Hey everyone !

Merci encore à tous d'être ici pour me lire et je sais que je rabâche toujours la même rengaine mais c'est vraiment énorme pour moi que des gens viennent me lire. Alors merci

Voilà la suite.


Chapitre XV

« Le silence »

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« -Bonjour, en quoi puis-je vous être utile ? »

La jeune femme leur sourit, un badge indique qu'elle s'appelle Tessa.

« -C'est pour une sortie. Castiel Novak. » annonce Sam le cœur serré.

« -Ah, l'ange… Attendez j'appelle une infirmière. » en appuyant sur un bouton.

Les secondes passent, Sam et Dean restent droits comme des piquets, remplis d'appréhension, ne sachant réellement à quoi s'attendre en ce lieu.

Une autre femme débarque, le visage rond, les yeux sombres, un léger sourire aux lèvres.

« -Bonjour, je suis Meg. Vous êtes ici pour… ? »

« -Ils veulent emmener l'ange. » répond Tessa à leur place.

« -Oh… » dit-elle presque déçue « Suivez-moi il faut que l'on discute un peu avant de le voir. » annonce-t-elle en les invitant à la suivre.

L'infirmière s'assoit à un bureau et les incite à en faire de même. Sa main part à la recherche d'un dossier dans un immense tiroir et le sort.

« -Pour commencer il n'y a rien de conventionnel à faire venir des personnes extérieures pour sortir un adulte consentant mais on ne voulait pas laisser l'ange tout seul. De plus c'est ce que vous vouliez non ? »

« -Absolument. » fait le cadet des Winchester.

« -Bien, alors récapitulons… Ça fait 14 jours qu'il est ici pour traumatismes corporels, désintoxication et faire un bilan psy. Son état psychique qui n'est… Pas réellement inquiétant au vu des faits mais il n'est pas totalement rétablit. »

« -C'est-à-dire ? » demande Dean qui n'avait pas encore ouvert la bouche.

« -Mutisme total. » lâche-t-elle « C'est un trouble que l'on ne voit que très rarement chez l'adulte pour ne pas dire jamais. Suite à un choc la personne a perdu les moyens psychologiques de parler. Même s'il essaie, il n'y parvient pas. Mais ça va revenir. » reprend-elle rapidement en voyant l'inquiétude se lire sur le visage des frères « C'est l'histoire de quelques jours encore. Ça se traite par psychothérapie et surtout, dans ce cas précis, le psy a dit qu'il fallait laisser entouré de ses proches. Il a donc un rendez-vous par semaine avec le psy d'ici mais c'est une routine, rien d'alarmant comme je vous l'ai déjà dit. »

« -Il n'a réellement aucun moyen de communiquer ? » s'enquiert Sam qui semble incrédule face à ces paroles.

« -Si bien sûr. Il reste les gestes et l'écriture. » les rassure-t-elle.

« -Oh… » fait-il simplement.

« -Concernant les lésions physiques ça guérit, il n'y a plus rien à toucher, on a retiré les derniers points de suture aujourd'hui. Et pour la toxicomanie il est totalement réparé. L'ange s'est remis sur pied bien mieux qu'on ne l'aurait pensé à son arrivée au premier jour. »

« -Excusez-moi mais pourquoi l'appelez-vous l'ange ? » s'enquiert Dean, curieux face à ce surnom.

Meg sourit tendrement.

« -Parce que c'en est un. » dit-elle simplement « Vous savez, à cet étage les patients essaient toujours de vous soudoyer pour que vous leur filiez des médocs dont ils sont accros ou justement refuse de prendre les traitements pour ne plus l'être. Ils font aussi la grève de la faim ou d'autres choses qui nous compliquent la tâche. Mais Castiel est tout sauf comme ça. Il ne rechigne jamais et fait absolument tout ce qu'on lui demande. Et c'est aussi vraiment agréable de communiquer avec lui à sa manière. Un vrai petit ange. Et en plus… »

Elle semble hésiter à poursuivre sa phrase mais devant l'attente des deux hommes elle prend un visage impassible afin de l'achever.

« -Il est canon. » un sourire trahissant son air sérieux qu'elle reprend aussitôt pour la suite « Ah et dernier détail avant d'aller à sa rencontre, j'aurais dû en parler plus tôt mais ça m'est sorti de la tête. » replanquant son dossier dans le tiroir « Il n'a pas un sommeil très reposant à cause de cauchemars. Mais rassurez-vous ça va de paire avec son sevrage et son état psychique, ça partira avec le temps. Avec la fin de sa guérison disons. Maintenant veuillez me suivre messieurs. »

Ils se lèvent et suivent l'infirmière, remplis d'appréhensions.

Quatorze jours. Cela fait quatorze jours qu'ils l'ont quitté, sans aucun droit de visite pour son sevrage. Quatorze interminables jours où Sam, Rufus et Dean ont d'abord dû aller à Kansas City pour faire leur compte rendu au FBI, témoigner sous serment, signer de la paperasse pour ensuite retourner à leur petite vie pas si tranquille.

Rufus, ayant des responsabilités et s'étant pris un savon monumental par son chef à cause du bilan de l'enquête, à savoir, un homme mort, un agent fautif d'un crime, un autre agent plus que blessé et l'implication trop personnelle d'un consultant ainsi que sa séquestration, a dû reprendre le travail dès leur retour de Minneapolis s'il ne voulait pas se faire virer.

D'ici deux jours, lorsqu'il sera enfin disponible, il prendra une journée de congé afin de revoir son homme qui s'est tiré de cette abominable affaire.

Sam a été forcé de prendre trois semaines de congés et de voir le psy assigné aux agents qui ont tués. Et il le voit encore d'ailleurs. Durant ses vacances il habite chez Bobby et l'aide au garage tout en retrouvant son frère lorsqu'il ne travaille pas.

Dean quant à lui a repris tout simplement son gagne-pain habituel, heureux de retrouver la simple mais délicieuse odeur du zinc imbibé d'alcool, attendant le retour de Castiel puisque Rufus lui a demandé de s'assurer que son homme aille bien.

Et maintenant, devant la porte de la chambre d'hôpital, l'ambiance est mêlée de joie de retrouver un camarade et d'appréhension quant à son état réel, ses pensées et ses souvenirs.

L'infirmière toque, fait signe aux deux autres de rester à l'arrière et entre.

« -Castiel, tes amis sont là. Tu va pouvoir quitter ce trou à rat. » dit-elle en souriant chaleureusement « Mais ne m'oublie pas surtout. »

Le noiraud dodeline de la tête avec un imperceptible sourire qu'elle sait voir.

Meg quitte l'embrasure de la porte avec une pointe d'amertume afin de vaquer à ses occupations tandis que les deux frères entrent lentement dans la pièce, remplis de crainte.

Mais toute incertitude s'efface en voyant un Castiel tenant pleinement sur ses jambes et affublé de son trench-coat que seul Sam ici connaît, l'ayant précédemment abandonné pour sa mission.

Il est en forme et visiblement heureux de les retrouver, les yeux vifs néanmoins cernés de fatigue, une petite risette fendant légèrement ses lèvres.

« -Tu nous a manqué. » déclare Sam tout sourire avant de le prendre dans ses bras, submergé par l'émotion.

Dean se demande encore pourquoi il est ici, ce qu'il doit dire, ce qu'il doit faire. Après tout il ne le connaît pas tant que ça, il a seulement été là à certains instants de sa vie ces dernières semaines…

Mais il se souvient de son dossier, de sa photo d'identité, de cette connexion qu'il a senti lorsqu'il l'a étudié dès la première fois, de cette bienveillance et cette sympathie qui a su régner entre eux peu de temps après leur rencontre et surtout de ces dernières et infernales heures avant leur séparation, il y a deux semaines, dans cette cave.

« -Hey Cas… »

A peine a-t-il le temps de prononcer ces mots que Castiel se jette violemment dans ses bras, le serrant plus fort que Dean ne l'aurait pensé.

L'agent plonge son visage au creux de son cou, semblant retrouver une part de vie tandis le barman ferme simplement les yeux, balayant de ses souvenirs l'image de ce corps inerte et cloué au sol pour la remplacer par ce fameux sourire qu'il a su laisser transparaître à leur entrée.

Et l'étreinte dure, Dean en vient même à penser que Castiel ne le lâchera jamais. Mais le brun s'écarte et laisse finalement sa main glisser le long du bras du barman pour en saisir la main et nouer leur doigts.

Dean ne dit rien bien qu'il ne s'attendait pas réellement à ce geste, trouvant cette réaction nullement dérangeante et peu étonnante au vu de ce qu'ils ont vécu.

Il comprend qu'il a eu raison de venir lorsque ses yeux rencontrent les siens, émus et surmontés d'une certaine témérité.

Castiel recule d'un petit pas pour prendre sa maigre valise et ils s'en vont sans un bruit, personne ne jugeant utile de faire de remarque au sujet de cette main prise en otage.

Une fois arrivés devant la voiture, l'aîné des frères jette simplement ses clés à son frère.

« -Tu la raye, je te tue. » explique-t-il clairement dans un rictus avant de s'installer à l'arrière pour qu'ils ne soient pas séparés.

« -Je connais la chanson. » sourit son cadet.

Et pendant que Sam conduis, Dean expose ouvertement la situation actuelle de chacun d'eux à un Castiel qui reste muet.

« -Tu n'as pas le droit de rester seul, ordre du médecin et tu n'as plus de famille de sang. Du coup tu vas crécher chez un vieux bougon nommé Bobby avec Sam. Non, ne t'en fais pas, il est très sympas. » faisant la conversation tout seul tout en se sachant attentivement écouté « Tu y restes le temps que les médecins t'ont arrêté donc un mois. Mais tu pourras y rester un peu après si tu veux… Tu auras largement de quoi t'occuper, surtout si tu aimes lire. Tu aimes lire ? C'est ce que je pensais. » en souriant face au léger hochement de tête de son interlocuteur « Sam reste encore une semaine dans la maison puis il doit repartir. Tu auras le choix de repartir avec lui ou de rester ici. Et oui, Jess est venue aussi. Tu crois que Sammy se serait séparé d'elle un jour de plus ? » lance-t-il rieur.

« -La ferme Dean. Je peux encore nous envoyer dans le fossé. » lance l'intéressé dans un demi-sourire à travers le rétroviseur intérieur.

« -Alors toi, si tu abîmes Baby… » faussement rageur.

Dean détourne son regard pour croiser de nouveau celui de Castiel qui semble préoccupé.

« -Qu'est-ce qu'il y a ? » demande-t-il.

Le brun saisit alors brutalement le col du barman qui écarquille les yeux de surprise. Le bleu de ses iris est planté dans le vert des siens avec défi.

Ils restent un instant en suspend, Dean décryptant ses paroles muettes.

Il comprend alors ses craintes et sa requête bien qu'il n'arrive pas à en saisir l'essence réelle.

« -Ok… Il y a assez de chambres donc je peux dormir avec vous chez Bobby si tu le veux vraiment. » sur un ton de résignation « Mais tu sais, il va aussi falloir que je rentre chez moi un jour… Et que je récupère ma main aussi. » ajoute-t-il doucement.

Castiel détourne les yeux.

Sam ne peut s'empêcher de réprimer un doux sourire mal dissimulé à travers le rétroviseur intérieur.

.~.

Ils arrivent à la vieille casse de Bobby aux alentours de 16 heures.

Tous descendent de la voiture. Sam prend les devants, entrant sans même frapper, suivi de Dean et Castiel. Ils avancent jusque dans la salle à manger pour y trouver Jessica et Bobby en grande conversation autour d'un café.

Le plus vieux détourne alors les yeux en considérant avec attention le nouvel arrivant.

« -Tu es Castiel je suppose. Content de te rencontrer, Sam m'a beaucoup parlé de toi. » raconte Bobby devant un Sam presque gêné de ses dernières paroles.

Pour toute réponse Bobby obtient un hochement de tête accompagné d'un léger sourire.

« -Je dors ici ce soir. » annonce Dean.

« -Eh bien c'est la fête chez moi à ce que je vois ! » ironique « Je t'en pris installe-toi fiston. » avec son éternelle air paternel.

Le vieil homme ne prête sciemment pas attention aux doigts emmêlés devant lui, lançant seulement un regard attendri sur ses fils de substitution qui sont de retour à la maison.

« -Tu veux un café Castiel ? » propose gentiment Jessica.

Il fait non de la tête.

« -Dean, tu lui montres sa chambre ? » demande Sam en s'approchant de la jeune femme pour l'embrasser sur la joue.

« -Ça roule. »

Ils partent donc dans un immense couloir où une petite dizaine de portes trônent de chaque côté de celui-ci.

« -Je sais ce que tu te dis, il y a beaucoup de monde sous ce toit mais crois-moi ça ne gêne pas du tout Bobby et il y a largement assez de place. Ne t'inquiète pas, tu les connais, il ne sont pas envahissants. Bon ok, tu connais pas Bobby mais Rufus et lui sont les mêmes, ils veulent paterner tout le monde. »

Dean s'arrête devant une porte, Castiel fait de même.

« -Là c'est ta chambre. Je serai juste en face. Il y a une mini salle de bain dans chaque chambre. Ne cherche pas à comprendre, c'était un délire de Bobby lorsqu'il a construit sa baraque à l'époque des dinosaures. » déclare-t-il l'air gouailleur en entrant dans la chambre de Castiel avec lui « Dis-moi surtout si je parle trop. »

Il répond que non.

Dean sourit en songeant qu'il n'a pas l'habitude de parler autant mais qu'avec Castiel ça semble tellement plus simple… Les mots sortent tout seul.

« -Je te laisse t'installer. Tu viendras nous rejoindre dans la salle à manger. »

Dean commence à s'en aller mais il est retenu par des doigts trop joueurs.

« -Cas… Il va bien falloir que tu me lâches un jour. » dit-il, conciliant.

La détresse cachée derrière l'affront se lit pleinement dans les yeux bien trop sincères de l'agent. Dean en a le cœur qui se serre.

« -Je veux bien rester. Je ne m'en irai pas si tu ne le veux pas. En revanche de ton côté il faut que… »

A l'aide de son autre main, Dean desserre les doigts de Castiel qui n'oppose aucune résistance.

« -Tu lâches prise. On est dans la même réalité Cas. Il n'y en a qu'une seule. Il ne t'arrivera plus rien. » tente-t-il de le rassurer, voyant clairement la peur d'échouer et de sombrer à nouveau sur son visage.

Les yeux bleus de cet homme perdu regardent ses propres mains avec attention, comme s'il y manquait quelque chose, une partie de lui-même. Puis le bleu s'accroche au vert, semblant chercher une certitude.

« -Je te le promets. Le pire est passé. Maintenant installe-toi. Dans la grosse valise que tu vois là-bas il y a tes vêtements et d'autres trucs que Rufus et Sam ont pris dans ton appartement. Je veux bien rester avec toi mais laisse-moi un peu d'espace Cas, tu ne peux pas rester dans mon ombre éternellement. Ok ? »

Ce n'est visiblement pas « ok » puisque les yeux de son vis-à-vis s'embuent de larmes qui ne tombent pas.

Dean prend sur lui de ne pas craquer face à ce soldat blessé, touché par cet homme qui ne peut s'exprimer clairement et n'a que ses yeux pour seule parole.

Et il s'en veut. Curieusement, il s'en veut de voir Castiel dans cet état parce qu'il s'en sent responsable. Il était avec lui durant ces derniers instants dans cette cave et il n'a rien fait pour l'aider. Ou plutôt il n'a rien pu faire et ça le ronge de l'intérieur, ça le bouffe véritablement.

« -Non, s'il te plaît, pas ça… C'est juste que je ne suis pas… Enfin tu n'es plus… » s'énervant en ne trouvant pas ses propres mots « T'es libre Cas, tout ça est fini. » finit-il par lâcher « Tu peux faire ce que tu veux et aller où tu veux sans personne d'autre. Le libre-arbitre est à toi. Je sais ce que c'est, je suis passé par là et ça paraît effrayant. Mais ça ne l'est pas et je suis loin d'être la seule personne existante de ta vie, vois les autres. Sam t'aime, Jess t'aime et Bobby est là pour te foutre un coup de pied au cul s'il y a besoin. Ils ne vont pas t'abandonner mais vois-les eux aussi. »

Castiel semble comprendre, lui offrant un regard reconnaissant.

Et Dean espère. Il espère seulement que ce soldat brisé va se rétablir le plus rapidement possible. Parce que ça le tue de ne pas pouvoir l'entendre lui dire qu'il va bien, de ne pas pouvoir échanger avec lui simplement. Parce qu'il se sent coupable de constater que les dégâts sont là, dans son cerveau qui l'empêche de parler. Et parce que après-demain ils devront lui parler de l'enquête en elle-même et son aboutissement et que cela risque de ne pas être évident. Ses souvenirs, les faits, le chemin officiel et ses horribles conséquences sont injustes et ont leur dures réalités.


Promis la semaine prochaine on finira sur une note plus heureuse.

Alors à la semaine prochaine.

Bisous~