Hey everybody !

Encore mille mercis de vos reviews et mises en follow et en favori.

Tous vos mots me touchent toujours autant. Merci de me lire, tout simplement.

Bonne lecture~


Chapitre IX

« Minneapolis »

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Rufus, Sam et Dean sont planqués dans une voiture de location aux vitres teintés. La voiture de Rufus aurait tout de suite attiré l'attention : elle respire l'agent fédéral.

Ruby se trouve dans sa petite ruelle, à une petite cinquantaine de mètres d'eux, près du bar où quelques semaines auparavant Castiel travaillait sous couverture. Elle est à peine visible, debout à côté d'une grosse benne à ordures, la lumière du lampadaire l'esquivant, semblant vouloir la laisser cachée dans le noir. Un nouveau client entre dans le bar, un autre, trop saoul, se fait jeter. Telle est la vie de Louisville.

La rue est calme. Il n'est que 22 heures 45, la nuit est tombée. Ruby a déjà eu six clients. Dans d'autres circonstances Rufus aurait adoré la boucler mais ils avaient besoin d'elle et n'est pas la priorité.

Toutes ses pensées sont tournées vers l'affaire, encore et toujours. C'est loin d'être la plus grosse affaire qu'il ait eu, il a déjà fait enfermer des gros bonnets et des menaces pour l'Amérique toute entière mais ce type, ce dingue qui se fait appeler Lucifer… Jamais il n'avait été sur le cas d'un malade de ce genre. Ce gars ne se contente pas de faire sauter froidement tout un bâtiment à coup de grenade, non. Au contraire, il se met une victime en joue et ne la lâche plus. Il la drogue, la torture psychologiquement de toutes les manières possibles, il la démolie, s'y accroche comme un parasite, une sangsue. Il fait assurément moins de victimes qu'un terroriste international mais les entailles qui leur laisse sont sûrement bien plus profondes…

Sam quant à lui songe tout simplement à sa mission secrète, celle qu'il s'est confiée lorsqu'il avait 13 ans et qu'il a ramené son frère à la maison : il va enfermer ce fils de pute de Lucifer. Et ça le rend heureux, il se sent bien. Il se sent mieux. Mais qu'est-ce qu'il va faire quand le but qu'il s'était donné à accomplir dans la vie aura justement été accompli ? Qu'est-ce qu'il va se passer ensuite ? Tout simplement, Sam n'en a aucune idée.

Dean est calme, silencieux. Il ne sait pas s'il doit être soulagé de savoir qu'il va être filé et mis sous surveillance où s'il va replonger dans les ténèbres en le voyant. C'est pourtant lui qui a tenu à venir. Mais honnêtement il ne sait pas ce qu'il fait ici dans cette voiture, il est perdu, fixant le bar, ce bar qui le fait rêver, qui lui fait penser au Roadhouse, sa vie, son petit nid douillet.

Il regarde l'heure, encore. 23 heures 15. Ruby avait dit qu'il arrivait toujours après 23 heures. Le moment fatidique approche mais il ne veut même pas y penser. Il se reconcentre alors sur le bar et attend.

« -C'est lui. » dit simplement Sam, sur ses gardes.

Son aîné tourne la tête et le voit. Il est bien là, avec une veste à capuche qui est bien sûr rabattue sur sa tête, les mains dans les poches de son jean et un vieux t-shirt marron. Les battements du cœur de Dean s'accélèrent à cette vision.

« -Bordel de merde… » lâche-t-il doucement.

« -Reste calme mon garçon. » lui conseille Rufus.

Ils continuent à l'observer, Sam et Rufus sont prêt à sortir de la voiture dans le calme, Dean ne bouge pas, ayant pour ordre de rester docilement ici.

Lucifer atteint Ruby, ils font leur échange mais… Quelque chose ne va pas, ça dure longtemps, trop longtemps. Doucement, les deux agents du FBI sortent du véhicule dans le but de le suivre jusqu'à la planque.

Mais d'un coup Ruby les pointe du doigt. Le cœur de Dean s'arrête net. Lucifer les regarde le temps d'une seconde puis se met à courir dans la direction opposée.

« -Putain la salope ! » hurle Rufus, claquant la porte en se mettant à courir à toute allure dans la direction de Lucifer.

« -Reste là Dean. » ordonne Sam avant de rejoindre son supérieur dans sa course.

Comme s'il n'avait rien entendu, Dean sort et se met lui aussi à sprinter comme si sa vie en dépendait même si en vérité ce n'est pas de la sienne dont il s'agit mais de celle de Castiel.

Ruby lui a dit, ils sont à découvert.

Ils s'enfoncent à toute allure dans les ruelles les plus sombres et répugnantes de Louisville dérangeant SDF, toxicomanes ou encore prostituées dans leur routines habituelles. Ils poussent des gens au hasard dans leur passage. Sam finit par tourner à gauche et tombe sur un cul-de-sac. Derrière lui Rufus continue sa course. C'est maintenant ou jamais. Ils ne peuvent pas s'arrêter là, Ruby lui a dit pour eux, elle l'a peut-être aussi fait pour Castiel et si Lucifer sait pour lui, ils n'osent même pas penser à ce qui pourrait lui arriver.

Sam rebrousse chemin et court après Rufus, espérant que celui-ci est bel est bien sur les talons de Lucifer.

« -Demi-tour Winchester, il doit faire le tour de la rue ! » crie son chef.

Alors il exécute les ordres, se demandant où peut bien être son frère dans tout ça. Il court encore et encore, ses jambes continuant de le guider. Enfin il tombe nez à nez avec Rufus. Pas de Lucifer.

« -Où est ton frangin ? »

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Dean est à bout de souffle mais continue de chasser le fugitif. Il bouscule une pauvre fille qui fait son boulot, à quatre pattes, aux genoux d'un homme. Il tourne à droite, trébuche, se relève et continue. Il se retourne, il n'y a personne derrière lui, ni son frère, ni Rufus. Il est seul aux trousses de Lucifer.

Il n'en peut plus, il n'a pas l'habitude de courir autant. Bon Dieu mais que fout son frère ? Il aimerait s'arrêter là, de toute manière il ne peut rien faire, il ne pourrait même pas le neutraliser et il n'est pas idiot, il ne va pas le guider jusqu'à sa planque. Pourtant il doit essayer de l'arrêter, il doit tenter quelque chose.

« -Lucifer ! » hurle-t-il à pleins poumons.

A l'entente de cette voix bien trop connue, l'homme se stop net, à la sortie d'une rue. La ville toute entière est devant lui. Lentement il se retourne. Dean s'arrête de courir. Lucifer lui offre son plus beau sourire.

« -Content de te revoir Dean… » avec nostalgie, ne s'étonnant même pas de le voir ici « Mais laisse-moi partir s'il te plaît. » dit-il simplement.

Le barman continue de marcher vers lui en titubant, ne sachant que faire d'autre.

« -Je l'ai déjà fait, tu te souviens ? Il y a dix ans. » crache-t-il naturellement en vidant sa rancœur, sentant la tension monter en lui à mesure qu'il s'en rapproche.

« -Ce n'est pas mon plus glorieux souvenir de notre histoire mais oui. » avoue-t-il la mine faussement boudeuse « Viens avec moi et on recommencera tout à zéro. Toi et moi comme avant et pour toujours. » en prenant sa main.

« -Vas te faire foutre connard ! » en la lui arrachant « Juste… Ne lui fais pas de mal. » ajoute-t-il plus calmement.

« -Tu parles de la belle petite gueule d'ange du FBI ? Je l'aime bien tu sais. » commence-t-il simplement.

L'ancien tortionnaire du barman allait lancer un nouveau sarcasme mais une voiture arrivant en trombe s'arrête sur le bas côté à une dizaine de mètres d'eux.

Il comprend qui ils sont.

« -Rendez-vous à Minneapolis. » déclare-t-il avant de jeter violemment son pied dans le ventre de Dean et de s'enfuir en courant dans la cage d'escalier d'un immeuble.

« -Dean ! » cri son frère.

Soufflé par le coup, Dean tombe lourdement au sol, sur le dos, ce qui lui coupe la respiration. Il voit les portières s'ouvrir, son frère courir vers lui et s'agenouiller. Rufus trace son chemin dans les cages d'escalier, toujours à la poursuite du criminel.

« -Ça va, t'inquiète. » en se relevant « L'habitude. » ajoute-t-il en souriant tristement.

Ils restent debout, face à l'immeuble, attendant que Rufus revienne.

« -Sam, il faut partir. » annonce Dean après un moment de réflexion.

« -Quoi ? » face à cette si soudaine déclaration, se demandant si son frère ne s'est pas pris un coup sur la tête.

« -Il m'a donné rendez-vous à Minneapolis. » en soupirant « Il va bouger. »

« -Il est parti. » déclare Rufus du haut de la cage d'escalier en sortant du bâtiment.

« -Eh merde ! » jure Sam.

.~.

« -Où est-ce qu'on a merdé ? » prononce Rufus qui fait les cents pas dans la pièce.

« -On n'a pas merdé. » répond Dean.

« -Il ne vas pas me tuer mon agent quand même ? »

« -Non Rufus, il ne tuera pas ton agent. » puis après une seconde de réflexion « Enfin pas de ses mains en tout cas. »

« -Dean, tu ne nous aide pas là ! » lui reproche son frère.

« -Bordel de Dieu. » finit par lâcher Rufus en s'asseyant sur le lit.

Ils sont au motel depuis cinq minutes déjà et le vaillant et brave agent en chef d'une brigade du FBI, Rufus Turner semble avoir perdu pied.

Dean va dans la cuisine et lui apporte un verre de whisky. Le vieil homme lui lance un regard reconnaissant et l'avale d'une traite. L'effet est immédiat, il semble retrouver ses esprits, les nerfs remis en place.

« -Bon, vous savez quoi ? » annonce le plus âgé en se relevant « On y va. »

« -Où ça ? » demande Sam.

« -Eh bien à Minneapolis. C'est à 13 heures de route d'ici, faut pas traîner. Allez Winchester, bouge-toi. »

« -Il est minuit et demi. » constate le cadet.

« -C'est pour ça qu'on ne va prendre qu'une voiture et s'alterner au volant. Allez, bougez vos culs. »

« -Mais on n'a aucune garanti qu'il y sera. Et qu'est-ce qu'il nous dit qu'il va emmener Castiel ? »

« -Moi. » répond Dean « Il m'a dit qu'il l'aimait bien. Ça veut dire qu'il ne compte pas le lâcher. Et s'il m'a donné rendez-vous à Minneapolis c'est qu'on se reverra a Minneapolis. Il n'a pas l'habitude de mentir. »

« -Et tu viens ? »

Dean sent dans l'intonation de la voix de son frère que ce n'est pas une simple demande mais une invitation. Sam, bien qu'il soit mort de peur pour lui, ne se voit plus continuer cette quête lugubre sans lui.

« -Tu me connais non ? Une fois que je me colle à une botte je suis indécrottable. » sourit le barman.

.~.

Il fait froid et sombre dans cette pièce mais Castiel y est habitué. A partir de cette nuit cette vieille pièce qui empeste le moisi sera mise sous surveillance. Rien que de savoir que ses amis et collègues du FBI vont surveiller cet endroit hostile le fait se sentir en sécurité.

Il a faim, très faim.

Et tout ce qu'il trouve à faire en attendant son retour c'est se gratter, encore et toujours se gratter.

La porte au bout du couloir s'ouvre. Une silhouette à la démarche reconnaissable approche.

« -Dis donc, tu m'avais pas dit que tu étais du FBI ? »

Une bouffée de chaleur l'envahit. Il est pris au fait, il le sait. Qu'est-ce qu'il va faire de lui ? Qu'est-ce que lui doit faire ?

« -Pardon… » finit-il par murmurer mécaniquement, ne sachant que dire d'autre.

Pardon… C'est sa litanie, son chant qu'il a dû apprendre par cœur au cours des semaines passées avec lui. Il aimerait s'enfuir mais sa cheville est entravée par des chaînes alors il se protège simplement la tête avec ses bras.

« -Tu penses vraiment que je vais te frapper Cassie ? » en s'agenouillant auprès de lui « C'est mal me connaître. Tu sais que je ne te veux aucun mal. » en lui caressant la joue du dos de la main.

Castiel se détend et ferme les yeux. Non, il n'aura pas mal ce soir.

Il peut voir son tortionnaire sortir de sa poche un sachet de poudreuse. Une minute plus tard il revient vers lui avec une seringue, un coton imbibé d'alcool et un garrot à la main.

Il s'accroupit auprès de lui. Castiel lui tend son bras, tandis que Lucifer passe le coton dessus, pose le garrot, tâte la peau et pique.

L'effet est immédiat, Castiel se détend totalement, son bras auparavant tendu glisse le long de son corps et ses idées se mélangent dans sa tête, jusqu'à devenir floues.

« -Est-ce que tu peux répondre sincèrement à la question que je vais te poser ? »

« -Bien sûr. » souffle Castiel.

Il se regardent dans les yeux, Lucifer y voit qu'il a toute l'attention et la bonne foi de son acolyte.

« -Est-ce que tu… Tu m'aimes quand même un peu ? »

« -Oui… Bien sûr… » articule-t-il en résistant à l'envie immédiate de s'endormir.

Ça lui arrache le cœur de l'avouer mais oui, il l'apprécie. De la façon bizarre dont les victimes aiment leur bourreau, il en a conscience, mais il l'aime au moins autant qu'il le déteste. C'est pour cela qu'il se concentre encore et toujours sur sa mission. Elle est devenue sa ligne de conduite pour ne pas flancher.

Et pour la première fois depuis qu'il se connaissent Castiel sent quelque chose de nouveau, une sensation physique étrange dans sa semi-léthargie. Il ouvre totalement les yeux et comprend. Lucifer est en train de l'embrasser, chastement. Il aimerait bien le repousser mais il ne peut pas. Que ça soit physiquement ou mentalement, il ne peut pas le faire. Son ami retire ses lèvres des siennes.

« -Pour-Pourquoi ? » réussit-il à prononcer, totalement égaré par ce geste.

« -Je t'aime bien. » adjuge Lucifer « Allez viens, on s'en va. » en retirant la menotte de sa cheville.

« -Où… Où ça ? » balbutie-t-il.

« -Dans notre nouveau petit paradis. » sourit Lucifer en soulevant son acolyte, le prenant par dessous l'épaule pour l'aider à marcher à cause de son état léthargique.

« -Ils te retrouveront tu sais… » dans un éclat de lucidité.

« -Tes amis ? J'y compte bien. »

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Sur la banquette arrière de la voiture de Turner, Dean songe à son bébé qu'il a laissé sur le parking du motel, bien qu'il sache que c'est le cadet de ses réels soucis. Il appuie sa tête sur la vitre et regarde le paysage défiler.

Pourquoi Minneapolis ? Comment a-t-il pu connaître à l'avance sa prochaine destination alors qu'il était dans la précipitation ? Il a rompu la ligne droite qu'il traçait sur la carte des États-Unis : pourquoi ?

Il revoit cet homme dont il ne connaît pas le véritable nom, son ancien ami bien que leur relation était basé uniquement sur la manipulation. Il avait l'air réellement content de le voir et ça lui glace le sang rien que d'y penser. Pourtant après réflexion ça ne lui avait fait ni chaud ni froid de l'avoir face à lui après tout ce temps. Il avait seulement ressenti une pointe d'angoisse à l'idée qu'il ne le manipule ou même lui adresse une seule parole mais finalement rien de mal n'était arrivé pendant cet échange. Mise à part son coup de pied au ventre mais il n'a pas eu réellement le choix pour s'échapper, Dean l'aurait retenu.

Ce qui fait du bien à Dean c'est de réaliser qu'au final, Lucifer ne l'atteint plus. C'est fini, il ne craint plus rien face à lui.

Alors il sourit à cette idée et regarde l'heure : 4 heures. Il ferait mieux de dormir un peu.

Une certitude : aujourd'hui n'était pas une belle journée.


Vous étiez nombreux à attendre cette fameuse confrontation Dean/Lucifer alors en voilà un petit avant-goût. Ce ne sera pas la seule, soyez-en sûrs.

On se retrouve samedi prochain si vous le voulez bien.

Bisous~