Merci encore d'être là et de suivre cette histoire et merci encore de vos mises en follow et en favori, ça me comble de voir à quel point cette fic vous intéresse.
Bonne lecture à vous~
Chapitre V
« Trois têtes de Franklin »
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« -Répète ça ? » demande Rufus.
« -Siphonné du bocal. Carrément. Il n'était pas normal. Pas déséquilibré non plus mais… Il ne m'a pas fait l'impression d'aller bien. » répète Dean avant d'enfourner une bouchée de muffin dans sa bouche.
« -Ne sors plus jamais seul. » impose simplement Sam « Imagine si t'étais tombé sur lui. » la voix inquiète mêlée de reproches.
« -C'est gentil de t'inquiéter pour ton pote… » souligne ironiquement son aîné.
« -Tu penses qu'il a totalement perdu la raison ? » finit par demander Sam, reprenant pleinement conscience de la situation.
« -Nop. C'est trop tôt pour ça. » en faisant disparaître magiquement une nouvelle bouchée de muffin « Ça fait seulement un mois qu'il se connaissent. Je pense qu'il a juste eu un gros coup de flippe… » réfléchissant à voix haute.
« -Tu crois qu'il lui a parlé de toi ? » questionne le chef du FBI de Saint Louis.
« -Possible. Je n'en ai pas la certitude mais sûrement oui. La question a se poser c'est surtout : est-ce qu'il va lui parler de moi ? »
« -Eh merde… » finit par lâcher doucement Sam face à cette réflexion.
« -En tout cas il te connaissait déjà vu qu'on a dû lui parler de toi avant de l'envoyer au casse-pipe. » ajoute Rufus qui sort son muffin de son café pour avaler une partie.
« -Il a lu ma part de l'histoire dans cette enquête ? » dépité.
« -T'es un élément de l'enquête. » répond simplement son cadet.
Dean se tait, mangeant, comme à son habitude, bruyamment durant quelques secondes, laissant sa matière grise s'activer encore et encore, se repasser cette scène en boucle. Ses yeux bleus rougis par ce que son corps subit, tant physiquement que mentalement, ses mots qui avaient sans doute du sens pour lui mais qu'il n'arrive pourtant pas bien à cerner…
« -Il avait peur. Mais pas de moi… Juste de l'image que je représente pour lui… »
« -Qu'est-ce que tu représentes pour lui ? » questionne Rufus.
« -J'en sais rien moi. Il a dû lui mettre une idée en tête. Peut-être même qu'il n'est pas vraiment déraisonné et a sciemment pris la fuite pour ne pas éveiller ses soupçons. Après tout il ne sait pas réellement qu'on le cherche et imagine sa surprise en me voyant ici si la seule fois où il a vu ma tronche c'est dans le cadre de cette enquête sur un fichu bout de papier. » en repensant à sa propre photo de l'agent qu'il garde dans la poche de son jean « Il a dû aviser… »
« -Peut-être… » lâche le plus vieux en remarquant qu'il y a décidément bien trop d'incertitudes autour de cette histoire.
« -Mais qu'est-ce qu'il fiche dehors alors qu'il a un appart ? » relance Sam.
« -Ça c'est la question à un million. » ajoute l'aîné Winchester.
Il finissent par déjeuner en silence, chacun réfléchissant à la dernière question posée. Dean repense a ce pauvre homme, ce vagabond qui n'en est pas un. Il revoit sa panique sur son visage lorsqu'il l'a reconnu, l'effroi le gagner. Il a bel et bien dû lui parler de lui et il n'ose même pas imaginer en quels sens ni en quels termes. Et que fait-il dans la rue ? Pourquoi vivre dehors quand le gouvernement vous donne gratuitement un appartement ?
Il repense à son visage marqué par l'épuisement, ses beaux yeux bleus rougis de fatigue, ses joues creuses, son teint livide, loin, bien loin de cette fichue photo d'identité où il paraît calme, simplement, regardant fixement l'objectif…
Peut-être qu'il est formé pour connaître les différentes techniques de manipulation et peut-être qu'il n'est pas manipulé, pas totalement. Mais une certitude, Castiel Novak ne va pas bien.
Dean regarde l'heure. Il est à présent 8 heures 30 du matin.
« -Bon qu'est-ce qu'on fait ? » demande l'aîné des Winchester.
« -On va sortir fouiller dehors afin de trouver les planques où il se cache. » déclare Rufus
« -Et si on le croise ? » demande Sam inquiet.
« -Louisville est grande, on ne va pas tomber sur lui. Du moins je l'espère. Sinon on se cache. Ou plutôt Dean se cache et on avisera. Il ne nous connaît pas. Enfin ça reste à voir pour toi Sam vu qu'il a vu ta tronche il y a une bonne douzaine d'années aussi. » ajoute le plus vieux.
« -Juste une fois » grommelle-t-il.
« -Ça me semble pas mal. » fait le barman.
« -Ça serait bien d'interroger son dealer par la même occasion. »
« -Sa dealeuse. » le reprend Turner en souriant.
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Ça fait des heures qu'ils arpentent les rues de Louisville et rien. Nada. Que dalle.
Rufus, qui est impatient de retrouver son agent disparu et potentiellement en danger, commence à douter de l'efficacité de Dean sur l'affaire. Il veut retrouver Novak coûte que coûte. Et boucler Lucifer par la même occasion certes mais son agent passe avant tout. Et tout ça est long, bien trop long et, n'ayant jamais développé cette vertu que l'on appelle patience, il s'énerve, doute de tout, de son consultant, de ses agents, de la légitimité de cette mission.
Sam pense à son frère. Et a Lucifer. Il a peur que tout se termine mal. S'il est devenu agent du FBI c'est pour éloigner les menaces qui peuplent la Terre, protéger ceux qui ne peuvent pas le faire eux-même. Pour protéger Dean tout simplement. Parce que ce salaud est toujours dans la nature, à roder, et qu'il n'aura pas la conscience tranquille tant qu'il ne sera pas derrière les barreaux.
Et en plus de tout ça il doit aussi penser à Castiel, son coéquipier et le meilleur qu'il ait eu. Mais aussi son ami, celui qu'il a aidé lorsqu'il a voulu prendre ses libertés et celui qui le soutient dans tout ses choix, l'aide à s'affirmer tant dans sa vie professionnelle que personnelle.
« -Par là. » résonne la voix de Dean.
« -Quoi ? » fait Rufus qui sort de ses pensées.
Dean ne dit plus rien et s'avance machinalement dans une rue étroite et sombre, comme aimanté par quelque chose. Rufus prend Sam par l'épaule, à part.
« -T'es sûr que ton frangin nous est vraiment utile ? » de but en blanc.
« -Quoi ? » incrédule « C'est toi qui l'as voulu… » comme un reproche « Maintenant tu l'as. Tu sais que je ne voulais pas l'impliquer. » rétorque Sam.
« -Tu ne réponds pas à ma question. Il a pas l'air dans son assiette, je me demandais juste si… »
« -Écoute Rufus, » le coupe-t-il « Ce taré lui a fait voir l'Enfer, le vrai. Des trucs que ni toi, ni moi ne pouvons imaginer. Il a passé deux ans à ses côtés, il le connaît alors excuse-le de ne pas être dans son assiette. Donc non je n'étais pas pour qu'on le prenne avec nous mais justement pour la simple et bonne raison qu'il nous est utile, parce qu'en se torturant l'esprit à se souvenir de lui, il nous permettra de le trouver. » plaide-t-il « De les trouver. » en repensant à son coéquipier.
« -Les gars, j'ai un truc » révèle Dean en revenant sur ses pas.
Sam foudroie son supérieur du regard, signe qu'il avait raison, mais il s'en veut aussitôt. Rufus s'inquiète seulement pour Castiel et du même coup remet tout en question. Lui-même est aussi inquiet, à fleur de peau. Il est terrorisé par ce qu'il se passe dans la tête de son aîné, dans la tête de son ami aussi et surtout par ce sentiment grandissant que tout va se barrer en sucette. Il le sent, ça va vraiment mal finir…
« -Il utilise cet endroit. J'en suis sûr. » affirme Dean.
« -Sûr comment ? » demande Rufus.
« -Certain. A cent pour cent. »
« -Comment tu peux en être aussi sûr ? » lui demande son cadet.
La vieille bicoque ne semble pas trop amochée. La façade est intacte mais à l'étage supérieur on peut voir qu'un carton remplace une fenêtre. La maison est accolée à d'autres qui sont en meilleur état.
« -Là, juste ici. » dit-il en indiquant un minuscule symbole sur le pas de la porte.
« -C'est quoi ce bidule ? » l'interroge Rufus.
« -Une autre de ses petites lubies. Messieurs, je vous présente un trident. Il y en a un sur chaque planque. »
« -Sérieusement ? Mais… C'est tout petit. Et à peine visible… Pourquoi ce malade a-t-il besoin de signer sa demeure ? »
« -Parce qu'il a besoin de marquer tout ce qui lui appartient. » répond Sam a la place de Dean.
« -Ouaip. T'as vu juste. » acquiesce amèrement son aîné en réprimant d'envie de toucher cette marque difforme qui lui oppresse la poitrine.
« -Mais il y a du monde autour. Enfin je veux dire, c'est habité. Comment fait-il pour ne pas se faire remarquer par le voisinage ? » s'interroge Rufus.
« -Quand il croise quelqu'un il lui suffit d'un sourire. On obtient tout en souriant. Tu devrais essayer Rufus. » plaisante Dean « Et puis il y a forcément une cave, c'est pratique et bien insonorisé. Il adore les caves. »
Rufus, fasciné par les méthodes de Lucifer, ne prête même pas attention au fait que le petit nouveau le tutoie et l'appelle par son prénom. Non franchement ce Lucifer n'est pas comme les autres criminels qu'il a rencontré au cours de sa carrière. Il a l'air si… Pointilleux. Pire que les maniaques habituels, comme si tous ses préceptes lui auraient été inculqués, qu'ils étaient eux-mêmes gravés dans son esprit…
« -Bon, il ne faut pas rester là trop longtemps. Il pourrait arriver. »
« -Je ne pense pas que ça soit sa planque fétiche du moment mais t'as raison. Il faut y aller. »
Dean scrute les environs dans l'espoir de trouver d'autres planques. C'est fou, en dix ans il ne s'était jamais trouvé aussi proche de lui… Et pourtant il n'a même pas peur. Non, il est même serein, content d'être sur les traces de ce fumier, heureux de se dire qu'il va pouvoir aider à l'arrêter. Cette fois c'est lui qui a le pouvoir et non lui. Il a le dessus sur la situation, il le traque, le cherche et le connaît mieux que quiconque. Alors franchement c'est une magnifique journée.
« -C'est là que Novak travaille. Enfin travaillait. » annonce Rufus en indiquant le bâtiment sur la rue d'en face « Il n'a pas pointé depuis… Ma foi depuis qu'il a disparu. »
Le bar a un air d'ancien et de moderne à la fois, comme Dean les aime. Ancien car de là où il est il peut voir à travers la fenêtre un juke-box et une vieille tireuse à bière. Mais moderne car même si tout semble fait de bois authentique, son œil ne le trompe pas : tout l'intérieur a été refait à neuf pour reproduire de l'ancien. Ce qu'il aimerait travailler dans un bar comme ça, un bar de rêve… Cependant il ne semble pas y avoir la convivialité du Roadhouse d'Ellen et Jo ici…
« -Dean, tu vas pas me dire que tu bandes sur ce bar ? » résonne la voix moqueuse de Sam.
« -Bander non. Mais bon sang qu'est-ce qu'il est classe. » un sourire aux lèvres.
Son frère lève les yeux au ciel. Dean a toujours eu un attrait presque malsain pour les bars. Cela dit il le comprend. Le bar d'Ellen est ce qui l'a sauvé par le passé alors c'est probablement normal.
« -Là les gars, c'est la camée. » en pointant une femme du menton au loin « Enfin la dealeuse de notre pervers narcissique manipulateur. »
« -Un simple Lucifer aurait suffit. » souligne Dean ironiquement « Comment s'appelle-t-elle ? »
« -Ruby. » répond le cadet.
« -Je viens avec vous ! Ça va être super. » fait l'aîné Winchester des étoiles dans les yeux à l'idée participer à petit interrogatoire de rue.
« -Faut vraiment que t'arrêtes de regarder la télé… » déclare le plus jeune en dodelinant de la tête, son amusement mal dissimulé.
Ils s'avancent vers la jeune femme qui porte un pantalon noir ainsi qu'une veste en cuire et une jolie tignasse brune légèrement ondulée.
« -Ruby, c'est ça ? » fait Sam à l'approche de celle-ci.
« -Oui mon joli. » en le détaillant de la tête aux pieds « Alors qu'est-ce que je faire pour les poulets ? » demande-t-elle avant même qu'ils ne déclinent leurs identités, signe qu'ils transpirent l'insigne.
« -Vous faites affaire avec cet homme non ? » fait la voix durcie de Rufus qui ne laisse rien paraître de son étonnement, pointant sous son nez la photo de Lucifer vieille de dix ans.
« -C'est possible oui. » sourit-elle.
« -Vous savez quoi sur lui ? »
« -Ça dépend. Vous avez quoi à m'offrir ? »
« -On vous laisse faire votre petit trafic. » intervient Sam.
« -Sans blague, j'y comptais déjà. Plus sérieusement un petit billet avec la tête de Franklin dessus et ça passera mieux. » dit-elle sournoisement.
Sam lui tend un billet de cent dollars, sans réfléchir ni se poser d'autres questions, habitué à la manœuvre. Dean ne dit rien mais note que le FBI ne se fait vraiment pas chier sur les gros billets.
« -Bon vous voulez savoir quoi précisément ? » plus sérieuse.
« -Tu sais par où il vit ? » demande Rufus du tac au tac.
« -Non pourquoi ? Vous avez perdu votre autre poulet ? »
Votre autre poulet ? Elle sait pour Castiel ? Mais comment peut-elle être au courant ? Et si elle sait, peut-être que lui aussi…
« -Relax les flics. » rit-elle en voyant la tête effarée des hommes devant elle « Il est pas au courant votre… Comment il s'appelle déjà ? »
« -Lucifer ? » tente Sam.
« -Ah vous non plus vous ne connaissez pas son vrai nom… Mais que foutent les fédéraux sérieux ? C'est bien du FBI que fous êtes non ? » elle soupire longuement face à leurs airs stupéfaits « Je sais reconnaître des fédéraux quand j'en vois c'est tout. Je pourrais d'ailleurs informer votre Lucifer du statut de votre poulet si vous le voulez… »
« -Ça ira merci. » fait Rufus, tendu comme jamais avec un faux sourire crispé sur ses lèvres en lui donnant un nouveau billet de Franklin.
« -Un peu plus s'il vous plaît. » ordonne-t-elle.
« -Non mais tu déconnes j'espère ? » finit par lâcher Dean qui jusque là se tenait à carreau.
« -Je sauve ma peau les gars. Je vais vous livrer un secret d'état là. »
Rufus lui tend alors un nouveau billet de cent dollar. Il serait prêt à se ruiner pour un de ses hommes.
« -Merci. Bon… Tout ce que je sais c'est qu'il traîne en ville depuis deux mois. Il vient me voir tous les jeudis pour s'approvisionner toujours après 23 heures, quand il fait nuit. Si vous voulez l'attraper ou autre ça sera à ce moment là. » débite-t-elle.
« -Attends il y a un truc qui cloche. Pourquoi tu nous dit tout ça ? Il y a un piège ? » fait Dean suspicieux.
« -Non… Non aucun piège je le jure. » répond Ruby pétrifiée.
« -Si, tu caches quelque chose. » continue le barman d'une voix dure.
« -C'est faux. » presque comme un murmure tant elle semble intimidée.
« -Dis-nous tout. » en s'avançant d'un pas, semblant la menacer de tout son poids.
L'attitude de Dean surprend son cadet qui n'est pas habitué à le voir aussi agressif envers quelqu'un. Il semble déterminé, peut-être trop, bien trop obsédé par les réponses qu'il cherche. Sam s'inquiète, il a peur de ce que son aîné peu faire s'il s'approche ne serait-ce que d'un centimètre supplémentaire de cette femme. Il est prêt à intervenir, prendre son frère par le bras et l'emmener loin d'ici. Mais Ruby se remet à parler.
« -Non… C'est juste qu'il me fait peur. Je ne le sens pas ce gars. Il… Il parle bien, tellement bien que parfois je me sens comme une merde et que je le laisse partir sans payer son dû. » conte-elle les larmes aux yeux « Je sauve ma peau ! » hurle-t-elle au bord de la rupture.
Sam foudroie son frère du regard. Il n'avait pas à intervenir, il n'est pas du FBI. Cette affaire semble le changer et il n'est pas sûr d'apprécier ce changement. Ou peut-être qu'il est simplement à cran, comme Rufus, comme lui, peut-être même plus puisque tout ça le touche de près, de très près.
Repu d'informations, ils rentrent au motel. Rufus, dans un léger rictus, songe qu'il est tout de même un peu navré pour l'agence d'avoir dû donner trois têtes de Franklin…
« -Bon, tu peux retourner chez toi Dean. » commence le plus jeune une fois la porte du motel franchie « On en a pas besoin de plus. On va le filer demain donc… »
« -Mais bien sûr. » siffle-t-il en signe de désapprobation.
« -Pardon ? »
« -Je suis consultant sur cette enquête. Il me semble qu'elle n'est pas encore terminée. Je ne partirais pas tant que je n'ai pas vu votre agent saint et sauf. »
« -Dean, je veux juste te protéger de… »
Il n'a pas le temps de terminer sa phrase qu'on tambourine à la porte. Les coups sont forts, les poings semblent cogner en signe de désespoir. Tous se taisent en se regardant tour à tour, se questionnant des yeux.
Rufus s'approche du seuil, arme au poing, prêt à affronter n'importe quelle situation.
« -Qui est-ce ? » demande-t-il.
« -C'est moi. C'est Castiel, ouvrez. » supplie-t-il.
A l'entente de cette plainte et de la détresse de son agent, Rufus range son arme et n'hésite pas une seconde de plus à ouvrir la porte.
Novak déboule dans la pièce, il est sale, essoufflé, épuisé et s'écroule à genoux au milieu d'eux tous.
La semaine prochaine vous aurez donc le droit à quelques petits éclaircissements...
Alors à samedi si vous voulez en savoir plus.
Bisous~
