Quand elle avait ouvert les yeux, elle s'attendait à se prendre un énorme rayon de soleil en pleine face. Mais à sa plus grande surprise, ses yeux se portaient à merveille et aucun rayon ne traverser la pièce. Étant encore complètement dans le gaz, elle n'avait pas remarqué qu'il n'y avait aucune fenêtre, juste des murs et une porte. Elle se demandait même où elle était, elle n'était ni dans sa chambre, ni dans l'une des chambres de ses amies. À vrai dire... Elle n'avait pas encore la force de les garder ouverts, donc elle les avait refermés, se concentrant uniquement sur ses autres sens. Tel que l'odorat et l'ouïe. La seule chose qu'elle pouvait sentir, c'était l'odeur nauséabonde de sa chambre d'hôpital, des draps, de sa blouse d'hôpital pour patient. Tout empesté tout simplement l'endroit dans lequel elle était. Elle n'entendait rien de particulier, sa respiration et le "bip...bip..." incessant d'une machine près de son lit. Elle aurait bien voulu tourner la tête pour voir ce qui était la cause de ce bruit agaçant, voir à quoi ressemblait vraiment la machine, mais elle peinait déjà à ne pas se rendormir. Jusqu'à présent elle n'avait d'ailleurs pas remarqué les tuyaux qui lui permettaient de respirer plus ou moins, c'était assez gênant, elle préférerait devoir faire des efforts surhumain que de devoir respirer avec ces trucs chiants, oui, c'était chiant.

« Mademoiselle Cabello ? »

Là, elle se demandait quand la porta avait-elle été ouverte ? Et qui était la personne qui venait d'entrer ? Elle ouvrit lentement un œil sur deux, c'était déjà ça. Mais ne tourna pas la tête, elle avait l'impression que si elle la tournait, les os de sa nuque se briseraient en mille morceaux.

« Parfait, vous êtes réveillée. »

Elle n'en était pas sûre, mais elle pensait avoir vu un sourire sur les lèvres de la jeune femme. Elle ne voyait pas très bien, c'était assez flou et garder son œil ouvert était assez douloureux.

« Je viens juste voir comment vous vous portez, comme les jours précédents. Je ne serai pas longue. »

Les jours précédents ?

Le médecin semblait examiné la machine de l'enfer qui lui cassait fortement les oreilles depuis son réveil, elle changea les perfusions et nota quelque chose sur une feuille coller au mur.

« Vous devez être perdu, mais tout devrais vous revenir un peu plus tard. Votre tête a sans doute cogné quelque chose de dur. Nous vous avons donné de la morphine, malgré votre coma artificielle vous risquez de sentir la douleur. »

Elle avait du mal à mal à suivre, le médecin semblait l'avoir compris puisqu'elle se contenta de sourire et de récupérer quelque chose.

« Un autre médecin passera dans la journée, reposez vous d'ici là. »

Ce fut sans attendre qu'elle baissa sa paupière, c'était donc ça, on lui avait administré de la morphine. Elle se disait aussi qu'il y avait un problème, qu'elle ne sentait pas trop la douleur. Mais combien de gramme lui avaient-ils donné ?Assez pour la droguer en tout cas. Elle ne se posa pas plus de questions, laissant le sommeil s'emparer d'elle.

Quelques heures plus tard, elle fut réveillée par une forte douleur à la jambe gauche. Soudain, elle aurait préféré ne pas être sorti de son sommeil artificiel profond, persuader que ce n'était que le début. Si là, ça lui faisait un mal de chien, alors il y a quelques jours ça aurait été pire. Elle aurait bien appelé quelqu'un, n'importe qui pour qu'il vienne faire quelque chose, n'importe quoi. Mais elle venait de remarquer en voulant prendre la parole que premièrement, elle avait la gorge beaucoup trop sèche pour dire quoique ce soit et deuxièmement, un foutu masque à oxygène la gênée tout autant que les tuyaux. Pourquoi lui mettre les deux ? Elle n'eut pas le temps de trouver la réponse ou de se poser une autre question que son genou lui avait clairement demandé de ne penser à rien. Si elle aurait pu, elle aurait presque hurlé. Un médecin était censé revenir, qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre ? Elle ferma les yeux, priant pour que la douleur disparaisse en sachant très bien que ça ne risquait pas d'arriver.

« Mademoiselle ? »

Un homme cette fois-ci. Il s'approcha rapidement du lit de la brune, jeta un coup d'œil à l'électrocardiogramme où il constata que le cœur de la patiente battait anormalement vite. Il sortit une télécommande de sa poche et appuya sur l'unique bouton qu'il y avait, peu de temps après, un autre médecin arriva. La même jeune femme que précédemment. Cette dernière examina bien vite la jeune fille dans le lit et constata rapidement que la douleur c'était simplement réveillé. Elle donna quelques indications au jeune homme, un débutant apparemment, puis s'approcha un peu plus du lit.

« En cas normal nous ne pouvons pas, mais vous êtes apparemment une exception pour cette fois. »

Sa voix était calme et douce, elle retira le masque à oxygène du visage de sa patiente qui ouvrit les yeux pour la regarder un peu comme pour lui dire qu'elle avait traîner et qu'aucun docteur n'était revenu.

« Désolée, mes collègues traînent un peu parfois. » dit-elle en laissant le masque s'installer au niveau du cou de la métisse. « J'ai envoyé le petit nouveau chercher de quoi calmer tout ça, ça devrait aller mieux, mais c'est assez risqué. »

Actuellement elle se foutait pas mal de si c'était risqué, elle voulait juste que la douleur cesse. En entendant la porte s'ouvrir de nouveau, elle perçu la jeune femme remercier l'homme qui ressortit aussi vite qu'il était entré.

« Bon... »

Cette fois-ci ce n'était pas une perfusion, mais une espèce de grosse seringue. Durant un instant, Camila aurait cru qu'elle allait lui injecter directement. Mais en la voyant remplacer l'autre grosse piqûre qui était reliée par un tuyaux au creux de son bras droit, elle prit un air complètement soulager.

« Maintenant je vais retirer les tuyaux qui vous permettent de respirer et simplement vous laissez le masque, ça sera plus simple et moins embêtant je pense. »

La jeune blonde s'exécuta donc, retirant les tuyaux et lui remettant ensuite le masque. Et c'était le cas de le dire, c'était bien mieux, moins chiant. Elle se sentait bien moins encombrer ainsi.

« Parfait... » elle se racla doucement la gorge. « Une de vos amies risque certainement de venir vous voir dans la journée, je lui ai dit que vous étiez réveillée, ça a été un vrai duel pour l'empêcher de venir juste après. Votre famille ne devrez plus tarder également. D'ici là je vais vous apporter quelque chose pour vous hydrater. »

Il était tant. Elle était bien plus excitée à l'idée de pouvoir boire que d'avoir de la visite. Elle voulait, pour l'instant, rester seule et au calme. N'entendre que les "bip" incessant de la machine, c'était déjà pas mal insupportable alors entendre des voix qui risquaient de résonner dans sa tête ce qui lui provoquerait un énorme mal de crâne... Rien qu'à cette idée elle ne voulait pas que qui que ce soit entre dans cette chambre à part cette blondinette qui s'occupait d'elle. Cette dernière était partie quelques minutes puis revenue avec une bouteille d'eau et une paille. Une paille, sérieux ? Elle avait soudainement l'impression d'avoir cinq ans. Même Sofia ne buvait plus avec une paille. Mais pour l'instant, elle allait juste se contenter de boire avec parce qu'elle ne se voyait pas lever son bras pour prendre la bouteille, l'ouvrir et boire. Oh non, ça demandait beaucoup trop d'efforts. Elle laissa le docteur s'occupait de ça, bien que c'était très gênant pour elle. La blonde lui retira une nouvelle fois son masque afin de la faire boire sans problème, elle n'était pas totalement allongée, c'était un plus.

Une fois la paille entre ses lèvres, elle n'attendu pas plus longtemps, elle aspira simplement le liquide sans goût qui lui fit un bien de fou. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où de l'eau lui avait fait autant de bien. Après avoir sifflé plus de la moitié de la bouteille, elle ferma les yeux. Automatiquement l'infirmière lui remit le masque qui pour la brune, ne servait plus à rien. Elle parvenait à respirer plus ou moins bien à présent.

« Exc... » elle se racla maladroitement la gorge. « Excusez-moi, combien de temps m'avez-vous gardée ici...? » demanda-t-elle faiblement.

Elle ne reconnaissait même pas sa propre voix, elle avait même pensé que cette dernière devait être cassé. Mais non, elle montrait juste à quel point la brune était épuisée.

« Cinq jours, nous vous avons réveillé ce matin. » répondu gentiment l'adulte.

« Quelle heure est-il ? »

« Dix-huit heures. » annonça-t-elle après avoir regardé sa montre. « Vous devriez vous reposer. »

« Pouvez-vous annuler les visites ? Je ne pense pas pouvoir supporter trop de monde... »

Elle fut un peu surprise à la demande de la jeune fille, ses proches étaient pressés de la voir, en particulier Lauren. Elle ne pouvait pas lui dire d'annuler.

« L'une de vos amies tien réellement à vous voir vous savez. »

Elle ferma les yeux, réfléchissant un instant à ce que venait de lui dire la jeune femme. Décidément.

« Juste elle dans ce cas. »

La blonde semblait avoir un sourire victorieux aux lèvres, mais elle n'en était pas sûre. Après ça, elle sorti de la chambre afin de laisser la métisse se reposer tranquillement jusqu'à l'arriver de son amie. Elle n'avait pas demandé qui c'était, elle hésitait entre Lauren et Ally, voir peut-être Dinah. Tien d'ailleurs elle se demandait comment ça se passait de leur côté, comment ça avançait, si elles étaient enfin ensemble ou non. Maintenant qu'elle y pensait, elle se demandait aussi comment allait Lauren, si son père avait de nouveau levé la main sur elle. Elle espérait fortement que non.

Elle ne se réveillera qu'un peu plus tard dans la soirée en sentant quelque chose lui caressait la joue. Au départ elle avait émit quelques petits bruits de mécontentement, elle voulait continuer de dormir encore un peu. Mais bizarrement elle trouvait ce contact agréable, un contact qui lui semblait fortement familier. Lentement, elle ouvrit les yeux. Découvrant ainsi une personne à la peau bien trop pale pour que ce soit Ally, des cheveux bien trop foncés, des yeux bien trop verts... Ce n'était ni Ally, ni Dinah ni aucune autre personne. C'était tout simplement Lauren, qui la regardait avec tendresse en cessant peu à peu de lui caresser la joue. Elle était assise sur la seule chaise qu'il y avait dans la pièce.

« Hey... »

Ce n'était pas le top pour engager une conversation, mais elle n'allait pas lui demander si ça allait, il ne fallait pas être aveugle pour voir que non. Elle n'allait pas non plus lui dire "Désolée, je ne voulais pas te réveiller" puisque ça avait été le but recherché.

« Tu as vraiment le hic pour te mettre dans des états pas possibles toi. »

Oh là, c'était carrément le cas de le dire.

« Les docteurs t'ont parlé ? » demanda-t-elle plus sérieusement.

« Pas vraiment... »

Elle put voir Lauren soupirer. Ces médecins ne servaient à rien quand il s'agissait de discuter.

« Tu te souviens de ce qui a pu causer ton accident ? »

« Comment je pourrais ne pas m'en souvenir ? »

La noiraude esquissa un sourire.

« On ne sait jamais. »

« Mais ça s'est passé beaucoup trop rapidement à mon goût. De base je traversais juste au piéton, comme il était vert, j'attends toujours qu'il soit vert. »

Cette fois, Lauren pouffa de rire face à cette réponse, Camila pouvait parfois être plus enfantine qu'elle ne le pensait.

« Excuse moi, je t'en prie, continue. »

« Du coup j'ai traversé et au milieu du piéton, je crois... Je ne suis plus très sûre. Un motard avec sa moto n'a pas fait attention à la route et a grillé le feu rouge, je pense qu'il devait y avoir du verglas au sol, puisqu'il n'a pas pu freiner... »

« Un motard t'a fait ça ? »

Elle fronça les sourcils, c'était impossible.

« Non, pas seulement le motard... Après il y a eu un poids lourd... Il me semble que la moto m'a simplement envoyé dans le camion en même temps que l'homme qui la conduisait. Je ne sais plus trop, ensuite j'ai juste senti quelque chose de dur, le mur ou le sol... Je ne sais plus. Mais je crois que j'ai dû faire un vole plané en direction du mur ou d'un poteau. Je me suis prise autre chose aussi, mais je ne me souviens plus trop de ce que c'était. Une autre moto peut-être ? »

« Mon Dieu, comment tu as fait pour survivre à tout ça ? Sérieusement, te faire renverser par une moto qui fait six fois ton poids, te prendre un camion, un mur et une autre moto. Ma parole, faut pas avoir peur de te frapper toi ! »

Elle connaissait Lauren, elle savait qu'elle plaisantait.

« Je ne sais pas, j'ai dû mourir dix fois d'affiler sur le coup. »

« Le docteur Taylor m'a dit qu'ils avaient failli te perdre. »

La voix joyeuse de Lauren venait de changer du tout au tout. Camila avait automatiquement perdu son sourire à peine revenu.

« A part une jambe je ne vois pas ce que j'ai perdu. »

« Camz... »

« Je sais que vous me le cachez, toi, et les médecins. Je sais que je ne pourrais plus utiliser ma jambe, je ne la sens que quand la douleur se réveil. Depuis le départ je devais être en fauteuil, c'était tout simplement écrit. Même avec une rééducation ça ne servirait à rien. »

« Qu'est-ce que tu en sais ? »

« Je connais mon corps Lauren. Je ne veux pas de rééducation, ça ne servirait à rien à part faire dépenser de l'argent à mes parents inutilement. »

« Tu vas faire cette rééducation parce que c'est moi qui compte la régler. »

La brune fronça les sourcils, qu'est-ce que Lauren ne comprenait pas dans le fait qu'elle ne voulait pas de rééducation ? Ce n'était pourtant pas compliqué à comprendre.

« Tu sais que tu ne pourras pas m'en empêcher, n'est-ce pas ? »

« Je peux quand-même essayer. »

Si vous vous posiez la question, oui, l'ambiance changeait bien vite entre elles.

« Tu peux toujours, mais ça ne fonctionnera pas. Tes parents sont d'accord, je leur en ai parlé en leur précisant qu'ils n'auraient pas besoin de me rembourser. »

Pourquoi avait-il fallu qu'elle tombe amoureuse d'un foutu corbeau aux yeux envoûtant mais têtu comme jamais ? Pourquoi n'était-elle pas tomber amoureuse du beau gosse du lycée comme toutes les filles ? Comment il s'appelait déjà... Shawn. Un idiot complètement adorable qui l'avait aidé à se relever une fois, parce qu'elle avait fait la connerie de tomber devant lui. Bien sûr, toutes ses "fans" l'avait envié. Mais bon, Camila se fichait pas mal de lui. Bien qu'il semblait être très gentil.

« Tu me casses les pieds, Lauren Jauregui. »

« Et toi donc, Karla. »

Camila leva les yeux au ciel, elle aurait dû se douter que Lauren l'aurait appelée par son premier prénom.

« Je la ferais, juste parce que tu serais capable de me mettre un couteau sous la gorge. »

« Qui ça ? Moi ? Lauren Jauregui oserait te mettre un couteau sous la gorge ? Je ne menace pas les adolescentes aux allures enfantines. »

Si elle aurait pu elle lui aurait certainement sauté dessus pour l'attaquer à base de chatouille, sachant Lauren très chatouilleuse elle l'aurait facilement mise à terre. Elle savait que la noiraude profité qu'elle soit dans un lit d'hôpital, c'était trop simple à deviner.

« Aller repose toi. »

« Lauren... Empêche Sofia de me voir... Je ne veux pas qu'elle me voit dans cet état... »

« Bien sûr princesse, tout ce que tu voudras. »

Camila ne put s'empêcher de sourire. Quand Lauren se leva, elle lui déposa un baiser sur le front.

« Je reviens demain. »

Elle lui caressa de nouveau la joue avec tendresse, se mordant la lèvre inférieure. Si elle ne partait pas maintenant, elle ne le ferait jamais. Donc elle se recula doucement, souriant une dernière fois à la brune afin de quitter la chambre...