Gandalf le Gris était un magicien reconnu à travers toute la Terre du Milieu, connu sous divers noms tels que Tharkûn pour les nains, Mithrandir pour les Elfes, voire le Pellerin Gris pour les hommes. Pourtant, il avait un autre titre, beaucoup moins flatteur, un titre qu'il trouvait insultant et totalement faux. Les hobbits lui avaient donné le titre de Trouble-paix, un titre pas très charmeur, et pourtant si bien mérité. Après tout, n'était-ce pas lui qui avait convaincu certains Hobbits de la famille Took à partir à l'aventure avec lui ? Ces hobbits qui avaient alors un certain degré de respectabilité revenez différents, encore plus sauvages et fougueux qu'avant. Et puis, n'était-il pas responsable, d'une certaine façon, de la grossesse de Belladone Took ? S'il ne l'avait pas emmené avec lui dans une de ses aventures foireuses, alors peut être que Belladone aurait eu un enfant avec un hobbit, et non un nain. Beaucoup de hobbits pensaient de cette façon, et reprochaient alors au magicien le fait que Bilbon soit bien plus nain que hobbit. Cependant, ils ne pouvaient nier qu'ils aimaient ses feux d'artifices, et ils le supportaient donc, sauf peut-être, les Sacquet de Besace.

C'est ainsi qu'en l'an 2946 du Troisième Âge, notre sorcier se dirigea vers Cul-de-Sac pour mettre son plan à exécution, et si possible, s'amuser un peu. Il fut dévisagé par tous les hobbits sur son chemin, mais il n'en avait strictement rien à faire, car ils ne l'intéressaient pas. Peu de temps après son arrivée à Hobbiton, il arriva à Cul-de-Sac pour trouver son cher ami Bilbon, tranquillement en train de fumer la pipe sur un banc à l'extérieur. A cette occasion, Bilbon était vêtu simplement, comme n'importe quel hobbit, si ce n'est les drôles de chaussures qu'il avait aux pieds. En effet, ce dernier avait inventé des sortes de plaquettes en bois souple, que l'on plaçait sous la plante des pieds, et qui tenaient grâce à des bandes en corde tressée qui se maintenaient au-dessus du pied, juste en-dessous des orteils, liées aux plaquettes. Cette invention fut alors appelée claquette, par rapport au bruit qu'elles faisaient. Gandalf se rappelait encore du jour où Bilbon dû les inventer. C'était il y a trente ans, et Bilbon venait de remarquer que la plante de ses pieds était devenue plus sensible, surement par rapport à son ascendance naine. Il décida alors d'inventer des chaussures capables de protéger le dessous de ses pieds, tout en laissant à l'air libre le haut et surtout, le peu de fourrure qu'il avait sur ses pieds. En y repensant, toute la Comté avait été chamboulé par cette invention, et beaucoup furent conquis car cela leur permettait de garder les pieds relativement propres, sans pour autant endommager leur fourrure.

Bilbon était tranquillement assis sur un banc en pierre, devant le portail de Cul-de-Sac. Il avait les yeux fermés, et profitait de la chaleur du soleil sur son visage tout en fumant la pipe et soufflant des ronds de fumée. Sa tranquillité fut cependant troublée par un rond de fumée qui revint vers lui, et lorsqu'il ouvrit les yeux, il vit alors son vieil ami gris en face de lui, les yeux rieurs.

« Bonjour Gandalf! Déclara-t-il, souriant alors à son vieil ami.

-Qu'entends-tu par-là ? Me souhaites-tu le bonjour ou constates-tu que c'est une bonne journée, que je le veuille ou non, ou encore que c'est une journée où il faut être bon ? Répondit le magicien d'un air malicieux.

-Tout ça à la fois je suppose. Quoi que je suis un tantinet méfiant par ta visite. Rétorqua Bilbon, un sourire en coin.

-Ne puis-je donc pas visiter un vieil ami ? Fit Gandalf d'une voix qui se voulait innocente.

-Je ne suis pas dupe, Gandalf. Allez, dis-moi donc la vérité, qu'est-ce qui t'amène ?

-Je cherche quelqu'un pour prendre part à une aventure. » Dit Gandalf tout en s'appuyant sur son bâton, relevant légèrement son chapeau pour mieux plonger son regard dans celui de son filleul.

En effet, Gandalf fut nommé en tant que Parrain de Bilbon par Belladone, pour le remercier de tout ce qu'il avait fait, et car elle avait une grande confiance en lui. C'est la raison pour laquelle il avait passé beaucoup de temps dans la Comté, et avait même emmené Bilbon avec lui pour prendre part à ses aventures. Grâce à lui, Bilbon avait visité le Rohan, le Gondor, Fondcombe et la Lothlorien, évitant soigneusement les Montagnes Bleues et tout autre Royaume nain.

Bilbon observa son parrain, réfléchissant à la raison pour laquelle il voudrait l'emmener à nouveau vivre une aventure. En y repensant, il n'avait pas eu de nouvelles de Balin dernièrement, et c'était peut-être lié.

« Une aventure ? Hm, ça m'a l'air bien intéressant ça, et si tu m'en disais plus autour d'une tasse de thé ? Proposa Bilbon en se levant de son banc pour se diriger vers son smial.

-Avec plaisir, j'ai toujours un peu de temps pour du thé, surtout que le tiens vient directement de la Lorien. » Répondit le magicien, suivant alors son filleul dans son smial.

Gandalf aimait particulièrement Cul-de-Sac car l'endroit était assez grand pour lui, sans qu'il n'ait à se baisser. En très peu de temps, il se retrouva assis dans la salle à manger, une tasse de thé à la main, avec des petits biscuits secs devant lui. Bilbon décida alors de reprendre leur conversation.

« Alors, qu'est donc cette aventure dont tu parlais ?

-Eh bien, tu te rappelles de la Montagne Solitaire ? Demanda Gandalf avec incertitude.

-Oh oui, je m'en souviens parfaitement. Le Royaume d'Erebor, dont mon père était le dernier Roi, c'est ça ? Si je me souviens bien, et selon Balin, j'en suis l'héritier légitime, non ?

-C'est bien cela. Hocha de la tête le magicien.

-Cependant, je me souviens aussi que l'endroit est infesté par un parasite rouge à quatre pattes qui crache du feu, si tu vois ce que je veux dire. Ne me dis pas que tu crois pouvoir le vaincre à deux ? Demanda Bilbon d'un ton amusé. »

Gandalf rougit légèrement à la raillerie de son filleul. Il se racla légèrement la gorge avant de répondre.

« Hm ! Eh bien, je peux t'assurer que nous ne serons pas que deux, mais plus. En fait, je peux te dire le nombre exact, et j'ai d'ores et déjà trouvé des compagnons pour notre aventure.

-Ah bon ? Et qui sont ces malheureux qui ont accepté une mission suicidaire ? Dit Bilbon, tout en arquant un sourcil.

-Ce sont treize nains, dont Balin, si ça peut te rassurer.

-Mais c'est parfait ! On va enfin pouvoir récupérer ce Royaume. Quand j'y pense que Maman n'espérait pas que je règne de mon vivant, persuadée que ce serait un de mes enfants. » Répondit joyeusement le quasi-nain, ne se doutant pas que Gandalf avait encore une surprise pour lui.

Gandalf appréciait vraiment la joie de son filleul, et il devait admettre que l'une des raisons pour lesquelles il avait organisé tout ça, c'était pour l'asseoir sur le trône, sachant pertinemment que les traits de caractère hobbit en lui seraient parfaits pour diriger un Royaume nain, et peut-être même réconcilier les nains avec les elfes. Maintenant, il devait annoncer la surprise, espérant ne pas affronter le mauvais tempérament de son filleul.

« Euh, pour tout t'avouer, ce n'est pas tout. Fit le magicien d'un air nerveux.

-Comment ça ? Répondit Bilbon, fronçant les sourcils en regardant son parrain.

-Hm, il est peut-être temps de tout te dire. Les nains ne savent pas vraiment que tu existes.

-Quoi ? Hurla Bilbon, se levant d'un coup de sa chaise qui tomba à la renverse.

-C'était pour ton bien. Nous avions peur qu'en révélant ton existence, certains tentent de t'assassiner car tu étais trop jeune.

-Et qu'est-ce qui vous a empêché de tout me révéler après mon soixante-dixième anniversaire ? Pourquoi ne pas révéler mon existence ? Cria Bilbon, pointant son doigt accusateur vers Gandalf.

-Nous n'étions pas sûr de la réaction de certains membres de ta famille naine. Et puis, nous ne croyions pas un jour tenter la reconquête d'Erebor. Répondit le magicien, tout en levant ses mains en signe de reddition.

-Et dis-moi parrain, quelle est la raison pour ses nains de reprendre Erebor ?

-Ils sont dirigés par Thorin, ton neveu. Il est actuellement l'héritier officiel du trône, mais je peux t'assurer que c'est à toi que reviendra le trône. Le seul problème…

-Je suppose qu'il ne sait pas que j'existe, n'est-ce pas ? L'interrompit Bilbon, qui croisa les bras sur son torse.

-En effet. Et je les ai invités ici…ce soir…lui et sa compagnie… Répondit le magicien d'un air penaud.

-Et tu ne me l'annonces que maintenant ? Parrain ! » Hurla Bilbon.

Bilbon se prit la tête entre les mains, se demandant ce qu'il avait fait pour mériter un parrain pareil. Et en plus, Balin était surement dans le coup. Il ne cessait de se demander comment les nains allaient réagir face à son existence, et surtout, il savait qu'il ne pourrait cacher ses origines, car il ressemblait beaucoup trop à son père. Il reprit son souffle, décidant d'y réfléchir plus posément.

« Bon…je suppose que c'est trop tard pour t'en vouloir de toute façon. A combien d'invités dois-je m'attendre ? Reprit Bilbon.

-Il y aura treize nains et moi-même. Répondit le magicien tout sourire.

-Bien…bien…je suppose que je vais devoir préparer à manger, heureusement que je suis un très bon cuisinier. Mais avant tout, je dois savoir, est-ce que je dois tenter de jouer la comédie pour dissimuler mon héritage, ou annoncer la couleur dès le départ ? Il demanda, le visage impassible.

-Eh bien, mon garçon, je suppose que tout dépend de toi. Cependant, ça ne servirait à rien de cacher ton héritage, il faudra bien que tu annonces tôt ou tard la vérité. As-tu toujours l'anneau de ton père ?

-Oui ! Il montra sa main droite avec la bague.

-Parfait ! Cette bague permettra d'affirmer ton héritage. »

Bilbon hocha de la tête de façon sèche et partit directement en cuisine pour tout préparer, remerciant Mahal que ses garde-mangers soient pleins. Gandalf de son côté, décida de s'éclipser discrètement pour rejoindre les nains.

Les heures s'écoulèrent, tandis que Bilbon garnit la table de plats succulents, passant du porc croquant au gésier de canard, sans oublier des saucisses fumées, de la poitrine de porc fumée, des cailles et autres volailles. Il décida de mettre peu de légumes, sachant pertinemment qu'ils n'aimeraient pas la verdure, bien que Bilbon apprécie les légumes avec une certaine modération. Il rajouta évidemment des tonneaux de bière dans la Salle à Manger, ainsi que du vin d'excellente qualité pour Balin, Gandalf et lui. La nuit commença à tomber lorsqu'il se prépara pour accueillir les membres de la Compagnie. A l'occasion, il s'était vêtu de ses plus beaux habits, consistant en des vêtements nains traditionnels de luxe, brodés d'or et d'argent. Il décida même de porter la plupart de ses bijoux, avec au moins trois bagues sur chaque main, son collier favori, ainsi que la boucle d'oreille offerte par sa mère. Enfin, il tressa ses cheveux, rajoutant volontairement la couette représentant la lignée de Durin, et celle d'héritier légitime que lui avait appris Balin, rajoutant par la même occasion les perles représentant la Maison de Durin, son statut de maître Forgeron d'or, de joaillier, et même une perle représentant la famille Took. Une fois qu'il fut prêt, il attendit, brossant tranquillement sa barbe avec une petite brosse qu'il avait toujours sur lui. Il sortit de sa contemplation en entendant de rapides coups contre sa porte, et alla accueillir son premier invité.

Lorsqu'il ouvrit la porte, il rencontra un grand nain chauve avec des tatouages. Surement le frère de Balin, je reconnaitrai son visage n'importe où. Pensa-t-il.

Voyant qu'il se trouvait face à un nain, et surprit par son apparence, Dwalin se figea quelques instants avant de s'incliner respectueusement.

« Dwalin, fils de Fundin, pour vous servir.

-Bilbon, fils de Thror, pour vous servir. » Répondit Bilbon, choquant le nain.

Dwalin leva un regard étonné vers Bilbon, et remarqua alors ses nattes. N'étant pas aussi stupide qu'on pourrait le croire, le nain fit rapidement la relation entre les déplacements quotidiens de Balin vers la Comté et le nain en face de lui. Son frère semblerait, avait retrouvé l'héritier perdu de Thror. Voilà qui allait compliquer les choses. Bilbon lui fit signe d'entrer, et le nain s'exécuta, s'inclinant à nouveau de façon respectueuse. Il fut immédiatement conduit à la Salle à manger.

« Je suppose que votre frère ne vous a pas informé quant à ma présence ? Demanda alors Bilbon.

-Non…Votre majesté. Il aurait dû le faire, je suis le chef de la garde royale. Répondit Dwalin, ne pouvant s'empêcher de détester son frère à ce moment précis.

-Je vois…Je vous laisserai en discuter avec votre frère dans ce cas. La Salle à manger est par-là. » Fit alors Bilbon, tout en emmenant Dwalin dans la salle à manger.

Le guerrier ne put qu'ouvrir grand les yeux en voyant toute la nourriture, et il se mit très vite à saliver. Juste après, d'autres coups furent entendus à la porte, et Bilbon se dirigea pour ouvrir, ordonnant à Dwalin de rester dans la pièce. Il ouvrit la porte, et ne put que sourire en voyant son vieux mentor.

« Balin ! Fit Bilbon

-Bilbon ! Je suis content de te voir. Répondit le vieil homme, qui l'embrassa avant de fracasser leurs cranes ensembles.

-J'ai cru comprendre que tu m'avais caché deux trois choses. Bilbon arqua un sourcil.

-En effet, mais je t'assure que c'était pour ton bien. Ne t'en fais pas mon gars, je suis persuadé que ta rencontre avec Thorin se passera très bien. Balin lui fit alors un clin d'œil.

-Je l'espère vraiment, mon ami, je l'espère vraiment. » Répondit Bilbon, emmenant directement Balin dans la Salle à manger. Ce dernier salua son frère, et très vite ils se mirent à discuter.

« Bonsoir, mon frère ! Commença Balin.

-Par ma Barbe, tu es plus gros et plus petit que la dernière fois. Répondit d'un air taquin Dwalin.

-Plus gros, pas plus petit. Et bien assez intelligent pour nous deux. Il cogna leurs têtes ensemble.

-Tu m'as caché l'existence de notre Roi légitime ! » Déclara Dwalin d'un air mécontent.

Bilbon ne put entendre le reste de la conversation, car une fois de plus, on toqua à sa porte. Franchement, Gandalf aurait pu me prévenir qu'ils arriveraient un par un, pensa-t-il. Il décida d'ouvrir une fois de plus la porte, et cette fois-ci, il fut gracié par la présence de deux jeunes nains qu'il devait admettre, était assez attirants.

« Fili. Commença le Blond.

-Et Kili. Continua le brun.

-Pour vous servir ! Finirent-ils ensemble, tout en s'inclinant.

-Vous devez être monsieur Tock ! Repris le Brun.

-Took ! Je suis Bilbon Took, et vous êtes des malappris. Répondit machinalement Bilbon.

-Pardon ? Répondit le Fili, tandis que Kili avait les yeux écarquillés.

-Vous ne vous êtes pas présentés correctement. Vous devez présenter votre lignage avant tout, c'est la règle. Ne vous a-t-on rien appris ? Repris Bilbon, les mains sur les hanches, un regard sévère sur le visage.

-Euh…Fili et Kili, fils de Vilis, pour vous servir. Désolé, on ne voulait pas vous manquer de respect. » Répondit Fili, en s'inclinant à nouveau.

Il remarqua le silence soudain de son jeune frère, et en le regardant, il fut étonné de le voir les yeux ouverts en grand, regardant Bilbon comme s'il avait vu Mahal en personne. Fili décida de suivre son regard, et il vit enfin les nattes et ornements de Bilbon. Sa mâchoire se décrocha presque.

« Bilbon, fils de Thror, pour vous servir. Veuillez déposer vos armes sur le râtelier à l'entrée, et nettoyer vos chaussures sur la stèle prévue à cet effet. » Déclara alors Bilbon, tout en faisant signe aux deux nains d'entrer.

Ils s'exécutèrent immédiatement, déposant leurs armes et nettoyant leurs chaussures. Kili ne cessait de regarder Bilbon d'un air ahuri, tandis que Fili tentait de comprendre ce qu'il se passait. Il avait bien entendu des rumeurs concernant un oncle qui aurait disparu, mais jamais n'aurait-il pensé le trouver ici. Bilbon les conduisit directement vers la salle à manger, mais eut à peine le temps d'y arriver qu'il entendit de nouveau quelqu'un toquer à la porte. Il se dirigea alors vers celle-ci, l'air renfrogné. Il ouvrit avec force la porte, et dû rapidement reculer pour éviter d'être écrasé par une avalanche de nains. Enfin, il remarqua Gandalf derrière ce petit groupe.

« Gandalf… » Dit-il doucement, tandis que le magicien lui sourit avec entrain.

Les nains se présentèrent rapidement, et Oin et Gloin furent les plus étonnés en voyant Bilbon, et surtout, ses perles. Ils se rappelaient parfaitement Belladone, et ils comprirent immédiatement de qui Bilbon était le fils. Les deux n'hésitèrent pas à serrer Bilbon dans leurs bras, assez content de trouver un autre membre de leur famille, tandis que les familles Ri et Ur s'inclinèrent bien bas. Dori était le plus à cheval sur les traditions et le respect, et il ne cessait de s'incliner devant Bilbon, allant même jusqu'à traiter Bilbon comme s'il était l'invité, et non pas l'hôte. Ce dernier ne comprit rien, car en quelques instants, il se trouva assis sur une chaise en bout de table, tandis que Dori lui servait un verre de vin. Gandalf ne pouvait s'empêcher de rire à cette scène, et il profita du repas offert par Bilbon, comme chaque membre de la Compagnie. Ils ne cessaient de murmurer entre eux, surement quant à la présence de Bilbon et surtout, les conséquences que cela engendrerait pour leur quête.

C'est ainsi qu'ils dinèrent tous ensemble, la nourriture volant à travers la pièce, les nains buvant à plus soif, rotant tels des porcs, et riant à n'en plus finir. Ils se mirent même à chanter, enfin, jusqu'à qu'ils soient interrompus par trois coups frappés à la porte.

« Il est là ! » Dit alors Gandalf d'un air théâtral.

Gandalf et Bilbon se dirigèrent ensemble vers la porte, et ce fut le magicien qui ouvrit la porte.

« Gandalf ! Vous m'aviez dit que cet endroit serait facile à trouver. Je me suis perdu…deux fois ! Commença alors Thorin.

-Bilbon, laissez-moi vous présenter le chef de… » Commença Gandalf, mais il se tût aussitôt.

En effet, Bilbon et Thorin semblèrent figer, se regardant droit dans les yeux. Leurs visages arboraient une émotion assez familière, qui fit sourire le magicien. Il avait eu ses doutes, mais il semblait qu'il était dans le vrai. Gandalf avait entendu dire qu'en 2796, Thorin avait ressenti un manque soudain, lié à son Unique, celui qui lui était destiné. Or, cela correspondait comme par hasard à la naissance de Bilbon, et Gandalf décida alors qu'un jour, il les réunirait pour vérifier sa théorie. Il semblerait qu'il ne s'était pas trompé.

Tout à coup, Thorin se jeta presque sur Bilbon, et en deux en trois mouvements, déposa ses lèvres sur les siennes avec férocité, lui dévorant littéralement la bouche. Bilbon écarquilla les yeux, mais il ne put résister à tant de férocité, et il ouvrit sa bouche, permettant alors à la langue de Thorin d'envahir sa bouche. Bilbon gémit alors, tant il appréciait ces sensations, tandis que Thorin grogna dans leur baiser, souriant contre la bouche de Bilbon. Très vite, et sans attendre, Bilbon attrapa Thorin et l'emmena dans sa chambre, faisant quelques pauses sur le chemin, car Thorin ne pouvait s'empêcher de le plaquer aux murs pour se coller à lui, tout en continuant de l'embrasser avec passion. Ils finirent par atteindre la chambre de Bilbon, et quelques minutes après, on entendit des gémissements et des râles rauques.

Toujours dans la Salle d'entrée, les membres de la Compagnie et Gandalf étaient sans voix, et Ori, Kili et Fili ne pouvaient s'empêcher de rougir en entendant les gémissements de Bilbon, et surtout, les grognements de Thorin. Evidemment, Dori se jeta sur son petit frère pour lui boucher les oreilles.

« Eh bien, je pense qu'on n'aura pas à s'inquiéter de savoir si ils vont bien s'entendre ou pas. » Déclara alors Balin, tandis que la plupart des nains explosèrent de rire, se mettant alors à parier sur la durée de leur partie de jambes en l'air.

Aucun d'entre eux ne remarqua le sourire de connivence échangé entre Gandalf et Balin.