plus probable, mais encore, ça avait dû être sacrément violent.
« Je ne peux pas rester plus longtemps et je ne sais pas si je pourrai venir tous les jours... Mais je ferai de mon possible, alors fait de ton mieux. »
Elle n'osait pas vraiment la toucher vu que son visage d'ange était pas mal abîmé également. Son bras droit était plâtré jusque l'épaule, le gauche était simplement bandé jusqu'au milieu de ses doigts, elle descendue son regard un peu plus bas. Malgré la légère couverture qui recouvrait la métisse, elle put percevoir que sa jambe gauche était intégralement plâtrée elle aussi. Bizarrement les médecins ne l'avait pas relevé, sans doute parce que ce n'était pas nécessaire. La noiraude fronça les sourcils, Camila lui avait déjà parlé de ses problèmes de santé, et là sa jambe était un peu en mode "Off". Il fallait qu'elle se renseigne auprès des médecins qui avaient participé à l'opération.
Elle préféra ne pas rester ici plus longtemps, donc après un dernier regard à la brune, elle sortit de la chambre discrètement et se permit de souffler. Effectivement comme elle s'en était douté ce n'était pas très beau à voir, ni agréable...
« C'est pour ça que j'ai refusé quand sa famille m'a demandé pour la voir. » fit remarquer le même docteur que précédemment. « Ce n'est vraiment pas beau à voir, malheureusement ça arrive à n'importe qui. »
« Vous êtes l'uns des médecins qui ont participé à l'intervention ? Sinon, j'aimerais leur parler. »
Le médecin sembla hésiter, mais finalement il se leva et fit signe à la jeune femme de le suivre. Il l'emmena dans une autre salle, l'une des salles où les médecins se retrouvaient pour faire le point, discuter, prendre leur "pause". L'homme lui indiqua les docteurs qui avaient prit en charge Camila, Lauren le remercia gentiment et rejoignit les quatre médecins. Elle se racla la gorge pour indiquer sa présence.
« Excusez-moi... J'aimerais vous poser une ou deux questions... »
Les quatre adultes s'échangèrent un regard pendant que Lauren priait intérieurement pour qu'elle ait l'autorisation. Ce fut une blonde aux yeux bleus qui prit la parole en faisant signe à Lauren de prendre place.
« Bien sûre, qu'aimeriez-vous savoir jeune fille ? »
« Eh bien voilà... Vous vous êtes occupé de mon amie un peu plus tôt, Camila Cabello... J'aimerais savoir, étant donné qu'elle avait déjà pas mal de problèmes de santé, en particulier au niveau des genoux, si elle allait pouvoir de nouveau utiliser sa jambe gauche ? »
Le charmant sourire de la blonde disparut légèrement, son visage affichait à présent une expression presque désolée et incertaine.
« Nous ne savons pas encore, mais il y a des chances pour qu'elle ne puisse plus l'utiliser. »
« C'est-à-dire ? »
« Nous avons étudié son dossier. » commença une jeune femme, brune, aux yeux verts. C'était à croire que tous les médecins ici étaient bien foutus et magnifique. « Apparemment, plus les années passent et plus ses genoux se dégradent, d'ici quelques années elle finirait en fauteuil roulant. »
« Je le sais ça, c'est mon amie, elle m'en a déjà parlé. Je veux juste savoir si oui ou non, elle pourra marcher. »
Un fin sourire se glissa sur les lèvres de la jeune femme en face d'elle, amusé de l'impatience de la plus jeune.
« Patience jeune fille, je n'ai pas fini. Ton amie ne pourras peut-être pas marcher de nouveau à part si nous l'opérons. »
« Vous comptez le faire ? »
« Pas sans l'autorisation de ses parents. Si ça ne tenait qu'à nous, ton amie serait déjà sorti d'affaire. »
Lauren serra la mâchoire en fronçant les sourcils, Camila était encore bien trop jeune pour perdre une jambe...
« Et les autres dégâts ? »
Un jeune homme à la chevelure brune se leva pour aller chercher un petite paquet de feuille qu'il posa sur la table.
« Tout est là-dedans, je vais te les énumérées. » il passa la première feuille ainsi que la deuxième, ce n'était rien d'autre que les informations de base. Enfin, il se racla la gorge. « Pour commencer nous avons dû l'opérer dû à une hémorragie interne au niveau du rein gauche, elle a une double fracture au tibia gauche ce qui lui a valu une autre opération, son genou est également dans un piteux état. Sa cheville droite a un bel hématome ainsi qu'une entorse. Son bras droit est cassé au niveau du cubitus et du radius, autrement dit, son avant bras. »
« Attendez, comment est-elle censé marcher à nouveau avec ce que vous venez de dire ? »
« Elle ne pourra pas. »
Elle fronça les sourcils.
« Mais vous aviez dit... »
« Ne croit pas tout ce qu'on peut te dire jeune fille... Ton amie n'a aucune chance de pouvoir marcher de nouveau. »
Lauren secoua lentement la tête de droite à gauche, pour montrer son désaccord.
« Pourquoi elle a un bras bandé ? »
« Rien de grave, quelques blessures seulement. C'est l'une des parties de son corps des moins touché. »
« Il y a bien une solution ? »
« Hm... Je ne pense pas... Sauf une rééducation, je crois. »
« Nous avons fait de notre mieux, mais ton amie avait déjà de beaux problèmes aux genoux. Avec l'accident qu'elle vient d'avoir... Elle risque de mettre du temps à s'en remettre. » déclara la blonde en coupant son collègue. « Une rééducation... Pourquoi pas, on peut toujours essayer. »
Ce fut à cet instant qu'une lueur d'espoir apparut dans le regard de Lauren.
« Cependant ce n'est pas gratuit jeune fille. » commença le docteur qui était resté silencieux jusqu'à lors.
« Je suis prête à payer les frais. » dit-elle automatiquement, sans réfléchir. « Je ne suis pas riche, mais j'ai l'argent qu'il faut pour payer les frais de cette rééducation. »
Elle n'était pas riche, juste bien aisé niveau argent... Après tout, son père est un célèbre docteur chirurgien. Bien qu'il soit également un con.
« Eh bien jeune fille... Je suppose que ça peut se faire... Il va juste falloir en discuter avec sa famille et elle. »
« Bien sûr, je vous tiens au courant. Et vous, vous me tenez au courant des progrès de Camz. »
Les médecins échangèrent de nouveau un regard, puis un sourire, avant de donner leur accord à la jeune femme. Le docteur Taylor prit donc le numéro de Lauren, à l'inverse, Lauren prit le numéro du docteur.
Bon Dieu. Ne me frappez pas.
En tout cas si vous pensez avoir sauter un chapitre, non. Si vous êtes paumé c'est normal, vous en faite pas, tout sera plus clair dans le prochain chapitre. Au passage, je ne sais pas encore si Camila va marcher de nouveau. Vous verrez ça à la fin de la fiction par contre.
