Hey everybody !

Voici donc le chapitre avec le dernier personnage que je n'avais pas exploité. J'avoue qu'il m'a assez amusée à écrire mais surtout qu'il m'a bien libérée.

Je ne dirais pas que c'est le dernier de cette fic puisque je n'en suis pas certaine. Je la mets "Complete" parce qu'elle l'est en un sens mais... J'ai encore des bribes de passages que je pourrais écrire en tête donc rien n'est sûr. En revanche je n'ai plus aucun chapitre d'avance, le nécessaire, la véritable histoire est postée et finie. Je n'exclue seulement pas le fait de faire vivre encore les personnages qui restent assez présents dans ma tête.

Sur ce, on se retrouve en bas.

Bonne lecture~


Chapitre XXIII

« Ultime affranchissement »

.

Ils lui ont dit qu'il avait de la visite.

Et comme a son habitude, il s'est contenté d'un regard méprisant en guise de réponse.

Mais il reste intrigué. Intrigué parce que hormis sa mère qui vient le voir une fois par an pour la forme, personne ne vient jamais. Et encore, il préférerait largement que cette sorcière maléfique qui lui sert de mère ne vienne jamais le visiter. Elle est toujours là, en train de lui raconter ses nouvelles et riches conquêtes, sa progression au sein de sa confrérie d'il ne sait trop quoi et d'autres choses encore. Mais il s'en fiche. Il se fiche de ce que sa diable de mère peut lui raconter, il l'a toujours détestée.

Alors il attend sur cette chaise, dans ce parc, dans cette maison de fou. Mais Crowley sait qu'il n'est pas fou, seulement incompris. Incompris parce que lui-même n'a jamais su comprendre ce qu'il lui était arrivé exactement. C'est une tornade qui a ravagé sa vie en l'espace d'une seule année, une tornade sans nom, sans explication. Il est venu, il l'a terrassé et est reparti, comme si de rien n'était.

Il a été sa petite salope pendant un an. Pendant une année entière il a tout fait pour lui. Il aurait même récuré les sols de cette cave avec sa langue s'il l'aurait voulu. Il lui était dévoué, il était son maître et lui son esclave. Son unique sous-fifre personnel en somme.

Et Crowley n'a jamais rien voulu de tout ça. Il menait sa simple existence de débauche et de simples joie, vivant de sa vie de commercial, signant des contrats à longueur de journée. Tout allait très bien pour lui, sa vie lui plaisait. Mais il a fallu qu'un nom l'intrigue un beau soir à ce bar, un nom qui n'était pas commun voire totalement ahurissant dans notre société. Il a fallu que son camarade de beuverie du soir s'appelle Lucifer pour qu'il fronce les sourcils avant d'exploser de rire. Sérieusement ? Qui peut porter un nom pareil ?

Alors il l'a questionné, il s'est intéressé à cet homme à l'aura sombre et attrayante, à l'ironie obscure mais douce dont il faisait preuve.

Crowley l'a écouté. Deux heures, trois heures tout au plus. Et il parlait bien cet étranger à l'air familier, il savait captiver, faire réfléchir et penser. Il était gentil et attentionné. Et Crowley n'a toujours voulu qu'une seule chose dans la vie, une seule et unique chose qui lui manquait, sûrement à cause de son comportement bien trop acerbe et froid ainsi que ce détachement qu'il a toujours eu pour les choses et personnes qui l'entourent. Il voulait seulement être aimé.

Et le nouveau fléau qu'il venait de rencontrer semblait disposer à lui offrir cela, cette part d'amour que n'importe qui, surtout cette mère obsédée par son travail, n'a su lui donner. Alors il l'a suivi et écouté, s'est contenté de simplement obéir. A l'époque ça semblait être un bon plan que de simplement suivre les règles et d'enfin lâcher prise sur le monde pour se concentrer sur eux deux, sur lui surtout.

Il était son dieu.

Puis il est parti.

Sans explication, sans même se retourner.

Et Crowley s'est retrouvé abandonné, sans finalement rien connaître de lui malgré cette année passée à être acolyte, amis et amants. Il voulait seulement être aimé…

Alors, totalement démuni, il est retourné chez sa mère, muet comme l'est le silence. Et elle l'a enfermé ici, dans cet endroit miteux, entouré de fou. Crowley est sûr que si elle l'aurait pu, elle l'aurait tué, simplement pour le plaisir de ne jamais plus le revoir mais elle ne voulait probablement pas se salir les mains. Une maison de fou lui avait sans doute semblé plus adapté. Et les psys le gardent vu qu'il ne parle pas et que sa mère paie pour ça.

Pourtant Crowley aimerait parler, simplement pour dire au monde à quel point il l'emmerde, à quel point la vie est une chienne. Mais il n'y arrive pas, c'est comme ça. C'est sans doute cet homme au drôle de nom, ce Lucifer qui lui a arraché vivement le cœur, qui s'est barré avec ses mots.

Parce que Crowley a souffert de l'abandon, il a cru mourir lorsqu'il est parti. Il s'est retrouvé seul, démuni, sans plus personne pour l'entourer. Il avait perdu son travail puisqu'il l'avait déserté. La seule famille qu'il avait l'a jeté aux oubliettes et il n'a jamais eu d'amis, les gens ayant tendance à le trouver trop aigre et caustique. Il était donc et demeure seul, sans personne pour l'aider si ce n'est ces psys en blouse blanche qui restent froids et incompréhensifs face à lui.

Crowley aimerait seulement comprendre, lui. Il aimerait comprendre pourquoi est-ce que tout ça lui est arrivé, connaître la nature exacte de ce Diable qui l'a tourmenté pendant un an. Toute une année où il n'a rien su de lui.

Il voudrait bien le comprendre afin de comprendre ce qu'il lui est arrivé à lui, d'où est-ce que toute cette histoire qui lui est arrivée découle.

Comprendre. C'est tout ce qu'il souhaite, tout simplement.

En attendant il est sur sa chaise, tapis dans l'ombre, son élément naturel. Il reste éternellement sous ce peuplier, une sorte de petite tablette ronde devant lui, deux chaises vides traînant vaguement non loin. Le parc est grand, l'herbe est verte, les activités sont nombreuses. Mais il se fiche bien du paysage idyllique que cette maison de dingue abrite. Il n'a jamais aimé la nature, il a toujours préféré la mélasse des endroits sombres et lugubres. Alors tant pis, il reste encore et toujours à l'ombre sous son peuplier.

Deux silhouettes sortent du bâtiment principal et Crowley sait que c'est pour lui. Il ne saurait dire pourquoi ni comment mais il sent que ces deux zigs vont venir pour lui parler. Peut-être est-ce deux hommes que sa mère a embauché pour l'empoisonner… Ça ne l'étonnerait guère.

Ses soupçons se confirment lorsqu'ils arrivent presque à sa hauteur après qu'une infirmière l'ait pointé du doigt.

Il comprend qu'ils ne sont visiblement pas là pour le tuer, ayant l'air tous deux bien trop inoffensifs.

L'un a l'air plus renfrogné que l'autre. Et cet autre semble assez musclé, comme si il avait suivi une sorte de formation militaire.

Un léger rictus joint ses lèvres lorsqu'il voit le premier, celui à l'air renfrogné, engloutir le reste de son beignet dans sa bouche, ses joues se gonflant instantanément en tentant de contenir ce trop plein de nourriture. Celui là, il l'appellera l'écureuil.

Quant à l'autre… Il semble réellement avoir suivi une carrière militaire et sa posture, sa droiture, lui laisse à penser qu'il veut s'élever le plus haut possible. Celui-ci sera la girafe. Ça semble lui aller plutôt bien en plus de ce trench-coat couleur sable qui l'aiderait parfaitement à se fondre dans la savane.

Parfait. Donc il a en face de lui un écureuil et une girafe qui vont lui parler. De quoi le divertir un petit moment…

Celui au trench se tourne vers son acolyte, attendant qu'il parle mais, se rendant compte de son incapacité à parler à cause de sa bouche pleine, lève les yeux au ciel en souriant légèrement, semblant plus amusé qu'agacé.

« -Vous êtes bien Fergus Crowley ? » s'enquiert le brun.

Il les considère quelques secondes avant d'acquiescer, histoire d'agacer légèrement son public comme il aime tant le faire. Personne n'aime attendre.

« -Je m'appelle Castiel Novak et voici mon… Sérieusement, tu ne peux pas finir ta bouche ? » s'enquiert-il faussement agacé.

« -J'echaie. » articule-t-il en vain.

La girafe se retourne vers Crowley l'air navré bien qu'il semble en réalité se divertir du comportement de son ami qu'autre chose, comme un vieux couple.

« -Comme je le disais, voici mon compagnon, Dean Winchester. Nous venons vous voir puisque nous avons malheureusement une connaissance en commun. Nous venons pour peut-être vous aider et vous dire que vous n'êtes pas seul dans votre cas. Je préfère vous prévenir que nous allons évoquer un passé qui doit être doulou… »

« -Cas, c'est bon, tu vois bien que tu l'ennuies. » finit par prononcer l'autre une fois sa nourriture engloutie.

Et l'écureuil n'a pas tort, la girafe l'ennuie déjà avec son discours pompeux. Crowley a horreur des longs monologues inintéressant. Alors il l'aime bien ce Dean, il semble assez clairvoyant malgré son air d'homme relativement brut de décoffrage. C'est même ça qu'il aime assez chez lui.

« -Dean, tu pourrais me laisser terminer ? »

« -Je pourrais ouais. » répond-il l'air goguenard « Mais je pense qu'il s'en fout un peu de tout ça, il n'a pas l'air d'être à prendre avec des pincettes. Je me trompe ? »

Crowley lève ses yeux vers lui et ne peut réprimer un léger sourire avant de hocher la tête.

« -Parfait. »

Dean prend une chaise et s'installe face à lui sans plus de préambule. Castiel l'imite.

« -Par contre, c'est toi qui parle. » rajoute-t-il.

« -Moi qui parle ? Tu te moques de moi ? Tu viens de me couper. »

La girafe prend un ton agacé mais il ne l'est pas, bien au contraire. Crowley devine que c'est une sorte de jeu entre eux, leur manière d'être. Sûrement aiment-ils se taquiner pour mieux se réconcilier de ces pseudos désaccords sur l'oreiller. Parce qu'il en est sûr, ces deux-là ne sont pas aussi saints qu'ils en ont l'air et doivent bien en profiter dans l'intimité.

« -C'est parce qu'il s'en fichait de tout ça. Mais la diplomatie, expliquer ces choses-là, la suite, tu sais que ce n'est pas mon truc. C'est pas pour moi… »

« -Je sais oui… » d'un air plus doux « Très bien. » souffle-t-il en sortant de sa poche une feuille et un stylo qu'il tend à Crowley « Si vous le voulez bien, nous allons parler de notre connaissance commune, Nick Shurley. Vous devez le connaître sous le nom de Lucifer. »

Et Dean voit les yeux de Crowley briller et s'illuminer à l'entente de ce nom. Il voit quelque chose se ranimer en lui. Ce n'est non pas une étincelle de souffrance comme ce qu'il avait pu percevoir dans les yeux des familles des autres défuntes victimes, au contraire, c'est seulement de la curiosité mêlée d'une certaine rancœur envers lui que son vis-à-vis éprouve.

Dean est heureux de voir cette lueur de rage de vaincre dans ses pupilles, réellement. Parce que ça lui prouve que rien n'est perdu pour cet homme, qu'il ne va pas s'effondrer à la moindre de leur parole, bien au contraire il semble vouloir savoir et comprendre, il semble vouloir vivre pleinement.

C'est à l'inverse de toutes les familles qu'il a rencontrées avant avec Castiel pour leur avouer les vérités cachées et dévoiler qui était l'homme qui a rencontré leurs fils et les a mené à leur perte. Cela avait rouvert des blessures non fermées chez eux, les avait faites saigner de plus belle. Parce qu'ils n'arrivaient pas à voir au-delà de Lucifer, ils ne voulaient pas comprendre ce qu'il était arrivé à Nick. Tous s'en fichaient, tous voulaient seulement savoir pourquoi leur fils était mort sans pour autant accepter que le monstre qui les avaient détruit n'était qu'au fond un homme usé et désabusé par la vie.

Alors voir enfin de l'intérêt se manifester dans ces yeux, les yeux de la dernière personne qui leur fallait encore voir, c'est une magnifique récompense. Parce que Dean et Castiel font tout ça uniquement par devoir moral, qu'ils ne peuvent faire autrement afin d'apporter ces vérités, la justice s'étant empressé de ranger ce dossier avec les autres cas résolus, sans prendre la peine de réellement prévenir les concernés.

Crowley fait un signe de la main afin de l'inviter vivement à parler.

Alors Castiel parle. Il parle et évoque même des détails, plus de détails encore qu'il ne l'osait avec les autres familles des victimes qui ne faisaient que pleurer et suppliaient même parfois pour qu'il arrête de parler. Mais ici c'est tout l'inverse, Crowley boit littéralement ses paroles, se mettant même à apprécier cette girafe qu'est ce Castiel Novak. Et Dean reste en retrait bien qu'il intervienne de temps à autre, bien plus qu'il ne le faisait avec les autres familles. Parce qu'il fait face à quelqu'un qui s'intéresse et veut savoir, absolument tout savoir.

Et lorsqu'ils ont dévoilé tous les détails de l'affaire, qu'ils ont fini de parler, Crowley se décolle légèrement de son siège où il s'était affalé, les bras croisé sur son ventre, pour se pencher légèrement en avant et posser ses coudes sur la table. Il allait manifestement écrire mais au dernier moment il relève la tête vers eux et les regarde curieusement.

« -Vous… » résonne sa voix à la fois fluette et éraillée de s'être économisée durant bien trop longtemps « Vous aussi ça vous est arrivé ? A vous deux ? »

A vrai dire Crowley ne saurait expliquer comment il a su qu'il était capable de parler en cet instant précis, mais il se savait. Il savait qu'il était inutile d'user d'une feuille et d'un stylo, il sentait que quelque chose s'était ouvert en lui, quelque chose de bon et que ça le lui permettrait.

Les deux hommes qui lui font face le regardent, sidérés, avant que la main de Dean ne se mette à chercher timidement celle de Castiel dans un ancien réflexe.

« -En effet oui. » prononce Dean.

« -Tu es le Dean… » murmure distraitement Crowley.

Castiel le sent entrecroiser totalement ses doigts aux siens parce qu'il sait. A lui aussi Nick avait évoqué ce nom à la gloire d'un passé qu'il avait trouvé heureux et lorsqu'il en avait parlé à Dean, il avait déjà senti à l'époque qu'il n'était pas à l'aise avec ça, honteux que Lucifer ait pu parler de lui en lui décernant une médaille d'honneur, comme s'ils avaient eu une relation normale alors que c'est en réalité tout l'inverse.

« -C'était moi. Ça ne l'est plus. » d'une voix pleinement confiante, presque détaché de cette époque.

« -Ce qui fait de toi… » à l'égard de Castiel « Comme vous avez dit qu'il n'y a que trois survivants… Ça signifie que tu es l'agent de terrain qui a arrêté le Diable ? »

« -C'était moi. » confirme-t-il « Mais techniquement je ne l'ai pas arrêté… »

Crowley plisse les yeux en le sondant longuement, cherchant un sens à cette réponse.

« -Tu as contribué arrêter son influence si tu préfères. » puis il penche la tête sur le côté « J'en suis visiblement, une preuve. N'ai-je pas raison ? »

« -Pleinement raison. » affirme Dean à sa place.

Castiel leur offre un léger sourire reconnaissant. Fergus Crowley et le retour de sa parole est donc un signe de plus qui démontre que sa mission n'a pas été vaine, pas totalement.

Sam a su pleinement se remettre sur pied, à présent cette affaire fait seulement parti des débuts de sa carrière, une page s'étant enfin tournée. Dean a appris à vivre avec sa croix, tant au sens propre qu'au figuré bien qu'il ne la montre toujours et seulement à Castiel et uniquement lui.

Les victimes décédées et les familles endeuillées sont donc le seul regrets de toute cette histoire et malheureusement, ils ne peuvent plus rien faire pour eux, ayant déjà tenté au mieux de combler les vides.

Nick est également un énorme et obscur point noir sur ce tableau, cet homme qui a scellé son propre destin sans aucun retour possible. Mais il avait pris sa décision et rien ne semblait pouvoir le raisonner…

« -Et donc… Tu crois que tu as ta place ici Fergus ? » demande Dean.

Ledit Fergus laisse une grimace de dégoût envahir ses trains avant de faire un vaste geste de la main.

« -Appelez-moi Crowley. Fergus… Je n'ai jamais aimé ce nom, on dirait une maladie vénérienne. » pestant intérieurement contre sa mère qu'il soupçonne d'avoir fait exprès de choisir un nom aussi déroutant « Je pense que je ne l'ai jamais réellement eu… Je ne suis pas fou, je n'ai jamais eu de dérangement mental qui nécessite mon internement… On me gardait ici seulement parce que personne ne savait ce que j'avais et que ma mère paie l'institut… Mais maintenant… Je pense qu'ils accepterons de me laisser sortir. »

« -Et ça serait quoi la suite pour toi ? »

« -Reprendre ma petite existence tranquille de commercial, je pense. » soupire-t-il « Ce n'était pas si mal. »

Un léger silence plane.

Castiel laisse son pouce glisser au creux de la main de Dean, sachant pertinemment que ce contact l'apaise. Il le sent se glisser plus au fond de sa chaise, s'apaisant totalement.

L'ancien agent tourne légèrement la tête en sa direction et Dean sent alors les yeux de son amant creuser un fossé au fond de sa nuque le temps de ce confortable mutisme ambiant où chacun reste dans ses pensées.

Et Castiel sourit en voyant ses joues rosir à mesure que son regard se fait insistant, de même qu'il sent que le corps de Dean commence à se tendre et réagir, réveillant un désir qu'ils n'ont pas eu le temps d'accomplir ce matin, ayant du partir tôt pour Kansas City.

« STOP »

Le brun réprime un sourire face à cette intervention de son amant qui reste rare et qu'ils n'emploient que dans leur intimité ou alors discrètement en public afin que leurs échanges échappent aux regards extérieurs. Dean adore sentir les doigts de Castiel sur sa peau et y deviner des mots, ça l'apaise tout comme ça peut le rendre fébrile si ces mêmes mots tentent de l'aguicher.

Mais ici, Castiel il n'en a rien à faire de la demande de Dean, laissant ses yeux flâner le long de son cou où il a pour coutume de semer des baisers, se vengeant doucement qu'il lui ait coupé la parole lors de leur arrivée ici.

Et Dean se mord la lèvre avant d'opter pour une tentative de fuite, sachant qu'ils ont terminé leur travail ici ou même ailleurs, cette affaire étant à présent totalement close.

« -Je crois qu'il est temps pour nous de nous en aller… » lâche-t-il lentement.

« -Oh oui bien sûr. Je ne vous retiens pas plus dans mon humble royaume… » ironique.

« -J'ai juste une question. » reprend Castiel qui sort de sa contemplation « Comment cela se fait-il que… Tu as vécu un an avec lui, véritablement, en ne faisant pas semblant d'être sous son emprise et pourtant… Tu as l'air d'aller bien non ? »

Crowley lève les yeux vers lui et lui offre un simple haussement d'épaules.

« -Je suis Crowley. » comme une évidence « Mais pour être honnête… » après quelques secondes « Je ne sais pas… Vous m'avez dit que les autres n'y ont pas survécu mais… Je ne m'en suis vraisemblablement pas tiré indemne non plus, il suffit de voir le palace dans lequel je vis depuis. Mais disons que si au départ son absence a été la pire des tortues qui m'ait été donnée de connaître, j'ai rapidement su passer outre ce manque. J'aime à penser que les sentiments ne sont pas réellement pour moi, que je ne suis pas si humain que ça. Tout ce qui m'importait était de comprendre. » explique-t-il simplement.

Dean reprend la feuille qui faisait toujours face à Crowley et y griffonne quelque chose sous l'œil étonné de Castiel qui tique quant à ce geste.

« -Mon numéro. » en lui rendant « Si t'as besoin ou juste que tu veux boire un verre. »

« -Merci mais tu n'es pas vraiment mon genre de mec. » lâche-t-il dans un sarcasme.

« -Tu sais, j'ai déjà le mien et il me va très bien. »

« -Vous avez fini ? » s'enquiert Castiel en les considérant curieusement.

« -Non. » reprend sérieusement Crowley « J'ai une dernière question… Vous croyez… Vous pensez qu'il avait réellement mauvais fond ? »

Dean et Castiel se regardent d'un air entendu.

« -Personne ne pourrait le dire avec certitude. Son frère pense que non… A vrai dire, si il avait vécu dans un cadre de vie différent, nul doute qu'il n'aurait pas été le même homme mais… Ce n'est pas le cas et on ne pourra jamais le savoir. Le fait est qu'il est devenu celui qu'il était… » répond simplement Dean.

« -Tu l'aimes bien. » commente Crowley.

« -Non… J'ai simplement appris a le comprendre. Et pour te répondre, en totale non-objectivité, je ne pense pas qu'il avait mauvais fond. Il était très sûrement égoïste à souhait et manipulateur pour son propre plaisir mais… Je ne pense pas qu'il était si mauvais. Et toi aussi tu l'aimes bien. » renchérit-il.

« -Je viens seulement de comprendre qui il était… » sourit amèrement Crowley.

Les poignées de mains s'échangent et Dean et Castiel font demi-tour, tout comme ils sont venus.

« -Ça fait du bien de voir qu'on a réussi à aider quelqu'un… » prononce Dean après un moment.

Castiel tourne seulement la tête vers lui avec un léger sourire sur les lèvres. Il a raison, c'est un réel soulagement de voir que tous ces efforts n'étaient pas totalement vains, qu'une personne a au moins pu enfin se libérer d'un poids qui pesait sur elle.

« -Tu l'as bien aimé, je me trompe ? Tu ne parlais pas autant avec les autres… » remarque Castiel.

Il hausse les épaules.

« -Les autres… Les mères éplorées et les pères enragés… Ce n'était pas pareil. Il n'est pas pareil. »

« -Donc tu l'aimes bien. » confirme-t-il.

« -Et ça te gêne… ? » se moque Dean.

« -Tu m'as coupé la parole… » lui reproche-t-il, un sourire au coin des lèvres.

« -Ne fais pas comme si ça ne te plaisait pas… » dissimulant mal son amusement « Et tu as cherché à m'allumer ensuite. » accuse-t-il faussement.

« -Et alors… ? Ça a marché ? » dans une chasse à la provocation.

Dean le dévisage quelques longues secondes en s'humectant les lèvres. Son souffle se coupe un instant en voyant les pupilles de Castiel s'assombrir et un léger sourire carnassier lui manger les lèvres.

« -Je te jure que tu vas le sentir passer à la maison… » murmure Dean avant de grimper dans la voiture.

« -Ça m'étonnerait, tu sais. C'est toi qui va le sentir passer… » à demi-mot « Et je vais vraiment m'arranger pour que tu le sentes. »

« -Tu es insatiable… » soupire Dean en dodelinant de la tête, enclenchant le contact.

« -Et toi tu perds toujours à ce petit jeu là. » ricane Castiel.

Crowley les regarde se parler sans pour autant les entendre à travers le grillage de ce royaume qu'il s'apprête à quitter. Il est loin d'être du genre à s'attendrir devant les couple, les trouvant la plupart du temps écœurant. Mais devant ces deux-là, il ne peut pas s'empêcher de faire autrement que de sourire.

Parce qu'ils semblent indestructibles malgré leur passé.

Mais surtout parce que Crowley sait parfaitement lire sur les lèvres.


Je ne peux clairement pas vous donner de prochain rendez-vous pour un prochain éventuel chapitre vu que je n'ai aucune idée de si et quand ça serait. En revanche une chose est sûre, je n'ai pas fini de publier d'autres choses à côté si ça vous tente.

Il me reste bien des OS à publier et j'ai quelques fics en cours d'écriture dont deux presque finies (Qui, pour l'une, a un registre bien plus léger et raconte seulement une vie de famille presque quotidienne). Malheureusement je n'ai que peu de temps à consacrer à ff et l'écriture en ce moment, la fin de mon année de licence approchant à grand pas et requérant que je m'implique plus dans mes cours. (A mon plus grand dam)

En tous les cas je n'ai pas fini de marquer mon passage sur ff alors si ça vous tente, j'ai encore de la plume à revendre.

Et merci mille et une fois de m'avoir accompagné dans cette aventure, ce fut vraiment un immense honneur pour moi de voir à quel point cette histoire a pu vous emporter avec elle. Merci à tous, aux lecteurs qui me laissent des petits mots tout comme aux silencieux, sachez que votre passage ne m'est pas totalement inaperçu.

J'espère qu'on se recroisera un beau jour...

Bisous~