Hey everybody !
Merci encore pour tout, pour vous, d'être là encore et toujours. Merci au Guest de laisser des petits mots.
Et voilà donc ce qui était le dernier chapitre de cette fic. J'en ai finalement encore deux autres à publier après celui-ci et... L'histoire prendra fin. A moins qu'après avoir lu ces chapitres vous me proposez des choses à écrire et que vous ayez encore des questions sur certaines, je me ferais un plaisir d'écrire à nouveau sur cette histoire.
Bonne lecture~
Chapitre XXI
« The cross they're bearing »
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Dean regarde l'heure à son radio réveille.
Minuit dix.
Ellen et Jo sont rentrées chez elle et tout le monde est à présent au lit depuis un moment déjà.
Il se retourne sur le flan, face à la porte de sa chambre et attend encore. Il n'arrivera décidément pas à dormir.
Un long soupir tente de remplir le silence ambiant de la pièce. L'embrasure de la porte est tristement vide.
Castiel ne viendra pas, il en est sûr. Mais pourquoi ? Avant il ne souhaitait pourtant que son départ de son lit pour des raisons qui semblent plus qu'évidente à ses yeux : deux simples amis ne peuvent dormir ensemble, c'est inconvenant.
Et à présent il n'arrive pas dormir parce que cette masse masculine et rassurante n'est pas là, à côté de lui. Sans aucune raison, sans rien savoir du pourquoi ni du comment, Castiel n'est pas là.
Aucune explication… Et ils devaient pourtant en avoir. Sur eux et sur tout. Ils doivent parler et se poser des questions, obtenir enfin des réponses de vive voix.
Alors machinalement Dean se lève et marche avec aisance dans le noir, connaissant cette maison par cœur. La porte de Castiel est juste en face, seulement poussée, pas fermée.
Il hésite.
Franchir cette limite reviendrait à avoir une véritable discussion. Peut-être que Castiel dort… Il ne devrait pas le réveiller, il ne doit pas entrer.
Et pourtant un besoin irrésistible de seulement le toucher le submerge et l'inonde, noyant son fichu cœur qui ne demande plus qu'à retrouver de l'air et de la sérénité.
Il se sent vraiment con en songeant qu'il a besoin de sentir sa peau contre la sienne, rien que de l'effleurer du bout des doigts, comme une putain de midinette pour se sentir mieux.
Mais tant pis, il pousse quand même cette fichue porte, se contrefichant de cette maudite impression de se transformer en gonzesse.
« -Je t'attendais. » fait une voix rauque bien connue.
Le cœur de Dean ratte un battement. Son trouble s'amplifie à mesure qu'il avance mais il ne veut rien laisser paraître. Il referme alors totalement la porte derrière lui, ne voulant pas réveiller les autres.
« -Pourquoi ici ? » articule-t-il.
« -Pour que tu prennes l'initiative de venir. » répond doucement Castiel « Ce n'est pas toujours à moi de faire le premier pas. » note-t-il.
Le barman s'avance jusqu'au lit et allume la lampe de chevet afin d'avoir un minimum de luminosité.
Les yeux bleus de Castiel plongent dans les siens et il sent son cœur chuter de même que ses fesses sur le bord du lit.
Il ne quitte plus ces magnifiques orbes océan, trop absorbé par sa contemplation. Il aimerait seulement que cet instant dur toujours, un instant hors du temps où ils seraient juste là, tous les deux, sans explication sur ce qu'ils sont ou ne sont pas, ce qu'ils devraient être ou non, sans se poser aucune question quant à leur avenir.
Alors sans y réfléchir réellement, il s'introduit sous les couvertures pour s'allonger à ses côtés, lui faisant face. Il laisse courir ses doigts sur le bras brûlant de Castiel qui ferme machinalement les yeux à ce contact, le croyant presque irréel.
Dean sent son ventre se remplir d'une douce chaleur, chaque cellule de son corps se liquéfier de quiétude, son cœur s'apaiser, plus serein.
Et finalement leurs mains s'unissent dans un réflexe devenu familier.
« -Dean, qu'est-ce que tu fais ? » demande le brun curieux face à ce laisser-aller peu habituel venant de la part du barman, rouvrant ses yeux pour retrouver les siens.
« -Toi tu sais parler. Que ça soit avec des mots ou avec des gestes. Mais moi… Je suis franchement nul avec des mots. » dans un petit sourire navré, rompant momentanément le contact visuel.
« -Tu as changé d'avis sur nous donc ? »
« -J'en sais trop rien Cas… Je sais seulement que j'ai besoin de sentir ta peau sur la mienne, c'est tout. Ça fait peut-être déjà un petit moment mais je ne m'en rends vraiment compte seulement maintenant que… »
« -Maintenant que je ne te touche plus. » avec tant d'innocence dans la voix que Dean en est troublé, devenant en un instant beaucoup plus fébrile.
« -Ouais… » avant de se mordre la lèvre pour se contenir.
Il sent son cœur accélérer ses battements, son sang bouillir dans tout son corps plus fort qu'il ne l'a jamais fait auparavant. Et il déteste ça, il déteste ressentir tout ça alors qu'il ne peut pas encore s'autoriser à faire un geste envers Castiel, qu'il a besoin de savoir qu'un mot est posé quant à la nature de leur relation.
« -Je sais que tu cogites beaucoup Dean… Et malheureusement mes gestes ne pouvaient pas répondre à toutes tes questions. » débute-t-il lentement afin de ne pas le brusquer « Mais en vérité c'est plutôt à moi de t'en poser une. Je pense même qu'elle est le centre de tes tourments… » en caressant du bout du pouce la lèvre inférieure de Dean « Alors dis-moi, qu'est-ce que tu vois là, en face de toi ? »
« -Je te vois. » répond-il comme si c'était la plus simple des évidences.
« -Félicitation, tu viens de me prouver que tu n'es pas aveugle. » s'amuse Castiel dans un rictus « Mais à travers moi, qu'est-ce que tu perçois ? » plus sérieusement.
Dean se mord légèrement la lèvre et baisse les yeux. Les mots sont trop douloureux, trop amers. Il ne veut pas les lui faire entendre, pas à lui.
« -Dean, réponds-moi. » en relevant son menton du bout du doigt.
« -Un soldat… » la voix quelque peu cassée « Blessé… Par ma faute. Parce que je n'ai pas su te protéger. »
Les tripes serrées, la gorge nouée, les yeux qui commence à s'embrumer, Dean n'aime pas ça du tout. Il a l'impression que toute trace de virilité disparaît en lui alors qu'il ne fait qu'énoncer un fait.
« Dean… » souffle Castiel en caressant son menton tremblant du bout des doigts « Là est tout le problème. Je ne suis plus un bon petit soldat. » en tentant de rattraper ses yeux des siens « Je ne suis plus l'arme infaillible du FBI, je ne suis qu'un homme maintenant, c'est aussi simple que ça. Et tu n'as rien à voir dans ce processus, c'était mon choix dès le départ, je savais pourquoi j'avais signé. »
Silencieusement le barman laisse couler ses larmes, rageant contre lui-même. Il hait pleurer en publique. Mais avec Castiel il sent que c'est différent, il a réellement un don pour le cerner mieux que quiconque, mieux que lui-même et ça le rassure tout autant que ça l'effraie.
L'ancien agent joint leurs fronts pour un contact plus intime, simplement pour montrer à Dean qu'il reste là pour lui, avec lui.
« -Mais… Pourquoi ? Pourquoi t'as signé pour ça ? » articule le barman, l'amertume lui vrillant la gorge.
« -Je savais plus ou moins comment tout ça allait se terminer. Je savais que cette mission allait détruire au moins la carrière si ce n'est la vie de l'agent qui allait accepter ce job. » raconte-t-il doucement en laissant son pouce aller et venir sur sa joue « Je crois que je voulais simplement quitter le FBI en le faisant sur une note honorable et ne pas bêtement claquer la porte sans pouvoir effectuer une dernière mission. Je voulais aller jusqu'au bout de là où je pouvais, jusqu'au point où un agent de terrain est capable d'aller, jusqu'à la fin prématurée de sa carrière et qu'on ne l'accepte plus en mission. » la voix bien trop calme « Il fallait bien que quelqu'un se dévoue. »
« -Cas… » souffle-t-il simplement en jouant nerveusement avec sa main, sentant son cœur se tordre à ces mots et à cet altruisme évident qui l'a mené à la perte de sa carrière.
« -Je vais bien Dean. Je vais très bien. » le rassure-t-il ses yeux dans les siens.
« -Et pourquoi… Pourquoi vouloir quitter le vaisseau-mère ? »
« -Comme tu le sais déjà la mort de mon père m'a rendu libre… Ce sont ton frère et Jessica qui m'ont enseigné les règles du libre-arbitre, de la véritable liberté. Et quand j'ai pris conscience des possibilités que j'avais, je me suis simplement rendu compte que je ne voulais pas être au FBI, que ce n'a jamais été mon choix et que j'avais simplement écouté mon père. Mais ce n'était en aucun cas quelque chose que je voulais, je n'en ai jamais voulu et j'ai toujours détesté ça. »
Cette réponse rassure réellement Dean qui comprend bien mieux ce choix et sent réellement que Castiel est plus qu'en paix avec tout ça, qu'il souhaitait réellement quitter cette vie d'agent dont il ne voulait pas et que cette mission était une opportunité pour lui, qu'elle lui permettait de la faire d'une manière qui lui semblait convenable, quand bien même elle reste dangereuse et pentue.
« -Je comprends… Mais tu ne regrettes pas d'avoir eu à vivre tout ça ? Tu ne vas pas me dire que c'était une partie de plaisir ? » doucement ironique en lâchant sa main pour lentement remonter le long de son bras, sentant Castiel avoir la chair de poule sous ses doigts.
« -Non. Ça a été dur je te l'accorde mais ça valait le coup, le résultat final est celui que je visais. Nick Shurley a été neutralisé, il ne fera plus de mal à personne et n'a pas usé d'une victime innocente à ma place. » avec conviction.
Dean lâche un léger rire dépité quant à cette phrase tout en même temps que sa main atterrit dans les cheveux de Castiel, s'amusant avec quelques mèches de celui-ci.
« -Depuis dix ans je n'avais qu'une idée en tête… » pense-t-il distraitement à voix haute « Veiller sur les autres et tenter de sauver ce que je pouvais sauver… Mais ce que je ne réalise que maintenant c'est que c'est moi qui avait besoin d'être sauvé. » caressant la lèvre de Castiel du bout du pouce « Et tu l'as fait. »
« -Ça c'est toi qui le dit. » en esquissant faible un sourire.
« -Je suis sincère. »
Dean approche le bout de son nez de celui de Castiel pour le taquiner. L'ancien agent sourit tendrement à cette initiative ce qui fait sourire à son tour le barman qui sent que quelque chose revit en lui, comme si son cœur battait d'une manière différente, plus vive, plus franche. Une sensation qu'il croyait éteinte se ravive, une flamme disparue, un creux qu'il croyait vide à jamais. C'est une douce chaleur qui l'envahie, une chaleur perdue qu'il retrouve enfin.
« -Peut-être… Cas… Peut-être que je peux t'aimer… »
« -Je pense même que c'est déjà le cas tu sais. Au moins un peu… » répond simplement Castiel, un léger sourire sur les lèvres.
« -Et toi ? »
« -Moi ça ne fait aucun doute. Je n'en ai jamais douté Dean. »
Le Winchester sourit sans réellement savoir pourquoi, se sentant probablement soulagé de cette réponse dite sans aucune honte ou crainte, énonçant calmement un fait.
« -Alors… Tu crois qu'on peut… ? Toi et moi je veux dire… Tu crois qu'on pourrait essayer ? » tentant de se faire comprendre au mieux dans sa maladresse.
« -On le doit. » affirme-t-il d'un léger hochement de tête.
Dean sourit pleinement de cette réponse tandis que Castiel l'observe silencieusement durant quelques secondes, admirant cet homme qui semble retrouver sa foi envers un avenir à deux.
Puis leurs lèvres se trouvent timidement, sans aucune hâte, se pressant les unes contre les autres pour se redécouvrir avec une saveur moins amère et bien plus douce qu'auparavant.
Et Dean sent ce fichu cœur qu'il pensait mort renaître et ressentir toutes ces choses, toute cette ardeur qu'il pensait perdue se réveiller.
Il se laisse enfin aller, glissant une main derrière la nuque de Castiel pour mieux le rapprocher de lui et mieux posséder cette bouche.
Alors les baisers chastes s'humidifient, les soupirs de plénitude innocents deviennent des plaintes lascives, un appel à la chair et à la douce frénésie de leurs corps.
« -Cas… » souffle Dean entre deux reprises d'air.
« -Oui ? » pantelant.
« -Est-ce que… Tu peux me montrer… ? » à demi-mot, le feu aux joues.
Castiel soupire en le regardant d'un air compatissant, un triste sourire aux lèvres. Dean perçoit qu'il avale durement sa salive avant de remonter son t-shirt pour finalement le retirer totalement, sans aucune gêne visible.
Le Winchester entrouvre la bouche, le résultat est vraiment bluffant.
Castiel a pu bénéficier de points de suture à l'inverse de lui et même si c'est encore légèrement boursouflé on voit bien que la guérison est en bonne voie. Sa croix sera bien moins marquée que la sienne mais toujours présente. Il y porte sa main sans pour autant oser toucher cette peau stigmatisée.
Mais Castiel la prend dans la sienne pour la plaquer contre son torse, sans aucune réticence ou même crainte, dans un simple geste de confiance.
Dean relève les yeux dans les siens, tout autant admiratif qu'étonné de son geste, qu'il puisse se faire toucher à cet endroit sans appréhension alors que lui n'a jamais pu.
« -Tu… Ça ne te dérange vraiment pas ? » questionne Dean.
« -Ce n'est qu'une cicatrice à mes yeux, elle ne représente que la fin de mon ancienne vie. Elle n'a rien de mauvais, je n'en ai pas honte Dean. Et tu ne devrais pas non plus. »
Les yeux du barmans cherchent durant une poignée de secondes quelque chose à quoi se raccrocher sur ce torse, mais il finit par détourner le regard, cette croix et ces mots ravivant la sienne avec laquelle il n'a toujours pas réussi à vivre.
« -Rhabille-toi s'il te plaît. » demande-t-il doucement après quelques secondes en retirant sa main « Je… Je ne peux pas, c'est trop tôt, trop… »
« -Trop douloureux, tes cauchemars sont encore là. Je comprends. » avant de se rhabiller.
« -Merci. »
Dean prend son visage en coupe afin d'y déposer un nouveau baiser, reconnaissant.
Et Castiel se laisse faire, se basculant même en arrière pour se laisser surplomber. Dean prend garde à ne pas s'appuyer contre son buste et approche ses lèvres des siennes, prêt à les assaillir à nouveau, les unir pour une danse passionnée qu'ils peuvent enfin s'offrir, une juste fin pour conclure le pacte de leur vie future.
Mais le lit émet un brusque craquement et ils n'ont pas le temps de réaliser ce qui leur arrive qu'ils se sentent aspirés par le sol.
Un bruit sourd résonne dans toute la maison : le lit a cédé sous leur poids.
Dean reste interdit deux secondes durant avant de rire aux éclats comme il ne l'avait pas fait depuis des années, convulsant déjà sous le joug des larmes de joie. Castiel ne met pas longtemps à l'imiter, réveillant même les plus gros dormeurs.
Très vite la population de la maison se réunit autour du chambranle de la porte, attiré par le fracas monstrueux du lit qui a fait vibrer les murs de la maison.
C'est Jessica la première qui a ouvert la porte, souriant aussitôt en constatant la scène : Dean au dessus de Castiel, dans une position qui ne laisse rien présager d'innocent.
Sam suit sa fiancée de près puis Rufus et Bobby.
« -Eh ben… Il était déjà en fin de vie mais vous êtes réellement venus à bout de mon lit… » s'amuse le vieux bougon, les mains sur les hanches.
Dean, qui avait calé sa tête contre l'épaule de Castiel pour tenter de maîtriser son fou rire, se redresse et bascule sur le côté pour leur faire face.
« -Ce n'est absolument pas ce que vous croyez. » parvient-il à articuler.
« -Mmh… Bien sûr. » laisse sous-entendre Jessica, un sourire de satisfaction implacable sur les lèvres.
« -Sam, aide-moi. » se calmant peu à peu, plaidant sa cause avec humour.
« -Excuse-moi Dean mais je constate seulement. » en réprimant mal un rire, heureux de voir qu'ils ont enfin arrêté de se tourner autour.
« -Ben mince alors… » murmure Rufus « Je sais que je t'avais dit de prendre soin de Novak mais là ça dépasse toutes mes espérances… » dans un rictus.
« -Eh bien… Tout le monde est au courant à ce que je vois… » parle enfin Castiel en se redressant.
« -Oui mon ange. » sourit l'aîné des Winchester en lui prenant la main « On n'a pas à se cacher. »
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Dean regarde avec admiration la bibliothèque qu'il vient de finir d'installer.
Un mois déjà… Un mois que Castiel a pleinement emménagé chez lui, dans ce grand espace anciennement mal exploité à lui tout seul et parfait pour deux. C'est à présent chez eux, leur endroit à tous les deux. Et cette bibliothèque va permettre à Castiel de pouvoir enfin ranger ses livres, actuellement empilés dans un désordre infernal, dans une bibliothèque digne de ce nom.
Il sourit en entendant le son de ce moteur si familier… La Lincoln Continental Mark V de 1978 vient de se garer dans l'allée de la maison et son propriétaire ne va pas tarder a entrer.
Alors il l'attend impatiemment, triturant sa tasse de café vide entre ses mains, fixant l'entrée pour ne rien manquer de son arrivée.
La porte s'ouvre sur Castiel, Dean retient son souffle.
Ils se regardent bêtement, Dean attendant une réponse, Castiel une question.
« -Alors ? » finit par prononcer le barman, ne supportant plus ce silence.
« -Je suis pris comme professeur à l'université. » un sourire en coin.
Plus un mot, seulement la joie pleinement lisible sur le visage de Dean suffit.
La porte se referme tandis qu'il s'approche dangereusement de Castiel, une idée bien précise en tête.
« -Monsieur le professeur… » un sourire carnassier sur les lèvres en l'attrapant par les hanches tandis que le visage de Castiel se décompose à l'entente de ce surnom.
« -Je préfère rester ton ange. » signale-t-il sérieusement avec une pointe de douceur dans la voix.
« -Cas… T'es vraiment pas marrant, tu sais à quel point j'aime les jeux de rôles… » faussement vexé.
« -Crois-moi, je sais parfaitement ce que tu aimes et tu n'as pas besoin de ça. » répond-il en rapprochant toujours plus son visage du rien.
Leurs souffles s'échangent durant un léger instant, en suspend l'un face à l'autre, cette cetaine tension régnant entre eux, se demandant lequel des deux cédera à la tentation en premier.
« -Si tu me connais si bien, montre-moi ce dont j'ai besoin. » le défie Dean avant que Castiel n'agresse ses lèvres des siennes.
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Vêtements éparpillés, draps froissés par une longue étreinte mêlée de soupirs languissants et de caresses brûlantes, tel est le décor de cette chambre qu'est la leur.
Dean reste étendu sur le dos tandis que Castiel laisse courir ses doigts autour des épaules de son amant, son torse mis à nu. Il contemple non pas avec admiration mais fascination ces stigmates que Dean ne laisse voir à personne d'autre que lui, cette peau à jamais marquée par un être tordu et torturé.
La forme de la cicatrice est rigoureusement la même que la sienne, le seul point qui les différencie est que celle de Dean, bien que cicatrisée depuis plus longtemps, reste légèrement boursouflée et en relief, n'ayant subi aucun traitement chirurgical.
Il aimerait la toucher, sentir cette partie de sa peau glisser sous ses doigts. Parce qu'elle fait parti de Dean et il aimerait visiter la moindre parcelle de son corps et absolument tout connaître de lui.
Alors de son épaule les doigts de Castiel descendent lentement et franchissent cette ligne sans encombre, sentant seulement la peau de Dean avoir la chair de poule à ce contact. Le grain de peau cicatrisé est différent au touché, plus lisse et plus ferme, plus bombé que le reste de son corps.
Castiel relève les yeux vers son amant et retire immédiatement sa main.
Le visage crispé, les yeux clos, les lèvres serrées… Dean pleure.
« -Désolé, je n'aurais jamais dû… » prononce immédiatement Castiel, s'en voulant d'avoir osé ce geste qu'il sait interdit.
« -Non Cas… » sourit Dean à travers ses larmes « Tu n'y es pas du tout… » en se redressant sur le matelas, le brun l'imitant « Au contraire, ça me fait du bien. Tu me fais du bien. »
Pour appuyer ses mots, il prend sa main dans la sienne pour la poser sur sa cicatrice et la faire glisser sur sa peau, parcourant ce chemin qu'aucun autre avant lui n'a su passer.
La peau de Dean frissonne légèrement à mesure qu'un sourire s'élargit sur son visage, soulagé d'enfin réussir a offrir cette chose que personne d'autre n'a su provoquer chez lui. Et étrangement ça ne lui fait pas peur. Plus maintenant. Alors il a besoin de l'extérioriser, il a besoin de lui faire savoir.
« -Je t'aime. »
Castiel relève ses yeux dans les siens, un éclat rieur mêlé de tendresse se reflétant dans ses bleus.
« -Je sais. Et je t'aime aussi Dean. »
Leurs sourires s'élargissent d'autant plus. Dean lâche finalement la main de Castiel qui suit maintenant seule et lentement le pourtour de cette difformité du bout des doigts, sans quitter son amant du regard.
Ils restent un long moment assis l'un en face de l'autre, yeux dans les yeux, leurs croix se regardant tandis qu'ils se raillent bien de leur passé.
Parce qu'à présent le futur leur sourit et que, quelles qu'elles soient, ils seront toujours là l'un pour l'autre à porter leurs croix passées et à venir. Peut importe si c'est l'horreur les a réuni, ils ont su vaincre leurs démons et traverser les ténèbres ensemble.
Simplement, dans ce monde sombre et chaotique, ils restent la lumière l'un de l'autre. Et ils vont continuer d'avancer ensemble, à traverser toutes les futures étapes de la vie à deux, peu importe leurs choix. Ils ont lentement appris à s'aimer et ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin, leurs sentiments en étant encore seulement qu'à leur commencement.
Certes, certains éléments de leur passé sont encore en suspend et il leur reste encore beaucoup à faire, beaucoup à découvrir sur eux.
Mais après tout, c'est ça la vie à deux, apprendre à se redécouvrir jour après jour et élucider les problèmes qui se posent à eux ensemble, quand bien même rien n'est facile.
Et rien ne sera simple après tout ce qu'ils ont vécu mais dans le fond, tout le restera.
Parce qu'ils s'aiment et que rien au monde ne pourra changer ça.
Une des raisons pour lesquelles je pensais que ce chapitre était le dernier était que le Destiel était, à mon sens, clôturé. Ce n'est donc pas sur ça que portera les deux chapitres suivants. Ca sera sur deux personnages que je trouve assez oubliés alors qu'il y a plein de potentiel à tirer d'eux. Deux personnages qui me tiennent en plus réellement à cœur.
Alors à la semaine prochaine si le cœur vous en dit.
Bisous~
