Hey !

Je ne vous remercierais jamais assez de continuer de suivre cette fic mais je tente tout même. Merci, toujours merci de vos reviews, mises en favori et autres. Merci de me lire.

Aujourd'hui ce sera un nouveau chapitre qui promet d'être riche en souvenir.

Bonne lecture~


Chapitre VII

« Sur le chemin du retour »

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Où est-il ? L'a-t-il abandonné ? Pourquoi ? Qu'a-t-il encore fait de mal ?

Seul. Il est seul dans la rue où il fait froid.

Il n'y a personne autour de lui, les rues sont vides, il fait nuit.

Qu'elle heure est-il ? Pourquoi est-ce qu'il est ici, seul, dans la rue, de nuit ? Où est Lucifer ? Reviendra-t-il le chercher ?

Il n'est plus seul. Une frêle silhouette s'approche de lui. Un enfant c'est un enfant encore en pyjama. Pourquoi un enfant se trouve seul dans la rue la nuit ? L'ombre se rapproche. Sammy, c'est Sammy.

« -Dean ça fait une demi-heure que tu devrais être à la maison, tu l'avais promis. Qu'est-ce que tu fais ? »

« -Sammy, pourquoi est-ce que tu es ici ? »

Son petit frère lui prend la main et l'emmène dans la direction d'où il vient.

« -Allez Dean, 'faut pas traîner. On n'a plus beaucoup de temps. »

« -Pourquoi ? »

Dean se réveille en sueur, l'oxygène lui manque, il suffoque. Il lui faut de l'air.

Il se précipite à la fenêtre, tire les rideaux et l'ouvre laissant par la même occasion le jour inonder la pièce.

Pourquoi se rappeler de ce soir là ? Comment est-ce possible ? Il pensait pourtant l'avoir effacé de sa mémoire… Bordel de merde, non il ne veut pas se souvenir de la suite. Jamais.

« -Dean, qu'est-ce que tu fais ? » fait la voix ensommeillée de Sam.

« -Je… Je voulais aérer, il fait chaud ici non ? »

« -Oui si on veut… » ne voulant le contredire, se doutant de la raison de son éveil matinal.

« -Il faut que j'aille prendre une douche. » annonce-t-il avant de déguerpir.

Sous le jet d'eau glacé, Dean pense à l'enquête et remet ses idées en ordre.

L'agent Novak a été retrouvé saint et sauf, il n'a donc plus de raisons de rester. Ou plutôt si, il a mille et une raisons de rester, il s'est juré qu'il ne le laisserait jamais plus faire du mal à d'autres mais après tout il s'est assuré que Novak allait bien alors il a tenu sa promesse, il peut s'en aller. De toute façon il doit s'en aller ou sinon il va continuer à se souvenir de lui, de son héritage, de ce qu'il lui a laissé dans sa caboche.

Il fait glisser sa main mouillée sur cette chose gravée à jamais dans sa chair. Cette foutue croix, la croix qu'il porte, son putain de fardeau. Il en a trop souffert, il en a assez de s'en prendre plein la gueule par ses putains de souvenirs. Malgré toutes ces années ce fils de pute continue de l'atteindre, à croire que jamais il ne s'arrêtera. Non vraiment, il doit s'en aller.

Lorsqu'il sort de la salle de bain, Dean voit son frère et l'agent Turner attablés à la cuisine, avec des cafés et des beignets. Le cliché des flics rit Dean intérieurement en s'avançant vers eux pour se servir un café et prendre lui aussi une chaise.

« -Comment va l'enquête ? » balance-t-il pour entamer le sujet.

« -Bien. Ce soir on va filer le cornu qui sera en visite chez sa camée. » fait le plus âgé, l'air léger.

« -Et toi ? » s'enquiert Sam qui a senti son frère faire des cauchemars toute la nuit.

« -Justement, à ce sujet… » hésite-t-il « Je me disais que comme tout roule pour vous et que ce soir vous allez savoir où il crèche… »

« -Tu peux rentrer chez toi fiston. » conclut tout naturellement Rufus.

« -Vraiment ? » s'étonne Dean.

« -Mais oui. T'as fait du bon boulot, tu peux disposer maintenant. On ne te tiens pas en laisse tu sais. »

« -Et Castiel, vous croyez que ça va aller pour lui ? » s'inquiète tout de même le barman.

« -De ce que tu m'as dit hier oui. Et ne t'en fais pas, Novak est bien plus costaud que tu ne le penses. » lâche-t-il avant de mettre sa veste « Je vais prolonger notre séjour au motel. » à l'égard de Sam avant de sortir.

Les deux frères regardent la porte se fermer derrière lui. L'aîné se prend la tête dans les mains et soupire. Il sait que le monde ne va pas arrêter de tourner s'il s'en va mais il aimerait vraiment être présent si les choses dégénèrent.

« -Écoute Dean » commence son cadet en comprenant ses angoisses « Il y a des choses que tu ignores sur Castiel, des choses qui ne figurent pas sur son dossier. Crois-moi il est bien plus fort que ce qui est bêtement noté sur le papier. » avoue Sam « Ça ira pour lui. »

« -T'en es vraiment sûr ? » s'enquiert-il subitement intéressé mais surtout pour se rassurer.

« -Oui. Crois-moi, je suis son coéquipier et sans doute une des personnes qui le connaît le mieux. » en souriant légèrement

« -Dis-moi ce que je devrais savoir. » soudainement.

« -Dean… » s'oppose doucement son cadet.

« -Dis-le moi ou sinon je reste encore dans tes pattes. » s'empresse-t-il d'ajouter, sachant que son frère serait obligé de céder.

Sam achève son café et soupire longuement. Son frère est une vraie tête de mule quand il le veut. Mais au fond il n'a pas vraiment le choix s'il veut enfin l'écarter de l'enquête et le faire sortir de ce nouveau cauchemar.

« -Castiel est… Un soldat. » hésite-t-il à achever devant le regard plus qu'inquisiteur de Dean. « Il a un mental d'acier, vraiment. Il est né et a été élevé pour être un soldat, une marionnette du FBI. » conclut-il comme si la fin de sa révélation avait sonné.

« -Mmh… Tu peux encore développer ? » demande le barman.

Sam roule des yeux. Son frère est gonflé, c'est tout de même la vie privée de son ami, il n'a pas à s'en mêler.

« -Pourquoi ça t'intéresse tant ? »

« -J'ai besoin de savoir. » répond-il comme si c'était une évidence en articulant ses mots.

« -Très bien… » en soupirant « Son père était un haut placé dans l'agence ou plutôt un très haut placé. Et depuis son plus jeune âge, Castiel a été formé pour prendre sa succession. Il n'aime pas en parler même si ce n'est un secret pour personne… Son père était très dur avec lui, il lui a appris à encaisser, à être un agent de terrain autant que de bureau. Maintenant il est le meilleur de tous les agents de son grade. C'est un soldat du FBI sur-formé. Alors crois-moi, il peut se débrouiller, même face à un Lucifer qui lui en fait voir de toutes les couleurs. De plus tu nous l'a dit toi-même hier, il va bien. »

« -Oui mais entre dire qui va bien et l'abandonner ce n'est pas la même chose. Imagine qu'à son retour ce midi, il ait besoin d'aide, de parler à quelqu'un qui sait ce qu'il vit… S'il a besoin de moi et que je ne suis pas là ? »

« -Dean, je te promets que tout se passera bien. »

Dean devient muet, réfléchissant à tout ce que Sam vient de lui dire et se fustige à l'idée que c'est encore son petit frère qui le rassure et non l'inverse. C'est pourtant son job d'aîné de faire en sorte que Sam aille bien, non l'inverse.

Mais à présent il en est presque sûr, oui Castiel va s'en tirer. Il peut s'en aller en toute sérénité même si tout ce que son Sam vient de lui dire lui donne plus envie de rester que de partir pour tenter de mieux cerner cet homme, ce Castiel.

« -Et son père est toujours à son poste ? » demande-t-il par curiosité.

« -Mort et enterré. »

« -Sam… » après un moment de silence pour réfléchir « Qu'est devenu Ketch ? »

Le cadet a un petit rire amer.

« -Je te l'ai déjà dit. On a fait un échange de coéquipier. Ça ne collait pas avec lui. »

« -Oui ça je l'avait bien compris. Mais pourquoi ? Lorsque je le voyais je l'aimais bien moi. »

« -Oui, de prime abord il est gentil. Mais travailler avec Arthur n'est pas la même chose. Il est trop rigide, n'a peur rien et encore moins de tuer. » en soupirant au souvenir de cet étrange homme avec qui il a travaillé durant plusieurs années sans rien savoir de lui.

« -Mmh… Tout le contraire de toi si je comprends bien. Si vous avez échangé ça veut dire que ça ne collait pas non plus entre Cas et son coéquipier, je me trompe ? » toujours inquisiteur.

« -Dean, ce n'est pas à moi de te parler de lui. » las.

« -J'ai besoin de le connaître. »

« -Qui ? Castiel ? Mais pourquoi ? »

« -C'est ton coéquipier, voilà pourquoi. » lâche-t-il l'air de rien.

Dean dit la vérité, il veut savoir avec qui son petit frère travaille, à qui Sammy confie sa vie au quotidien. Mais surtout il s'intéresse à cet homme pour une raison qui lui échappe. Il va partir et pourtant il veut tout savoir de lui, être sûr de ne rien laisser au hasard, ne pas faire une erreur monumentale en quittant Louisville.

« -Ok mais c'est bien parce que c'est toi… » devant le sourire triomphant de Dean « Ce n'est pas tant qu'ils ne s'entendaient pas avec Uriel, au contraire, chacun faisait ce qu'il avait à faire, ils suivaient parfaitement les ordres sans se poser de questions. Mais le père de Castiel est mort, c'est ça qui a tout changé. Quand il est parti, il s'est senti plus libre, moins contraint aux ordres et il avait besoin de relâcher la pression, ce qu'Uriel ne lui permettait pas de faire. L'échange de coéquipier s'est fait d'un commun accord. Tout le monde en était content. »

« -Pourquoi tu ne m'as pas parlé de ça plus tôt ? » demande Dean presque offensé que son frère lui cache tant de chose au sujet de ses coéquipiers.

« -Ce n'est pas que je voulais pas, au contraire mais… J'ai eu beaucoup de boulot. » lâche-t-il, visiblement gêné, préférant ne pas s'étaler sur le sujet.

« -Ça fait combien de temps que tu montes ce dossier ? » fait l'aîné, suspicieux.

« -Trop longtemps… » amer.

Le chef entre dans la chambre : la discussion est close.

Quelques minutes plus tard, les bagages de Dean sont faits. Il se rend compte que ce vieux bougon qu'est Rufus va lui manquer… Il s'est finalement attaché à lui en trois jours de temps.

« -Prends soin de toi petit. »

« -Toi aussi chef. » répond le châtain avant de se faire prendre dans une accolade. « Tu m'appelles ce soir pour me tenir au courant ? » demande-t-il à son frère.

« -Promis. » avant de le serrer dans ses bras.

Dean grimpe dans son Impala et allume la radio, laissant It's my life de Bon Jovi inonder l'habitacle.

Il songe à Cole qui a probablement déserté sa maison, il doit être retourné auprès de sa famille et c'est tant mieux. Non pas qu'il soit dérangeant mais il prend trop ses marques et Dean n'aime pas ça. Il est son ami et pas plus. Enfin si, il y a plus mais pas plus.

Ce soir il ira voir Ellen au bar pour lui annoncer son retour. A vrai dire Dean sait bien qu'elle et Jo n'ont pas besoin de lui pour s'occuper du bar, elle ne sont pas débordées en son absence. Seulement elles aiment sa compagnie et grâce à sa présence, peuvent fonctionner sur demi-journées ce qui les arrange bien.

Ellen… Il doit beaucoup à cette femme, cette seconde mère. Il n'ose même pas imaginer ce qu'il serait sans elle. Elle et Bobby sont ceux qui l'ont aidé à s'en sortir quand il avait tout perdu… Quand il l'avait perdu.

« -Tu t'en vas ? » demande Dean en voyant son ami faire ses bagages.

« -Oui. »

« -Où ça ? »

« -Ailleurs. »

« -Tu reviendras ? »

« -Non. »

« -Alors je viens avec toi. »

« -Hors de question. » d'une voix tranchante.

Dean se sent vaciller, les larmes montent, son cœur se serre.

« -Mais pourquoi ? » demande-t-il abattu.

« -Écoute Dean, je dois simplement disparaître. J'ai des ennuis avec la police et ils ne doivent pas me retrouver. Je ne veux pas t'impliquer là-dedans. »

L'adolescent retourne violemment son ami par le bras et le regarde droit dans les yeux, les siens remplis de souffrance et de rage mal contenue face au regard imperturbable de son vis-à-vis.

« -T'as pas le droit de me faire ça ! Qu'est-ce que je vais faire sans toi ? Comment je vais vivre ? Tu ne peux pas m'abandonner ! Tu ne peux pas, tu be peux pas… » hurle-t-il en larme tentant tant bien que mal de frapper le torse de son acolyte de ses poings.

« -C'est trop dangereux, je ne peux pas t'emmener. » prononce calmement Lucifer en serrant dans ses bras le jeune homme qui se laisse finalement faire, trop accablé pour réagir autrement.

Il le laisse pleurer encore un peu puis le prend par la main et l'abandonne dans une rue un peu plus loin.

Quelques minutes plus tard alors que Dean est totalement désorienté et ne sait plus comment il a atterrit ici, un enfant s'avance vers lui.

« -Dean ça fait une demi-heure que tu devrais être à la maison, tu l'avais promis. Qu'est-ce que tu fais ? » résonne une voix enfantine.

Bordel de merde, non ! Il est parti, il a quitté Louisville, ses souvenirs ne doivent pas continuer de le hanter. Bordel. Il faut penser à autre chose. Mais à quoi ? Qu'a-t-il à quoi se raccrocher ? Bobby ? Le bar ? Ellen ? Son frère ? Tout ça le renvoi à cette même époque. Il se rappelle de son petit frère, de sa petite mains dans la sienne ce soir là…

Ils sont à présent devant la grande maison familiale des Winchester, toujours main dans la main. Sammy traîne son frère à l'intérieur. Dean redoute ce qu'il va y découvrir ou plutôt recevoir comme sanction de la part de son père.

Sammy a l'air grave donc c'est que ça doit l'être.

Il aperçoit son paternel, couché sur le canapé, les couvertures rabattues sur lui, sa barbes de quelques jours plus longue que d'accoutumé. Il doit être plus fatigué que d'habitude puisqu'il prend toujours la peine de se raser au moins tous les trois jours. Son cancer s'est sans doute dégradé plus vite qu'il ne l'imaginait…

« -Fils… » murmure la voix faible de John.

Dean s'approche, il a peur, tout est bien trop sérieux et bien trop calme autour de lui. Il s'avance un peu plus et découvre la pâleur cadavérique de son géniteur à la maigre lumière de la lampe du salon. Comme l'aîné des frères n'ose pas s'avancer d'avantage, John l'incite à le faire en tendant mollement un bras.

« -Fils, approche… »

« -Papa… » fait la voix nouée de Dean, de peur que la suite des événements ne soit encore plus dramatique qu'il ne se l'imaginait.

John essuie une des larmes qui roulent sur la joue de son fils.

« -Il faut que… Tu restes à la maison… Il faut que tu reviennes. » murmure-t-il aussi fort qu'un mourant le peut « Appelle oncle Bobby et surtout prends soin de Sammy. »

Dean étouffe de voir son père à l'agonie. Il n'était parti qu'une petite semaine, il ne pensait pas que son état allait empirer aussi rapidement. S'il avait su…

« -Je suis désolé papa… » souffle-t-il avant d'éclater en sanglot et de se blottir dans ses bras.

« -Ce n'est rien fils… Il n'est jamais trop… Tard… Pour bien agir. » ses yeux se figeant étrangement.

Puis plus rien. Plus de vie. John Winchester est mort dans les bras de son fils. Dean se retire de son étreinte, échange un dernier regard voilé de larmes vers son père puis retire toute marque de pleurs d'un revers de manche.

Il se tourne finalement vers son petit frère avec résignation et le prend dans ses bras après avoir passé un bref coup de téléphone. Il serre aussi fort qu'il peut, aussi fort qu'il en a besoin. Sam pleure encore et encore, ses larmes sont intarissables.

« -Ne t'en fait pas Sammy, tout ira bien, oncle Bobby arrive. »

Une envie violente de vomir le gagne.

Il braque le volant de sa voiture, se range sur le côté en vitesse, ouvre la portière et se jette dehors.

Les mains sur les genoux, il crache toutes ses tripes, toute sa rancœur, son dégoût de lui-même. Son père est mort à cause de lui, il est mort d'inquiétude. C'est de sa faute si son cancer s'est dégradé aussi vite.

Dean se relève, remonte en titubant dans l'Impala, sa voiture, son bébé. Ou plutôt la voiture de John, celle de son père. Il ouvre les fenêtre pour s'aérer la tête, ne plus être pris de nausée et continue de rouler.

Il espère que l'enquête va vite se clore, il espère qu'après tout ça il pourra retrouver son frère et boire une bière tranquillement avec lui et tout oublier.

Ça fait longtemps qu'ils ne se sont pas retrouvés. Peut-être même qu'il reverra Rufus, pourquoi pas ? Il sent en cet homme quelque chose de rassurant. Et peut-être aussi qu'il reverra Castiel… Bien sûr qu'il reverra Castiel. Il doit le revoir parce qu'après tout, même quand tout sera fini, même quand l'enquête s'achèvera et que Lucifer sera bouclé derrière les barreaux, il devra s'assurer qu'il va bien, qu'il tient le coup. Il doit le revoir parce qu'il a vu que cet homme, bien que fort, a croisé la route de Lucifer et ne s'en sortira pas sans séquelles. Il doit le revoir parce que c'est viscéral, c'est ancré en lui, il le doit, c'est tout.

Mais surtout parce que personne d'autre ne doit souffrir par sa faute. Toujours la même rengaine. Sammy en a trop souffert et bien qu'il le cache, il sait. Il sait que son petit frère a beaucoup pâti de la situation. Par sa faute ou plutôt par leur faute puisque Dean reste coupable d'avoir cédé face à lui.

« -Oncle Bobby, il va où Dean ? » demande le jeune Sammy.

« -Il reste là, ne t'en fait pas. Il va juste travailler un peu au Roadhouse, ça va lui faire du bien. »

« -Avec tante Ellen ? »

« -Oui. »

« -Il me manque Bobby. »

« -Je sais… »

Dean qui était resté en suspend en haut des marches de l'escalier descend au bout de quelques secondes de silence, balayant une simple larme de sa joue. Il passe devant Sam et Bobby sans même les regarder, sans dire un mot, ouvre la porte, prêt à aller à son nouveau travail.

Mais non.

Au moment où il allait sortir il se retourne et regarde les deux seuls membres de sa famille qu'il lui reste.

« -A ce soir. » lâche-t-il gauchement avant de prendre son petit frère dans ses bras.

Il lance un dernier regard cordial vers Bobby et s'en va.

Dean sourit. Non pas que ses tristes souvenirs d'une adolescence misérable soient drôle mais… Le Roadhouse lui manque et il roule vers lui, heureux de retrouver cet endroit où il s'est reconstruit. Ce vieux bar avec son juke-box toujours en panne, son billard tâché de bière et de whisky ainsi que le zinc en bois imbibé d'alcool qu'il passe son temps à cirer, au grand désarroi d'Ellen, pour le rendre toujours plus beau.

Dean est sorti de ses pensées par son téléphone qui se met à sonner. Il regarde l'écran et sourit : c'est Sam. Il décroche.

« -Salut Sammy. »

« -Salut Dean… Ça va ? »

Le sourire qu'abhorrait le barman s'efface instantanément en entendant l'intonation de la voix de son frère.

« -Moi oui, nickel, comme toujours. Mais toi non. » affirme-t-il.

« En fait je ne sais pas vraiment pourquoi je t'appelle… Je ne veux pas t'inquiéter… »

« -Qu'est-ce qu'il y a ? »

« -Désolé, j'aurais jamais dû t'appeler, c'est rien… »

« -Parle. » exige-t-il d'une voix trop ferme, trop impatiente, trop inquiète.

« -Ok, ok mais c'est peut-être rien. Tu te rappelle, à midi on avait rendez-vous avec Cas… »

« -Accouche Sam. »

« -Il n'est pas venu. » avoue-t-il.

« -Bordel de merde ! » jure Dean en faisant un demi-tour sur la route en prenant à peine le temps de freiner.

« -Dean, il a peut-être juste eu un empêchement… »

« -Non c'est faux et tu le sais très bien, sinon tu ne m'aurais pas appelé. » il jette un œil à l'horloge de sa voiture « J'arriverais au motel à 20 heures. Partez à sa recherche. Tout de suite ! » ordonne-t-il avant de raccrocher.

Il est déjà 15 heures et Dean se rend compte qu'il n'a même pas songé à manger. Tant pis…

Putain de bordel de merde… Tout ça était bien trop calme, bien trop parfait pour être réel… Et Castiel… Putain mais qu'est-ce qu'il fout ?

Dean appuie sur la pédale d'accélérateur et trace sa route.


On se retrouve la semaine prochaine si vous le voulez bien.

Bisous~